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NicolasBouchauddans« LeRoi Lear »,
deWilliamShakespeare, miseen scène
deJean-FrançoisSivadier. Répétition, le22juin.
SOUS LE SOLEIL
DE RENÉ CHAR
ET DE JEAN VILAR
Crédits photos : Collon/Dalle, Pascal Gely/Agence Bernand, Christophe Raynaud de Lage, Ramon Senera/Agence Bernand, Agnès Varda/Agence Enguerand, Ramon Senera/Cit’en Scène, DR, Rosa-Franck.com, Brigitte Enguerand
dramatique, mort le 8 février.
Le Festival d’Avignon organise
en sa mémoire « Une heure
avec Michel Cournot », le
dimanche 15, à 18 heures,
à l’Ecole d’art. Des textes
choisis par Martine Pascal
seront lus par Michel Ouimet,
Denis Podalydès et Martine
Jean Desmarets
de Saint-Sorlin/
Christian Schiaretti
La Jalousie
du Barbouillé
Le Médecin volant
n 1947, René Char présente Jean Vilar à ses amis Yvon- ne et Christian Zervos, qui
préparent pour le mois de septembre une grande exposition de peinture dans le Palais des papes d’Avignon. Les Zervos veu- lent accompagner cette manifesta-
tion d’un spectacle. Jean Vilar leur en propose trois, dontRichardII, de Shakespeare, joué dans la Cour d’honneur. Le Festival d’Avignon est né.
Soixante ans plus tard, c’est au tour de René Char d’entrer dans la Cour d’honneur, où Frédéric
Fisbach, l’artiste associé, met en scène sesFeuillets d’Hynos, écrits pendant la Résistance. L’engage- ment qui fut au cœur de la vie du poète, à qui un hommage est ren- du, trouve une résonance dans la programmation de la 61eédition. Il parcourt le champ des combats du XXesiècle, du pire au meilleur.
Jean-Pierre Vincent fait enten- dreLe Silence des communistes, Frank Castorf revisiteNord, de Céline, Guy Cassiers met en scène
adapté duMephisto de Klaus Mann. Pour sa part, Agnès Varda, auteur des photos qui ont fondé la mémoire du Festival, a choisi de reprendre son installationHom-
Agnès Varda reprend égale- ment une exposition de 1991, « Je me souviens de Vilar en Avi- gnon ». On y verra évidemment les photos de Gérard Philipe et de Jeanne Moreau dansLe Prince de
Moreau revient pour un soir dans la Cour en compagnie de Sami Frey. Elle liraQuartett, de Heiner Müller.
Le troisième grand témoin de l’histoire d’Avignon est Pierre Henry, qui a créé la musique de deux ballets de Maurice Béjart,
Variations pour une porteet un sou- pir, et la mythique Messe pour un temps présent. Lui aussi revient,
A côté de cela, le théâtre retrou- ve toute sa vigueur dans la Cour d’honneur, où entrent Valère
au Verbe, et porté par un acteur d’exception, Dominique Pinon. L’autre met en scèneLe Roi Lear, de Shakespeare, dans un esprit de troupe qui se réapproprie le désir de Vilar.
En revanche, il n’y aura pas de ballet au Palais. La danse joue la discrète dans cette édition qui convie seulement Sasha Waltz et Raimund Hoghe.
moins que celle de ses prédécesseurs, Thomas Ostermeier, Jan Fabre et Josef Nadj, elle court sou- terrainement à tra- vers la programma- tion. Ainsi, le metteur en scène – et nou- veau
la, du «104 », rue d'Auber- villiers, dans le 19earrondisse- ment à Paris –, a incité Hortense Archambault et Vincent Bau- driller, les jeunes « patrons » d’Avignon, à tourner leur regard vers l’Afrique.
Voici donc Faustin Linyekula et Dieudonné Niangouna. Un fleuve sépare leurs deux pays. Faustin Linyekula vient de la République démocratique du Congo – l’ex-Zaïre – et a été for- mé par la danse. Dieudonné Nian- gouna travaille dans sa ville nata- le, Brazzaville, la capitale de la République du Congo. Ecrits
dans le nu de la vie, leurs spectacles nous donnent des nou- velles d’un continent souvent « oublié » d’Avignon.
