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Flagrant Délit - Mars 2012

Flagrant Délit - Mars 2012

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Le Flagrant Délit
Mars 2012 Vol. 5 No 5
MENTOR 2011/2012
STIKEMAN ELLIOTT S.E.N.C.R.L, s.r.l.
 VOUS VOYEZ-VOUSCHEZ NOUS?
Nadine BoileauDirectrice, programmes étudiants514 397-3124nboileau@stikeman.com
L’université franco-ontarienne
 Véronique Gingras-Gauthier
 vging057@uottawa.caLa
 Loi sur les services en français
(LSF) de l'Ontario célébrait ses 25ans en novembre dernier. 25 ansdurant lesquels l'Université d'Ot-tawa n'a pas cru bon de se faire dé-signer sous cette loi.Qu'impliquerait une telle désigna-tion? Simplement une garantieque tous les services offerts en an-glais par l'Université le soient éga-lement en français, à qualité égale.En dehors de l'impact juridiqueque la désignation sous la LSF ap-porterait, il s'agirait d'un geste po-litique et symbolique par lequell'Université d'Ottawa indiqueraitson engagement envers la com-munauté francophone.L'Université d'Ottawa semblecommencer à reconnaître l'impor-tance que cette désignation pour-rait avoir pour sa populationétudiante francophone. En effet,après avoir obtenu en 2010 unavis juridique sur la désignationsous la LSF, le 27 janvier 2012, lerecteur Allan Rock rencontrait àce sujet Me François Boileau, leCommissaire aux services en fran-çais de l'Ontario. De plus, l'Institutde cardiologie de l'Université d'Ot-tawa a déjà reçu cette désignation,rétroactivement au 1er janvier2011.Le 22 février dernier, Me RonaldCaza, un spécialiste en droits lin-guistiques, venait présenter sonpoint de vue sur la désignationlors d'une conférence intitulée:« Le statut du français à l'Univer-sité d'Ottawa: vers une universitéfranco-ontarienne? » Pour lesFranco-Ontariens, Me Caza estconnu comme l'avocat ayant dé-fendu la cause Montfort qui futune grande victoire pour la com-munauté franco-ontarienne.D’abord, la Cour d'appel de l'On-tario a reconnu que la décision defermer un hôpital francophone,Montfort, en le remplaçant pardes services bilingues à l'Hôpitald'Ottawa était inconstitutionnelle.De plus, en ne portant pas la causeen appel le gouvernement de l'On-tario a pour la première fois re-connu son obligation de protégerla minorité francophone.« Est-ce qu'on a besoin d'une uni- versité franco-ontarienne? » de-mande Me Caza. L'Universitéd'Ottawa est déjà bilingue et sertune partie importante de la com-munauté franco-ontarienne. Ce-pendant, les Franco-Ontariens –et de façon générale les franco-phones partout au Canada – doi- vent constamment se battre pourpréserver et promouvoir leurlangue et leur culture. Selon MeCaza, « il n'y a personne en Onta-rio qui vit en français sans faired'efforts ». Selon une métaphorede son cru, les francophones enOntario nagent tandis que les an-glophones se promènent en ba-teau. L'assimilation se produitquand les francophones arrêtentde faire des efforts et embarquentdans le bateau. À ce moment-là, ilsoublient comment nager et leursenfants n'apprendront jamais.De ce danger d'assimilation dé-coule l'importance d'avoir des ins-titutions francophones. Plus laminorité linguistique a un réseaud'institutions important, plus ellea de chances de survivre. Une ins-titution bilingue ne remplacera ja-mais une institution francophone.Qui ne s'est jamais retrouvé dansla situation où dans un groupe defrancophones, tout le monde parleanglais pour accommoder un seulanglophone? Me Caza expliqueque le bilinguisme canadien estsoustractif: seule la minorité fran-cophone se sent obligée d'appren-dre la deuxième langue. Cela s'op-pose au bilinguisme additif, pré-sent dans certains pays d'Europe,où les deux groupes linguistiquesapprennent la langue de l'autre.Selon Me Caza, une désignationsous la LSF n'est donc pas suffi-sante, puisqu’une université bi-lingue n'est pas suffisante. Pourdesservir les besoins de la popula-tion francophone, pour promou- voir le français en Ontario, pourassurer la survie de la populationfranco-ontarienne, il faut une uni- versité véritablement franco-onta-rienne.Et pour les étudiants de droit civil,ça veut dire quoi une universitéfranco-ontarienne? La