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Pour une fédération franco-allemande (10/12)

Pour une fédération franco-allemande (10/12)

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09/28/2013

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74
 
 Pourune fédération franco-allemande
 
dpuis son écnchmnt, n 2008,
la crisenancière et monétaire a montré la nécessité de repenserl’Union européenne. Grâce à cette redoutable expérience, noussavons désormais avec certitude que l’union monétaire n’est pastenable sans une politique budgétaire commune. Un processusde édéralisation vient d’être enclenché. Il concerne une partiede l’Union. Il importe de l’ocialiser et de le ormaliser pourle porter et le revendiquer non seulement comme réponseappropriée aux problèmes rencontrés, mais aussi comme unprojet politique situé dans le prolongement philosophique del’idée européenne.
Sous ’fft  a cris, ’accéération fééraist.
 La violence de la crise a conduit à la mise en place d’unmécanisme de contrôle européen
a priori
des projets nationauxde lois de nances que les gouvernements soumettrontensuite à leurs parlements respectis. Cette procédure relèveindiscutablement d’une logique édéraliste. À son tour,l’émergence d’un édéralisme budgétaire représente un pasdécisi vers un gouvernement économique commun. En eet,l’examen européen
a priori
d’un budget national implique,par voie de conséquence, d’associer le niveau européen à ladiscussion des grandes orientations économiques nationales.Sous l’eet d’une crise inédite, nos responsables politiques ontsu inventer dans l’urgence les solutions capables de préserverl’euro. Mais, pour les pays concernés, tous ces aménagementsse traduisent par une intégration croissante des politiquesnationales.
ProPosition 1 :
Reoîre ’Europe de ro ere.
Pour l’heure, cette avancée mécanique vers une édéralisationde la puissance publique ne concerne pas tous les pays del’Union européenne, mais spéciquement ceux de la zone euro.Depuis l’adhésion de la Grande-Bretagne, en 1972, l’Unioneuropéenne a cru devoir multiplier les statuts exceptionnels. Onne voit pas pourquoi elle redouterait soudainement une Europeà plusieurs vitesses, qui existe depuis longtemps. Le utur quise dessine et qu’il aut instituer conduira l’Europe à distinguertrois niveaux d’intégration.Un premier cercle rassemble les membres de l’Union qui sontd’accord pour avoriser les échanges économiques au seind’un marché ordonné et régulé par des normes communes :ce sont les vingt-sept membres de l’Union, soit 500 millionsd’habitants. Entendue en ce sens, l’Union européenne peutpoursuivre une logique d’élargissement conormément à sesintérêts géopolitiques, énergétiques et économiques, sanscraindre la dissolution de l’ensemble.Un deuxième cercle réunit les pays de la zone euro, au nombrede dix-sept en novembre 2011, soit 320 millions d’habitants. Cecercle trace les contours d’une Europe beaucoup plus intégrée,qui s’est d’ores et déjà engagée sur la voie du édéralismebudgétaire, voire économique. Des critères communs sont encours de dénition pour déterminer les politiques économiqueset budgétaires appropriées. Au cœur de l’Union, les pays àla monnaie commune se dotent peu à peu d’une puissancepublique supplémentaire à travers la volonté d’étendre
EuRopE : assumER la fédéRalisationdE la puissancE publiquE
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10 - Pour une fédération franco-allemande
l’eort communautaire à la dénition des politiques scaleset à la maîtrise des budgets, notamment grâce à l’adoption dedispositis limitant constitutionnellement l’ampleur des décitspublics, comme il en a été décidé lors de l’accord du 26 octobre2011, qui prévoit notamment l’adoption d’une « règle d’or »dans chacun des pays membres de l’union monétaire.Il existe enn un troisième ensemble : celui que orment laFrance et l’Allemagne. Le cœur de l’Europe intégrée, l’Europede l’euro, est
de facto