Rodrigo Garcia puise, lui, dans la vie toute crue. Créé dans son pays natal, l’Argentine, son nou- veau spectacle,Bleue. Saignante.
carnaval des quartiers défavori- sés de Buenos Aires. En contre- point, sonApproche de l’idée de
intime qui est au cœur (politique) d’une nouvelle venue, Eléonore Weber, auteur et metteur en scè-
Eléonore Weber est à classer dans les atypiques du Festi- val, avec Christophe Fiat. Ceperformer des mots s’en prend à la génération des baby-boomeur dans
deux côtoient des metteurs en scè- ne comme Julie Brochen, Robert Cantarella ou Ludovic Lagarde, qui font entendre Paul Claudel, Robert Garnier ou Peter Verhelst.
Parmi les étrangers, le Polonais Krzysztof Warlikowski est le plus attendu. Il met en scène la grande pièce sur le sida,Angels
Cinq heures trente de spectacle : c’est le petit marathon d’Avignon, qui en réserve un de huit heures avec la reprise desEphémères du Théâtre du Soleil.a
pour un soir
dans la Cour en
compagnie de
Sami Frey
Le nouveau spectacle
de Rodrigo Garcia, « Bleue.
Saignante. A Point. Carbonisée ».
ouvenons-nous. Un petit hom- me au sourire étrange lance dans l’air des bulles de savon
comme autant de promesses d’un monde qui retrouverait les couleurs du rêve et de la poésie : c’estDelicatessen, le premier film de Marc Caro et Jean-Pier- re Jeunet. Et le petit homme qui joue de la scie musicale au-dessus des ruines, c’est Dominique Pinon. On ne l’a pas oublié, présence intense et singulière que l’on retrouvera dans tous les films de Jeunet, d’Alien àAméliePoulain.
Dix-sept ans plus tard, le voilà dans la mythique Cour d’honneur du Palais des papes. Poursuivant son compagnonnage avec l’auteur-metteur en scène Valère Nova- rina, croisé par hasard, un jour de 1997. Le metteur en scène Renaud Cojo lui avait envoyé le texte dePourLouisdeFunès, splen- dide hommage à l’acteur avec un grand A.
Dominique Pinon faisait du théâtre depuis les années 1980. Avec Gildas Bourdet, Jorge Lavelli, il avait joué
Edward Bond, Pirandello ou Copi, et beaucoup, déjà, avaient remarqué sa puissan- ce, son étrangeté. Notam- ment dansMeinKampf, farce, de Georges Tabori, où il jouait rien de moins qu’Hit- ler, en compagnie de Maria Casarès et de Michel Robin.
d’abord refusé de le faire,sourit-il. Je n’y comprenais rien…RenaudCojo m’aenvoyé un enregistrement d’André Marcon lisant
constellation des acteurs novariniens où brillent des étoiles aussi singulières qu’André Marcon, Daniel Znyk (mort en 2006) ou Agnès Sourdillon.
plateaux du théâtre et du cinéma fran- çais? De son enfance provinciale – Amiens et Poitiers, après Saumur –, il ne dit rien, sinon ses rêves d’Amérique, de grands espaces.«J’étais un adolescent
mot. J’ai senti qu’il y avait une autre vie possible, de l’autre côté du miroir. Je crois que, de ce temps, je n’ai plus cessé de rêver d’être acteur. »
Le rêve mettra du temps à se concréti- ser. Dominique Pinon, après avoir fait latin-grec au lycée, s’inscrit en fac de let- tres classiques à Poitiers. Les acteurs qui l’ont toujours fait rêver, Delon, Belmondo, Jean Marais, Jack Palance, sont des«bel-
lui. Finit tout de même par « monter » à Paris, s’inscrit au Cours Simon. Est vite repéré pour jouer dansDiva, le premier film de Beinex (1980).«Maisje voulais fai-
re du théâtre. Je pensais – je pense toujours– qu’il faut fai- re de la scène pour devenir un bon acteur de cinéma. »
Il aurait pu se contenter de jouer lestoughguys, d’être un James Cagney ou un Mic- key Rooney à la française. De
fait, de Beinex à Jeunet et Caro en passant par Polanski (Frantic) ou Timsit (Quasimodo), et jusqu’au dernier film de Lelouch,Roman de gare, on lui a beaucoup fait jouer les tueurs, les méchants ou les monstres. Mais pourquoi se laisser réduire à sa « gueule », quand le théâtre permet justement de changer de peau ? Comment échapper à la tyrannie de l’emploi, sinon en devenant champion de métamorphoses, acteur majuscule ?
