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CAIRN - Entreprises et histoire - à propos de la thèse de Paulette RICHOMME / Bull

CAIRN - Entreprises et histoire - à propos de la thèse de Paulette RICHOMME / Bull

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03/02/2012

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02/03/12 Un projet à échelle européenne1/5www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=EH_060_0189
Pa
Entreprises et histoire | 189-192
Distribution électronique Cairn pour les éditions Éditions ESKA. ©Éditions ESKA. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, saufaccord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment parphotocopie) partiellement ou totalement le présent article, de lestocker dans une banque de données ou de le communiquer au publicsous quelque forme et de quelque manière que ce soit.
En lisant. Les thèses récentes
Paulette RICHOMME,
UNE ENTREPRISE À L’ÉPREUVE DE LA GUERRE ET DE  L’OCCUPATION : LA COMPAGNIE DES MACHINES BULL, 1939-1945 
, Thèse de doctoratd’histoire sous la direction d’Alain Plessis, soutenue à l’Université de Paris X-Nanterre le 17décembre 2007
ulette Richomme, qui a passé quarante années au sein de la Compagniedes Machines Bull, a eu le mérite de s’engager dans des études d’histoireaprès la fin de sa vie professionnelle. Après avoir réussi sa licence, sa maîtrise etson DEA (déjà consacré à l’histoire des Machines Bull), elle s’est lancée dans lapréparation de cette thèse qui apporte des réponses éclairantes aux deux questions: la Compagnie des Machines Bull a-t-elle profité de la guerre ? ses patrons ont-ilscollaboré avec les Allemands ?Le service du Patrimoine historique de la Compagnie des machines Bull a laissé à P.Richomme la totale liberté d’accès aux archives et le Club des Anciens a permis desauver d’autres sources, qui ont été complétées par les dossiers disponibles aux Archives nationales, aux Archives économiques et financières à Savigny, auxarchives de Paris, aux archives de la Seine-Saint-Denis, aux archives du Servicehistorique de la Défense et au ministère des Anciens Combattants et victimes deguerre. Enfin elle a recueilli auprès d’anciens salariés des anecdotes dont elle faitusage pour illustrer ce qu’elle nomme « la vie au jour le jour ».Paulette Richomme a eu le souci de tenir compte des circonstances dans lesquellesse sont retrouvé les hommes qui ont dirigé alors les Machines Bull, en étant soumispendant la guerre à des contraintes exceptionnelles, de retracer la position de cetteentreprise dans l’immédiat avant-guerre, et de souligner ses spécificités, dues à soncaractère familial (la famille Calliès), à son domaine d’activité bien particulier, et àson siège, à Paris, avenue Gambetta. Elle fait preuve de prudence dans ses jugements, et elle montre bien comment les dirigeants des Machines Bull ont réussià maintenir leur entreprise en activité, en sauvegardant un minimum de profits,nécessaire à la survie de leur entreprise.Tout au long de cette thèse, on trouve des observations pertinentes sur les relationsentre la Compagnie des Machines Bull et ses concurrentes, IBM notamment, sur sestractations obligées avec les Wanderer Werke, sur l’aide qu’elle a apportée auContrôleur général Carmille ; on saisit la vie des salariés de cette entreprisependant la guerre, la position de ses actionnaires (dont la famille Michelin)toujours prêts à la soutenir, et on découvre aussi la progression de la demande et dela technologie mise en œuvre à cette époque…P. Richomme a choisi de se placer à l’intérieur de l’entreprise, ce qui donne à
 
