Toutefois, accepter que ces positions sont erronéesn'implique pas assumer sans critique des théoriesexternes au mouvement communiste, non plus undésaccord avec le fait que les différents nationalismesqui existent au Pays Basque ont une nature concrète declasse. Cela implique, uniquement et exclusivement,que nous ne pouvons pas échapper au fait que descouches larges du peuple ressentent que ce problêmeles concerne.Ainsi donc, élaborer une position de classe propre,capable de libérer à la classe ouvrière de la tutelleidéologique exercée par la grande et la petitebourgeoisie espagnole et basque paraît inéluctable. Etsur ce point-là, la difficulté la plus grande réside dansle fait que nous devons absolument nous placer dans unespace central entre les deux extrémités qui se battententre eux.D'un côté, nous ne pouvons pas partager lenationalisme espagnol, qui se caractérisé par sonagressivité, sa nature antidémocratique, et sa négationpar principe de la pluralité. L'espagnolisme se forgeautour de la construction irréelle d'une série d'élémentsculturels qu'on essaye de superposer les uns sur lesautres, dans le seul but d'aboutir à une expressionnationale prioritaire et, dans sa manifestation la plusradicale, unique et sans fissure.D'un autre côté, nous ne pouvons pas non plus êtreavec ceux qui utilisent l'adjectif "espagnol" commel'insulte le plus grave. C'est une expression flagranted'une conception ethniciste que nous ne pouvons quecombattre depuis notre position de classe. On ne peutpas nier
que dans l'État espagnol coexistent plusieursnationalités historiques avec des expressions culturellespropres. On ne peut pas nier non plus le fait que lacoexistence a créé une réalité sociologique plurielle.Dans des secteurs pas méprisables del'independentisme demeure une conception, instinctivesi l'on veut, selon laquelle ce sont eux qui incarnent lavolonté de la nation basque car ils en sont lesdéfenseurs les plus fermes, d'où qu'ils sont totalementcontraires à une sortie quelconque qui n'accepte pasleurs postulats.Et entre ces deux extrêmes, tous les deuxmanifestations d'un chauvinisme inacceptable, notreattitude doit être la non acceptation de toute positionqui, directement ou indirectement, préconise laconfrontation entre des sentiments ou des identitésd'appartenence. La classe ouvrière doit se rassemblerautour d'une proposition nationale intégratrice, d'uneproposition qui échappe à
une division interne quiprofiterait seulement la bourgeoisie basque etespagnole, une propostion dont le conflit capital-travail serait l'axe structurant d'alliances.Pour cette raison, la consigne léniniste del'autodétermination comme sortie au conflit basque estinéluctable. Toutefois, ce concept doit être défini. Sil'on applique l'autodétermination à des réalitésd'occupation étrangère, elle entraîne l'indépendancedans la pratique. Cependant, même si la politique del'État espagnol au Pays Basque a été une tentative
d'homogénéisation culturelle visant à supprimer lesexpressions culturelles proprement basques de façonplus ou moins agressive. Cette dynamique, même siconstititue une attaque contre ce qui est basque, n'estpas comparable
à
une relation de type colonial, maisplutôt à une recherche consolider un état-nationd'inspiration impériale qui est devenue un
nationalismechauvin, surtout pendant le franquisme.Pour tout cela, si l'on analyse la composition sociale etélectorale (dans une échelle dans laquelle on trouve des
abertzales
et des espagnolistes modérés, desfédéralistes, etc..) on peut déduire que le rapport deforces est pratiquement d'un 50-50%. Par conséquent,nous trouvons que le droit d'autodétermination doit êtrebasé sur un accord trasversal profond comprenant desmajorités et qui rend possible la construction de lanation basque. Tout compte fait, il s'agit que le statusdu pays ressortissant reflète fidèlement
la volonté deses habitants. Ni les nationalistes basques ni lesespagnolistes pourront le construire sans tenir comptedes autres.Un emmêlement identitaire n'aboutirait qu'àl'imposition d'une moitié sur l'autre.Dans ce cadre, notre proposition n'est pas nouvelle: laRépublique fédérale et solidaire comme voie vers leSocialisme comme la meilleure façon de concrétiserdans la réalité toutes ces exigences. Mais pour celal'ouverture démocratique d'un cadre pour la paix estplus nécessaire que jamais, un cadre permettant aupeuple basque, sans chantage, de décider librement surson futur. Ni l'ETA ni l'appareil de l'État espagnolpeuvent prendre sous la tutelle ce processus.Toutefois, pour assure que ce débat ne soit pas unemascarade et qu'on n'impose des vetos ni desconditions a priori, il faut absolument en finir avec laviolence de toute sorte. L'ETA doit laisser les armes.L'État doit en finir avec les arrestations pour desraisons politiques, avec l'interdiction de partis et de journaux, avec la dispersion de prisonniers. Les partispolitiques de tout signe doivent cesser d'utiliser l'ETAcomme arme politique.Une nouvelle chance de paix au Pays Basque estdevant nous. Le peuple et la classe ouvrière doivent jouer un rôle fonamental et s'échapper
d'unebourgeoisie qui a trouvé une filon de votes
au dépensd'un conflit qu'on dirait qu'ils aimeraient qui ne setermine jamais
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