plupartd'entre nous proviennent du Qué- bec, ont tous nos liens d'attache-ment au Québec, et planifientretourner travailler et vivre auQuébec. Cependant, malgré le sta-tut majoritaire du français auQuébec, les Québécois se retrou- vent quand même en situation mi-noritaire dans l'ensemble du pays.Les populations francophones mi-noritaires dans les autres pro- vinces sont le rappel pour tous lesgouvernements provinciaux que lefrançais a une place au Canada, etpas seulement au Québec. Le Qué- bec n'est pas à l'abri de l'assimila-tion et si les populationsfrancophones hors Québec en ve-naient à être assimilées, cela neprendrait pas beaucoup de tempsavant que le français n'ait plus au-cune place au Canada, incluantdans la Belle Province.
 
DESSIN:EMMANUELLEJACQUES
Flagrant - mars 2012_Flagrant Décembre 2010 12-02-28 11:48 Page1
 
L
e Flagrant délitMars 2012Page 2
Nouvelles
Le sens de l’honneur
Ceinture verte, à peine née et déjà en danger
Marie Joëlle Simard
msima047@uottawa.ca
Chronique de l’Association ci- viliste du droit de l’environne-ment
L’encre de l’entente est à peinesèche que déjà on y contrevient.C’est en décembre dernier, que leGrand Montréal décidait de s'offrirune ceinture verte. La croissance dela population urbaine amène les villes à s’étendre et à repousser leurslimites toujours plus loin. Cet étale-ment n’est pas sans incidence sur lesmilieux naturels qui entourent lescentres urbains. Au début du moisde décembre, 81 maires de la Com-munauté métropolitaine de Mont-réal ont adopté un Planmétropolitain d’aménagement et dedéveloppement (PMAD). Il contientdivers éléments qui étaient deman-dés à grands cris depuis plusieursannées par les environnementa-listes, notamment la mise en placed’une ceinture verte.Ottawa a déjà sa « ceinture de ver-dure ». Cette dernière entoure la ré-gion de la capitale fédérale et couvreune superficie totale de 200 km
2
dont les ¾ sont la propriété de laCommission de la Capitale natio-nale. Elle prend exemple sur celle deLondres, en Angleterre, qui de-meure un exemple inégalé,puisqu’elle couvre 5 133 km2. Autotal, 13 % de la superficie du terri-toire anglais est protégée par desceintures vertes, réparties autour dequatorze centres urbains, représen-tant dans son ensemble 16 766 km
2
.L'objectif de la ceinture verte deMontréal est de protéger 17 % duterritoire de la région métropoli-taine. Elle inclura des espaces verts,des milieux humides et des coursd’eau, qui devraient être reliés entreeux, afin de créer des corridors pourpermettre une circulation de la bio-diversité. La trame verte et bleue aaussi des ambitions récréotouris-tiques, certains aménagements se-ront faits, toujours en harmonieavec la nature et de manière à pro-téger les écosystèmes. Les objectifs visés par le PMAD ne sont pas uni-quement environnementaux, oncherche à améliorer la qualité de viede la population, mais aussi à rever-nir l’image internationale et, pour-quoi pas, à attirer des touristes. Leprojet prend effectivement exemplesur le Vermont, citant les retombéeséconomiques du tourisme lié à l'at-traction de ses paysages naturels.Le PMAD contient aussi des élé-ments visant à concentrer le déve-loppement urbain dans les zonesdesservies par le train de banlieueou par le métro ainsi que des objec-tifs pour augmenter l’utilisation dutransport en commun aux heures depointe de 30 %.Début janvier, la ville de Saint-Bruno est venue porter un premiercoup à l'entente en acceptant unprojet de construction résidentieldans le Bois des hirondelles, un mi-lieu naturel visé par le Plan. Diffé-rents éléments ont rendu possiblecette atteinte à l'intégrité du projet :les démarches du promoteuravaient été commencées avant l'en-tente et l'avis favorable du gouver-nement nécessaire à l'entrée en vigueur du projet est toujours at-tendu (espéré en juin 2012).Barcelone et Paris semblent être desexemples démontrant qu'une en-tente politique ne suffit pas à proté-ger efficacement les territoires, leursceintures étant régulièrement gru-gées par l'étalement urbain. Aucontraire, celle d'Ottawa est l'un desexemples à suivre, elle est bien pro-tégée par la Loi 2005 sur la cein-ture de verdure.
