Elections DH-D3S-DS
témoignages
Le protocole affirme une volonté d’harmonisationdes trois corps de direction. Néanmoins, lesavancées restent décevantes pour les directeursdes soins.
Comme pour les autres corps, la CGT constate uneévolution négative et contre productive du statut des DSvers le triptyque :
« individualisation,précarisationet fonctionnalisation ».
Nous pouvons tout de même souligner l’aboutissementd’une de nos revendications : le positionnement descoordonnateurs généraux des soins comme membres dedroit du directoire et président de la CSIRMT*. Toutefois,ce deuxième aspect n’est pas nouveau par rapport auxtextes antérieurs. La contrepartie financière de cepositionnement doit être à la hauteur des responsabilitésimparties aux CGS.Concernant le positionnement des DS, il reste imprécis etleur situation préoccupe notre organisation. La CGTconstate le même clivage que pour les DH : quelquesavancées pour certains, au prix d’une dégradation pour lamajorité. Leur « rôle pivot dans le management del’hôpital » doit être défini. Cette fonction concerne lamajorité des professionnels du fait de la politique deregroupement des hôpitaux et instituts de formation.Beaucoup n’accèderont jamais à des fonctions de CGS,leur déroulement de carrière et l’intérêt professionnel deleur fonction ne doivent pas en pâtir. Notre organisationdemande donc des garanties.Le rôle et les responsabilités des directions des soinsdoivent être précisés mais aussi leurs moyens d’action,puisqu’elles restent les seules directions dépourvues debudget. Donc, la CGT revendique de véritables budgetsdédiés et des moyens à la hauteur de ces responsabilités.Nous attendons des précisions concernant la grilleindiciaire des DS qui doit être comparable à celle des DHadjoint. Cette grille doit être linéaire jusqu’à l’échelonfonctionnel s’il est maintenu.Nous attendons également des avancées concernant leslogements de fonction par nécessité absolue de servicepour l’ensemble des DS, contrepartie à l’obligation demobilité et à l’harmonisation des corps professionnels.
ÉVELYNE ANDERSON
Coordonnateurs Généraux (CGS) et Directeurs des soins (DS)
Quel regard portez-vous sur le protocole signé le29 juillet 2011 ?
Thomas DEREGNAUCOURT :
En tant que D3S, jeconstate que ce texte n’apporte pas d’avancéessignificatives. L’empressement des autres syndicatsreprésentatifs, en pleine période électorale, à apposer leursignature m’interroge. Aucune mesure concrète neconcerne notre corps. Pas grand-chose pour une fusiondes corps de direction, aucun engagement sur lesrémunérations, aucune proposition sur les conditions detravail. Ce protocole nous place à la traîne des directeursd’hôpital, il consacre une nouvelle fois l’idée d’unehiérarchie entre les corps. Je ne comprends pas commentpeut-on parapher un tel document, qui n’est ni plus, nimoins, qu’un chèque en blanc pour d’hypothétiquesnégociations dans les prochains mois. Généralement, onnégocie d’abord et on signe un protocole après. Ici on faittout simplement les choses à l’envers. C’est une forme demépris.
Est-ce pour cela que la CGT a refusé de signer ceprotocole ?
T. D. :
Très certainement, mais pas seulement. Lesdispositions prévues pour les DH, même si elles devaientêtre transposées partiellement pour les D3S, sontinsuffisantes et encore incertaines pour une part.Comment accepter que la variabilité de nos primes, avecl’introduction de la PFR, soit multipliée par deux.Individualiser à outrance les rémunérations revient in fineà précariser la fonction de directeur. Par ailleurs, il y a devraies incertitudes sur le traitement indiciaire. Plus grave,les conditions de travail, dont chacun sait qu’elles sedurcissent, sont totalement ignorées.
Que proposez-vous ?
T. D. :
D’un point de vue salarial, la CGT réclame quel’ensemble du régime indemnitaire, ainsi que l’indemnitéde logement, soient valorisés dans le traitement indiciaire.C’est un gage de stabilité de la rémunération, de sécuritédans la carrière. Les corps de D3S et de DH doivent enfinfusionner car les responsabilités exercées sont identiqueset cette séparation n’a plus aucun sens. Il faut aussi qu’undébat national sur les conditions de travail s’appuyant surune consultation de l’ensemble des corps et réalisé pardes experts indépendants, fasse des préconisationsconcrètes pour lutter contre les horaires de travaildémesurés, les pressions excessives imposées par unclimat de travail qui se durcit et rompre l’isolement danslequel se trouvent nombre de collègues. Il est temps quenos responsabilités et notre engagement professionnelquotidien soient reconnus à leur juste valeur.
3 questions
à
THOMASDEREGNAUCOURT
*CSIRMT : Commission Soins Infirmiers, Rééducation et Médico Technique.
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