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Hilaire Belloc 1870 1953
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Portrait de l’écrivain pour les éditions W. Heinemann (1903)
Activités
député, écrivain, dessinateur 
Naissance
Décès
Langue d'écriture
 poésie, biographie, essais historiques
The Path to Rome
(1902)
 La Croisière de la Nona
(1925)
Joseph Hilaire Pierre René Belloc
1
 et mort à Guildfordle 16 juillet 1953) est un écrivain anglo-français ethistorien naturalisé sujet britannique en 1902. L'un des écrivain britanniques les plus  prolifiques des années 1920
 
,il se consacra tout autant à la satire et la polémique qu'à la poésie et au roman ; il était enoutre très engagé en politique et fut un militant catholique opiniâtre, aux côtés de G. K. Chesterton.D'abord président de l’Oxford Union, il fut ensuite député de Salford de 1906 à 1910. Représentant du catholicisme libéral, il proposa une alternative au socialisme dans son livre
 L'État servile
. Belloc est passé à la postérité pour ses écrits poétiques,notamment sescontes moraux et ses poèmes religieux. Les plus connus sont :
 Jim, who ran away from his nurse, and was eaten by a lion
et
Matilda, who told lies and was burnt to death
.
Un étudiant atypique
Sa mère, Elizabeth Rayner–Parkes (1829–1925), petite-fille du fameux chimiste JosephPriestley, était elle-même écrivain. Elle avait épousé en 1867 le conseiller juridique Louis Belloc, lui-même fils du peintre Jean-Hilaire Belloc.Louis Belloc, ruiné par des spéculations boursières, mourut en 1872, et sa jeune veuve emmena alors ses deux enfants, Hilaire etMarie-Adélaïde en Angleterre. Belloc, de père français et de mère anglaise,  passa son enfance en Angleterre àSlindon
 
, petite ville dont il gardera toute sa vie la nostalgie : on en retrouve l'échodans certains de ses poèmes, tels, "West Sussex Drinking Song", "The South Country", et le plus mélancolique de tous,"Ha'nacker Mill". Sa sœur,Marie Belloc Lowndes, devintromancière. Après des études auprès deJohn Henry Newman  chez les Oratoriens àEdgbaston,Birmingham,Belloc choisit d'effectuer son service militaire en France, et fut affecté au régiment d'artillerie de Toulen 1891. Il entreprit ensuite des études d'histoire àBalliol College (Oxford)et y obtint les  premières places ; ce furent pour lui des années exaltantes, qu'il célèbrera là encore dans ses poèmes : "Balliol made me,Balliol fed me/ Whatever I had she gave me again". Doué d'une excellente constitution et d'une énergie peu commune,il pratiquait volontiers la marche, et s'y adonna toute sa vie que ce soit en Grande-Bretagne ou sur le continent. Pour  rallier le domicile de sa future femme, l'Américaine Elodie Hogan, dont il avait fait connaissance en 1890, Bellocn'hésita pas à traverser à pied une bonne partie duMiddle Westpour rejoindre le nord de la Californie, payant lesfermiers qui l'hébergeaient de croquis et de déclamation de ses propres poèmes. Il épousa finalement Elodie en 1896, eten 1906 acheta la propriété de
 King's Land 
à Shipley, dans le Sussex de l'ouestoù il passa l'essentiel du reste de sa vie. Elodie donna à Hilaire Belloc cinq enfants avant de mourir d'une grippe en 1914. Belloc ne se remit jamais de cettedisparition, et conserva intacte la chambre de son épouse
2
.
 
Carrière politique
Belloc, licencié ès arts de Balliol College (Oxford)en 1895, était un personnage de l'université, qui fut même élu président de cette sodalité vouée aux débats tous azimuts qu'on appelle
Oxford Union
. Amèrement déçu par le refus de sa candidature
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au grade de 
de All Souls College (1895), il opta pourtant pour la nationalité  britannique afin de se lancer dans la politique. Entre 1906 et 1910, il siégea en tant quedéputé libéral de Salford South
 