Gabrielle St-Onge
gston082@uottawa.ca« Les crimes d’honneur sont inac-ceptables au Canada. »« Il est difficile de concevoir uncrime plus ignoble et plus haineux.La raison apparente de ces honteuxmeurtres commis de sang-froid estque ces quatre totalement inno-centes victimes avaient outragé votre concept tout à fait tordu del’honneur, lequel n’a absolumentpas sa place dans une société civili-sée. »Ce sont les propos que le juge Ma-ranger de la Cour supérieure del’Ontario a tenus lorsqu’il a rendules verdicts de culpabilité des troismembres de la famille Shafia. Cesderniers ont été condamnés à 25ans de prison sans possibilité de li- bération conditionnelle, la peine laplus sévère au Canada. Le procèsShafia relate une histoire d’horreurdont il n’est probablement pas né-cessaire de vous rappeler les moin-dres détails, les médias l’ayant faitamplement. Il faut garder en têteque tout porte à croire, comme l’asoutenu la Couronne, que les trois jeunes filles et leur belle-mère ontété tuées par leur famille parcequ’elles ne se conformaient pas aux valeurs traditionnelles extrême-ment conservatrices de la familleafghane en question. Au-delà des faits entourant le crimed’honneur en général, ce qui peutêtre préoccupant pour les futurs ju-ristes, ce sont les conséquences endroit criminel d’aborder la questionculturelle de cette façon. Ce sontcertes des cas qui nous interpellenttous beaucoup et il peut être diffi-cile de ne pas laisser parler sesémotions comme l’a fait l’honorablemagistrat. Il faut néanmoins es-sayer de faire un effort pour demeu-rer critique et ne pas se laisserséduire par des propos populistes etstigmatisants lorsqu’il est temps derendre justice.La professeure Margarida Garcia,spécialiste en recherches pluridisci-plinaires en droit pénal, criminolo-gie et science sociale, nous aide àcomprendre et à voir le procès Sha-fia sous un autre angle. Selon elle,le cas qui nous occupe met en scèneun crime très spécifique, car cer-tains observateurs le relient à uneculture. Cela pose plusieurs pro- blèmes en droit criminel. Les pro-pos du juge nous amènent dans unelogique du type « les autres » et« nous ». Mme Garcia s’oppose à cegenre d’affirmation qui donnerait àla culture canadienne un avantagemoral (un « nous » civilisé contreun « eux » barbare) sur les autrescultures, ce qui est très dangereux.Ce type de propos pourrait mener àla criminalisation d’un groupe mi-noritaire, un effet qui est lourd deconséquences pour les hommes, lesfemmes et les enfants qui sont, àtort ou à raison, identifiés avec cetteculture.« Le seul message, qu’il faudraitpasser, selon moi, est que le meur-tre est inacceptable au Canada. Ona une figure juridique, une infra-ction qui s’y rattache, et les peinesqui y sont associées sont extrême-ment sévères, comme on a vu. Onn’a pas du tout besoin de cette éti-quette de l’honneur et de la cul-ture. » Premièrement, selon laprofesseure Garcia, toutes les cul-tures ne sont pas homogènes, maisplurielles. Ce n’est pas comme sitous les membres appartenant à ungroupe culturel ou religieux en par-ticulier adhèrent au même typed’idéaux. Deuxièmement, mettre del’avant le fait que nous sommes unesociété civilisée où il est impensableque de tels gestes soient commis,c’est ne pas reconnaître que nousavons aussi des problèmes. Parexemple, la violence conjugale estaussi présente au Canada.Quand on demande à la sociologuedu droit pénal s’il devrait y avoirune infraction à part pour lescrimes d’honneur, elle répond parla négative. « Quand il y a quatrefemmes qui se retrouvent mortesdans une voiture : c’est inaccepta- ble, parce que c’est un meurtre,point. Il ne faut pas oublier que lemobile n’est pas quelque chose depertinent en droit canadien pourétablir la