constitué par ces deux pays, en raison del’histoire partagée, du rôle qu’ils ont joué dans la naissance del’Union, en raison du poids qu’ils représentent, ensemble ouséparément, sur le plan démographique, économique, militaire,politique ou diplomatique. Les orces et les aiblesses évoquentune relation complémentaire. Sur le plan économique etnancier, l’Allemagne est moins décitaire que la France et elleest meilleure exportatrice. De son côté, la France est beaucoupplus dynamique sur le plan démographique – l’Allemagne aperdu 200 000 habitants en 2010 – et incomparablement pluspuissante sur le plan militaire et diplomatique. Depuis 2008, lacrise a montré à quel point le couple ranco-allemand pouvaitêtre déterminant, dans la régulation des crises et salutaire pourl’ensemble de l’Union.
ProPosition 2 :
iuer ue aoo ommuureréu e py de  zoe euroeggé ur  voe de  édéro.
L'« Association communautaire » devra rendre des comptes àun « Parlement communautaire ». Compte tenu de son degréd’intégration, cette Association communautaire doit générerun processus parallèle de démocratisation. La création d’uneseconde chambre européenne issue du surage universeldirect paraît indispensable. Elle se nommerait « Parlementcommunautaire ». Ce Parlement devrait être élu spéciquementau surage universel, par exemple le même jour que l’élection duParlement européen, mais sur la base de listes obligatoirementétablies au niveau de l'Association par les partis politiques. Lerôle du Parlement communautaire serait d’identier les sujetsde politiques publiques nationales de la zone euro susceptiblesd’entrer dans un processus de édéralisation et de discuterdes moyens de les édéraliser. Le Parlement communautaireprendrait en charge une activité de contrôle de l’activité desprincipales institutions européennes et d’audition de leursresponsables.
ProPosition 3 :
iuer ue commuué ro-emde.
Le temps est venu de passer du couple ranco-allemand à la« Communauté ranco-allemande ». La crise actuelle de lazone euro met en évidence la divergence croissante des modèleséconomiques suivis par les pays membres et l’impossibilité d’uneunion monétaire qui ne s’accompagne pas d’une union politique.L’impossibilité d’un retour aux monnaies nationales, proposépar les populistes de droite, est consacrée par le poids desdettes publiques exprimées en euros et l’importance des intérêtscommerciaux et nanciers croisés qui aboutit à une véritableimbrication des économies. L’Allemagne réalise ainsi 55 % deson excédent commercial total avec la zone euro et le montantdes seules créances réciproques entre la France et l’Allemagneatteint 230 milliards d’euros. Quant à l’idée d’un possible« cavalier seul » rançais dans le cadre de l’euro, avancée, elle,par les populistes de gauche, elle relève de la antasmagorie pureet simple en proposant un remède qui ne manquerait pas deprécipiter les nations européennes dans le chaos.À l’opposé, c’est bien la convergence rapide et décisive despolitiques économiques qu’il convient de mettre en œuvre.À court terme, cette convergence n’est réaliste qu’entre laFrance et l’Allemagne. Le poids et la orce d’entraînement dela Communauté ranco-allemande seraient considérables nonseulement en Europe, mais aussi au niveau mondial, dépassantle Japon en population et en richesse, et achant un PNBsupérieur à celui de la Chine. La Communauté ranco-allemandeserait aux avant-postes mondiaux dans bien des domaines,de l’aéronautique à la pharmacie en passant par l’élevage etl’automobile, réunissant des atouts complémentaires : poidsdémographique allemand et natalité rançaise ; industrie d’uncôté, services de l’autre ; tissu dense de moyennes entreprisesoutre-Rhin, groupes mondiaux de ce côté, etc.
la métho sra pragmatiqu. e priviégiras réaisations concrèts ans s omainsstratégiqus.
Devant une telle idée, on entend déjà lesobjections innombrables, allant de la aisabilité technique auxarguments politiques et économiques :
quid 
de la politiqueétrangère ?
Quid 
de la concurrence sectorielle ? Et quelle ormeinstitutionnelle lui donner ? Fédération ou conédération ?Sans compter l’invocation du passé confictuel et la disparitédes cultures politiques entre les deux pays. Certes, mais à cecompte que dire d’une Europe à vingt-sept ? Et même à six,quand les pionniers de la Communauté européenne du charbonet de l’acier (CECA) n’avaient en commun que leurs ruines etleur misère ? Et que dire également de la construction de lanation rançaise elle-même, dans laquelle Mirabeau voyait « unagrégat inconstitué de cent peuples désunis » ?On trouve toujours d’excellentes raisons pour ne rien aireet, à cet égard, poser la question institutionnelle en préalable>
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