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L’intégration : échec ? Ou espoir ? Bernard Wesphael, député wallon

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Publié sur http://blog.lesoir.be/tabous/ dans le cadre de la Série tabous
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L’intégration : échec ? Ou espoir ?Bernard WesphaelDéputé wallonLiège, le 6 février 2012
A la question de savoir si l’intégration est un échec ou un espoir, j’ai envie derépondre par une boutade très sérieuse : « Les deux, mon capitaine ».
I. D’abord, de quoi parle-t-on ? 
Il ne faut pas confondre l’assimilation, la cohabitation et l’intégration.Sur le plan théorique, l’
assimilation
vise à faire de l’étranger (allochtone) qui vients’établir dans le pays un indigène (autochtone), en tout point « identique » aux autresressortissants du pays. C’est le modèle de l’intégration à la française, qui vise à fairedes immigrés et de leur descendance autant de petits Français, enfants et citoyens dela
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épublique. En quelque sorte, il s’agit de « gommer » l’identité originelle de cesnouveaux Français et de les « cloner ».Pour le dire autrement, l’idéal théorique de l’assimilation est de pousserl’acculturation/déculturation à un point tel qu’il ne reste plus rien de la culture d’origine.Pratiquement, elle aboutit à confiner dans la sphère privée les convictions philosophiqueset religieuses.Malgré d’inévitables accrocs, la machine à fabriquer des citoyens français a bienfonctionné jusqu’il y a une quarantaine d’années (si on veut bien « oublier » Maurras et lapériode vichyste). L’école, la fierté d’être Français et les valeurs universelles de laRépublique issues de 1789 ont largement contribué au succès du modèle. Leur déglingueet le blocage de l’ascenseur social l’ont mis à mal. Au même titre que le retour en forced’une droite décomplexée et largement « américanisée », qui n’hésite pas à ressortir desarguments de type maurrassien et à porter sur le pavois le modèle sociétal anglo-saxon,dont la juxtaposition communautariste ne tient qu’en raison d’un nationalisme échevelé,auxquels chacun doit se plier (le fameux melting pot).De ce point de vue, l’inculte notoire qu’est Sarkozy pousse jusqu’à la caricaturel’idéal-type du déconstructeur de la République.La
cohabitation
a plutôt pour objectif de créer les conditions d’une juxtapositionpacifique de « communautés » et de leur vivre ensemble pacifique dans un espace donné.Pour être plus précis, il faudrait parler des conditions de possibilité d’un vivre côte àcôte pacifique dans un même territoire. D’une certaine façon, chaque « communauté »
 
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conserve sa propre culture, ses propres lois, us et coutumes. L’acculturation y estréduite au maximum.Dans le cadre de la cohabitation, l’autorité publique a pour modeste ambition dedéterminer les règles minimales de coexistence pacifique entre les communautés. Dansce cadre, l’humain est donc d’abord membre d’une communauté (appartenance dominante)avant d’être éventuellement un citoyen (appartenance subsidiaire). En cas de tensionsentre la puissance publique et la communauté, l’individu choisira toujours sa communauté.Selon l’adage du « qui se ressemble s’assemble », la cohabitation est potentiellementlourde d’enfermement communautaire (identitaire) et de ghettoïsation des quartiers.L’
intégration
est un moyen terme entre ces deux pôles extrêmes. Elle se fonde surl’axiome que l’être humain ne devient pleinement humain qu’à partir du moment où,pleinement conscient de ses racines, il parvient à les transcender pour s’ouvrir à l’autreet à l’universel. Sur le plan théorique, elle se différencie de l’assimilation en ce qu’elle n’apas pour ambition de déculturer le nouvel arrivant pour l’assimiler au modèle indigène.Par contre, elle entend donner la priorité au développement d’une citoyenneté commune,qui relègue l’appartenance d’origine au second plan, sans pour autant nier son existenceou son souvenir.L’intégration suppose l’existence d’un patriotisme constitutionnel, pour reprendre laterminologie de Jürgen Habermas. Elle implique tant le partage de valeurs communes etla conviction d’une communauté de destin que l’existence d’un projet commun et d’unvivre ensemble le plus large possible. Autrement dit, chacun sait d’où il vient (lesorigines ne sont pas niées ou occultées) et peut tout à fait choisir de conserver laculture et les valeurs de son groupe d’origine, dans la mesure où elles ont étéreformulées pour être compatibles avec les valeurs, le projet et le destin communs.C’est évidemment là que réside la grande différence entre l’intégration et lacohabitation !Il est à noter que le terme de communauté n’apparaît plus dans la définition del’intégration. C’est que l’utilisation du mot est à proscrire en ce qu’il est « performatif ».Plus on l’utilise, plus il gagne en substance alors qu’il n’en avait pas à l’origine (ou si peu).En fait, la communauté est une vue de l’esprit ou, si l’on préfère, une constructionmentale et sociale. Exemples : les divisions (pour ne pas dire plus) entre les« Marocains », les « Turcs » et autres musulmans « sud-sahariens » ou proches etmoyens orientaux donnent à penser que l’existence d’une « communauté » musulmane n’ade sens en Belgique que dans la mesure où il s’agit de l’opposer (ou de la faire cohabiter)avec d’autres « communautés », qui ressemblent tout autant à des vues de l’esprit. Ainsifaut-il être ignorant des réalités internes à celle-ci pour oser parler de « communauté juive » de Belgique. Quant à parler des « catholiques », c’est passer sous silence leurgrande diversité d’opinions. Et que dire de la « communauté » protestante ? Mieux vautdécidément parler de « cultes » ou user de termes moins globalisants ou performatifs !
 
