Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more ➡
Download
Standard view
Full view
of .
Add note
Save to My Library
Sync to mobile
Look up keyword
Like this
2Activity
×
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
S€ ¦éminaire 4 - Le classicisme

S€ ¦éminaire 4 - Le classicisme

Ratings: (0)|Views: 418|Likes:
Published by Gabriela Lapusneanu

More info:

Published by: Gabriela Lapusneanu on Jan 14, 2012
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, DOC, TXT or read online from Scribd
See More
See less

06/10/2013

pdf

text

original

 
L'ÂGE CLASSIQUE
ART ET LITTÉRATURE DANS LASECONDE MOITIÉ DU XVII
E
SIÈCLE
Cette période a pendant longtemps été considérée comme l'apogée de lalittérature française par la qualité de la langue et du style, la justesse desobservations et l'exactitude des propos.La littérature a été d'autant plus célèbre qu'elle s'est vouluesimple,refusant les invraisemblances, la vulgarité et la préciosité.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA LITTÉRATURE CLASSIQUE
 Cette littérature adore la description pour dénoncer les défauts individuels et sociaux, les excès et les dérèglements qui déforment les rapportshumains. Pour les classiques, la bonne société se fonde sur lamodérationet lamesureet cela seul apporte lebonheur durable.
Molière
,
La Fontaine
,
La Bruyère
,
Boileau
dénoncent avec humour 
les avares
les hypocrites
les ambitieux
les naïfs
les bavards, etc.
Racine
dénonce les excès de la passion amoureuse:
de la mère pour son beau-fils (
 Phèdre
)
de la mère pour ses enfants (
 Andromaque
)
de deux amants (
 Bérénice
)
du père pour sa fille (
 Iphigénie
)
Le théâtre se veutsimple, tout est dans l'expression, même si à l'époque on gesticulait beaucoup devant d'extraordinaires décors. La présence de riches spectateurs sur la scène elle-même ne facilitait pas le jeu des acteurs. Les auteurs y suiventla règle des trois unités: 
unité d'action
= un sujet unique
unité de lieu
= un seul lieu
unité de temps
= une seule journée pour chaque pièce
Louis XIV
et la cour de Versailles sont essentiels pour cette littérature. Le roi a protégé personnellement Molière, Racine, et Boileau. Les premières de toutes les grandes pièces étaient jouées à Versailles. Bossuet et Fénelon parlèrent devant le roi et les goûts de ce dernier étaient toujoursrespectés.Cette littérature s'occupe beaucoup des relations de l'homme avec Dieu.
Pascal
et
Racine
insistent sur la nécessité pour chaque homme de croire alors que
Bossuet
traite de la dépendance de la société et de l'histoire du bon vouloir de Dieu et de sa Providence.
Les
Jansénistes
 vont pousser à l'extrême le sentiment de la grandeur de Dieu face à la misère et au péché de l'homme.
Pascal
et
Racine
 jansénistes s'opposent à
Bossuet
et
Fénelon
plus partisans de la bonté de Dieu et d'une conception plus optimiste de la vie et de l'histoire.
Molière
dénonce l'hypocrisie religieuse avec
Tartuffe
et pour la première fois met en scène un libertin, amoral et athée:
 Don Juan
.
Descartes
insiste sur la nécessité d'établir la foi sur la raison.
LES GRANDS CLASSIQUES
Un grand philosophe:
Descartes
(1596-1650), le premier classique, a écrit le
 Discours de la Méthode
et les
Méditations Métaphysiques
pour montrer l'importance du
doute
et de la critique afin d'établir une connaissance rigoureuse. Il est le maître de l'
esprit rationnel
français.
Deux théoriciensreligieux:
Blaise Pascal
(1623-1662) ce grand savant inventa la brouette, les taxis et la machine à calculer. Dans les
 Pensées
, il insiste sur la misère de l'homme éloigné de Dieu.
Bossuet
(1629-1704) fut un évêque célèbre comme orateur et prédicateur, très connu par ses
Oraisons Funèbres
et commethéoricien de l'histoire dans son
 Discours sur l'Histoire Universelle
.
Authéâtre, deux grands noms :
Molière
(1622-1673), le maître de la comédie, auteur de
 L'Avare
, du
Misanthrope
, des
 Précieuses Ridicules
, du
 BourgeoisGentilhomme
, des
 Femmes Savantes
, de
Tartuffe
, de
 Dom Juan
, du
Malade Imaginaire
, etc.
Racine
(1639-1699), le maître de la tragédie, écrit
 Andromaque
,
 Phèdre
,
 Britannicus
,
 Bérénice
,
 Bajazet 
,
Mithridate
,
 Iphigénie
,
 Esther 
,
 Athalie
, etc.
Deux grandsmoralistes:
La Bruyère
(1645-1696) a écrit
les Caractères
, où il dénonce les vanités mondaines.
1
Séminaire no. 4: L’esthétique et la poétique du classicisme. Boileau (
 L’Art poétique
)
 