«acteur de génie », disposant d’un «éven- tail extraordinaire ». «Il fait le tour complet de la figure humaine, depuis les masques africains jusqu’àPiero dellaFran- cesca en passant par Soutine et Picasso. Il
embrasse l’humanité tout entière, jusqu’à l’animalité, d’abord grâce à une virtuosité physiqueextraordinaire : le fameux“athlète affectif”selonArtaud, c’est lui…»
nique Pinon un personnage au nom taillé sur mesure : Raymond Delamatière. Il le voit aussi comme«un incroyable talent
comique : le seul, sans doute, depuis Louis de Funès, àavoir àce point ce sens du rythme, cette précision musicale qui est la base du comique. C’est un rythmicien aventurier, qui n’a pas peur de se défigurer : il corres- pond exactement à ma conception de l’ac- teur-poète, de l’acteur agissant. Avec lui, je vais àl’aventuredans l’humanité…»
Dans cette exploration des mille et une possibilités de l’acteur, Dominique Pinon ne veut se priver d’aucun voyage, d’aucune reconnaissance. Lui qui aurait rêvé de«voir Louis de Funès jouer
notre Charlot, notre Toto, passe avec bonheur de Feydeau à Novarina, de Lelouch à Shakespeare – il sera le Roi Lear, la saison prochaine, sous la direction de Laurent Fréchuret, le jeune directeur du Centre dramatique national de Sartrouville.
Il a rêvé, pourtant, de rentrer à la Comédie-Française, comme son ami Daniel Znyk :«C’est le théâtre par excel-
lence, c’est Molière, et ce rapport aux classiques… et la possibilité de jouer, jouer, jouer…»Ne déteste pas les récompenses, à
la fois heureux et triste de ce Molière reçu en 2004, en plein conflit des intermittents, pourL’Hiver sous la table, de Topor, mis en scène par Zabou Breitman.
Mais avec Valère Novarina, qui, régulièrement, le transforme en marion- nette, Dominique Pinon pousse au plus loin son exploration d’un mystère : ce qui se joue entre sa gueule, sa figure, ses visages, ses masques, en leurs infinies métamorphoses, qui lui permettent d’être à la fois totalement lui et totalement un autre : l’homme, cet alien selon Novarina.a
Valère Novarina écrit, met en scène et peint dans un même geste. En 1983, il a dessiné les 2 587 personna- ges de sonDrame de la vie dans une tour de La Rochel- le, tout en égrenant leurs noms. En 1986, cette perfor- mance est devenue un spec- tacle, à Avignon.
Depuis, le Festival a accom- pagné les créations de Nova- rina :Vous qui habitez le
temps(1989), La Chair de l’homme(1995), L’Origine rouge(2000).
cle accueilleLa Lumière nuit – une installation et des peintures.
1995, il invente des musi- ques et des chansons en plein accord avec les textes de Novarina. Il donne un concert le 9.
BezaceConversations avec ma mère Santiago Carlos Ovés et Jordi Galceran / Didier BezaceDans le rôle de la victime Oleg et Vladimir Presniakov / Oskaras KorsunovasL’Orestie Eschyle / David GéryLa Cruche
de voir Louis
de Funès jouer
Richard III
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