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II. Etat des lieux en Belgique : 
En Belgique, l’assimilation est tout simplement impossible. Nous n’avons même pasréussi à nous assimiler nous-mêmes en 180 ans d’histoire commune sous un mêmedrapeau. Le sentiment national et la fierté d’être belge sont largement insuffisants,alors qu’il s’agit de conditions incontournables pour l’assimilation. Peut-être le serait-ceen Flandre ? A Bruxelles et en Wallonie, cela semblerait tout à fait irréaliste.La cohabitation n’est pas non plus une solution, non qu’elle soit impossible, mais elleaboutirait probablement à une ghettoïsation dans certaines villes, notamment àBruxelles. A se promener dans certains quartiers, on a parfois vraiment l’impressionqu’elle est en marche.Sur ce point, il faut absolument être clair pour éviter tout malentendu :
1. Il est tout à fait normal que des gens qui se sentent des affinités culturelles ouautres cherchent à se regrouper (« Vamos à la playa » à Benidorm). C’est encore plusvrai quand il n’y a pas eu de politique d’accueil et d’accompagnement des immigrants àleur arrivée sur le territoire et qu’en outre, le laisser-faire urbanistique et la « loi »du marché immobilier ont encore aggravé les choses.2. Il est hors de question de laisser croire ou entendre que tous les musulmans fontdifficulté. L’immense majorité d’entre eux (comme d’ailleurs des autres confessions)ne posent aucun problème, loin de là. Ils n’ont d’autre souhait (d’ailleurs bien légitime)que celui de s’intégrer, vivre et travailler en paix.
Les vraies difficultés viennent d’une petite minorité d’activistes, dont l’intentionn’est pas de s’intégrer, mais de s’affirmer et d’imposer sa loi. Cette minorité islamiste(l’islamisme est l’instrumentalisation politique de l’islam, ou religion musulmane) surfedonc sur ce qu’il faut bien appeler le « racisme ordinaire » des « bons Belges » (sic) etles différentes formes de discrimination (à l’embauche, au logement,…) dont lesminorités visibles sont effectivement les victimes et qu’accentuent encore lesdifficultés socio-économiques de l’heure. Pour atteindre leurs objectifs politiques, cesactivistes n’hésitent pas à instrumentaliser les difficultés (bien réelles) de leurscoreligionnaires. L’exacerbation des différences est aussi une façon de masquer lesdivisions et conserver ou de prendre le pouvoir au sein d’un groupe. Bref, il ne manquepas de motivations pour mobiliser à des fins politiques, par exemple, une appartenancereligieuse ou convictionnelle.Pour imposer leur « loi », ces groupuscules activistes n’hésitent pas à recourir àl’intimidation et à susciter l’insécurité à l’intérieur même de leur « communauté ». Bref,la religion a souvent bon dos !Pour être encore plus clair, je dirai que l’islam ne fait pas exception à la règle quiveut que toutes les religions (particulièrement celles du Livre) et convictions ont leursextrémistes, leurs intégristes, leurs fondamentalistes. Il se trouve simplementqu’aujourd’hui, l’instrumentalisation politique (par les uns et les autres) de la religionmusulmane occupe chez nous le devant de l’actualité, tandis qu’on peut reprocher aux

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