,mais là aussi, il accumula les désillusions : au cours d'un discours de campagne, comme un homme l'interpelait et luidemandait de justifier qu'il n'était pas un « papiste », il se saisit du chapeletqu'il avait dans sa poche et répondit : « Cher  Monsieur, je m'efforce d'aller à la messe chaque jour et de prier à genoux, et je prie avec ceci toutes les nuits ; si celavous offense, alors je prie Dieu de m'épargner l'indignité de vous représenter à la Chambre
4
. » Sur quoi la foulel'acclama et Belloc remporta le scrutin. Son fils Louis, qui servait dans le
, fut tué en servicecommandé dans le Nord de la France en 1918. Belloc fit placer un ex-voto dans la cathédrale deCambrai
 
, dans lachapelle latérale où se trouve la célèbre icône de  Notre-Dame de Cambrai.Dans les années 1930, il pratiquait la voile autant que ses moyens le lui permettaient et devint un 
 réputé, remportant plusieurs courses. On lui fit dond'uncotre, le
 Jersey
, avec lequel, aidé de coéquipiers plus jeunes, il fit pendant plusieurs années le tour des côtes del'Angleterre. L'un de ses compagnons, Dermod MacCarthy, a donné un récit de souvenirs de ces navigations : «
Sailing with Mr Belloc
». Belloc fut frappé d'une attaque cérébrale en 1941, dont il ne se remit jamais véritablement. À la suited'une chute dans sa propriété de King's Land, il fut interné à l'hôpital deGuildford où il mourut
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le 16 juillet 1953. Il estinhumé dans le chœur de Notre-Dame de la Consolation deWest Grinstead, dont il était un paroissien assidu. Dans sonhomélie
 
, M
gr 
 Ronald Knoxdit de lui : « No man of his time fought so hard for the good things. »
Le polémiste
Vivant essentiellement de sa plume, Belloc n'eut d'activité salariée que pendant la Grande Guerre, en tantque correspondant du journal
 Land and Water 
. Ses revenus furent toujours modestes. Son activité de pamphlétaireconnut son apogée dans les années 1920 avec la critique véhémente qu'il fit de l'essai historique deH. G. Wells intitulé
Outline of History
: il reproche notamment à l'auteur son parti-pris athée et dénonce l’évolutionnismeet la théorie de lasélection naturelle, à ses yeux profondément discréditées. Wells se plaignit que « débattre avec M. Belloc revient àlutter contre une tempête
6
. » La pointe critique de Belloc à propos de
Outline of History
est restée célèbre : il concèdeque le livre de Wells est « inspiré et fort bien écrit jusqu'à l'apparition de l'Homme, c'est-à-dire autour de la page sept
7
. »Wells répliqua par une brèveapostilleintitulée « Les objections de M. Belloc » (
Mr. Belloc Objects
8
) ; à quoi Belloc, pour garder la main, répondit par un « M. Belloc persiste et signe » (
Mr. Belloc Still Objects
). Le médiéviste britanniqueG. G. Coulton critiqua ses conceptions dans un article intitulé
Mr. Belloc on Medieval History
(1920). À l'issue d'unelongue joute littéraire, Belloc publia à son tour un pamphlet,
The Case of Dr. Coulton
(1938). Le style qu'adopta Bellocà l'âge mûr est conforme au surnom de « sacré tonnerre » (
Old Thunder 
) qu'on lui donnait dans sa jeunesse. Son ami,Lord Sheffield,rappelait son tempérament impétueux dans une préface qu'il composa pour « La Croisière de la Nona
9
»Dans un de ses romans de voyage, « Les Quatre Hommes » (
The Four Men
), Belloc paraît doter les principaux personnages de différentes facettes de sa personnalité. L'un d'eux improvise pour Noël une chanson à boire, dont voiciun extrait :'May all good fellows that here agreeDrink Audit Ale in heaven with me,And may all my enemies go to hell! Noel! Noel! Noel! Noel!May all my enemies go to hell! Noel! Noel!'Or les autres personnages jugent ces couplets maladroits et bancals : ainsi, tandis que les paroles reflètent l'état d'espritde Belloc, il sait faire preuve d'esprit critique envers lui-même.
Œuvres
Auteur éclectique, Belloc écrivit sur une multitude de sujets allant de l'armement à la poésie en passant par tous les thèmes d'actualité : on l'a rangé au nombre des «
 Big Four 
» de la littératureédouardienne
10
 aux côtés d’H. G.Wells, George Bernard Shawet G. K. Chesterton, les ténors des années 1930. Belloc était proche de Chesterton, et Bernard Shaw désignait leur collaboration du sobriquet de
Chesterbelloc
. Comme on lui demandait pourquoi il écrivaittant d'articles, il répliqua : « Parce que mes enfants raffolent de perles et de caviar 
11
. » Belloc était d'avis que lalittérature doit avant tout fixer les canons du style, c'est-à-dire distinguer les œuvres qu'un écrivain doit considérer comme des modèles de bonne prose ou de bonne versification. Quant à son propre style en prose, il aspirait à être aussiclair et concis que la contine «
Mary had a little lamb
. »
Essais et littérature de voyage
Les meilleurs récits de voyage de Belloc ont conservé un public décennie aprèsdécennie. Le plus célèbre d'entre eux,
The Path to Rome
(1902), offre le récit du pélerinage à pied que l'auteur accomplit depuis Toul  jusqu'à Rome en passant par les Alpes. Bien plus qu'un journal de voyage, on y trouve des  portraits, des conversations érudites imaginaires, de courts poèmes inspirés par les pays traversés, et surtout les croquisde paysages au crayon et à la plume de Belloc. À chaque page transparaît l’amour de l’écrivain pour l’Europe et pour leChristianisme qui, selon lui, l'a modelée. Aux côtés de Chesterton,E. V. LucasandRobert Lynd
 