culpabilité, même s’il peutêtre utilisé pour faciliter la preuved’un élément de l’infraction. » Cequ’elle voit là-dedans, c’est uneénorme tendance politique et histo-rique de la société de toujours vou-loir des lois et des peines plusrépressives. C’est une arme poli-tique bon marché qu’utilise le gou- vernement pour promouvoir lespeines minimales, par exemple.Selon Mme Garcia, quand mettrede l’avant un mobile favorise unepeine plus lourde, comme le crimed’honneur, il sera plus facilementutilisé. L’inverse n’est pas vrai dansle cas où le mobile favoriserait unepeine moins sévère. Par exempledans le cas de Robert Latimer, quia tué sa fille lourdement handica-pée par compassion, on va avoirtendance à complètement dévalori-ser le mobile, soit à ne pas l’utiliserà titre de circonstances atténuantes.Pour la pénaliste, le droit criminelest généralement impuissant pourrésoudre des problèmes sociauxcomplexes. Parallèlement, il est dif-ficile de trouver des juristes prêts àregarder ces dossiers de façon cri-tique. Il faut responsabiliser, biensûr, mais il ne faut pas non plusstigmatiser les membres d’unecommunauté en identifiant un typede crime à une identité culturelle.Mais qu’est-ce qu’on peut faire?« Je pense qu’il faut se saisir decette opportunité pour mettre enplace des mécanismes d’éducationet de prévention. Par exemple, ceserait une bonne idée d’outiller laDirection de la Protection de la Jeu-nesse à détecter les cas commeceux-là avant qu’il ne soit trop tard.Une peine sévère et exemplairen’est pas rassurante pour les fa-milles où les problèmes de violenceenvers les femmes persistent, ça nefera pas non plus revivre ces jeunesfilles. Un cas comme Shafia est ter-rible, la moitié de la famille estmorte, l’autre est en prison. Moi jene dors pas mieux avec juste ça, unepeine sévère. »
Flagrant - mars 2012_Flagrant Décembre 2010 12-02-28 11:48 Page2
 
Mars 2012Page 3
Nouvelles
L
e Flagrant délit
La dérive du continent
 Vers une justification utilitariste de la torture en Amérique
Charlotte Chicoine-Wilson
cchic041@uottawa.caOn le savait pour les États-Unis,c’est maintenant confirmé pour leCanada : les services de renseigne-ments ont l’aval de leur gouverne-ment respectif pour utiliser desinformations obtenues sous la tor-ture. Dans une lettre rendue pu- blique au début du mois de février,le ministre canadien de la Sécuritépublique, Vic Toews, autorise l’uti-lisation de telles informationslorsque la vie ou la sécurité sontmenacées. Le vice-doyen auxétudes et professeur de philoso-phie du droit et de droit constitu-tionnel, Charles-Maxime Panaccio,a accepté de commenter cette nou- velle pour le Flagrant délit.En Chambre des communes, le mi-nistre de la Citoyenneté, de l’Im-migration et du Multiculturalisme,Jason Kenney, s’est porté à la dé-fense de son homologue de la Sé-curité publique en affirmant que «lorsque la sécurité publique est sé-rieusement menacée et que des vies sont en jeu, le SCRS [Servicecanadien du renseignement de sé-curité] devrait faire de la protec-tion des personnes et des biens sapriorité absolue ». Pour le profes-seur Panaccio, il s’agit d’un argu-ment « nettement utilitariste », àl’opposé d’une approche déontolo-gique ou kantienne qui considèreque la torture est toujours immo-rale. Il serait cependant possiblede réfuter l’argument conservateursur son propre terrain, puisque la validité des informations obtenuessous la torture est de plus en plusmise en doute. Ainsi, « toute l’in-formation pourrie sur les armes dedestructions massives en Irak avaitété obtenue sous la torture. » Il neserait donc pas utile, voire mêmeinefficace et nuisible, de se servirde ce type d’informations.La
Charte canadienne des droitset libertés