Boileau
 (1636-1711) écrit
les Satires
, tableau sombre et amusant de la bêtise humaine, et
l’Art Poétique
.
Un grandconteur :
La Fontaine
(1621-1693) a écrit des
 Fables
et des
Contes
, merveilles d'humour, de simplicité et de sagesse.
LE CONTEXTE POLITIQUE
En route vers l'absolutisme: la Renaissance et le premier XVII
e
siècle
Trois étapes marquent l'histoire politique et culturelle de la France, entre 1498 et 1661, c'est-à-dire depuis l'accession au trône de Louis XII jusqu'à la prise de pouvoir par Louis XIV. D'abord, jusqu'à la mort de Henri II (1559), la France a les yeux fixés sur l'
Italie
. Terre de conquête, elleest aussi
modèle
et
source d'inspiration
pour les
arts et les lettres
de la
Renaissance française
.Puis, de 1562 à 1598, le royaume s'égare dans les convulsions internes des
guerres de religion
. Contestation au plan théologique du « sens » duchristianisme et de sa pratique, la
Réforme
génère dans le même temps une controverse politique sur le statut légal des églises réformées. Cettedimension politique s'exacerbe en France, quand, à la faveur des troubles, la
noblesse
cherche à s'emparer d'un pouvoir affaibli. En 1594, le roi doitreconquérir Paris, et chasser, en 1597, les Espagnols du royaume. Avec
Henri IV
, la royauté retrouve finalement légitimité et autorité. Protestantconverti au catholicisme, le nouveau souverain reconnaît aux protestants une existence légale et leur accorde la liberté du culte. Avec lui, c'est ladynastie des Bourbons qui s'installe. Roi aussi absolu que ses prédécesseurs, il censure écrivains et prédicateurs au nom de la paix publique. Mais –  paradoxe de l'histoire – il meurt assassiné, succombant au fanatisme religieux qu'il n'avait cessé de chercher à apaiser.Pendant le demi-siècle qui suit, le cardinal de
Richelieu
(1585-1642) orchestre la reconquête du pouvoir en France par l'État. Surveillantl'imprimerie, il étouffe la presse naissante. Soucieux de la
pureté de la langue
, il crée l'
Académie Française
: parfait exemple d'un programme politique qui place la culture sous le contrôle de l'État. Après la
Fronde
, dernier sursaut féodal de la noblesse contre l'autorité royale, le cadre et lesmécanismes de l'absolutisme sont en place. Louis XIV peut entrer en scène.
La monarchie absolue et son déclin: le Grand Siècle et le Siècle des Lumières
Jugeant fondamentale la capacité d'un
État
à maîtriser la culture sous toutes ses formes, Louis XIV et Colbert mettent en oeuvre un « programmeculturel » qui, dans les arts, les lettres et les sciences vise à glorifier la
monarchie
en la personne du
roi
. Ainsi les forces créatrices de l'éliteintellectuelle et artistique se trouvent-elles « dirigées » vers les
Académies
, les produits de luxe, les sciences et dans une certaine mesure lesconquêtes. Le
roi Soleil
n'aura cesse d'exalter cet élan créateur, de le rendre éclatant hors des frontières mêmes.Jamais
contrôle de la culture
par l'État n'atteignit un tel degré en France. Les Académies récemment créées « glorifient » le roi, insufflantvitalité nouvelle à la « religion royale ». Une
censure
sévère écarte les écrits jugés scandaleux, rejette les textes incompatibles avec l'idéalmonarchique. Acquisitions à l'étranger de témoins remarquables d'autres cultures viennent encore rehausser le prestige du souverain. Et comme pour couronner ces heures glorieuses, le
classicisme
, avec son goût d'ordre et de règle, son aptitude à contrôler l'élan, son harmonie, sa distinction...Très vite cependant, dès les dernières années du règne de Louis XIV, cet
étatisme culturel
quelque peu routinier apparaît à certains comme uneinsupportable contrainte, une « brimade » pour l'individu. Prenant leur pleine mesure sous Louis XV et Louis XVI, les idées des
philosophes
des
Lumières
en viennent à ébranler insensiblement les assises mêmes de la royauté: une sorte de révolution de « contre-culture ». Versailles et la cour ne sont plus au centre de la France. C'est Paris, ses salons littéraires, ses cercles d'artistes, ses séances d'Académie. La presse, les comptes-rendusscientifiques, les explorations, les nouvelles découvertes vivifient la vie culturelle.Croyant dans le destin de l'individu, confiant dans le
progrès
de l'humanité et dans son
bonheur
possible, l'écrivain – qu'il soit philosophe,romancier ou savant – est désormais porteur des espérances d'une société nouvelle, juste et parfaite. Autorité morale indépendante du pouvoir, il n'est plus le serviteur du roi.
Émancipation
de
l'individu
et mise en vedette d'idées considérées alors comme subversives atteignent leur apogée sous laRévolution. L'imprimé y joue un rôle de premier plan. C'est la fin de l'Ancien Régime.
L'ACADÉMIE FRANÇAISE
'Académie française fut fondée en
1635
par le cardinal de
Richelieu
. Les statuts et règlements visés par le Cardinal,avec les lettres patentes signées en 1635 par Louis XIII et enregistrées par le Parlement en 1637, consacrèrent lecaractère officiel d'une compagnie de lettrés, qui se réunissaient auparavant de manière informelle. La mission qui luifut assignée dès l'origine était de
fixer la langue française
, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous. Elle devait dans cet esprit commencer par composer un
dictionnaire
. La première édition de celui-ci fut publiée en 1694,les suivantes en 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878, 1932-1935, 1992. La neuvième édition est en cours de publication.
 
