Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Look up keyword
Like this
2Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Haiti-Observateur du 7 decembre 2011

Haiti-Observateur du 7 decembre 2011

Ratings: (0)|Views: 392|Likes:
Published by jean_juniorj
Vrai ou Faux? Le représentant de Chine kidnappé à Port-au-Prince?
Vrai ou Faux? Le représentant de Chine kidnappé à Port-au-Prince?

More info:

Published by: jean_juniorj on Dec 07, 2011
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

11/07/2012

pdf

text

original

 
Les kidnappeurs ont définiti-vement repris du service dansla région métropolitaine dePort-au-Prince. La dernièreopération menée par un gangde criminels démontre claire-ment qu’ils ont pris du poil dela bête. Ils semblent vouloir envoyer un message clair, àsavoir qu’ils représentent uneforce avec qui il faut compter.C’est, en tout cas, la conclu-sion à laquelle sont arrivés plusieurs observateurs ainsique des experts anti-terro-ristes. Car plus de vingt-quatreheures depuis que le représen-tant de la République de Chine populaire en Haïti a été enlevé par des hommes lourdementarmés, on reste sans nouvellede lui. Les autorités policièreset judiciaires d’Haïti se sontmobilisées afin de trouver la piste des ravisseurs.Le représentant de Beijingà Port-au-Prince, qui n’est pasl’ambassadeur de ce pays, aété arraché à sa résidence,dans l’après du lundi (5décembre), entre 5 heures et 6heures, par des inconnus, quiont fait irruption dans la mai-son et maîtrisé le personnelainsi que les agents de sécuri-té présents sur la propriété.Selon des témoins, l’opéra-tion a été réalisée par quatreindividus qui prétendaientavoir rendez-vous avec lediplomate. Au moment oùl’agent de sécurité qui gardaitl’entrée s’entretenait avec unhomme qu’il prenait pour unclient ou quelqu’un qui cher-chait à obtenir des informa-tions, d’autres complices esca-ladaient le mur de la propriétéet eurent accès à l’intérieur.Immédiatement, tous les genstrouvés à l’intérieur de la rési-dence du diplomate ont étéligotés et réunis dans uneseule salle où ils ont été forcésde s’asseoir par terre.Puis les bandits prirent laclé des champs amenant aveceux le diplomate chinois versune destination jusqu’iciinconnue.Durant toute la journée dumardi, soit le lendemain, lesautorités n’avaient reçu aucu-ne communication des kidnap- peurs, qui n’ont toujours pasfait de revendication, ni indi-qué le montant de la rançondésirée pour libérer leur victi-me.Entre-temps, depuis hier soir, le Premier ministre s’estréuni avec le cabinet ministé-riel ainsi que le présidentMartelly et d’autres membresdu gouvernement afin demettre sur pied un comité decrise mixte composé de poli-ciers et de représentants civils.Les média haïtien ont étéavisés par les autorités de ne pas diffuser la nouvelle del’enlèvement du diplomatechinois afin de donner auxautorités le temps de mettre bâtir une structure de négocia-tion en vue d’ouvrir un éven-tuel dialogue avec les kidnap- peurs; ou bien, le cas échéant,de mener une opération visantà délivrer le diplomate.Les experts en terrorismesont unanimes à reconnaîtreque l’opération menée contrela résidence du diplomate chi-nois ne porte pas l’empreintedes kidnappeurs traditionnels basés à Cité Soleil ou àquelque autre bidonville de lacapitale. Leur manière d’opé-rer laisse l’impression queceux qui ont réalisé ce coupsont des professionnels rom- pus à ce genre d’activités, ouqui possèdent une expérienceinternationale dans l’art demener pareille action.Comme on le sait bien, laRépublique populaire deChine (ou la Chine continenta-le) n’a pas de relations diplo-matiques avec Haïti, un statutque détient la République deTaïwan. Mais, dans le but de promouvoir les affaires etœuvrer pour sensibiliser lesautorités haïtienne jusqu’à lesinciter à laisser tomber Taïwan, Beijing entretient une
