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La lettre aux français de François Hollande

La lettre aux français de François Hollande

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05/01/2014

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Le changement,
c’est maintenant
Je suis candidat à l’élection présidentielle pour redonnerà la France l’espoir qu’elle a perdu depuis trop d’années.Les Français souffrent. Ils souffrent dans leur vie : le chômageest au plus haut parce que la croissance est au plus bas ;la hausse des prix et des taxes ampute leur pouvoir d’achat ;l’insécurité est partout ; leurs emplois s’en vont au grédes fermetures d’usines et desdélocalisations industrielles ; l’école,l’hôpital sont attaqués et n’assurentplus l’égalité entre citoyens ;l’avenir semble bouché pour euxet pour leurs enfants ; la jeunessese désespère d’être maintenue enlisière de la société.Les Français souffrent aussi dansleur âme collective : la Républiqueleur paraît méprisée dans ses valeurscomme dans le fonctionnement deses institutions, le pacte socialqui les unit est attaqué, lerayonnement de leur paysest atteint et ils voientavec colère la Franceabaissée, affaiblie,abîmée, « dégradée ».
P Fç Hll
 
La dépression éonomique est là, l’angoissesoiale est partout, la onfane nulle part.
J’arme avec netteté où se situent les res-ponsabilités. Certes, depuis 2008, il y a lacrise. Elle est le produit de la mondialisationdébridée, de l’arrogance et de la cupidité desélites nancières, du libéralisme eréné, sansoublier l’incapacité des dirigeants européensà dominer la spéculation. Il y a surtout les po-litiques injustes et stériles menées depuis dixans, les autes économiques et morales de cedernier quinquennat. Il y a donc la responsa-bilité personnelle de celui qui est au sommetde l’État depuis cinq ans.Un mandat se juge sur ses résultats, unepolitique sur sa cohérence, un caractère sursa constance. Comme les choses seraientaciles si l’échec devenait une excuse, sil’expérience - même malheureuse - devenaitune justication opportune de poursuivre etl’abandon des promesses, une preuve decourage ! Et pour-tant, telle est l’ultimecontorsion tentée parle président sortant :incapable de trouverune issue à la crisede la zone euro aprèsseize « sommets dela dernière chance »en à peine deux ans,il voudrait qu’on lui laisse encore le tempsd’y porter remède, sans qu’il nous indique -hormis la rédaction d’un nouveau traité eu-ropéen - ce qui serait de nature à le voirréussir là où il a échoué. Impuissant ace à lamontée du chômage, le voilà qui convoqueune ultime réunion avec les partenairessociaux pour nous dire qu’il aut traiteravec plus de considération les demandeursd’emploi. Indiérent aux creusements des iné-galités après avoir multiplié les indulgencesaux plus ortunés, il annonce, comme pourretrouver une soudaine vertu, qu’il taxera lestransactions nancières sans nous préciserquand - et comment le pourrait-il dès lors quela décision lui échappe dans son exécution ?La mystication est grossière. Je ne lasous-estime pourtant pas. Une campagneélectorale est un moment particulier, oùbien des choses peuvent être dites, biendes mensonges proérés, bien des para-doxes présentés comme des vérités de bonsens. J’entends déjà les lieutenants paniquésde Nicolas Sarkozy prétendre que dans latempête il ne serait pas sage de changer decapitaine. Ce qui prête à sourire quand lenavire s’est échoué. Et bientôt, il ne lui res-tera plus qu’à proclamer qu’il a changé, queles événements l’ont changé, que la onctionl’a changé, que l’échec l’a changé… Posonsd’ores et déjà la bonne question à ce sujet :plutôt que de reconduire un président quiaurait tellement changé, pourquoi ne paschanger de président, tout simplement ?C’est cette responsabilité qui m’incombe.Celle de permettre le changement. Un vraichangement. Ce n’est pas ici le lieu d’ana-lyser ce qu’aura été ce quinquennat. Disonssimplement que ces cinq années auront été laprésidence de la parole et, lui, le président desprivilégiés. Voilà la pageque je veux tourner. Jemesure la diculté dela tâche qui m’attend sivous m’accordez votreconance. Le redresse-ment de nos comptespublics comme celui denotre appareil producti sera long. La reconquêtede notre souveraineté nancière exigera deseorts considérables et surtout de la justice.Le retour de la conance appellera une po-litique qui mobilisera les Français autour del’avenir : l’éducation, la recherche, la culture,la transition énergétique et écologique.
 Je sais aussi nos atouts.
Nous sommes ungrand pays disposant d’immenses savoir-aire, de remarquables entreprises, d’unerecherche éconde, de services publics degrande qualité, d’une démographie dyna-mique, d’une épargne abondante, d’unattachement proond aux valeurs de laRépublique. Nos ouvriers, nos techniciens,nos ingénieurs, nos chercheurs, nos savants,nos onctionnaires sont parmi les meilleursdu monde. La productivité de notre tra-vail est une des plus élevées de toutes leséconomies développées. Notre vie intel-
Un mandat se JUge sUr sesrésULtats, Une PoLitiqUe sUrsa coHérence, Un caractèresUr sa constance.
 