'Académie tint ses séances d'abord chez tel ou tel de ses membres, puis chez le
chancelier Séguier
à partir de 1639, auLouvre à partir de 1672, et enfin au collège des Quatre-Nations, devenu palais de l'Institut, de 1805 à nos jours. Aucours de ses trois siècles et demi d'existence, elle a su maintenir ses institutions, qui ont fonctionné avec régularité, hormisl'interruption de 1793-1803. Le cardinal de Richelieu s'était proclamé
protecteur
de l'Académie. À sa mort, cette protection futexercée par le chancelier Séguier, puis par Louis XIV et, par la suite, par tous les rois, empereurs et chefs d'État successifs de laFrance.
LES SALONS
L
A MARQUISE DE RAMBOUILLET
- Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet (1588-1665).Elle a tenu le premier salon parisien célèbre dans un hôtel maintenant disparu et englobé par le site du Louvre(autrefois ministère des Finances). Son salon a exercé une grande influence sur la
langue française
et sur la
littérature
du temps. Molière a raillé les manières des familiers de ce milieu avec sa pièce
 Les Précieuses ridicules
.Malgré tous les traits de Poquelin, les précieuses ont néanmoins joué un rôle très important dans l'amélioration duvocabulaire français. François de Malherbe, Honorat de Racan, Saint-Amant, Jean Ogier de Gombaud, PierreCorneille qui y lut son
 Polyeucte
, Mademoiselle Angélique Paulet, Gédéon Tallemant des Réaux, ont fréquenté cesalo,n mais le poète Voiture a brillé en ce lieu comme étoile de première grandeur. Le salon de la marquise fut l'undes rares où
l'élément féminin
était fort présent, les autres salons étant massivement fréquentés par des
hommes
.Pour ce faire, Madame de Rambouillet avait enrégimenté un escadron de jeunes filles de la meilleure naissance quiagrémentaient les rencontres par leur esprit et leur charme. Sa fille, Julie d'Argennes, une des habituées, a inspiré
2
 
