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Mediapart Ppp Vinci

Mediapart Ppp Vinci

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Published by Philippe Blandin
Ce devait être une bien belle rencontre entre un groupe major du BTP et une université de classe internationale. Sur le papier, le chantier mené par Vinci pour l'université Diderot (Paris-7), qui consiste à construire quatre bâtiments de salles de cours et de locaux administratifs, promettait d'être un modèle du genre.

C'est le tout premier partenariat public-privé (PPP) de cette ampleur dans l'enseignement supérieur, ces concessions qui délèguent à une entreprise privée la construction et la maintenance d'équipements publics. Un contrat historique. Valérie Pécresse, alors chargée des universités au gouvernement, a posé la première pierre des édifices. Signé en juillet 2009, ce projet symbolise l'université qu'elle prône: bâtisseuse, alliée du privé et innovante. L'enjeu n'échappe pas au lobby du PPP qui décerne un prix à la ministre. Pour Vincent Berger, président de Paris-7, se joue ce jour-là rien de moins qu'une nouvelle façon d'«être au monde».


Valérie Pécresse et Vincent Berger, président de Paris-7, lors de la pose de la première pierre, janvier 2011 (DR).

Ce contrat de 273 millions d'euros sur trente ans réunit des stars. Il y a d'abord l'université: Paris-7, l'un des plus gros établissements français et l'un des rares à figurer au classement de Shanghaï, indicateur sans intérêt académique mais très prisé des responsables politiques. Ensuite, le groupe Vinci, multinationale de la contruction et du bâtiment.

Le projet s'inscrit dans la ZAC Rive gauche, immense opération d'aménagement parisien, entre la gare d'Austerlitz et le boulevard Masséna, qui mobilise parmi les plus grands noms de l'architecture (Christian de Portzamparc, Rudy Ricciotti). Ces quatre nouveaux bâtiments doivent mettre fin au long et dispendieux feuilleton du désamiantage de Jussieu, en regroupant enfin des sites éparpillés par les travaux du vieux campus du Ve arrondissement. Ils doivent être opérationnels à la rentrée 2012.

À l'arrivée, on se retrouve aujourd'hui avec un chantier chaotique: constructions au rabais, organismes de contrôle court-circuités, rétention d'information, valse permanente des chiffres, ententes officieuses, accusations d'abus de confiance, de contrefaçons et de fausses déclarations. C'est l'incroyable histoire du PPP de Paris-7. Visé par plusieurs procédures (devant le tribunal administratif, au civil et au pénal), le projet dégage désormais un parfum sulfureux de petits arrangements entre amis sur le dos de la puissance publique.

Mediapart a reconstitué les accords passés en coulisses depuis trois ans. Nous en publions le récit en plusieurs volets.

Ce devait être une bien belle rencontre entre un groupe major du BTP et une université de classe internationale. Sur le papier, le chantier mené par Vinci pour l'université Diderot (Paris-7), qui consiste à construire quatre bâtiments de salles de cours et de locaux administratifs, promettait d'être un modèle du genre.

C'est le tout premier partenariat public-privé (PPP) de cette ampleur dans l'enseignement supérieur, ces concessions qui délèguent à une entreprise privée la construction et la maintenance d'équipements publics. Un contrat historique. Valérie Pécresse, alors chargée des universités au gouvernement, a posé la première pierre des édifices. Signé en juillet 2009, ce projet symbolise l'université qu'elle prône: bâtisseuse, alliée du privé et innovante. L'enjeu n'échappe pas au lobby du PPP qui décerne un prix à la ministre. Pour Vincent Berger, président de Paris-7, se joue ce jour-là rien de moins qu'une nouvelle façon d'«être au monde».


Valérie Pécresse et Vincent Berger, président de Paris-7, lors de la pose de la première pierre, janvier 2011 (DR).

Ce contrat de 273 millions d'euros sur trente ans réunit des stars. Il y a d'abord l'université: Paris-7, l'un des plus gros établissements français et l'un des rares à figurer au classement de Shanghaï, indicateur sans intérêt académique mais très prisé des responsables politiques. Ensuite, le groupe Vinci, multinationale de la contruction et du bâtiment.

Le projet s'inscrit dans la ZAC Rive gauche, immense opération d'aménagement parisien, entre la gare d'Austerlitz et le boulevard Masséna, qui mobilise parmi les plus grands noms de l'architecture (Christian de Portzamparc, Rudy Ricciotti). Ces quatre nouveaux bâtiments doivent mettre fin au long et dispendieux feuilleton du désamiantage de Jussieu, en regroupant enfin des sites éparpillés par les travaux du vieux campus du Ve arrondissement. Ils doivent être opérationnels à la rentrée 2012.

À l'arrivée, on se retrouve aujourd'hui avec un chantier chaotique: constructions au rabais, organismes de contrôle court-circuités, rétention d'information, valse permanente des chiffres, ententes officieuses, accusations d'abus de confiance, de contrefaçons et de fausses déclarations. C'est l'incroyable histoire du PPP de Paris-7. Visé par plusieurs procédures (devant le tribunal administratif, au civil et au pénal), le projet dégage désormais un parfum sulfureux de petits arrangements entre amis sur le dos de la puissance publique.

Mediapart a reconstitué les accords passés en coulisses depuis trois ans. Nous en publions le récit en plusieurs volets.

