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Surplus cognitif et collaboration, à l’heure de la RSE 2.0
Fabrice MAULEONMatthieu GIOANI
 ESCEM Tours-PoitiersChercheur associé au CRESCE1 rue Léo Delibesmatthieu.gioani@gmail.com37005 TOURS Cedex 3 fmauleon@escem.fr 
Résumé
 Notre étude s’attache tout d’abord à explorer le concept de RSE 2.0, cet « impératif à agir », etsoulève les évolutions du contexte de l’entreprise au premier rang desquelles se trouve l’émergencedu web 2.0 et des outils massivement collaboratifs. Grâce à ces outils, l’entreprise entre dans unenouvelle ère avec ses parties prenantes, celle de la conversation et de la collaboration pour une co-création autour de ses actions. L’appel, ensuite, à la théorie du surplus cognitif tente de révéler lesconditions favorisant la participation des parties prenantes dans le cadre de ce mouvement de la RSE2.0. Dans cette lignée du surplus cognitif et de la co-création, un parallèle est opéré avec la questiondes politiques publiques et de leur nécessaire « re-design » pour « re-associer » les citoyens àl’action publique dans leur vie quotidienne. S’affranchissant du tout-numérique, en l’utilisantdavantage comme un outil complémentaire, des expériences illustrent l’idée de RSE 2.0 dans sa miseen œuvre et plaident pour un nouvel ancrage territorial de cette dernière.
Mots clefs :
RSE, surplus cognitif, 2.0, co-création.
Abstract
Our contribution takes up with exploring the CSR 2.0 concept, this “imperative to act” and raisescontext evolutions at the forefront of which are web 2.0 emergence and massive collaborative tools.Thanks to those tools, companies enter a new era with their stakeholders, made of conversation andcollaboration to achieve a co-design around their actions. Then, the reference to the “cognitivesurplus” theory aims to reveal the conditions conducing to stakeholders participation. Pursuing onthe way of cognitive surplus and co-design, it is possible to draw a parallel between CSR 2.0 and theinevitable re-design of public policies to re-link citizens to public action in their daily life. Free froman all-numeric vision, but considering it as a tool, experiences demonstrate an implementation of CSR 2.0 and argue in favor of a new territorial anchorage of the latter.
Key-words:
CSR, cognitive surplus, 2.0, co-design.
 
Surplus cognitif et collaboration, à l’heure de la RSE 2.0F.Mauleon, M. Gioani
Surplus cognitif et collaboration, à l’heure de la RSE 2.0
Résumé
 Notre étude s’attache tout d’abord à explorer le concept de RSE 2.0, cet « impératif à agir », etsoulève les évolutions du contexte de l’entreprise au premier rang desquelles se trouve l’émergencedu web 2.0 et des outils massivement collaboratifs. Grâce à ces outils, l’entreprise entre dans unenouvelle ère avec ses parties prenantes, celle de la conversation et de la collaboration pour une co-création autour de ses actions. L’appel, ensuite, à la théorie du surplus cognitif tente de révéler lesconditions favorisant la participation des parties prenantes dans le cadre de ce mouvement de la RSE2.0. Dans cette lignée du surplus cognitif et de la co-création, un parallèle est opéré avec la questiondes politiques publiques et de leur nécessaire « re-design » pour « re-associer » les citoyens àl’action publique dans leur vie quotidienne. S’affranchissant du tout-numérique, en l’utilisantdavantage comme un outil complémentaire, des expériences illustrent l’idée de RSE 2.0 dans sa miseen œuvre et plaident pour un nouvel ancrage territorial de cette dernière.
Mots clefs :
RSE, surplus cognitif, 2.0, co-création.
Abstract
Our contribution takes up with exploring the CSR 2.0 concept, this “imperative to act” and raisescontext evolutions at the forefront of which are web 2.0 emergence and massive collaborative tools.Thanks to those tools, companies enter a new era with their stakeholders, made of conversation andcollaboration to achieve a co-design around their actions. Then, the reference to the “cognitivesurplus” theory aims to reveal the conditions conducing to stakeholders participation. Pursuing onthe way of cognitive surplus and co-design, it is possible to draw a parallel between CSR 2.0 and theinevitable re-design of public policies to re-link citizens to public action in their daily life. Free froman all-numeric vision, but considering it as a tool, experiences demonstrate an implementation of CSR 2.0 and argue in favor of a new territorial anchorage of the latter.
Key-words:
CSR, cognitive surplus, 2.0, co-design.
