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GUI2000 aménagement urbain & réduction de l'insécurité _FR

GUI2000 aménagement urbain & réduction de l'insécurité _FR

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Article de Michel Bonetti du Laboratoire de Sociologie Urbaine Générative du CSTB sur la “réduction de l’insécurité sans créer un espace carcéral” (5pp) - Source: cstb (FR, 2000) >>> www.cstb.fr
Article de Michel Bonetti du Laboratoire de Sociologie Urbaine Générative du CSTB sur la “réduction de l’insécurité sans créer un espace carcéral” (5pp) - Source: cstb (FR, 2000) >>> www.cstb.fr

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11/23/2013

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1
 
Centre Scientifique et Technique du Bâtiment  Laboratoire de sociologie urbaine générative4 avenue du Recteur Poincaré 75782 Paris cedex 16 
L
ABORATOIRE DE
S
OCIOLOGIE
U
RBAINE
G
ENERATIVE
 
LA REDUCTION DE L’INSECURITE SANS CREERUN ESPACE CARCERAL
MICHEL BONETTIOCTOBRE 2000
Article IU/MB 2000 – La réduction de l’insécurité sans créer un espace carcéral
 
2L’amélioration de l’espace paysager peut contribuer puissamment à la réduction de l’insécurité et permetd’éviter de créer un espace carcéral. Schématiquement si on installe des grilles ou des grillages on se sentrapidement enfermé dans un espace carcéral angoissant, les clôtures ne faisant que renforcer la dureté de l’espaceminéral.Lorsqu’on double les grilles d’une haie, l’espace redevient agréable, on oublie d’autant plus facilement laprésence des clôtures que celles-ci sont rapidement “ mangées ” par la croissance des haies qui finissent par lesdissimuler.Plus fondamentalement l’abondance de la végétation adoucit l’espace, ne donne pas l’impression de violence quesuscite le béton brut, et lorsque des enfants se battent, ils risquent moins de se blesser gravement. On ne peut eneffet s'empêcher de penser que la violence des individus répond pour une part à la violence de l’espace, du moinscelle-ci n’est pas de nature à l’apaiser et contribue à l’accroître.En outre l’attention portée à l’espace paysager est perçue par les habitants comme une manifestation d’attentionà leur égard de la part des autorités locales ou des gestionnaires. Or on sait que la violence est aussi une réactionde défense des individus qui se sentent abandonnés et méprisés, qui vivent ce mépris comme une agression àlaquelle ils répondent par une agressivité en retour.On se rend également compte que les clôtures végétales ont une efficacité symbolique étonnante. Il suffit en effetde disposer une haie à proximité des murs des rez de chaussées ou à quelques mètres pour que les cambriolagesdiminuent sensiblement, alors que ces haies sont aisément franchissables. Mais les barrières végétales signifientclairement que l’on pénètre dans un espace privé.Il faut bien entendu éviter de réaliser des haies trop hautes ou de border les cheminements par des massifs tropvolumineux, ce qui pourraient à la fois alimenter la crainte que des délinquants s’y dissimulent et leur donneeffectivement cette possibilité.La délimitation des espaces et notamment des espaces situés à proximité des bâtiments d’habitation favorise lesentiment d’appropriation des habitants et contribue à renforcer leur cohésion sociale, ce qui les met en positiond’exercer un certain contrôle social sur ces espaces. Les personnes extérieures à ces immeubles perçoivent cetteappropriation et ces limites symboliques, et de ce fait hésitent à les franchir sans y être invités, un peu comme lesenfants dans les quartiers pavillonnaires hésitent à enjamber une haie pour chaparder dans le jardin du voisin.Cela s’explique aussi par le fait que les délinquants peuvent aisément franchir ces obstacles, mais s’ils sontsurpris par les locataires ils craignent de ne pas pouvoir s’enfuir rapidement.
Article IU/MB 2000 – La réduction de l’insécurité sans créer un espace carcéral
 