Par Le Jseph
Certains apologistes de Mi-chel Martelly ne cessent dedécocher des flèches en direc-tion des détracteurs du prési-dent, qu’ils accusent d’êtretrop sévères à son égard oud’aller trop vite en besognedans leurs critiques, mêmeavant les premiers cent jours de grâce générale-ment accordés aux nou-veaux chefs d’État. La réa-lité est que les contradic-teurs du chef de l’État haï-tien ont très tôt relevé lesgraves contradictions qu’ila affichées dans le cadredes premiers actes posésavant même la formationdu gouvernement. Mine derien, à l’instar de son pré-décesseur immédiat, RenéPréval et d’autres déten-teurs du pouvoir avant ceder nier, M. Martelly a faitde la justice une de ses pre-mières victimes, en ordon-nant la libération d’un an-cien haut gradé de la Policenationale emprisonné auPénitencier national, qui atten-dait de comparaître devant son juge naturel. Non seulement le candidatMartelly ignorait les gronde-ries de ceux qui dénonçaient la présence dans sa campagne degens de réputation douteuse,le premier geste qu’il a poséaprès sa prestation de sermenta été la mise en liberté d’ErnstBouquet Dor feuille, anciencommissaire municipal desGonaïves. Il avait été inculpédans le cadre de l’assassinatviolent de sa concubine, Mo-nique Pierre, enlevée dans lanuit du 28 au 29 novembre2009, et dont le cadavre étaitretrouvé non loin d’Onaville,sur la route nationale # 3conduisant à Mirebalais. Lathéorie fut alors établie que lavictime avait été traînée piedsnus dans ces lieux, puis abat-tue de deux balles à la tête.
ENglish PagEs : 7, 11,
VoL. XXXXii, n.
16
 New York 
: Tel : (718) 812-2820; •
 Montréal 
(514) 321-6434; •
 Port-au-Prince
: (011 509) 223-0785 • Paris (33-1)43-63-28-10
7-14 decembre 2011
Kreyò : Pj 6
Fondé à New York,cet hebdomadaire est édité  par la société  Haïti-Observateur Group, Inc.
www.haiti-observateur.net 
 Haïti-Observateur  P.O. Box 356237  Briarwood, NY 11435-6235Tél. (718) 812-2820
haiti_observateur@yahoo.com
 Haïti: 20 gourdes Partout ailleurs : 1,50 $Tél. (718) 834-0222
haitiobservateur
 Lè manke gid, pèp la gaye !
La militante des droits humainsdes migrants haïtiens Sonia Pierr eest décédée, le dimanche 4 sep-tembre, victimed’une crise car-diaque. Les informations véhicu-lées autour desa mort laissentcroire qu’elle a rendu l’homme,suite à une crise cardiaque, alorsqu’on la transportait à l’hôpital.Elle était âgée de 48 ans.Ledécès prématuré de cettecourageuse femme a déclenchéune vague demessages de solida-rité dans les milieux haïtiens horsde la Républiquedominicaine,notamment en Haïti, aux États-Unis et au Canada. Cer tains ontdu mal à accepter cette séparationinattendue et semblent vouloir trouver des causes incroyables àsa mort. Enréalité, malgré sondévouement et son ardeur, elle ne jouissait pas d’une bonne santé.En effet, on apprend de cer-tains proches de la famille deMme Pierre que, suite à une pre-mière crise cardiaque, elle avait
LeprésidentMartellya commenson quinquennatparvassaliser lajustice
PRÔNANT LE «CHANGEMENT» DANSSESDISCOURSÉLECTORALISTES
Décès deSonia Pierre, militantedes droitsdes imigrants enép. dom.
DE RETOUR DU PREMIER SOMMETDE LA CELAC
Le président fait un bilanpositif deson sé jour
Monique Pierre (photo d’archives).Suite en page 7 
DES BANDITS ONT FAIT UN COUP D’AUDACE
Le représetat de Chekdappé à Prt-au-Prce
Sonia Pierre (photo d'archives)Sur la piste de l'aéroport avant de s'envoler vers le Venezuela (photo d’archives).Suite en page 15
Voir page 2
 