 plusieurs écrits amoureux aux poètes fervents du salon. Son succès était tel que Voiture, à cinquante ans, épris comme un collégien, se battit en duel pour elle.
M
ADAME DE MAINTENON
- Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon (1635-1719) était la petitefille d'Agrippa d'Aubigné. Elle épousa l'auteur Paul Scarron alors qu'elle avait 17 ans. Ce malade, handicapé,attirait les principaux littéraires et frondeurs de son temps au 17, rue Villehardouin, à Paris. La jeune Françoiseconquit rapidement par son esprit ce milieu culturel. Elle devint donc salonnière de concert avec son mari. L'onrencontrait chez ce couple étrangement assorti: Ninon de Lenclos, Fouquet, Marie de Mancini, les maréchauxd'Albret et d'Aumont, les ducs d'Elbeuf, de Vivonne et de Sully, Saint-Évremond, Benserade, Colletet, les poètes François de Maynard et Tristan L'Hermite, Jean Chapelain, Guez de Balzac (l'un des pères de la proseclassique), Jean Racine, Philibert de Grammont, Jean Regnault de Segrais, Hénault, Gilles Ménage, le poètemédecin La Mesnardière, le duc de Sully, Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, le peintreMignard, la comtesse de Fiesque, Madame de la Sablière, et Madame de Sévigné. Après avoir eu des moeursque certains trouvaient faciles, elle devint dévote sur ses vieux jours. Mais son exploit le plus grand fut d'êtreépousée en secret par le Roi Soleil en personne qui appréciait son grand jugement. Si les hôtesses des salons ontsouvent influencé les affaires civiles et littéraires en France, Françoise
 
d'Aubigné a exercé de plus près cetteinfluence sur une royauté dont on avait exclu les femmes au Moyen-âge.
L
A COMTESSE DE LA FAYETTE
- Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette (1634-1693) était considérée comme la quintessence des précieuses bien que née d'une famille noble et appauvrie. Les étudeslatines, italiennes et de l'hébreu faisaient partie de son quotidien. Boileau la considérait la femme de France qui avait le plusd'esprit et qui écrivait le mieux. Confidente d'Henriette d'Angleterre, elle rédigea son histoire. Son talent littéraire ne faitaucun doute (
 La Princesse de Clèves
). Séparée de son mari, elle s'installa à Paris, rue Férou en l'hôtel de Liancourt où elle atenu un salon fréquenté par Gilles Ménage, grammairien et lexicographe; Jean Regnault de Segrais, la duchesse d'Aiguillon,sa marraine; le prince de Condé, un confident; Madame de Coulanges, Madame Scarron, future marquise de Maintenon, lecardinal de Retz, Madame de Sablé, la marquise de Sévigné ainsi que La Rochefoucauld, son tendre ami et figure dominantede ce salon.
LA PRÉCIOSITÉ
 
