−
Boileau
(1636-1711) écrit
les Satires
, tableau sombre et amusant de la bêtise humaine, et
l’Art Poétique
.
•
Un grandconteur :
−
La Fontaine
(1621-1693) a écrit des
Fables
et des
Contes
, merveilles d'humour, de simplicité et de sagesse.
LE CONTEXTE POLITIQUE
En route vers l'absolutisme: la Renaissance et le premier XVII
e
siècle
Trois étapes marquent l'histoire politique et culturelle de la France, entre 1498 et 1661, c'est-à-dire depuis l'accession au trône de Louis XII jusqu'à la prise de pouvoir par Louis XIV. D'abord, jusqu'à la mort de Henri II (1559), la France a les yeux fixés sur l'
Italie
. Terre de conquête, elleest aussi
modèle
et
source d'inspiration
pour les
arts et les lettres
de la
Renaissance française
.Puis, de 1562 à 1598, le royaume s'égare dans les convulsions internes des
guerres de religion
. Contestation au plan théologique du « sens » duchristianisme et de sa pratique, la
Réforme
génère dans le même temps une controverse politique sur le statut légal des églises réformées. Cettedimension politique s'exacerbe en France, quand, à la faveur des troubles, la
noblesse
cherche à s'emparer d'un pouvoir affaibli. En 1594, le roi doitreconquérir Paris, et chasser, en 1597, les Espagnols du royaume. Avec
Henri IV
, la royauté retrouve finalement légitimité et autorité. Protestantconverti au catholicisme, le nouveau souverain reconnaît aux protestants une existence légale et leur accorde la liberté du culte. Avec lui, c'est ladynastie des Bourbons qui s'installe. Roi aussi absolu que ses prédécesseurs, il censure écrivains et prédicateurs au nom de la paix publique. Mais – paradoxe de l'histoire – il meurt assassiné, succombant au fanatisme religieux qu'il n'avait cessé de chercher à apaiser.Pendant le demi-siècle qui suit, le cardinal de
Richelieu
(1585-1642) orchestre la reconquête du pouvoir en France par l'État. Surveillantl'imprimerie, il étouffe la presse naissante. Soucieux de la
pureté de la langue
, il crée l'
Académie Française
: parfait exemple d'un programme politique qui place la culture sous le contrôle de l'État. Après la
Fronde
, dernier sursaut féodal de la noblesse contre l'autorité royale, le cadre et lesmécanismes de l'absolutisme sont en place. Louis XIV peut entrer en scène.
La monarchie absolue et son déclin: le Grand Siècle et le Siècle des Lumières
Jugeant fondamentale la capacité d'un
État
à maîtriser la culture sous toutes ses formes, Louis XIV et Colbert mettent en oeuvre un « programmeculturel » qui, dans les arts, les lettres et les sciences vise à glorifier la
monarchie
en la personne du
roi
. Ainsi les forces créatrices de l'éliteintellectuelle et artistique se trouvent-elles « dirigées » vers les
Académies
, les produits de luxe, les sciences et dans une certaine mesure lesconquêtes. Le
roi Soleil
n'aura cesse d'exalter cet élan créateur, de le rendre éclatant hors des frontières mêmes.Jamais
contrôle de la culture
par l'État n'atteignit un tel degré en France. Les Académies récemment créées « glorifient » le roi, insufflantvitalité nouvelle à la « religion royale ». Une
censure
sévère écarte les écrits jugés scandaleux, rejette les textes incompatibles avec l'idéalmonarchique. Acquisitions à l'étranger de témoins remarquables d'autres cultures viennent encore rehausser le prestige du souverain. Et comme pour couronner ces heures glorieuses, le
classicisme
, avec son goût d'ordre et de règle, son aptitude à contrôler l'élan, son harmonie, sa distinction...Très vite cependant, dès les dernières années du règne de Louis XIV, cet
étatisme culturel
quelque peu routinier apparaît à certains comme uneinsupportable contrainte, une « brimade » pour l'individu. Prenant leur pleine mesure sous Louis XV et Louis XVI, les idées des
philosophes
des
Lumières
en viennent à ébranler insensiblement les assises mêmes de la royauté: une sorte de révolution de « contre-culture ». Versailles et la cour ne sont plus au centre de la France. C'est Paris, ses salons littéraires, ses cercles d'artistes, ses séances d'Académie. La presse, les comptes-rendusscientifiques, les explorations, les nouvelles découvertes vivifient la vie culturelle.Croyant dans le destin de l'individu, confiant dans le
progrès
de l'humanité et dans son
bonheur
possible, l'écrivain – qu'il soit philosophe,romancier ou savant – est désormais porteur des espérances d'une société nouvelle, juste et parfaite. Autorité morale indépendante du pouvoir, il n'est plus le serviteur du roi.
Émancipation
de
l'individu
et mise en vedette d'idées considérées alors comme subversives atteignent leur apogée sous laRévolution. L'imprimé y joue un rôle de premier plan. C'est la fin de l'Ancien Régime.
L'ACADÉMIE FRANÇAISE
'Académie française fut fondée en
1635
par le cardinal de
Richelieu
. Les statuts et règlements visés par le Cardinal,avec les lettres patentes signées en 1635 par Louis XIII et enregistrées par le Parlement en 1637, consacrèrent lecaractère officiel d'une compagnie de lettrés, qui se réunissaient auparavant de manière informelle. La mission qui luifut assignée dès l'origine était de
fixer la langue française
, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous. Elle devait dans cet esprit commencer par composer un
dictionnaire
. La première édition de celui-ci fut publiée en 1694,les suivantes en 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878, 1932-1935, 1992. La neuvième édition est en cours de publication.
'Académie tint ses séances d'abord chez tel ou tel de ses membres, puis chez le
chancelier Séguier
à partir de 1639, auLouvre à partir de 1672, et enfin au collège des Quatre-Nations, devenu palais de l'Institut, de 1805 à nos jours. Aucours de ses trois siècles et demi d'existence, elle a su maintenir ses institutions, qui ont fonctionné avec régularité, hormisl'interruption de 1793-1803. Le cardinal de Richelieu s'était proclamé
protecteur
de l'Académie. À sa mort, cette protection futexercée par le chancelier Séguier, puis par Louis XIV et, par la suite, par tous les rois, empereurs et chefs d'État successifs de laFrance.
LES SALONS
L
A MARQUISE DE RAMBOUILLET
- Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet (1588-1665).Elle a tenu le premier salon parisien célèbre dans un hôtel maintenant disparu et englobé par le site du Louvre(autrefois ministère des Finances). Son salon a exercé une grande influence sur la
langue française
et sur la
littérature
du temps. Molière a raillé les manières des familiers de ce milieu avec sa pièce
Les Précieuses ridicules
.Malgré tous les traits de Poquelin, les précieuses ont néanmoins joué un rôle très important dans l'amélioration duvocabulaire français. François de Malherbe, Honorat de Racan, Saint-Amant, Jean Ogier de Gombaud, PierreCorneille qui y lut son
Polyeucte
, Mademoiselle Angélique Paulet, Gédéon Tallemant des Réaux, ont fréquenté cesalo,n mais le poète Voiture a brillé en ce lieu comme étoile de première grandeur. Le salon de la marquise fut l'undes rares où
l'élément féminin
était fort présent, les autres salons étant massivement fréquentés par des
hommes
.Pour ce faire, Madame de Rambouillet avait enrégimenté un escadron de jeunes filles de la meilleure naissance quiagrémentaient les rencontres par leur esprit et leur charme. Sa fille, Julie d'Argennes, une des habituées, a inspiré
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