3
Ha
 ï 
t-observateur
7-14 decembre 2011
Par Charles Dupuy
Quand, en 1945, Marc Verne fait paraître son roman
Marie Villar -ceaux
, le succès du livre s’avèreretentissant et instantané. C’est unlivre événement comme on en aque peu d’exemples dans l’histoi-re de la littérature haïtienne. Il fautremonter aux années del’Occupation, au
 Nègre Masqué
de Stéphen Alexis, pour voir lachronique littéraire agitée d’un telémoi. Les exemplaires du romans’arrachent en librairie, on se les passe, on en discute à la ville etdans les salons. Les connaisseursse répandent en louanges sur lamaîtrise de l’écrivain, sur sesdons d’invention et la pureté de salangue. Le public enthousiasméacquiert la conviction d’assister àl’avènement d‘un nouveau clas-sique et l’édition du livre seretrouva bien vite épuisée.L’œuvre correspondait à un besoin et marquait une rupture.Ce besoin, Marc Verne l’avaitnettement ressenti puisque, ja-mais peut-être, chez nous, unroman n’aura autant corresponduaux dispositions personnelles et àla sensibilité de son auteur. Si larupture n’entrait pas dans ses in-tentions, c’est pourtant Marc Ver -ne qui, en dehors de tout postulatesthétique, redonnait sa place auroman sentimental dans notre lit-térature. Après le roman socialavec sa cohorte de héros positifsentourés de compagnes plutôtaccessoires, de ces jeunes fem-mes superficielles, sans caractère,sans idées, sans âme et sans vie,Marc Verne offrait le premier rôleà une authentique héroïne qu’il place au cœur de l’action et sur laquelle il jette un éclairage cru,neuf et brutal.L’intrigue du roman estsimple : très amoureuse de sonmari, Henri Villarceaux, MarieForestier mène une vie parfaite-ment heureuse lorsque JacquesLatour, l’homme qu’elle avaitépousé en premières noces,revient de France. Sous prétextede revoir Pierre, leur enfant, Jac-ques aborde une Marie catastro- phée pour lui déclarer sa flammeet détruire son bonheur conjugal.Toute la beauté du roman et toutesa force resteront concentréesdans le personnage de Marie,dans cette nature passionnée defemme et de mère que Verneadule et qu’il offre à notre admira-tion. L’action se déroule autour del’année 1914 dans la ville du Cap.On aura compris que les person-nages appartiennent au milieu bourgeois, que ces bourgeois pos-sèdent des terres sur lesquellesvivent des paysans dont ils diri-gent l’existence avec une bien-veillance autoritaire et paternalis-te digne des grands barons polo-nais. Tentative de viol, duels, batailles, guerres révolution-naires, tout y passe dans ce récit pal pitant, bien rythmé, bien cons-truit, bien écrit.
Marie Villar ceaux
s’empare du lecteur dès les pre-miers chapitres, et celui-ci n’a pas plutôt déposé le livre qu’il enredemande.
Marie Villarceaux
fut néan-moins fort mal accueilli par l’éliteintellectuelle de la capitale, quileva le nez sur ce drame senti-mental, ce roman d’amour qu’el-le accabla de railleries, qualifia deléger, sans oublier de lui décou-vrir des maladresses de style.Marie Villarceaux, il faut lereconnaître, arrivait comme un bel anachronisme dans le contex-te politique tempétueux de 1946,et «
l’injustice à l’égard du romande Marc Verne, écrit GhislainGouraige, est une humeur d’éco-le qu’un article de Pierre Mayard a résumée avec éclat dans
 Haïti- Journal 
 , “Zéro au quotient“
...»(Histoire de la littérature haïtien-ne, 1960, p.441) L’œuvre com- porte toutefois un double intérêt,selon Gouraige, d’abord, l’exacti-tude et la netteté documentairesavec lesquelles l’auteur rétablitles mœurs de la société patriarca-le issue de l’ordre christophien. Nous verrons ainsi HenriVillarceaux, grand seigneur féo-dal du Nord, le descendant d’unefamille noble aux traditions sécu-laires régner en maître sur sesimmenses domaines avec desdroits acquis sur la terre et sur leshommes. L’autre particularité dulivre, toujours d’après Gouraige,se situerait dans la violence desémotions vécues par les person-nages et transmise au lecteur aumoyen d’un dialogue vivant etdes répliques heureuses. Danscette œuvre essentiellementconsacrée à la mystique de lafemme, Verne expose, en effet,des situations émotives inspi-rantes, des scènes frémissantes devie et de vérité, bien aux anti- podes des fades sentimentalités,des clichés sans substance, de lamièvrerie et du conventionnel.«
