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art negre

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06/26/2012

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«art nègre», de l'art africain ancien, de l'ethnologie etdu musée: pour un «recentrement» de l'esthétique...
 Au commencement était la nuit. Une longue nuit pour l'esthétiqueafricaine. Ce fut le règne sans partage du
musée dit «de séries»
 , véritablevitrine du colonialisme, de confession évolutionniste et dont
l'approchecontextualiste
célébrait
l'Etrange
 , chantait
l'Aventure
et
la Science
. Acette époque point d'« objets », que des curiosités, trésors de guerre et piècesde laboratoires de chevronnés « Civilisateurs ». Il n'était pas rare alors, devoir des sculptures côtoyer dans les vitrines : cornes, peaux de bêtes etautres feuilles de palmier. Puis, il y eut le regard affûd'une jeune génération d'artistes particulièrement douée et par ailleurs cruellementblasée, en quête de médecine pour un art européen las de son académisme figé. Cette génération vit dans ce fouillis les moyens d'une rédemption...
 Une certaine révolution est venue corriger l'évidente injustice,consacrant depuis le siècle dernier des expositions à caractèreesthétique pour la production africaine. Désormais, les objets, dansune dramaturgie suggérée par les seules qualités plastiques, invitentà un rapport nouveau. Exit la surabondance, la cacophonie et le
"meurtre du vrai"
que génère la tentative bancale de reconstitutionde l'ailleurs fantasmé. Ici on ne rejoue pas le film de l'heureuserencontre avortée entre "civilisés" et "primitifs".
Nous avons les vraisStars que sont les objets, mais d'une histoire dont le scénario n'estpas écrit
. Tout le nie de l'architecture et de la scénographied'exposition étant, dans une juste science de l'espace, du temps et dela lumière,
l'affirmation d'une présence-absente
au service exclusifdu confort des visiteurs et du discours des œuvres d 'art. Larencontre n'étant plus tramée, l'œuvre est laissée libre de dire cequ'elle veut et l'observateur d'en prendre une possession libre etvraie.
« Qu'il s'agisse des tableaux, des statuettes, des œuvres d'art, le principeest toujours le même : concentrer le regard sur l'œuvre elle même. Le muséeest fait pour mettre les œuvres d'art en valeur et éviter la fatigue physiqueet intellectuelle au visiteur »
Louis HAUTECOEUR.Et le « Musée d'Art Africain » a ainsi fini de rejoindre le rang desautres musées d'art pour remplir son véritable rôle :
s'effacer, setaire
. Ceci à n'en point douter est
une victoire pour l'esthétiqueafricaine
. Mais, si le musée et les espaces d'expositions semblentavoir enfin pris conscience de leur mission (le tour de forced'exprimer leur neutralité), le visiteur, lui, n'a pas toujours cette
 