prévoit le droit à la pro-tection contre les traitementscruels. On peut donc se demanderquelle est la validité constitution-nelle de la directive du ministre dela Sécurité publique. La questionpourrait être portée devant les tri- bunaux, même si les options durenvoi ou de la contestation sur la base d’un intérêt personnel ontpeu de chance d’être utilisées. «Les règles de l’intérêt en matièrede Charte sont assez larges. Ungroupe pourrait entamer des pour-suites pour obtenir un jugementdéclaratoire. » Il demeure difficilede prédire l’issue d’une contesta-tion de cette directive, puisquel’application de l’article 1 de laCharte pourrait être soulevée. «Cela dépendra des conceptionsmorales des juges. Cela dépendraégalement des circonstances. Dansle cas d’une demande en jugementdéclaratoire, on peut croire, et ils’agit ici de spéculations person-nelles, que les juges Fish, Abella etLebel considéreraient cette déci-sion de l’exécutif comme inconsti-tutionnelle. Il reste que la Cour estassez tranquille ces temps-ci, sur-tout en ce qui concerne les consi-dérations morales. » La Coursuprême pourrait par exemple uti-liser l’argument de la séparationdes pouvoirs pour éviter de semouiller.Pas besoin d’être dans le secret desdieux pour savoir que les juges hé-sitent à rendre des décisions qui vont à l’encontre de la volonté po-pulaire. Or, on peut penser que denombreux Canadiens se range-raient volontiers aux côtés du gou- vernement sur cette question. «Les gens sont facilement convain-cus par les arguments farfelus desconservateurs. Ce sont des argu-ments “cartoon”, les gens sontconditionnés à les accepter. Ons’insurge donc beaucoup moins. »Des émissions comme
 24 heureschrono
ont un rôle à jouer dans lagénéralisation de cette mentalitéutilitariste. « Le divertissement vé-hicule certaines images sur le rôledu gouvernement, sur les dangersauxquels on est confronté. Leterme est galvaudé, mais c’est de lapropagande, ça ramolli l’esprit desgens. Alors que la nécessité de latorture n’est jamais présente, elleest prise pour acquis dans l’exem-ple du gouvernement. »Selon le professeur Panaccio, mal-gré les protestations de l’opposi-tion et des groupes de défense desdroits de la personne, il y a peu dechanceS que le gouvernement re- vienne sur sa position. « Ils ne re-culeront pas. Ils ne veulent passuggérer qu’ils ont eu tort. Ilséprouvent une certaine fierté à di-riger selon une idéologie autori-taire. » Cela ne laisse présager riende bon pour l’avenir. « Il y a uneouverture à l’idée d’utiliser la tor-ture. Le Canada ne peut plus êtreun modèle moral en s’alignant surles États-Unis. » Il ne s’agit cepen-dant pas de se laisser aller au dés-espoir : « Au moins, on peuts’indigner. »
Sherley Mérise
smeri067@uottawa.caL’ancien chef d’État guatémaltèqueJosé Efrain Rios Montt devra ré-pondre des crimes qu’il aurait per-pétrés contre son peuple pendantson règne. Du moins c’est ce qu’àdécidé un Tribunal pénal de la ca-pitale Guatemala Ciudad le 26 jan- vier dernier. Il est accusé entreautres, de génocide et de crimescontre l’humanité. Selon l’organi-sation Avocats sans Frontières, ceprocès représente une étape impor-tante pour le Guatemala en vue deréparer les injustices dont la popu-lation a été victime pendant toutesces années. Surtout, compte tenudu fait qu’Amnistie internationalerapporte que « les poursuites enga-gées contre Ríos Montt s'inscriventdans le cadre d'une procédure aupénal engagée en 2001 contre plu-sieurs anciens responsables mili-taires par l'Association Justice etRéparation ». Cette déclarationcoïncide aussi avec un vote duCongrès qui aboutirait à l’adhésiondu Guatemala à la Cour pénale in-ternationale. S’il est reconnu cou-pable, Rios Montt pourrait êtrecondamné à une peine d’emprison-nement de vingt à trente ans.