 
Surplus cognitif et collaboration, à l’heure de la RSE 2.0F.Mauleon, M. Gioani
Introduction
La posture de la présente communication ne s’interroge pas sur le besoin fondamental de penser laresponsabilité sociale de l’entreprise (RSE) comme une nouvelle responsabilité élargie del’entreprise vis-à-vis de ses parties prenantes. La chose est entendue d’un point de vue académique(Capron et Quairel, 2000 ; Capron et Quairel-Lanoizelée, 2007) et les affaires comme Nike, GAP,Coca Cola, nourrissent dorénavant les
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sur la RSE depuis une grosse décennie. L’ouvragefrançais dirigé par Jacques Igalens (2004) le clame haut et fort : « Tous responsables ».Mais, au-delà des discours, débats, attaques et tentatives de réponses formulées par les entreprises, laRSE souffre aujourd’hui d’un manque de concrétisation. Si la plupart des acteurs ne contestent plusla nécessité de passer à un autre mode de management (Porter, 2011), une grande majorité d’entreeux s’interroge aujourd’hui sur le processus de matérialisation de ce changement. Nous allons présenter les contours d’un nouveau concept - la RSE 2.0 – qui est, nous semble-t-il,susceptible d’ouvrir des voies de mise en œuvre de ce rapport revisité entre l’entreprise et l’action dela sphère publique. Ce travail se propose d’en faire, en premier lieu, une brève présentationthéorique. Mais il propose aussi, en second lieu, d’explorer une nouvelle théorie : le surplus cognitif.Cette dernière illustre parfaitement les pistes d’interaction entre les différents acteurs de la RSE et pose un cadre expliquant les modalités et les enjeux de la mobilisation des citoyens. Elle dégageainsi des pistes de concrétisation de la mise en œuvre de la responsabilité de l’entreprise encollaboration avec ses parties prenantes. 
1.Les frontières 2.0 de la RSE participative
Le qualificatif « .0 » trouve ses sources dans le domaine de l’informatique et plus précisément dansla numération des versions de logiciels. Il symbolise surtout une évolution qui concerne autant lesusages que les techniques ; et qui dépasse donc la seule sphère informatique. Nous l’emprunterons pour décrire une évolution de la RSE.
1.1. De la RSE 1.0 à la RSE 2.0
Le mouvement en faveur d’un meilleur équilibre entre l’entreprise et l’action de la sphère publiquesubit des changements qu’il serait malheureux de sous-estimer et face auxquels toute résistance seraitsynonyme de contraintes futures. Ainsi, des éléments de contexte devront être rappelés, dans un premier temps, pour mieux comprendre les défis devant lesquels se trouve un manager responsable ;avant de voir, dans un second temps, l’évolution des postures de l’entreprise vis-à-vis des parties prenantes.
1.1.1. Les éléments de contexte en faveur d’un besoin d’évolution
L’objet de cette présente partie n’est pas de retracer à grands traits les origines et les contours duconcept de RSE. Actuellement, ce mouvement est, pour beaucoup, une réponse naturelle àl’apparition de la « société du risque » décrite par Beck (2001) dans laquelle la perception de lamenace de périls majeurs a entraîné une baisse d’acceptabilité des risques et par conséquent une pression accrue sur les firmes, néralement accusées d’être à leur origine (marée noire etcatastrophe écologique, atteinte à la biodiversité et à la santé publique, accentuation de l’exclusionsociale et des atteintes aux droits de l’homme…). Cette atteinte à leur réputation, et dès lors à leur valorisation boursière ou force de vente, a poussé les firmes multinationales à réagir et à tenter dereconquérir la confiance perdue auprès des consommateurs et citoyens. Il ne fait peu de doute, aussi,qu’en France en particulier, la RSE doit beaucoup au paternalisme d’entreprise du XIXe siècle. Maisla RSE n’est dorénavant ni de la philanthropie ni une simple prise en charge morale ou juridique dessalariés de l’entreprise et de leurs familles. La RSE est, depuis ces dernières années, l’expression« explicite » de la réponse des entreprises aux attentes et pressions des acteurs de la société civile.L’objet de cette partie est de présenter un double constat : l'avènement d’un monde de plus en plusimprévisible, complexe et paradoxal - qui contraint les managers à préciser leurs engagements enfaveur de meilleures pratiques de responsabilité sociale ; mais aussi l'émergence de l'entreprise 2.0, par le déploiement du web 2.0 dans les organisations, compose une évolution favorable à une plusgrande responsabilité partagée de l’entreprise et de la société civile (Mauléon et Gioani, 2010).En premier lieu, la diffusion actuelle de la RSE se fait dans un monde en plein déséquilibre. Sanscertitude d'une sortie de crise, tous les acteurs politiques et économiques sont à la recherche de
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