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certaines pages un ton un peu hagiographique, mais permet de comprendre l’étatd’esprit des dirigeants et du personnel face aux menaces que faisait peserl’Occupation. Tout en manifestant sa sympathie à l’égard de la direction, MmeRichomme a gardé tout son esprit critique. À propos de l’enquête sur les « bénéficesillicites » elle expose d’abord les thèses contradictoires de la commission d’enquêteet des responsables de l’entreprise, puis elle reprend le dossier à partir des donnéesdont elle dispose et prouve que les affaires de la Compagnie ont prospéré durant lesannées d’occupation. Le panorama de la situation à la veille de la guerre, l’analysedes résistances que rencontraient alors les industries mécanographiques, le portraitdes dirigeants et l’étude du financement sont excellents, ils permettent decomprendre dans quelles conditions Bull abordait la période de la guerre. Troisaspects de la thèse sont particulièrement intéressants. D’abord l’étude serrée desexigences allemandes et de la manière dont la direction parvient à les contournerpar un accord avec une firme allemande, à ce moment étrangère à lamécanographie; le contrat n’était pas seulement une parade face aux demandes dela Wehrmacht, il représentait une excellente opération pour Bull. Les pagesconsacrées au personnel sont également très utiles. Enfin on relève un chapitreassez neuf sur l’envoi en Allemagne de travailleurs, d’abord volontaires puis au titredu STO, et sur leurs conditions de vie à Chemnitz ou à Berlin.En définitive, cette thèse s’organise autour d’une idée forte : elle démontre en effetque la survie, voire la prospérité, des firmes n’a pas toujours dépendu pendant laDeuxième Guerre mondiale des commandes allemandes et de la collaboration. LaCompagnie des Machines Bull grâce à ses atouts sait prospérer tout en restantindépendante. Ses atouts principaux sont au nombre de trois : les brevets quipermettent à Bull de garder son indépendance par rapport aux Wanderer Werke ;ses marchés et sa clientèle qui lui permettent de ne pas dépendre de l’Allemagnepour ses commandes ; la prolifération de la mécanographie sous Vichy. De lamultiplication des enquêtes, statistiques et questionnaires opérés par legouvernement de Vichy à l’institution généralisée du rationnement dans tous lesdomaines, tout s’est conjugué pour développer la croissance du marché desmachines à cartes perforées. Une croissance qui ne se répercute pas sur les bénéfices, lesquels sont en forte chute, mais qui allait permettre à la Compagnie des’imposer sur son marché et de rivaliser avec la concurrence étrangère jusque dansles années 1960. Et une situation de monopole qui a pu aussi développer uneculture de supériorité qui, à terme, pouvait s’avérer néfaste.
 Alain PLESSIS
 Professeur émérite d’histoire contemporaineUniversité Paris X-Nanterre
Sylvain THINE,
 LES CONSULTANTS ET LES SYSTÈMES D’INFORMATION. LA DÉFORMATION DE L’ESPACE DU CONSEIL FRANÇAIS SOUS L’EFFET DES NOUVELLES TECHNOLOGIES (1990-2005)
, Thèse de doctorat de sociologie sous la direction de MichelGollac, soutenue à l’EHESS le 9 décembre 2008, 361 pages
Cette thèse se propose d’étudier les transformations de l’espace du conseil auxentreprises entre 1990 et 2005. Les analyses présentées reposent sur une hypothèse: « des prises de position stratégiques et économiques des cabinets conseilsobéissent à des logiques qui n’ont pas l’économie pour seul principe ». Pour saisir
 
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l’organisation de cet espace l’auteur utilise une approche diachronique et cherche àcomprendre comment l’utilisation d’un outil particulier – les progiciels de gestionintégrée ou ERP (
 Enterprise Resource Planning
) – a permis des recomposition dela structure de cet ensemble d’activités. Tout montre en effet que lestransformations managériales ont placé les outils de pilotage au cœur despréoccupations des dirigeants qui se sont empressés de saisir ceux que leurproposaient les cabinets de consultants. Les sociétés de conseil se sont doncmassivement positionnées sur ce marché et, seconde hypothèse, ont su faire croire àleur efficacité. Ces transformations ont entraîné concomitamment des changementsdans l’organisation du travail et dans les trajectoires des agents.Maniant remarquablement l’analyse factorielle et l’analyse des correspondances,SyIvain Thine construit des cartes qui permettent d’objectiver et de nommer lesprincipaux facteurs qui structurent ces espaces. Il sait aussi constituer des études decas et retrouver l’effet des facteurs qu’il étudie dans des entreprises particulières ;enfin il a conduit 61 entretiens avec des consultants de rangs différents et 13entretiens avec des agents EDF qui ont participé à une opération de conseil. Ils’appuie donc sur un matériel conséquent.Le premier chapitre vise à mieux cerner les activités de conseil. Elles apparaissentdivisées en quatre catégories : le conseil en stratégie, le conseil en technologie, leconseil généraliste, le conseil dans des activités spécialisées; elles sont mises enœuvre par des cabinets de taille extrêmement différente, des plus grandis aux pluspetits ; elles ne pratiquent pas le même type de facturation aux clients en fonctiondes enjeux, de la durée et de l’importance de la mission. L’auteur montre trèsprécisément comment les grands cabinets profitent d’un effet de levier qui leurpermet d’user de la notoriété de leur consultants les plus hauts gradés pour faireréaliser l’opération par des consultants de moindre niveau. En somme, le capitalsymbolique accumulé est bien utilisé.Le deuxième chapitre traite de la morphologie du groupe des consultants. On y apprend que ce groupe est divisé en jeunes informaticiens et gestionnaires plus âgéset expérimentés. Les femmes y sont peu nombreuses et rares dans les postes dedirection. Les diplômés d’écoles de commerce représentent la population la plusimportante ; viennent ensuite les diplômés d’une école d’ingénieurs puis lesdiplômés des instituts d’études politiques. En 2004, 47 % de ces consultants ont desparents dans le monde des affaires. Une analyse des trajectoires permet de repérerun sous-groupe qui se dirige vers le
 partnership
des cabinets, un autre qui viseultérieurement un poste de cadre supérieur ou de dirigeant dans une entreprise, undernier qui assure une transition souvent vers la retraite. Les diplômés de grandeécole issus du monde des affaires sont plus nombreux dans les deux premiers sous-groupes ; de la même façon ils sont plus nombreux à travailler dans des missions dedéfinition de stratégie; enfin ils sont plus nombreux que les consultants eninformatique à appartenir à un club « mondain » qui les met en relation constanteavec le monde des affaires.Le chapitre suivant vise à cerner la variable principale retenue par M. Thine, soit ledéveloppement des ERP. L’auteur rappelle fort pertinemment que cette méthode aété rendue possible par les lois de l’administration Reagan en 1981 cherchant à

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