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L’approche culturellede la globalisation
Une vision latino-américaine
Jesús Martín-Barbero
 (in: Mattelart A. et Tremblay G., (sld) : Bogues
Globalisme et pluralisme
, tome 4, Québec : LesPresses de l’Université Laval, 2001)
 
« Les contradictions latino-américaines qui traversent etsoutiennent son intégration globalisée aboutissentdécisivement à la question du poids des industriesaudiovisuelles dans tout le processus, puisque ces industriesagissent sur le terrain stratégique des
images que ces peuples se font d’eux-mêmes et par lesquelles ils se fontreconnaître des autres
. Ainsi, la télévision et le cinématémoignent des défaites contradictoires amenées par laglobalisation du secteur des communications. Pendant quel’Europe met
l’exception culturelle
au premier plan afin dedéfendre les droits des cultures –incluant celles des
Nationssans États,
ces identités diluées ou sous-évaluées dans leprocessus d’intégration des État-Nations– en stimulant unrenforcement public de ses capacités de productionaudiovisuelles, l’intégration latino-américaine, au contraire,ne semble obéir qu’aux intérêts privés, provoquant unmouvement croissant de neutralisation et d’effacement dessignes identitaires régionaux et locaux
 
au sein de saproduction audiovisuelle.»
Département des Études Socio-Culturelles,
ITESO
, Guadalajara Mexique.
 
 
L’approche culturelle de la globalisation…
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Introduction
Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui oscilleentre de multiples directions et non plus seulemententre l’Orient et l’Occident, le capitalisme et le socia-lisme, le Nord et le Sud. Plutôt que de passer d’unepériode de guerre à une période de paix, nous vivonsla transition entre une guerre retenue, avec des objec-tifs définis, à une guerre explicite et mondialisée.Peut-être est-il difficile de percevoir la fin d’une étapeoù les diverses confrontations pouvaient être vécuessous formes relativement séparées et le début d’unenouvelle période dans laquelle toutes les luttes, cellesque j’ai mentionnées ainsi que plusieurs autres, secroisent et se fortifient
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.
García Canclini 
 
Il est impossible de laisser le texte suivant tel qu’il était écritavant le 11 septembre 2001: les événements qui eurent lieu àcette date, ou plutôt le sens qu’a pris le monde suite à ceux-ci, ont introduit des processus qui menacent d’autant plusl’horizon déjà sombre des peuples latino-américains. Plu-sieurs nations, poussées par le déracinement culturel et larécession économique que provoque l’implacable logique dela globalisation mercantile, souffrent depuis le mardi noir du 11 septembre de la plus archaïque peste de la peur qui
1
 
N.García Canclini, “Pensar en medio de la tormenta”, in: J.Martín-Barbero (coord.)
 Imaginarios de nación,
p.12, Ed. Mincultura, Bogotá,2001.
 
 
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nourrit la sécurité et transforme toutes les frontières et lesvoies de communication –terrestres, aériennes, physiques etvirtuelles– en des lieux de légitimation de la méfiance mé-thodique et de la violation des droits à la vie privée et laliberté civile. Et ce, comme comportement officiel des “au-torités” avec l’appui conséquent des préjugés raciaux, desapartheids ethniques et du fanatisme religieux. Circulantaussi vite que les transactions financières, ces virus imagi-naires menacent aujourd’hui l’ordre global, qui réagit enarmant ses frontières et en regardant comme des ennemissuspects les flux migratoires de populations elles-mêmespoussées par cet ordre des périphéries, paupérisées, vers lespays du centre prospères mais aujourd’hui déconcertés...pendant que l’élite nationale de nos pays se gave jusqu’àl’écœurement. C’est entre autres ce que démontre le cas del’Argentine. Le pays est en effet passé par la déconstructionsystématique de ses institutions et de sa mémoire nationalepolitico-culturelle, par les dictatures militaires du milieu desannées ‘70, par l’hyper-inflation des années ’80 qui fit sortir de ses gonds tant la vie personnelle que la vie collective,pour arriver au néolibéralisme pur et dur des années ’90 quidéfit les derniers bastions de l’État social, précipitant le paysdans la dépression économique la plus brutale et la plusdémoralisatrice jamais vécue. À cette débauche s’ajoute lepassage d’une identité nationale argentine –composée, selonB. Sarlo, des priorités “être alphabétisé”, “être citoyen” et“posséder un travail”– au démantèlement politique et cultu-rel de cette identité avec toutes les implications morales etpolitiques que provoque l’implosion de l’ordre social, en cesens qu’elle dissout “les raisons de l’appartenance à unesociété nationale et l’idée de responsabilité qui tissait, mêmede manière précaire, la toile de soutient des communau-tés”
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B.Sarlo, “Ya nada será igual”,
 Punto de vista
N° 70, p. 28, BuenosAires, 2001.
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