Les conséquences de la guerrecivile
Comme beaucoup de pays d’Amé-rique latine et d’ailleurs, le Guate-mala a connu une période deconflit civil des plus sanglantes. En1958, le colonel Armas est assas-siné et le Général Ydigoras Fuentesprend le pouvoir. Deux ans plustard, des jeunes soldats ainsi quedes paysans se révoltent contre sadictature. C’est le début d’uneguerre civile qui durera 36 ans, unepériode pendant laquelle des chefsmilitaires se succèderont au pou- voir. En 1982, Rio Montt écarte sesdeux co-dirigeants pour s’emparerdu pouvoir. Il devient alors le Pré-sident de facto ainsi que le ministrede la Défense et le responsable desforces armées.Pour soutenir son régime, il met enplace les Patrouilles d’autodéfenseciviles (PAC) qui sont composéesde miliciens qui sont recrutés deforce par l’armée pour combattre laguérilla. Selon l’organisation SuisseTRIAL (Track Impunity Always),Rio Montt serait responsable de ladestruction de centaines de villageset du massacre de milliers deMayas. En 1983, Rio Montt est ex-pulsé du pouvoir par le généralOscar Humberto Mejia Victoresqui était alors ministre de la Dé-fense. Le processus de démocrati-sation qui s’ensuit mèneraéventuellement à la signature d’unaccord de paix entre le gouverne-ment et la guérilla en décembre1996 marquant ainsi la fin de laguerre civile.
En quête de justice
En 2004, la Cour interaméricainedes droits de la personne a déclarél’État du Guatemala coupable de violations des droits de la personnedans l’affaire de la communauté dePlan de Sanchez. Elle avaitcondamné l’État à verser des répa-rations financières et symboliquesaux familles. Sept ans plus tard,l’État n’avait toujours pas fait le né-cessaire pour compenser les fa-milles des victimes. En 1999, on amis sur pied une Commission de vérité avec l’appui des Nationsunies. Selon TRIAL, la « Commis-sion devait rédiger un rapport basésur des investigations objectives etformuler des recommandationsspécifiques pour encourager la paixau Guatemala, dont des mesurespour préserver la mémoire de vic-times, améliorer l’application desdroits de l’homme dans le pays etconforter le processus démocra-tique. » La tâche de la Commissionn’a pas été facile. La Commission adû surmonter plusieurs obstacles :d’une part, la réticence des villa-geois à témoigner et d’autre part, lerefus du gouvernement et de l’ar-mée de lui donner accès à l’infor-mation nécessaire. Par conséquent,sur les 800 dépositions seulement80 cas ont fait pleinement l’objetd’une enquête.Compte tenu de l’ampleur descrimes commis pendant la guerrecivile, il reste encore plusieurs casde violations des droits humainssur lesquelles enquêter. Cela pour-rait donner lieu à d’autres procès.
Guatemala: Procès de l’ancien dirigeant José Efrain Rios Montt
Flagrant - mars 2012_Flagrant Décembre 2010 12-02-28 11:48 Page3

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