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x men first class

x men first class

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Categories:Types, Reviews, Film
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01/02/2012

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X Men First Class - M. VaughnA une période où le film de superhéros est devenu un genre en soi, avec quelques locomotives et desbrouettées de tout-venant allant du moyen-moins au honteux, l'un des plus illustres instigateurs de lavague reprend en main son bébé, y engage les bonnes personnes et leur fait faire un vrai film. Ça yest, ils ont compris !
Matthew Vaughn n'est pas Brett Ratner, ce qui n'est pas la moindre de ses qualités. Dis comme ça, çasemble évident, et pourtant,
X Men 3
avait tristement confirmé la malédiction des derniers actes de trilogiesdans le monde du comic book filmé (
Blade Trinity
,
Spiderman 3
), devenue depuis peu une malédictiondes seconds actes (
Iron Man 2
, le
Hulk 
de Leterrier). Le cœur du problème? Le mépris du médium adaptéet sa réduction à la seule notion de franchise commerciale, corrélable à une simple équation comptablerésultant d'une formule à reproduire sans réfléchir. Pusillanimité crasse de la narration, négation des enjeuxthématiques, infantilisation des enjeux humains dans le but de simplifier au maximum la mythologie de base, et partant de ratisser large pour engranger du pognon rapidement et durablement (i.e. garder ses positions sur un terrain financièrement juteux). On citera en exemple le projet
Avengers
, dont les films préparatoires tirent méchamment la tronche par leur absence quasi-totale d'enjeux dramatiques et physiques,dans le but évident d'économiser les cartouches d'une saga surestimée. Autrement dit, on construit une sérieau détriment strict de ces éléments constitutifs essentiels. Marvel et Fox tâtonnent depuis quelques années àce titre, dans les séries susnommées mais aussi avec les X Men, qu'elles ont failli détruire irrémédiablementen raison de choix scénaristiques, esthétiques et cinématographiques calamiteux (
Last Stand
et
Origins :Wolverine
, dont il serait fastidieux de détailler la tératologie), niant souvent les acquis des efforts précédents en termes de caractères et de propos.L'ironie est bien sûr plaisante, après qu'il ait été "démissionné" de
Last Stand
(encore une fois, ici n'est pasle lieu de refaire le feuilleton, cent fois exposé ailleurs, de cette production dont le chaos et le je-m'en-foutisme ont donné le résultat qu'on sait), de voir Matthew Vaughn imposé sur 
First Class
par un BryanSinger qui tient à réinstaller ses mutants de pellicule dans les standards qualitatifs qu'il avait jadis imposés.C'est aussi qu'entretemps, le très rentable
Kick Ass
est passé par et a impressionson monde précisément sur tout ce qui fait défaut au Ratner et à
Origins
: une écriture envisagée comme telle (c'est-à-dire pas comme un collage tayloriste de séquences débilitantes), des enjeux dramatiques effectifs (les personnages encourent de réels dangers), des ruptures de ton maîtrisées et des personnages traités avec lerespect qui sied, formule reprise ici scrupuleusement. Le retour de Vaughn, mais aussi le synopsis du film,montrent assez la volonté de faire non pas table rase des errances passées (le numéro 4 est en projet, la suitede
Wolverine
sur le feu), mais de revenir ostensiblement à une sorte de pureté originelle du concept : un
 
temps, pour les X Men, "d'avant la chute" si l'on peut dire (celle de Magneto, mais aussi de la franchise). Nous sommes ici en 1962, autant dire que tout est à nouveau à construire tant narrativement quethématiquement. Le terme à la mode de reboot, pour le coup, est justifié et permet de partir d'acquisindéniables dont la familiarité et l'investissement du public pour l'univers et les personnages, tout en laissantsous le tapis certaines erreurs embarrassantes ("
 I'm the Juggernaut, bitch !!!
").Effet positif indéniable de l'opération, le relâchement des contraintes intenables d'une franchise trop lourdelire enfin le potentiel thématique du projet. Joie : on ose enfin aborder frontalement les enjeuxidéologiques, politiques et anthropologiques de la mythologie X Men, ne se contentant plus de simplementles placer dans un arrière-plan nébuleux, ou de les circonscrire dans un seul personnage de méchantfatalement lénifiant (même si Stryker fait une apparition dans le film). Le film cite directement le premier deSinger en reprenant en ouverture la séquence du jeune Magneto dans le camp de concentration, et construitde sa dramaturgie en faisant d'emblée entrer en scène Sebastian Shaw pour le faire deviser sul'eugénisme nazi. Les prérogatives du Hellfire Club, dont il est plus tard présenté comme dirigeant, sontainsi un peu éludées (sur papier, le club est réservé à une certaine aristocratie, son idéal est avant tout basésur la réplication sociale et l'influence occulte) pour être redirigées vers la notion d'évolution darwinienne etsa lecture biaisée par les suprématismes. Les années 60 sont ensuite utilisées à plein régime pour continuer àfouiller dans les plaies de cette rhétorique des luttes raciales. Le récit prend donc place à une époque où lesmanichéismes ne font pas que s'opposer, mais se justifient et s'entrecroisent les uns les autres : oppositionsraciales, économiques, politiques et culturelles se rejoignent sous la même bannière rhétorique (pour simplifier, une notion globale de lutte héritée du XIXeme siècle), les différences ne portant
in fine
que sur les folklores utilisés en effigies.
 
Ainsi l'opposition de caractères et d'idéal politique entre Lehnsherr et Xavier transpose celle, bien réelle,entre Malcom X (prônant la guerre civile et armée) et Martin Luther King (non-violent systématique), ceque faisait déjà le comic book dès 63. Là où le film fait fort, c'est qu'il interroge à l'égal ces deux démarchesen caractérisant "à charge" aussi bien Xavier que Magneto : adieu l'attitude monacale de super-gentil enfauteuil roulant, bonjour le gosse de riches qui drague avec sa télépathie et son gros QI dans les swingin'sixties de la Nouvelle Angleterre. Son discours de respect et d'intégration entre mutants et humains,
 Xavier le tient avant tout parce qu'il peut se le permettre
, contrairement à une Mystique dont la condition estvisible. Elle constitue d'ailleurs l'un des enjeux de sa joute idéologique avec Lehnsherr, dont le romantismeradical du discours cache mal sa rigidité, son manque de perspective, et l'égoïsme de ses motivations (S'il poursuit Shaw, c'est par vengeance - il ne conteste en aucun cas son discours d'extermination des
 sapiens
qu'il reprend à son compte). La crise des missiles cubains catalyse à point nommé les cataclysmes à venir (guerres entre nations, entre espèces, entre factions de mutants), dont l'idéologie est à la fois la force motriceet le simple alibi. Les relations entre des personnages pour la plupart finement caractérisés explorent plusavant toutes ces notions, avec toujours ce soucis d'aller voir plus loin qu'un discours simpliste : la secondemutation de Beast, malgré son aspect "fable édifiante", illustre bien la situation dans laquelle se trouvent lesmutants désormais communautarisés. Il est d'ailleurs à la base "outé" par Xavier (certes par inadvertance)...

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