,il était l'un desessayistesles plus populaires des années 1930. Dans un passage de
 La Croisière de la Nona
, Belloc, assis au gouvernailde son voilier sous le ciel étoilé, dévoile le fond de ses pensées sur la Religion et l'Homme, chantant « cette lumière d'or répandue par toute la Terre par le battement des ailes de la Foi
12
. »
Poésies
Cautionary Tales for Children
,illustrées par Basil T. Blackwood Ses
, fables pleines d'humour au second degré avec un dénouement
 
invraisemblable (« Le Roi Henri, qui mâchait des bouts de ficelle et connut une effroyable agonie », ou « Rebecca, quifaisait claquer les portes pour s'amuser et périt misérablement »), illustrées par Basil T. Blackwood (qui signait « B.T.B. ») puis par  Edward Gorey, sont très célèbresOutre-manche.Malgré le choix du genre (du registre de la littérature enfantine), leur contenu satirique les destine surtout, comme les contes de Lewis Carroll
 
,au public adulte. La fable de
Mathilde la menteuse qui périt dans les flammes
a été montée sur les planches par Debbie Isittsous le titre
Matilda Liar!
. L'illustrateur  Quentin Blake a décrit Belloc comme un adulte autoritaire doublé d'un enfant turbulent. Roald Dahl   poursuivit dans la même veine que Belloc, mais ce dernier est plus grave et aussi plus amer :
 It happened to Lord Lundy thenas happens to so many menabout the age of 26 they shoved him into politics ...
qui se conclut sur 
we had intended you to bethe next Prime Minister but three ...
Plus sérieux sont ses
Sonnets et Vers
: dans ce recueil, Belloc déploie le même art du rythme et de l'allitération que dansses contines. Ses thèmes y sont le plus souvent religieux, parfois romantiques ; son récit
The Path to Rome
est un long poème en prose.
Essais économiques et politiques
Ses trois essais les plus célèbres sont «
 L’État servile
» (1912), «
 L’Europe et la Foi
» (1920), et
 (1922). Belloc avait fait très jeune la connaissance du cardinalHenry Edward Manning
 
, qui avaitconverti sa mère au Catholicisme. Il fut vivement impressionné par l'engagement du prélat dans la grande grève desdockers de Londres en 1889, à laquelle on retrouve des allusions dans
The Cruise of the Nona
(1925), et selon son biographeRobert Speaight
 
,il faut voir là l'une des raisons de sa haine ducapitalisme débridé
13
, ainsi que de plusieursaspects du socialisme.Avec d’autres penseurs chrétiens (Cecil et G. K. Chesterton
 
