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Entretien Aleman

Entretien Aleman

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Published by The_Distributist
Interview by the French Catholic newspaper, L'Homme Nouveau with Richard Aleman on the Occupy Wall Street protests.
Interview by the French Catholic newspaper, L'Homme Nouveau with Richard Aleman on the Occupy Wall Street protests.

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08/11/2012

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9
 ACTUALITÉS
L’Homme Nouveau
N° 1504 du 5 novembre 2011
Propos recueillispar Philippe MaxenceQue se passe-t-il à NewYork et à Wall Street?
>>Richard Aleman :
Celafait longtemps que le socialis-me a fait faillite. Désormais, c’estle capitalisme qui est en failli-te. Les manifestations «Oc-cupons Wall Street» sont des protestations sans chefs contreles inégalités sociales et éco-nomiques d’un système où 1%des puissants maintient le res-te de la société au simple ni-veau de subsistance. Après desdécennies de salaires stagnantset injustes, de chômage – en par-tie dû à la délocalisation denotre outil de production –, dedette grandissante et de ren-flouements par l’État des hautsdirigeants des superstructuresfinancières qui s’octroient des primes aux frais du contri- buable, «Occupons Wall Street»exige que l’on corrige notrestructure sociale et économique.Le cœur organisationneldu mouvement est situé à quelques pâtés de maisons de Wall Street,où des affiches de protestationentourent une cuisine en pleinair où viennent manger les ma-nifestants et les membres duquartier général rempli d’or-dinateurs portables. La «Librairiedu Peuple» est installée sur uncompartiment coupe-feu bour-ré d’ouvrages sur la justice éco-nomique, et tout devant, vous pouvez voir des gens qui tien-nent des pancartes où l’on peutlire, par exemple: «Le peuplea besoin d’être renflo».
Que dites-vous aux gensque vous rencontrez?
>>
Je leur tends notre tracten leur disant:
«Voici une vraiealternative au capitalisme et au socialisme.»
 Notre messa-ge est simple: le capitalismec’est pour les riches, et le so-cialisme c’est pour les bu-reaucrates. Dans le capitalisme,1% de la population possèdeles moyens de production. Dansle socialisme, c’est 0%, car aufinal c’est l’État qui s’appro- prie tout pour lui-même. Alorsoui, parlons des injustices per- pétrées contre la majorité desAméricains, et oui, protestonscontre elles. Mais le distribu-tisme (1) est le seul modèle quise demande si «obtenir un bou-lot» est bien pertinent quandon peut créer un boulot soi-même. Nous pensons que lasolution à l’injustice consisteà bâtir une société de proprié-taires, de bas en haut de la so-ciété, où 99% des gens serontles propriétaires des moyensde production. Le distributis-me, ce sont les petites affaires possédées par les familles, les petits producteurs locaux: laferme familiale, la coopérati-ve, le fleuriste, le boulanger, etc.Le distributisme fonctionneaussi avec des industries degrande taille comme ces en-treprises possédées par leurs ouvriers, commecelles que l’on trouveen Émilie-Romagne enItalie ou les coopéra-tives Mondragon en Es- pagne, qui sont de grandesréussites. Les écono-mies distributistes sontfondées sur des moyensde production largementrépartis, et l’histoirea démontréqu’elles ontun avantageque les éco-nomies capi-talistes et so-cialistes ne peuvent même pas commen-cer à égaler.
Comment votre messageest-il reçu?
>>
De manière surprenan-te, il est bien reçu. De fait, lesétudiants, les enseignants, lessyndicalistes sont très réceptifs.Un des organisateurs nous adit:
«La doctrine sociale ca-tholique est la seule doctrinecohérente disponible aujour-d’hui.»
On sent de l’intérêt pour ressusciter des affaires fa-miliales, possédées par les tra-vailleurs et orientées sur le lo-cal, et cela est encourageant.Bien qu’on puisse trouver desextrémistes, comme ceux quiont honteusement profané unestatue de la Très Sainte ViergeMarie lors du «Occupons Ro-me», la plupart des manifes-tants posent de vraies ques-tions sur l’orientation que pren-nent notre économie et notre so-ciété. Toutefois, ils ne dispo-sent pas d’un programme clair  pour résoudre ces problèmes,c’est pourquoi notre présenceaux manifestations de «Occu- pons Wall Street» permet de proposer l’orientation distri- butiste aux manifestants et aux piétons qui passent par là. Desdistributistes diffusent leurstracts dans de nombreuses villesdes États-Unis: New York (NewYork), Spokane (État de Wa-shington), Columbus (Ohio),Philadelphie et Pittsburgh (Penn-sylvanie), Madison (Wiscon-sin), Columbia (Caroline duSud) et dans notre capitale Wa-shington D.C. Ils nous font tousremonter et partager leurs ex- périences positives.
Selon vous, qu’est-cequi pourrait être faitdans la crise que nousaffrontons?
>>
J’aimerais signaler queles évènements «OccuponsWall Street» offrent aux ca-tholiques l’occasion de diffu-ser le message social de l’Égli-se et d’évangéliser de grandset multiples groupes de gens quiaspirent à trouver une issue au bazar ambiant. Nous suggé-rons qu’on se penche sur le pa-trimoine social que nous a lé-gué notre sainte Mère l’Égli-se, des enseignements dont le pape Pie XII a remarquable-ment dit qu’ils l’emportaient sur les autres systèmes sociaux do-minants car 
«tout ce qui est bonet juste dans les autres sys-tèmes est déjà dans la doctri-ne sociale catholique»
. Étantdonné notre crise actuelle, je pense que les paroles de PieXIIsont pleines d’énergie et rem- plies d’espérance.Le Saint-Siège devrait s’oc-cuper du mécontentement gran-dissant en insistant de nouveausur le caractère contraignantde la doctrine sociale pour lesfidèles, et en suggérant d’étu-dier en profondeur le rôle deséconomies locales et décen-tralisées par la réalisation de la propriété diversifiée des moyensde production. Quant à nous,
 
