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Carrel Alexis L Homme Cet Inconnu

Carrel Alexis L Homme Cet Inconnu

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Dr ALEXIS CARREL
L’HOMME,CET INCONNU
Dans ce livre, il s’est efforcé de distinguer clairement le connu du plausible. Et de reconnaître l’existencede l’inconnu et de l’inconnaissable. Il a considéré l’être humain comme la somme des observations et desexpériences de tous les temps et de tous les pays. Mais ce qu’il décrit, il l’a vu lui-même. Ou bien il le tientdirectement des hommes avec lesquels il est associé. Il a eu la bonne fortune de se trouver dans desconditions qui lui ont permis d’étudier, sans effort ni mérite de sa part, les phénomènes de la vie dans leur troublante complexité. Il a pu observer presque toutes les formes de l’activité humaine. Il
a
connu les petitset les grands, les sains et les malades, les savants et les ignorants, les faibles d’
PRÉFACE
Celui qui a écrit ce livre n’est pas un philosophe. Il n’est qu’un homme de science. Il passe la plus grande partie de sa vie dans des laboratoires à étudier les êtres vivants. Et une autre partie, dans le vaste monde, àregarder les hommes et à essayer de les comprendre. Il n’a pas la prétention de connaître les choses qui setrouvent hors du domaine de l’observation scientifique.esprit, les fous, les habiles, les criminels. Il a fréquenté des paysans, des prolétaires, des employés, deshommes d’affaires, des boutiquiers, des politiciens, des soldats, des professeurs, des maîtres d’école, des prêtres, des aristocrates, des bourgeois. Le hasard l’a placé sur la route de philosophes, d’artistes, de poèteset de savants. Et parfois aussi de génies, de héros, de saints. En même temps, il a vu jouer les mécanismessecrets qui, au fond des tissus, dans la vertigineuse immensité du cerveau, sont le substratum de tous les phénomènes organiques et mentaux.Ce sont les modes de l’existence moderne qui lui ont permis d’assister à ce gigantesque spectacle. Grâce àeux, il a pu étendre son attention sur des domaines variés, dont chacun, d’habitude, absorbe entièrement la
 
