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Reims-Ardennes
 
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Clarisses de Cormontreuil :
 prière sur la ville 
800 ans ! Comme la cathédrale, l’ordre des clarisses fête cette année, jusqu’àl’été 2012, les 800 ans de sa naissance à Assise, en 1212. Huit ans après cettenaissance, en 1220, Claire envoyait deux sœurs fonder une communauté à Reims,à l’appel des archevêques Albéric de Humbert et Guillaume de Joinville.Jusqu’à la Révolution, le monastère des Sœurs Pauvres fut établi à l’emplacementde l’actuel conservatoire de musique, près de la cathédrale. Un appel à la prière,à la simplicité et à l’hospitalité, face à l’imposante cathédrale gothique.Huit cents ans plus tard, l’idéal de sainte Claire d’Assise n’a pas pris une ride.La prière, l’ouverture sur le monde, la communion avec les exclus sont au cœurde la mission des Clarisses.
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Vingt-six clarisses vivent actuellementau monastère de Cormontreuil.Depuis leur jardin, elles contemplentReims et sa cathédrale.
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Sœur Elisabeth Marie
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Originaire de Vouziers, Ghislaine Guérin, 37 ans, fera le dimanche 3 juillet, à 15h,sa profession perpétuelle au monastère de Cormontreuil. Témoignage.
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ès l’enfance, j’ai eu le désir d’être reli-gieuse. Lors de ma profession de foi jeme suis ouverte au curé de Vouziers,Henri Godart, qui m’a prise au sérieux. Sur sonconseil, j’ai intégré le Service diocésain des voca-tions après ma confirmation, à 13 ans et demi. A cette époque, j’avais aussi le désir d’apprendrela… mécanique ! Je suis donc allée au lycée tech-nique Bazin à Charleville et après mon bac, j’aipoursuivi mes études à Reims pendant trois ans.Pendant mes études, j’ai suivi un parcours dio-césain de formation avec d’autres jeunes. Lorsd’un week-end à l’abbaye d’Igny, j’ai senti trèsfortement l’appel du Seigneur. Cela m’a fait peur.Mes études me plaisaient, j’avais envie d’exercermon métier. En 1996, j’ai commencé à travaillerdans l’Aisne comme technicienne qualité dansune entreprise. En outre, j’avais un grand désirde la vie de famille. J’ai fréquenté un garçon,nous sommes restés ensemble pendant plusieursannées. Cette relation était difficile, la séparationdevenait inéluctable. Après cette rupture, j’aiconnu un passage à vide. Mes amis se mariaient, je pensais que je finirais par rencontrer quelqu’un.Le projet d’une vie religieuse avait disparu, mais je restais en lien avec l’Eglise : d’abord très activeau Mouvement rural de la jeunesse chrétienne(MRJC) pendant de nombreuses années dans les Ardennes, j’ai fait partie d’une équipe de Jeunesseindépendante chrétienne féminine (JICF) dansl’Aisne. Quand en 2000, je suis revenue à Vou-ziers pour travailler dans l’entreprise de mon frère, j’ai intégré une équipe de Chrétiens en monde ru-ral (CMR) et encadré des jeunes au MRJC.
UNE INVITATION PROVIDENTIELLE
L’appel du Seigneur a resurgi de manière inat-tendue. En août 2000, cinq jours avant le départdu pèlerinage diocésain à Lourdes, sœur Cécile,de la communauté des sœurs de Nazareth, estvenue me trouver à Vouziers en catastrophe : unedes personnes pressenties pour accompagner des jeunes était malade, j’étais sa dernière chance.Or, je m’étais jurée de ne jamais mettre les piedsà Lourdes !
“Accompagner des jeunes, je veux bien,mais je n’irai pas à la grotte !” 
Sur place, j’ai vécu
 Au monastère, je vois moinsde personnes qu’autrefois,mais paradoxalement  je me sens plus prochedes autres. Quand je rencontrequelqu’un ou quand je lis unarticle, j’accueille les choses en profondeur. La vie de silence, deretrait, me rend plus disponible.
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une expérience très forte lors du sacrement de ré-conciliation. L’amour du Seigneur me faisait re-naître, je pouvais tourner la page de mon échecaffectif. Dans ma joie, je courus à la grotte melaver le visage !L’année suivante, toujours à Lourdes, j’entendisl’appel du Seigneur :
“Remets-toi en route, je t’at-tends !” 
J’étais folle de joie ! De retour à Vouziers, j’annonçais la nouvelle à mon accompagnateuret reprenais contact avec le Service des vocations.Cependant, la perspective de ne pas avoir d’en-fant me faisait souffrir. A l’été 2002, à Lourdes, je me suis baignée aux piscines. En sortant del’eau, ma souffrance avait disparu : j’étais prête àaccueillir une autre fécondité.Dans quelle communauté le Seigneur m’ap-pelait-il ? Le charisme franciscain m’attirait. A 14 ans, j’avais fait ma retraite de confirmationchez les Clarisses à Tinqueux. J’y suis retournéefin 2002 avec le Service des vocations ; puis en juillet 2003, je fus touchée par la joie des sœurset la beauté de la liturgie. A Noël 2003, j’ai passédix jours au monastère, puis en septembre 2004, je suis restée six semaines. Je suis entrée le 28 mars2005, le lundi de Pâques.
PRIERE ET VIE FRATERNELLE
Que je choisisse la vie monastique en a surprisplus d’un, à commencer par moi ! Il faut dire que j’ai toujours été ouverte aux autres ; adolescente, je passais des heures à écouter des jeunes de monâge, tant et si bien que ma mère me surnommaitla “
madone des cœurs blessés 
! Dans mon discer-nement, j’ai pris conscience qu’il y avait toujourseu en moi une soif de prière, et ce depuis monplus jeune âge, quand j’étais engagée dans l’actioncatholique.Chez les Clarisses, la prière est essentielle, maisnotre charisme fait aussi la part belle à la vie fra-ternelle. Il y a beaucoup de travaux en commun,de temps festifs… Dans ces moments, je peux ex-primer mon “côté relationnel”. Lors de ma prised’habit, j’ai demandé à recevoir le nom d’Elisa-beth Marie de la Visitation, deux prénoms choi-sis par mes parents pour mon baptême. En effet,la rencontre entre Marie et Elisabeth exprimebien le désir que je porte en moi d’aller vers lesautres. Au monastère, je vois moins de personnesqu’autrefois, mais paradoxalement je me sens plusproche des autres. Quand je rencontre quelqu’unou quand je lis un article, j’accueille les choses enprofondeur. La vie de silence, de retrait, me rendplus disponible.Cette communion avec le monde, je l’expéri-mente aussi dans la prière. Plus on s’ouvre à laParole, plus on s’ouvre au monde, à l’Eglise. Cetteannée, pendant le carême, nous avons prié plusspécialement pour nos sœurs de Côte d’Ivoire.De même, alors que je n’ai plus de responsabilitésdans le diocèse, je me sens, grâce à la prière, beau-coup plus actrice qu’autrefois. J’ai beaucoup reçu de mes parents, de l’actioncatholique, de mon diocèse. Que Monseigneur Jordan préside la messe de ma profession metouche profondément. Je suis aussi très touchéede m’engager l’année de l’anniversaire de la fon-dation de l’Ordre. Je vous invite à venir partagerma joie le 3 juillet !
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