Richard Aleman(ci-contre)défend ledistributisme.
L
HUMEUR DE
P
ASQUIN
 Mais non…
L
a bonne conscience a une façon conforme defaire taire le fâcheux, le facho, l’empêcheur depenser en rond et tous ceux qui viennentmettre en cause les schémas de pensée établis.C’est la très pertinente réplique «mais non». Lapuissante objection est généralement suivie d’unmagnifique truisme de type: «Faut pas toujoursêtre négatif», «Faut pas être simpliste», «Ça n’estpas le problème». Tout l’art de la réplique est defaire durer, de traîner en longueur sur le «mais»,autant que dure la condescendance vis-à-vis del’empêcheur de ronronner. Ce qui finit par donnersoit un très cérébrale «bêêêêêê non» ou un élégant«meuhhhhhh non». Et quand tous les animaux dela ferme vous ont imposé silence, la chimère mi-bovin mi-autruche se recolle la tête dans le sable, at-tendant, le croupion dévasté, que la réalité s’imposebrutalement. Ainsi au début du «printemps arabe»,alors que l’Europe entière saluait cette insurrectionlibertaire, quelques fâcheux constataient que les
«Allah akbar»
et les barbus étaient très présents.«Meuhhhhhh non, faut pas toujours être négatif…C’est facebook et les jeunes qui libèrent leur pays».Quelques mois plus tard, en Tunisie, le parti isla-mique remporte les élections! Alors que la Francelutte en Lybie contre le dictateur, certains fâcheuxquestionnent: certes Kadhafi n’est pas un saint,mais qui après? L’islam? «Meuhhhhhh non, fautpas être simpliste, les Arabes aussi ont le droit àla démocratie». Et trois jours après le lynchagede Mouammar Kadhafi aux cris de
«Allah akbar»
,la charia est décrétée pour tout le pays! Alorssi l’on dit: «Ça pourrait bien arriver en France?».«Meuhhhhhh non, faut pas tout confondre…»
N
Selon une tradition populaire de Rome, Pasquin était un tailleur de lacour pontificale au XV 
e
 siècle qui avait son franc-parler. Sous son nom,de courts libelles satiriques et des épigrammes (pasquinades) fustigeant les travers de la société étaient placardés sur le socle d’une statue an-tique mutilée censée le représenter avec son compère Marforio à unangle de la Place Navona et contre le Palais Braschi.
>>>
Suite page 10
N
EW
Y
ORK
Des catholiquesface à Wall Street
À l’instar du mouvement des insurgés surgi dans plusieurs capitaleseuropéennes, des manifestants se retrouvent à New York sous l’appella-tion «Occupons Wall Street». Parmi eux des catholiques. Président dela
Society for the Distributism
, Richard Aleman répond à nos questions.

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