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Le chantier du groupe Vinci pourl'université de Paris-7 menace detourner au scandale
04 décembre 2011 | Par Jade Lindgaard - Mediapart.frCe devait être une bien belle rencontre entre un groupe major du BTP et uneuniversité de classe internationale. Sur le papier, le chantier mené par Vinci pourl'université Diderot (Paris-7), qui consiste à construire quatre bâtiments de salles decours et de locaux administratifs, promettait d'être un modèle du genre.C'est le tout premier partenariat public-privé (PPP) de cette ampleur dansl'enseignement supérieur, ces concessions qui délèguent à une entreprise privée laconstruction et la maintenance d'équipements publics. Un contrat historique. ValériePécresse, alors chargée des universités au gouvernement, a posé la première pierredes édifices. Signé en juillet 2009, ce projet symbolise l'université qu'elle prône:bâtisseuse, alliée du privé et innovante. L'enjeu n'échappe pas au lobby du PPP quidécerne un prix à la ministre. Pour Vincent Berger, président de Paris-7, se joue ce jour-là rien de moins qu'une nouvelle façon d'
«être au monde»
.Valérie Pécresse etVincent Berger, président de Paris-7, lors de la pose de la première pierre, janvier2011 (DR).Ce contrat de 273 millions d'euros sur trente ans réunit des stars. Il y a d'abordl'université: Paris-7, l'un des plus gros établissements français et l'un des rares àfigurer au classement de Shanghaï, indicateur sans intérêt académique mais très prisédes responsables politiques. Ensuite, le groupe Vinci, multinationale de la contructionet du bâtiment.Le projet s'inscrit dans la ZAC Rive gauche, immense opération d'aménagementparisien, entre la gare d'Austerlitz et le boulevard Masséna, qui mobilise parmi les plusgrands noms de l'architecture (Christian de Portzamparc, Rudy Ricciotti). Ces quatre
 
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nouveaux bâtiments doivent mettre fin au long et dispendieux feuilleton dudésamiantage de Jussieu, en regroupant enfin des sites éparpillés par les travaux duvieux campus du Ve arrondissement. Ils doivent être opérationnels à la rentrée 2012.À l'arrivée, on se retrouve aujourd'hui avec un chantier chaotique: constructions aurabais, organismes de contrôle court-circuités, rétention d'information, valsepermanente des chiffres, ententes officieuses, accusations d'abus de confiance, decontrefaçons et de fausses déclarations. C'est l'incroyable histoire du PPP de Paris-7.Visé par plusieurs procédures (devant le tribunal administratif, au civil et au pénal), leprojet dégage désormais un parfum sulfureux de petits arrangements entre amis sur ledos de la puissance publique.Mediapart a reconstitué les accords passés en coulisses depuis trois ans. Nous enpublions le récit en plusieurs volets.Plan duchantier.Avant d’exposer les faits, introduisons les principaux acteurs. En haut de la pyramide,trône Udicité, le groupement constructeur qui a signé le contrat de partenariat avel’université. C’est une holding qui ne s’occupe pas directement des travaux. Cettecharge revient à Sogam, filiale de Vinci et promoteur du chantier, qui fait elle-mêmetravailler deux autres filiales du géant du BTP, Sicra et GTM. La maîtrise d’ouvrage,rôle normalement délégué au client, est assurée par Vinci, qui par la grâce du PPPconstruit le chantier et en rapporte… à lui-même.Face à cette concentration verticale, exercent en théorie deux importants organes decontrôle: le bureau d’études Setec, qui assure le conseil et l’assistance technique duchantier, et le bureau de contrôle Qualiconsult, qui doit s’assurer de la conformité desopérations aux normes et aux engagements pris. Ils sont en discussion permanenteavec les architectes, et notamment Philippe Blandin, de l’agence In/On, conceptrice dubâtiment avec lequel débute cette enquête. Tous ces acteurs s’affrontent aujourd'huiautour d’une énorme structure de béton armé, une poutre invisible de l’extérieur, maisindispensable à la construction de l'ensemble.
Invention de la «flexibilité inflexible»
La surprise arrive au bureau In/On, fin novembre 2011. L'agence d'architectes,conceptrice initiale de l'un des quatre bâtiments, reçoit la copie d'un permis de
 
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construire modificatif. Cela fait presque deux ans que Philippe Blandin a vu son contratrésilié par Udicité, le groupement constructeur. La rupture s'est très mal passée etl'architecte a engagé plusieurs procédures au civil et au pénal contre son maîtred'ouvrage. Il lui reproche de ne pas construire l'édifice qu'il a dessiné. Mais jusqu'ici, lepromoteur, la Sogam, filiale de Vinci, continue à soutenir qu'il édifie le bâtiment tel qu'ilavait été conçu par In/On. C'est ce qu'affirme Vincent Carret, responsable projet de laSogam, à l'huissier de justice venu saisir des documents dans son bureau, au mois de juin.Dessins du bâtimentconçu par In/On pour Paris 7.Mais cinq mois plus tard, la version change du tout au tout. Le nouvel architecte del'immeuble a déposé de nouveaux plans auprès de la préfecture de police, et eninforme ses prédécesseurs. Parmi les principales différences, on note la suppressiond'un couloir au rez-de-chaussée et la réduction à quelques mètres carrés du halld'inscription pour les étudiants, la disparition des jardinières en terrasse des logementset d'un espace de rencontres et de détente, la transformation de deux salles de classeen bureaux, et surtout, la réduction drastique de la taille des archives (de 183 m2 àmoins de 100 m2).En tout, Philippe Blandin repère 117 modifications entre ses plans et le bâtimentconstruit. Son avocat, Yann Gasnier, doit plaider l'arrêt des travaux modificatifs nonautorisés par l'architecte.
Le chantier du groupe Vinci p...http://www.mediapart.fr/print/ ...Page 3 sur 10http://www.mediapart.fr/print/ ...Page 3 sur 1004/12/2011

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