vie d’un savant. Il vit à la fois dans le Nouveau Monde et dans l’Ancien. Il passe la plus grande partie deson temps au Rockfeller Institute for Médical Research, car il est un des hommes de science assemblésdans cet Institut par Simon Flexner. Là, il a eu l’occasion de contempler les phénomènes de la vie entre lesmains d’experts incomparables, tels que Jacques Loeb, Meltzer et Noguchi, et d’autres grands savants.Grâce au génie de Flexner, l’étude de l’être vivant a été abordée dans ces laboratoires, avec une ampleur inégalée jusqu’à présent. La matière y est étudiée à tous les degrés de son organisation, de son essor vers laréalisation de l’être humain. On y examine la structure des plus petits organismes qui entrent dans lacomposition des liquides et des cellules du corps, les molécules, dont les rayons X nous vèlentl’architectonique. Et, à un niveau plus élevé de l’organisation matérielle, la constitution des énormesmolécules de substance protéique, et des ferments qui sans cesse les désintègrent et les construisent. Aussi,les équilibres physico-chimiques permettant aux liquides organiques de garder constante leur compositionet de constituer le milieu intérieur nécessaire à la vie des cellules. En un mot, l’aspect chimique des phénomènes physiologiques. On y considère en même temps les cellules, leur organisation en sociétés etles lois de leurs relations avec le milieu intérieur; l’ensemble formé par les organes et les humeurs et sesrapports avec le milieu cosmique ; l’influence des substances chimiques sur le corps et sur la conscience.D’autres savants s’y consacrent à l’analyse des êtres minuscules, bactéries et virus, dont la présence dansnotre corps détermine les maladies infectieuses; des prodigieux moyens qu’emploient pour y résister lestissus et les humeurs ; des maladies dégénératives telles que le cancer et les affections cardiaques. On yaborde enfin le profond problème de l’individualité et de ses bases chimiques. Il a suffi à l’auteur de celivre d’écouter les savants qui se sont spécialisés dans ces recherches et de regarder leurs expériences, pour saisir la matière dans son effort organisateur, les propriétés des êtres vivants, et la complexité de notrecorps et de notre conscience. Il eut, en outre, la possibilité d’aborder lui-même les sujets les plus divers,depuis la physiologie jusqu’à la métapsychique. Car, pour la première fois, les procédés modernes quimultiplient le temps furent mis à la disposition de la science. On dirait que la subtile inspiration de Welch,et l’idéalisme pratique de Frederick T. Gates firent jaillir de l’esprit de Flexner une conception nouvelle dela biologie et des méthodes de recherches. Au pur esprit scientifique, Flexner donna l’aide de méthodesd’organisation permettant d’économiser le temps des travailleurs, de faciliter leur coopération volontaire etd’améliorer les techniques expérimentales. C’est grâce à ces innovations que chacun peut acquérir, s’il veut bien s’en donner la peine, une multitude de connaissances sur des sujets dont la maîtrise aurait demandé, àune autre époque, plusieurs existences humaines.Le nombre immense des données que nous possédons aujourd’hui sur l’homme est un obstacle à leur emploi. Pour être utilisable, notre connaissance doit être synthétique et brève. Aussi, l’auteur de ce livren’a-t-il pas eu l’intention d’écrire un Traité de la connaissance de nous-mêmes. Car un tel Traité, même trèsconcis, se composerait de plusieurs douzaines de volumes. Il a voulu seulement faire une synthèseintelligible pour tous. Il s’est donc efforcé d’être court, de contracter en un petit espace un grand nombre denotions fondamentales. Et cependant, de ne pas être élémentaire. De ne pas présenter au public une formeatténuée, ou puérile, de la réalité. Il s’est gardé de faire une oeuvre de vulgarisation scientifique. Ils’adresse au savant comme à l’ignorant.Certes, il se rend compte des difficultés inhérentes à la témérité de son entreprise. Il a tenté d’enfermer l’homme tout entier dans les pages d’un petit livre. Naturellement, il y a mal réussi. Il ne satisfera pas, il lesait bien, les spécialistes qui sont, chacun dans son sujet, beaucoup plus savants que lui, et qui le trouverontsuperficiel. Il ne satisfera pas non plus le public non spécialisé, qui rencontrera dans ce livre trop de détailstechniques. Cependant, pour acquérir une meilleure conception de ce que nous sommes, il est nécessaire deschématiser les données des sciences particulières. Et aussi de décrire à grands traits les mécanismes physiques, chimiques et physiologiques qui se cachent sous l’harmonie de nos gestes et de notre pensée. Ilfaut nous dire qu’une tentative maladroite, en partie avortée, vaut mieux que l’absence de toute tentative.La nécessité pratique de réduire à un petit volume ce que nous connaissons de l’être humain a eu un graveinconvénient. Celui de donner un aspect dogmatique à des propositions qui ne sont cependant pas autrechose que les conclusions d’observations et d’expériences. Souvent, on a dû résumer en quelques mots, ouen quelques lignes, des travaux qui ont pendant des années absorbé l’attention de physiologistes,d’hygiénistes, de médecins, d’éducateurs, d’économistes, de sociologistes. Presque chaque phrase de celivre est l’expression du labeur d’un savant, de ses patientes recherches, parfois même de sa vie entièreconsacrée à l’étude d’un seul sujet. A cause des limites qu’il s’est imposées, l’auteur a résumé de façon trop
 