, Arthur Penty) Belloc avait imaginéune sorte de troisième voie socio-économique, le 
. Dans
 L’État servile
, qu'il composa alors que sa carrière politique venait de s’achever, puis dans d’autres essais, sa critique de l’ordre économique moderne et du parlementarisme l'amène à proposer cette nouvelle doctrine, non comme une perspective ou un programme économiquenovateur, mais plutôt comme un retour à l'ordre ancien, celui des sociétés catholiques européennes traditionnelles. Ilappelle à la dissolution des parlements et à leur remplacement par des syndics des différents secteurs de la sociétécivile, idée que l'on retrouve chez d'autres penseurs de larévolution conservatrice sous le nom decorporatisme ; cependant il faut dire que l'idéal de Belloc, comme celui deschrétiens sociauxde l'Entre-deux guerres, est biendavantage une réminiscence du corporatisme d'Ancien Régime paléo-corporatisme »), référence à un Moyen Âgeidéalisé, qu'un corporatisme au sens des idéologues fascistes, qui est une synthèse de productivisme d’État et decapitalisme paternaliste. À la lumière de cette doctrine, Belloc produisit toute une série de biographies controversées degrands hommes, parmi lesquelsOlivier Cromwell
 
,leroi Jacques IIet Napoléon Bonaparte.Ces essais sont autant de  prétextes à vanter l’orthodoxie catholique et à critiquer divers aspects dumodernisme.Hors du champ académique, Belloc s'agaçait de ce qu'il appelait l’« histoire officielle », à ses yeux une réelle imposture
14
. Joseph Pearce relève aussiles attaques de Belloc contre le sécularisme dont est empreint l’essai de H.G. Wells intitulé
Outline of History
: « Bellocs’opposait à la prise de position tacitement anti-chrétienne, qui éclatait particulièrement dans le fait qu'il avait, dans son
 History
, consacré davantage de pages à la campagne des Perses contre les Grecs qu'à la naissance du Christianisme
15
. »
Il écrivit aussi souvent sur l'histoire militaire et ne dédaignait pas même l’uchronie: dans ce genre, il contribua àun recueil de John Squire,
 If It Had Happened Otherwise
(1931).Religion
« La Foi, c'est l'Europe, et l'Europe, c'est la Foi » : par ces mots, Belloc montre la valeur identitaire etculturelle que le catholicismerevêt à ses yeux. Il développa ce point de vue à de multiples reprises dans ses écrits de la  période 1920–1940, qui dans le monde anglophone sont toujours cités comme exemplaires de l’apologétiquecatholique,et opposés aux idées deChristopher Dawson
 
, son contemporain. Adolescent, Belloc avait perdu la foi ; mais une crisespirituelle, sur laquelle il ne s'est jamais exprimé, et pourtant à laquelle il est fait allusion dans
 La Croisière de la Nona
,le réconcilia définitivement avec le catholicisme. Selon son biographe A.N. Wilson, Belloc ne s'est jamais totalementdétourné de la foi
16
. La crise spirituelle est décrite en détail dans
The Path to Rome
(pp. 158–161) : elle a eu lieu dans levillage d’Undervelier  à l'heure desvêpres : « Non sans larmes, je considérai la nature de la croyance (...) c'est une bonne chose de ne pas avoir à revenir vers la foi
17
. Le catholicisme de Belloc était sans compromis : pour lui, l’Église était lefoyer et la demeure de l’Esprit de l'Homme
18
. De façon plus légère, le mot de Belloc : « Partout où brille le soleil ducatholicisme, on trouve l'amour, les rires et le bon vin
19
», résume son apologie de la culture catholique. Il n'avait quedes mots méprisants pour l'anglicanisme
 
,et ne mâchait pas ses mots pour décrire les hérétiques :
 Hérétiques, d’où quevous soyez, De Tarbes, de Nîmes ou d’Outre-mer,vous n’aurez de moi nulle compassion ;
Caritas non conturbat me
20
.Dans sa « Complainte sur lhérésie pélagienne», il se fait même plus grinçant encore, décrivant comment l’évêque d’Auxerre
 
,
 De sa massive crosse épiscopale si furieusement cognait, de-ci, de-là tous hérétiques, grands ou rablés
,
qu’ils auraient préféré le gibet 
 
21
Quelques titres
Romans historiques
 Danton
(1899)
 Robespierre
(1901)
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