La préciosité est née au sein des salons du XVII
e
siècle. En effet, entre gens de bonne société, ledésir de se distinguer passe avant tout : c’est vouloir « donner du prix » à sa
personne
et à son
langage
.Il est évidemment difficile d’étonner par l’originalité de la
pensée
. C’est pourquoi les précieuxs’attachent surtout à la
forme
de leurs propos. Ainsi s’instaure un véritable «
 jargon
» précieux. Lesesprits recherchent les bons mots et des expressions peu communes.Les
richesses du vocabulaire
sont source d’inspiration pour les précieux. On veille à épurer sonstyle ; on renie les termes réalistes qui éveillent des images insupportables :
charogne
,
vomir 
,
balai
.Ceci amène à périphraser et faire preuve d’une grande ingéniosité : les
 pieds
= les « chers souffrants » ;le
 fauteuil =
les « commodités de la conversation », les
dents =
l’ « ameublement de la bouche »... Maisquand ces moyens ne suffisent plus à combler les belles dames, les néologismes sont la preuve irré-futable d’un esprit hors du commun :
 féliciter 
,
enthousiasmer 
,
 savon
,
anonyme
,
incontestable
.Le principal sujet de discussion des précieuses est l’
amour
. Elles aiment la galanterie, lesconvenances respectées et l’amour romanesque. Néanmoins, la préciosité à son propre style littéraire ; le plus célèbre des romans fleuves est
l’Astrée
d’Honoré d’Urfé.Mais les autres grands esprits de l’époque attaquent les précieux sans « pincettes ». NotammentMolière qui, dans sa pièce
les Précieuses ridicules
dénonce les
extravagances de mauvais goût
. Eneffet, les dames comme Mlle de Scudéry portent des costumes chargés, voulant se distinguer même par l’
habit
. Elles portent des coiffures en pointe, à la picarde ou à la paysanne ; elles brandissent d’un air badin de petites cannes et abusent de rubans... Les hommes ne sont pas en reste. En effet, la perruquelongue, les plumes extravagantes au chapeau sont à la « mode ». Pour couronner le tout, on abuse de parfums et de fards. De ce mouvement est donc né unenouvelle sensibilité littéraire qui a contribué à la formation de la langue française. Il est indéniable que les femmes ont joué un grand rôle dans sonépanouissement. De même, le goût frustre de l’aristocratie de l’époque est remplacé par des comportements et des langages raffinés.La précieuse est d'abord une femme qui revendique les droits de la femme dans une société qui les méconnaît et où le mariage n'est qu'une affaired'argent. La précieuse oppose à l'amour vulgaire et charnel l'amour épuré, la « tendre amitié », librement consentie.
Les costumes :
L'apparence est le moyen le plus frappant de se distinguer et les précieux ont une tenue particulièrement extravagante. Cathos des
 Précieuses ridicules
exprime dans un style précieux qu'il est inconvenant de ses présenter démuni de riches accessoires (plumes, chapeaux flottants ou pantalons bouffants).
La galanterie :
L'occupation précieuse étant la discussion amoureuse, la galanterie est une qualité dont touthonnête homme doit faire preuve. Les dames parlent en effet souvent entre elles de leu« parfait amant » qui sait débiter de beaux sentiments, aimer le doux et le tendre. De plus, lesrencontres suivent des règles bien précises. La
Carte de Tendre
et ce qui l'accompagne définissentl'archet type de l'amour courtois. Elle est née d'une liaison platonique entre Pellison et Mlle de Scudéry.Les villages de ce pays imaginaire portent les noms de « billet doux », « billet galant », « jolis vers »échangés, images des hésitations, progrès et nuances sentimentales du couple, sans que jamais ne soittraversée la Mer Dangereuse ou ne soient atteintes les « Terres inconnues ». Chaque amant doit, pour conquérir le coeur de sa belle, sans se noyer dans le « Lac d'Indifférence », parcourir les chemins de« Soumission », « Petits Soins » et d'autres villes plus exigeantes encore.
Les occupations précieuses dans les salons :Les jeux :
Les salons sont des lieux de distraction. Dans ce monde d'oisifs, les jeux de sociétéoccupent une place importante. On prend comme surnom les noms des héros des romans à la mode. Le
 jeu du portrait
consiste à faire deviner l'identité d'unfamilier du salon. Dans le jeu du corbillon, il s'agit, en réponse à « Que met-on dans mon corbillon ? », de nommer un défaut ou qualité d'une personne àreconnaître, en utilisant un mot finissant par « on ». Des plaisanteries, parfois douteuses, pimentent la vie des habitués : après avoir raccourci ses habits, onfait croire au Comte de Guiche que son corps a enflé parce qu'il a consommé des champignons vénéneux...
La conversation :
Elle doit être libre, enjouée, naturelle, légère ou, pour reprendre un terme qui au XVII
e
siècle résume tout,
honnête
. Ce termes'applique aussi bien au comportement, à l'intelligence, à l'élégance des manières, qu'aux agréments de l'esprit. L'honnêteté s'exprime dans le raffinement desmoeurs, la justesse du goût ; c'est une manière de penser imprégnée de délicatesse étrangère à toute pédanterie. Madame de Sévigné avait cette qualité puisque Mlle de Scudéy écrit : « Sa conversation est aisée, naturelle et divertissante; elle parle juste, elle parle bien,elle a même quelquefois certaines
3

You're Reading a Free Preview

Download
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->