Tout compte fait 
, conclutGouraige,
 si le roman de MarcVerne n’est pas le chef-d’œuvredu genre, il n’a rien non plus quilui vaille le mépris dans lequel onle tient 
».Pour Pradel Pompilus et lefrère Raphaël, les véritables méri-tes de l’œuvre résident dans sonstyle, qu’ils jugent pittoresque etémouvant, dans la peinture réalis-te du milieu dans lequel évoluentles personnages et puis, enfindans cette dramatique «
 succes- sion des événements [qui] devient une succession d’états d’âme
».(
 Histoire de la littérature haïtien-ne.
.. tome III, p.567).Dans la préface du livre déjà,Dantès Bellegarde aboutissait à lamême conclusion. «
 Le romanaurait pu se ramener à une froideétude psychologique
, disait-il,
 sil’auteur n’avait su replacer ses personnages dans leur milieu et leur temps, en les associant inti-mement aux diverses manifesta-tions de la société haïtienne
».En somme, on peut dire que lacoterie qui se forma contre
MarieVillarceaux
aura été le fait d’écri-vains jaloux du couronnement populaire que reçut le roman à sasortie, d’envieux persuadés de pouvoir produire un bien meilleur ouvrage et des esprits chagrinsqui ne se consolaient pas de nel’avoir écrit eux-mêmes. Né à Saint-Marc, le 1er jan-vier 1892, Jean-Baptiste MarcVerne fera ses études au Collège Notre-Dame du Cap-Haïtien. Ilest professeur d’espagnol, d’his-toire et de géographie au lycéePhilippe-Guerrier de la mêmeville quand il se marie le 30 jan-vier 1941. Il avait alors 49 ans etsa femme, Marie Zéphir, encomptait tout juste 24. Ils vécu-rent heureux et n’eurent pasmoins de sept enfants. À la mortde Pierre Aly Verne, son père, en1915, le malheureux jeune hom-me plongea à corps perdu dans lalecture, engloutit les romans deWalter Scott, de Dumas, deBalzac, de Hugo, de Stendhal, deFlaubert, de Zola, de Poe, deProust, de Dickens, de Tolstoï, dePaul Bourget, d’Octave Mirbeau,de Paul Féval, de Michel Zévaco,d’Eugène Sue, de MauriceLeblanc, d’Émile Gaboriau, deGaston Leroux pour, à bout desouffle, découvrir les mystères dela péripétie romanesque et lessecrets de sa mécanique.Possédé par le besoin dévo-rant d’apprendre, mais pas moinsde celui de comprendre, de voir etd’expérimenter, il deviendra pho-tographe professionnel aprèsavoir suivi un cours par corres- pondance d’un institut parisien.C’est pendant son séjour à Cubaque, toujours par correspondance,il étudie la reliure d’art qui, pour ce bibliophile averti, restera le plus délectable des passe-temps.On retiendra, en effet, que, de1951 à 1955, Marc Verne occupale poste de consul d’Haïti àCamagüey. C’est d’ailleurs là, pendant ses heures de désœuvre-ment, qu’il écrivit une version pour la scène de
Marie Villar -ceaux
et qu’il s’appliqua à rédiger un autre roman,
Yoyo.
Restéinédit,
Yoyo
ne sera publié qu’enfeuilleton dans l’hebdomadaire
 Le Nouveau Monde,
au début desannées 1960. C’est l’histoire d’un jeune homme de conditionmodeste qui, après de brillantesétudes à Paris, revient au pays oùil éblouit la société par son brio etsa vivacité d’esprit. On le croit promis à un avenir des plus floris-sants, mais l’action se déroulesous l’Occupation américaine etle destin de Yoyo sera beaucoupmoins étincelant que les circons-tances le laissaient pressentir.L’auteur de
Marie Villar ceaux
avait déjà fait paraître un petitrecueil de prose poétique intitulé
 Pour mon Plaisir et pour ma Peine