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LA RESIDENTIALISATION ET LA DIFFERENCIATION PAYSAGERE DE L’ESPACE POURFAVORISER LE DEVELOPPEMENT D’IDENTITES SOCIO-SPATIALES
Les différentes démarches évoquées précédemment reviennent à découper l’espace en unités résidentiellesdisposant de leurs propres espaces de proximité, clairement distincts des espaces publics qui les relient.Il convient de rappeler que les espaces isomorphes qui “ n’appartiennent à personne ” deviennent des lieuxabandonnés par les gestionnaires et investis par les délinquants qui les utilisent pour exercer un contrôle surl’ensemble du territoire. En outre, les habitants des grands ensembles se sentent écrasés et menacés par le faitd’appartenir à une masse anonyme de personnes qu’ils ne connaissent pas pour la plupart. Leur propre identité setrouve alors effacée. C’est seulement s’ils peuvent construire une identité socio-spatiale intermédiaire, à l’échelleplus réduite d’un îlot de quelques centaines de personnes, qu’ils peuvent se sentir protégé de la massification parcette identité intermédiaire.Le développement de l’espace paysager permet non seulement de découper l’espace en unités résidentiellesséparées par des limites végétales agréables, mais également de doter chacune de ces unités d’une identitépaysagère spécifique, en diversifiant le choix des essences et des ambiances paysagères. Ce travail derecomposition est d’ailleurs réellement réussi lorsque les habitants finissent par identifier leur résidence auxplantations qui les bordent, ? ? ? ? aux immeubles ne sont plus des termes arbitoires mais des signifiantscorrespondants aux images mentale que les plantes qui les entourent leur suggèrent. Des plantes comme “ lapinède ”, “ la roseraie ”, “ la sapinière ”, “ les chèvrefeuilles ” donnent alors un sens délicieux à l’espace habité ;ce qui bien entendu n’a rien à voir avec le fait d’affubler ces termes à des résidences dotées de quelques arbresrabougris et de pelouses pelées. Cette pratique courante ne leurre personne et donne aux habitants l’impressionque l’on se moque d’eux. Cela ne fait que renforcer leur sentiment d’être l’objet d’un profond mépris.Reliés à d’autres éléments de l’environnement urbain comme la proximité d’un boulevard, d’aires de jeux oud’équipements appréciés, l’amélioration de l’espace paysager permet de développer le potentiel identitaire socio-spatial que recèle chaque unité résidentielle.
LA NECESSITE DE TRANSFORMER LES CONCEPTIONS DES PROFESSIONNELS ET LESMODES DE GESTION
Pour que l’amélioration de l’espace paysager devienne un support de requalification urbaine efficace il estindispensable de transformer les ? ? ? des professionnels et les modes de gestion de ces espaces.Nous avons vu que la culture profonde des urbanistes et des maîtres d'ouvrage explique pour une large part lapauvreté de l’aménagement paysager des quartiers d’habitat, et tout particulièrement des grands ensemblesd’habitat social.Urbanistes et maîtres d'ouvrage reconnaissent volontiers cette pauvreté de l’espace paysager, mais ils la justifientpar la difficulté d’entretenir ces espaces qui se dégradent rapidement et par les coûts d’entretien démesurés quecela représente.Nous devons leur concéder qu’ils ont en partie raison. Néanmoins les difficultés et les coûts d’entretien desespaces ne sont pas inhérents à la nature même de ces espaces, mais aux modes de conception et de gestion quiprévalent.La conception de ces espaces privilégie souvent les plantes fragiles et saisonnières, qui ne résistent pas auxactivités turbulentes des enfants et demandent des soins coûteux.La culture des concepteurs, particulièrement vivace dans les services municipaux, les conduit à privilégierl’implantation de plates bandes et des massifs de fleurs de quelques mètres carrés, disséminés dans de vastesespaces laissés en déshérence. Comme ces micros espaces paysagers demandent beaucoup de soins etd’attention, leur coût d’entretien annuel (un mètre carré est effectivement exorbitant) d’autant plus que cesmassifs doivent être renouvelés plusieurs fois par ans.
Article IU/MB 2000 – La réduction de l’insécurité sans créer un espace carcéral

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