 brève de gigantesques amas d’observations. Il a ainsi donné à la description des faits la forme d’assertions.C’est à cette même cause qu’il faut attribuer certaines inexactitudes apparentes. La plupart des phénomènesorganiques et mentaux ont été traités de façon très schématique. Des choses différentes se trouvent ainsigroupées ensemble. De même que, vus de loin, les plans difrents d’un massif de montagnes seconfondent. Il ne faut donc pas oublier que ce livre exprime seulement d’une façon approximative laréalité. Nous ne devons pas chercher dans l’esquisse d’un paysage les détails contenus dans une photographie. La brièveté de l’exposé d’un immense sujet donne à cet exposé d’inévitables défauts.Avant de commencer ce travail, son auteur en connaissait la difficulté, la quasi-impossibilité. Il l’a entreprissimplement parce que quelqu’un devait l’entreprendre. Parce que l’homme est aujourd’hui incapable desuivre la civilisation dans la voie où elle s’est engagée. Parce qu’il y dégénère. Fasciné par la beauté dessciences de la matière inerte, il n’a pas compris que son corps et sa conscience suivent des lois plusobscures, mais aussi inexorables, que celles du monde sidéral. Et qu’il ne peut pas les enfreindre sansdanger. Il est donc impératif qu’il prenne connaissance des relations nécessaires qui l’unissent au mondecosmique et à ses semblables. Aussi, des relations de ses tissus et de son esprit. A la vérité, l’homme primetout. Avec sa dégénérescence, la beauté de notre civilisation et même la grandeur de l’universs’évanouiraient. C’est pour ces raisons que ce livre a été écrit. Il a été écrit, non dans la paix de lacampagne, mais dans la confusion, le bruit et la fatigue de New-York. Son auteur a été entraîné à cet effort par ses amis, philosophes, savants, juristes, économistes, hommes de grandes affaires, avec lesquels ilcause depuis des années des graves problèmes de notre temps. C’est de Frédéric R. Coudert, dont le regard pénétrant embrasse, au delà des horizons de l’Amérique, ceux de l’Europe, qu’est venue l’impulsiongénératrice de ce livre. Certes, la plupart des nations suivent la route ouverte par l’Amérique du Nord. Tousles pays qui ont adopté aveuglément l’esprit et les méthodes de la civilisation industrielle, la Russie aussi bien que l’Angleterre, la France, et l’Allemagne, sont exposés aux mêmes dangers que les États-Unis.L’attention de l’humanité doit se porter des machines et du monde physique sur le corps et l’esprit del’homme. Sur les processus physiologiques et spirituels sans lesquels les machines et l’Univers de Newtonet d’Einstein n’existeraient pas.Ce livre n’a pas d’autre prétention que de mettre à la portée de chacun un ensemble de donnéesscientifiques se rapportant à l’être humain de notre époque. Nous commençons à sentir la faiblesse de notrecivilisation. Beaucoup aujourd’hui désirent échapper à l’esclavage des dogmes de la société moderne. C’est pour eux que ce livre a été écrit. Et également pour les audacieux qui envisagent la nécessité, nonseulement de changements politiques et sociaux, mais du renversement de la civilisation industrielle, del’avènement d’une autre conception du progrès humain. Ce livre s’adresse à tous ceux dont la tâchequotidienne est l’éducation des enfants, la formation ou la direction de l’individu. Aux instituteurs, auxhygiénistes, aux médecins, aux prêtres, aux professeurs, aux avocats, aux magistrats, aux officiers del’armée, aux ingénieurs, aux chefs d’industries, etc. Aussi, aux gens qui simplement réfléchissent aumystère de notre corps, de notre conscience, et de l’univers. En somme, à chaque homme et à chaquefemme. Il se présente à tous dans la simplicité d’un bref exposé de ce que l’observation et l’expériencenous révèlent au sujet de nous-mêmes.
A. C.
PRÉFACE DE LA DERNIÈRE ÉDITION AMÉRICAINE
Ce livre a eu la destinée paradoxale de devenir plus actuel en prenant des années. Depuis l’époque de sa publication, sa signification a sans cesse grandi. Car la valeur des idées, comme celle de toute chose, estrelative. Elle augmente ou diminue suivant les conditions de notre esprit. Or, notre état psychologique s’esttransformé progressivement sous la pression des événements qui agitent l’Europe, l’Asie et l’Amérique. Nous commençons à comprendre la signification de la crise. Nous savons qu’il ne s’agit pas simplement duretour cyclique de désordres économiques. Que ni la prospérité, ni la guerre ne résoudront les problèmes dela société moderne. Comme un troupeau à l’approche de l’orage, l’humanité civilisée sent vaguement la présence du danger. Et son inquiétude la pousse vers les idées où elle espère trouver l’explication de sonmal et le moyen de le combattre.C’est l’observation d’un fait très simple qui a été l’origine de ce livre, le haut développement des sciences

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