, un ouvrage subtil et nuan-cé qui, à sa grande déception, passa presqu’ignoré du public.Rien ne l’enchante autant que derencontrer ses amis à l’Union-Club et rien ne lui plaît davantageque ces moments privilégiés où,dans la société des beaux esprits,il peut s’adonner au libre exercicede la conversation, à ces échangesscintillants et distingués de la cau-serie familière. Il entretient uncommerce assidu avec LucGrimard dont il était inséparableet se voulait le disciple, cultived’étroites relations d’amitié avecPrice Mars, Lorimer Denis, Jean-Baptiste Cinéas, Louis Mercier,Christian Werleigh, des intellec-tuels à l’ironie chatoyante, desintimes qui partagent son sensesthétique et ses goûts littéraires.Dans un article publié peu aprèsle lancement orageux de
MarieVillar ceaux
, Lorimer Denis ledécrivait comme «
un beau laid toujours précédé ou suivi d’unchien qui ressemble à un loup
».Une façon de dire que MarcVerne était alors un fervent ama-teur de la race canine avec unfaible particulier pour les bergersallemands.C’était un griffe au teint de bronze, un homme râblé, petit decorps mais doté d’une extraordi-naire capacité de résistance dou- blée d’une robustesse insoupçon-née. Au sujet de sa vigueur juste-ment, c’est après une partie de bras de fer que, dans son jeunetemps, il vécut une aventure auxallures dramatiques qui plongeatoute la ville en émoi. Un soir,après qu’il eut arraché la victoireau fringant Sicot Questel, unealtercation s’engagea entre lesdeux camarades, qui se termina par la retentissante gifle queQuestel servit à Verne, juste avantqu’il ne dégaine son pistolet afinde décourager toute tentative deréaction ou velléité de réplique.L’affaire provoqua le scandaleque l’on pense et faillit se termi-ner de manière tragique. Aprèsl’incident, en effet, les sœurs deMarc Verne lui refusèrent l’hon-neur de participer au repas defamille tant que l’affront n’aurait pas été proprement réparé. Écou-tons Antoine Bernardin qui nousraconte la suite des événements :«
Un beau jour, au même endroit,c’est-à-dire à l’Union-Club, sansaucun préambule, Verne sortit  son poignard et fonça sur l’offen- seur, qui, cette fois, prenant ses jambes à son cou, détala en vites- se. Et Verne, le poursuivant, lui fit une blessure à la jambe
».(
Silhouettes d’hier 
, 1985, p.52).Au fait, Marc Verne, qui avaitlaissé l’homme à moitié mort, allase livrer à la police. Heureu-sement, sa victime se rétablit deses blessures et l’affaire fut clas-sée sans suite.Quand survient la dictatureduvaliériste, Marc Verne est déjàun écrivain à la retraite. Il méditesur ses prochaines créations, sur le cheminement narratif de sesromans, sur le canevas détaillé deses pièces de théâtre, toutes desœuvres qu’il ne se résoudra pour-tant jamais à écrire, préférants’adonner avec philosophie à laculture des œillets et des amaryl-lis. Il fait jouer 
Marie Villarceaux
devant un public conquis d’ama-teurs, donne des cours d’espagnolà l’Institut Anténor Firmin, pro-nonce d’érudites conférencesdevant des auditoires restreints,retourne à son cher Union-Club,chaque jour un peu plus déserté,car l’heure est à la discrétion et àla prudence. L’auteur de
MarieVillarceaux
gagne alors sa vie enexploitant la « Royal Dry-Clean-ing», petit commerce qui suffit àassurer son indépendance maté-rielle et le confort du foyer. Hom-me simple et dépourvu de vanités,indifférent face à l’argent, Vernen’entretient aucun penchant dis- pendieux et ses ambitions, dumoins dans l’ordre temporel, res-teront toujours discrètes et raison-nables.C’est à la stupéfaction généra-le que, par un soir de septembre1964, les tontons-macoutes irontcogner à sa porte. Comment cethomme qui s’était pourtant pru-demment tenu à l’écart de la poli-tique, qui avait vécu sans tenta-tion partisane ou conviction mili-tante, avait-il bien pu tomber dansles filets de la répression duvalié-riste ? Aura-t-il été piégé par desagents provocateurs ? Aura-t-il proféré quelques paroles impru-dentes ? Nous n’en saurons jamais rien. Toujours est-il qu’onle conduit nuitamment à Port-au-Prince où, avec ses compagnonsd’infortune, il est jeté dans unecellule crasseuse de Fort-Dimanche. Là, à chaque fois quel’officier de service passait auxabords de son cachot, Marc Vernese levait immanquablement pour lui faire entendre qu’il était unhomme malade. Cette obstinationallait se révéler payante. En effet,quelque temps après, on le trans-férait dans des quartiers un peumoins austères de la prison, cequi, sans doute, lui sauva la vie.Si, en fin de compte, il parvient àréchapper de la détention, ce seragrâce à l’intervention de Gérardde Catalogne, alors conseiller  privé du président. C’est après lalecture d’un éditorial de celui-cique Duvalier, ravi, se déclara dis- posé à combler son ami de toutesles faveurs qu’il eût souhaité obte-nir. De Catalogne n’avait qu’unvœu à exprimer, l’élargissementde Marc Verne. Avant la fin de la journée, une voiture de la prési-dence déposait l’auteur de
Yoyo
en haillons chez le journaliste. «
Tu as en a mis du temps
! », repro-cha avec humour un Marc Verneému à son sauveur qui lui ouvraitles bras.Rongé par la tuberculose,après onze mois de captivité,tourmenté par l’angoisse, lesalarmes et les contrecoups mo-raux, c’est avec une désespérantelenteur qu’il allait recouvrer lasanté. Vieillard chenu, mais trèsdroit, très vert, il se promène pleind’allant avec son chapeau mou etle nœud papillon. C’est un mon-sieur paisible à l’allure grave quis’ouvre aux sereins délices del’âge mûr. Avec son œil globu-leux, son sourire illuminé de dou-ceur et de malice, il avait, cet éter-nel gamin, oublié de vieillir. Les jeunes poètes le consultent, solli-citent avec ferveur les conseils dumaître qui, plein de noble autori-té, retrouve alors son souci d’ins-truire, son besoin de plaire et decharmer.Fuyant les polémiques savan-tes, loin du conformisme idéolo-gique et affranchi de tout esprit desystème, Marc Verne considéraitque la première règle de l’écrivainde métier consistait à satisfaireson public. Verne, qui possédaitsûrement le talent et l’imaginationnécessaires pour composer uneœuvre beaucoup plus substantiel-le, sera resté l’auteur d’un seulroman, de son célèbre
MarieVillarceaux
. S’il n’a pas davanta-ge contribué aux lettres haï-tiennes, ce n’est point par indo-lence ou fainéantise, mais parcequ’il possédait avant tout une âmede dilettante et renâclait à l’idéede troquer ses occupations mon-daines contre le silence et la soli-tude du cabinet de travail.Créateur inquiet, il aura donc, cegrand timide, fait de l’école buis-sonnière, empruntant les cheminsinattendus de la liberté de penser,mais aussi ceux des chimères etdes illusions. Et puis, pourquoi ne pas le dire, sa déconvenue après lesuccès de
Marie Villarceaux
,l’appréhension qu’il avait de subir la fureur jalouse de ses confrères,de s’exposer à leur rage mesqui-ne, d’encourir les foudres d’unecritique injuste et déloyale, bref,l’hypocrisie des salons et la faus-seté des hommes l’auront propre-ment écœuré, refroidi ses facultéscréatrices, empêché d’aller au bout de ses rêves et de ses ambi-tions.Marc Verne est mort dans sonlit le jeudi 16 octobre 1969. Ilavait 77 ans. Avec lui, disparais-sait un écrivain divinement doué,celui qui aura légué à la littératurede son pays ce frais roman quisent si bon, cet attachant
MarieVillarceaux
dont la trame épiqueet colorée promet de séduireencore des générations de lecteurset d’amants du beau.
Achetez
Le Coin de l’Histoire 
en appelant au(514) 862-7185.coindel-histoire@hotmail.com
Marc Vere et Mare Vllarceaux
LE COIN DE L’HISTOIRE

Activity (2)

You've already reviewed this. Edit your review.
1 thousand reads
1 hundred reads

You're Reading a Free Preview

Download
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->