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HAITI : Le defi d
investir
par Lionel Edouard Page 1
Copyright © 2009 - Le Matin - Tous droits réservés.
 
LE MATINHaïti: le défi d'investir...
 
La politique fiscale telle qu’elle est conçue en Haïti s’articule autour de trois grands objectifs : la 
couverture des charges publiques qui sont à la fois les dépenses de fonctionnement et 
d’investissement, la promotion de l’investissement et la protectio 
n des catégories les plus 
vulnérables. Pour atteindre ces objectifs, l’État utilise environ une soixantaine d’impôts et de taxes.
Six ou sept sont assez effectifs. Les autres « sont des poussières, des impôts de nuisance », selon le président de la commiss 
ion Économie et Finances du Sénat, Jocelerme Privert. L’impôt a un objectif de faire grossir les recettes, mais aussi un objectif dissuasif. S’il ne répond pas à l’un de 
ceux-là, il est inutile.
09/12/2011La p
olitique fiscale telle qu’elle est conçue en Haïti s’articule autour de trois grands objectifs : la
couverture des charges publiques qui sont à la fois les dépenses de fonctionnement et
d’investissement, la promotion de l’investissement et la protection de
s catégories les plus
vulnérables. Pour atteindre ces objectifs, l’État utilise environ une soixantaine d’impôts et de taxes.
Six ou sept sont assez effectifs. Les autres « sont des poussières, des impôts de nuisance », selonle président de la commission
Économie et Finances du Sénat, Jocelerme Privert. L’impôt a unobjectif de faire grossir les recettes, mais aussi un objectif dissuasif. S’il ne répond pas à l’un de
ceux-là, il est inutile.
La douane collecte aujourd’hui près de 65 % des revenus. Les impôts à la consommationconstituent l’essentiel des recettes de l’État haïtien. Ce sont là des impôts supportés par les
catégories les plus faibles de la population. Cette tendance doit être inversée, selon Privert, pourque les impôts sur la fortune, sur le revenu, la propriété jouent un plus grand rôle dans la masseglobale des recettes.
Contradiction dans les objectifs…
 Les objectifs de la politique fiscale sont en eux-mêmes contradictoires. Par conséquent, Jocelerme
Privert estime qu’il faut trouver un point d’équilibre pour que l’un ne pénalise pas l’autre. Lesprivilèges accordés en matière de taxation aux entreprises qui œuvrent dans le développement etla création d’emplois dans le cadre de la promotion de l’investissement et de l’épargne ne doivent
 
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pas hypothéquer les deux autres objectifs qui sont aussi importants pour le pays.Les investissements indispensables au développement du pays peuvent être publics ou privés. Lesinvestissements privés eux-
mêmes sont de deux ordres : nationaux et internationaux. Aujourd’hui,pour attirer les investissements, l’État a pour obligation de créer les conditions adéquates, surtoutdans ce terrible contexte d’après séisme. « Le plus grand problème du pays est l’opportunité enmatière de création d’emplois », croit Privert, qui insiste sur le fait que les avantages fiscaux ne
suffisent pas pour attirer les investisseurs.Ceux-
ci ont besoin certes d’avantages fiscaux, mais aussi de services et d’inf
rastructures pour
réduire leurs coûts de production. L’État, dans le volet promotion de l’investissement, doit s’atteler
à répondre aux exigences des investisseurs. Or, avec les avantages fiscaux accordés, il se prive decertaines recettes. De même que pour la protection des plus faibles, en détaxant certains produits
l’État se prive de certaines sources d’imposition. Ce qui a pour conséquence la réduction de sescapacités en termes d’investissement pour attirer les capitaux étrangers.
 Les ressources publiques collectées ne suffisent pas, fait remarquer M. Privert, pour répondre aux
responsabilités de l’État en termes de fonctionnement ou d’investissement. Avec les dépensesinutiles des hommes d’État, la dépendance vis
-à-
vis de l’international s’accentue.
Ce dernierdevient incontournable, pour compenser la défaillance de notre économie. Ces interventionsrevêtent deux formes : les dons et les prêts. Encore faut-
il que l’État soit en mesure derembourser pour se débarrasser de cette image d’État en faillite
.Tout le débat est là. Faut-il réduire les dons pour aller sur le marché des prêts pour financer notre
développement ? Selon le premier sénateur des Nippes, oui. L’État doit, dit
-il, rendre le systèmefiscal plus efficace en augmentant sa capacité à taxer. Toutefois, il faut procéder sans remettre en
cause d’autres objectifs, comme la protection des catégories sociales les plus faibles, attirerl’investissement et, le plus important selon Privert, mobiliser des ressources pour la couverture
des charges publiques.Tous les pays offrent des avantages fiscaux et douaniers. Alors pourquoi nous ne trouvons pas
d’investissements étrangers ? Tout simplement, explique le parlementaire, parce que les
investisseurs ne sont pas attirés uniquement par les avantages fiscaux. Ils sont aussi motivés par
d’autres facteurs, notamment la stabilité politique, les opportunités, la sécurité, etc. Or, dans ledernier rapport publié par la SFI, Haïti n’a pas un environnement d’affaire agréable. Haïti est pourbeaucoup d’investisseur un « risque pays ». L’image du pays est donc en ce sens à refaire.L’environnement des affaires devra donc s’améliorer.
 
Cadre légal…
 
Pour une amélioration durable et conséquente de l’environnement des affaires, la révision du cadre
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