lectuelle et artistique demeure une desplus riches et suscite toujours l’admirationdes peuples.
cent dix jours nous séparent du premiertour de l’életion présidentielle.
Ce scrutininterviendra dans un contexte que rarementnotre pays aura connu depuis le débutde la V
e
République. La France a pourtanttraversé bien des épreuves en un demi-siècle : des crises économiques, de gravesmouvements sociaux, de véritables rupturesciviques aussi. Maisen 2012, le choix quevous aurez à aire seradécisi. Décisi, il lesera pour vous, pourvos enants, pourl’avenir de votrepatrie, pour l’Europe aussi, qui attend etespère entendre à nouveau la voix de laFrance, une France dont elle a besoin pourretrouver un projet et un destin.Pour la première ois depuis longtempsdans notre histoire nationale, ce choix dé-passera, et de loin, les seules questionspolitiques et partisanes. Comme en 1981,comme en 1958, ce qui est en jeu danscette élection et dans le choix que eront lesFrançais, c’est plus que la seule élection d’unprésident, plus que la désignation d’unemajorité, plus que l’orientation d’une poli-tique : c’est l’indispensable redressement dela Nation. Ce redressement est possible. Pourle réussir, quatre principes m’inspireront.
La vérité :
je ne serai pas le président quiviendra devant vous six mois après sonélection pour vous annoncer qu’il doit chan-ger de cap, qui reniera ses promesses aisantmine de découvrir que les caisses sont vides.Les Français sont lucides, ils savent quenous aurons besoin de temps, qu’il audraaire des eorts à condition qu’ils soientpartagés ; mais ils préèrent des engage-ments orts sur l’essentiel à un cataloguede propositions.
La volonté :
il en audra pour rétablir lescomptes publics, pour relancer la croissance,pour soutenir les emplois. Il en audra pourredonner conance aux entrepreneurs, auxsalariés, aux onctionnaires, aux chercheurs. Ilen audra pour réduire les inégalités, répartirdiéremment les richesses. Il en audra aussipour réussir la transition énergétique. Il enaudra surtout pour maîtriser la nance.
La justie :
la justice, c’est un impôt équitable-ment réparti selon les capacités de chacun. La justice, c’est une société qui ne tolère aucunprivilège. La justice, c’est ne reconnaître quela seule valeur du mérite. La justice, c’est uneécole qui accordela même attentionà chaque enant.La justice, ce sontdes soins accessiblesà tous. La justice,c’est de pouvoir vivrede son travail. La justice, c’est pouvoir proterd’un vrai repos après des années de labeur.La justice, c’est vivre en paix et en sécuritépartout. La justice, c’est une société qui ait saplace à sa jeunesse.
L’espérane :
je veux retrouver le rêve rançais.Celui qui permet à la génération qui vient demieux vivre que la nôtre. Celui qui transmetle fambeau du progrès à la jeunesse impa-tiente, celui qui donne à la Nation sa ertéd’avancer, de dépasser ses intérêts et sescatégories d’âge et de classes pour se donnerun destin commun, qui nous élève etnous rassemble. Cette espérance n’estpas vaine. Elle est le l qui renoue lerécit républicain.Je sais que beaucoup d’entre vous sedemandent si notre pays a encore le choix deson destin ou s’il est condamné à appliquerun programme décidé ailleurs ou dicté parles marchés nanciers. Beaucoup doutent denotre capacité collective à décider de notreavenir, et de notre liberté de nous mettre enmouvement selon nos valeurs et notre modèlesocial. Beaucoup s’interrogent sur la réalitéde notre souveraineté. À tous ces Français, jeveux dire : oui, nous pouvons, même dans uneéconomie mondialisée, maîtriser notre destin.Nous le pouvons en comptant d’abord sur nospropres orces, et en agissant au niveau de l’Eu-rope, à condition que celle-ci soit réorientée.
La JUstice, c’est Une sociétéqUi Fait sa PLace à sa JeUnesse.

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