innocence
à laquelle invitait il y a un siècle déjà, le
Manifeste de lapeinture et de sculpture Futuriste Le public doit aussi seconvaincre que pour comprendre des sensations esthétiquesauxquelles il n'est pas habitué, il lui faut oublier sa cultureintellectuelle, non pour s'emparer de l'œuvre d'art mais pour selivrer à elle éperdument »
.
Se livrer à luvre
! C'est , ralement, la difficuldel'observateur occidental. Face à l'objet africain, une surprenanteincapacité à
mettre sous boisseau le " savoir déjà su" pour risquerl'aventure
, la vraie: synonyme de Découverte, d'Inconnu, de Partagemais surtout d'étonnement. Cette difficulté est une réelle souffranceque nous nous proposons ici de mettre en lumière.Il est clair qu'un certain public, va encore dans les musées d'artafricain pour voir du «
Sauvage
». Mais quand, point de sauvage ilne trouve à se mettre sous la dent , l'observateur occidental lambda,désemparé, interroge ; comme le montre cette réaction, glanée dansle livre d'or d'une récente exposition:
« Expo comme trop souvent esthétique et esthétisante mais bienpeu anthropologique et anthropologisante ! Bien peud'explications de supports pour comprendre un peu plusprofondément ! A quand cette révolution muséographique ?».
Nous avons pris la liberté de répondre:
« Anthropologie ! ethnologie ! tribalogie !sauvalogie ? Dès qu'ils'agit de la production africaine, pourquoi cette toujours,systématique et seule quête abstraite et maladroite d'exotisme ?Demandons-nous un habillage anthropologique quand nous allonsvisiter les antiquités grecques au Louvre ? Ceci est un muséed'ART. A quand des commentaires sur le formidable apport desarts nègres à l'enrichissement de l'univers plastique et sacontribution à l'édification de l' "esprit moderne" ?».« Objet muséal » ou Art ?
« Qu'est-ce que voir ? C'est voir le monde. Qu'est-ce que le monde ?C'est ce que nous voyons ».
(Merleau-Ponty)
« Les poésies ne sont pas faites d'idées, mais de mots »
(Mallarmé)
 Pourquoi continue-t-on de demander aux objet africains de ne direque
"mœurs étranges"
et
"réminiscences de pratiques d'un autreâge"
?La sorte de
Complexe
qui s'ignore totalement, et qui, se découvrant
 
cruellement au tour de notre questionnement, cherche àrationaliser ce qui ne peut l'être, offre généralement uneargumentation à double tranchant dont la lame la plus érodée coupeen ce sens:
Ces objets n'ayant pas été faits dans une démarche artistique(entendez que les auteurs n'étaient pas guidés par une volonté defaire de l'« art »!) peut on les considérer comme art ? Une sociétéqui produit des objets à valeur cultuelle , des outils servant «uniquement » à fixer la tradition est t-elle une société d'art aumême titre que celle là "efficiente" de son «faire» ? N'est-il pasirrespectueux pour ces gens de faire rentrer leurs créations dansdes schémas typiquement occidentaux et de les dépouiller ainsi deleurs valeurs hautement fonctionnelles et spirituelles ?
La rhétorique qui s'épand en longues litanies, qu'elle en aitconscience ou non, vient là de consacrer ce qui n'est autre chose quede la
Négation d'Art
. Nous ne le savons que trop bien,
quand onévacue l'art on commence d'évacuer l'«humain»
, alors nous nousempressons de mettre les choses au clair.
1- Si un objet qui a une destination cultuelle et qui est régit par latradition ne rentre pas dans le domaine artistique ; alors il n'eutpas vraiment d'art en Égypte, en Grèce, en Mésopotamie etc. Il n'yeut peuttre pas d'art nulle part dans le monde avant l'«èremoderne».
 Inutile de dire que ce sont d'abord des pièces, et non les sociétés etleur pensée, qui sont présentées et l'objet de l'analyse artistique.Nous précisons aussi que les différents canons africains ne trouvaientpas - c'est bien loin d'être le cas - leur expression uniquement dans lereligieux et le « purement fonctionnel ». S'agissant de peignes àcheveux, d'appuis tête, d'ustensiles de cuisine, d'instruments demusique, le fait que l'artiste mette toujours un point d'honneur àsublimer ces objets, rend caduque l'argument qui nous est opposé, ledélire qui tend à faire croire que le faire africain était au serviceexclusif du religieux.
2- Nous mettons quiconque au fi ne nous prouver que lesculpteur dogon, le bijoutier akan, le tisserand kuba, ou l'architectemusgum n'a pas conscience de faire du beau...
, ne cherche pas àfaire du beau.
La thèse du « hasard » est définitivement une insultepour l'imaginaire africain et participe de l'esprit infantilisateur.
 Nous diagnostiquons un haut degré d'esthétique, qui n'est pas faitenon seulement pour contenter l'esprit humain, mais pour, et surtout,séduire le divin, une supra-esthétique en quelque sorte. L'artiste joue

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