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Le Profit Avant chomsky

Le Profit Avant chomsky

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01/05/2013

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Titre original :
 Profit over People. Neoliberalism and Global Order 
 Noam Chomsky, 1999, et
2002
 pour l'avant-propos.© Robert W. McChesney, 1998, pour l'introduction© Librairie Arthème Fayard,
2003,
 pour la traduction française
ISBN 2-264-03812-8
Introductionpar Robert W. McChesney
Le néo-libéralisme est le paradigme économique etsocial de notre temps - il définit les politiques et les processus grâce auxquels une poignée d'intérêts privésacquièrent le droit de contrôler tout ce qui est possibledans la vie sociale afin de maximiser leurs profits personnels. Au départ associé à Ronald Reagan et MargaretThatcher, il est, depuis une vingtaine d'années, le courantéconomico-politique dominant dans le monde, repris par tous les partis politiques, de droite, du centre et souventde la gauche traditionnelle. Ceux-ci représentent ainsi lesintérêts immédiats d'investisseurs extrêmement riches etde moins d'un millier de très grandes sociétés.Pourtant, en dehors de certains cercles universitaires et bien sûr des milieux d'affaires, ce terme demeure largement inconnu du grand public, surtout aux États-Unis.Les initiatives néo-libérales y sont présentées comme une politique de liberté des marchés qui encourage l'entre prise privée, permet aux consommateurs de choisir librement, récompense la responsabilité individuelle et l'espritd'entreprise, tout en sapant l'action de gouvernementsincompétents, parasitaires et bureaucratiques, qui ne pourront jamais bien faire même s'ils ont de bonnesintentions, ce qui est rarement le cas. Des efforts de
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relations publiques menés pendant des générations,financés par les grandes sociétés, sont parvenus à donner à ces termes et à ces idées une aura presque sacrée. Il enrésulte que de telles affirmations ont rarement besoind'être défendues et sont invoquées pour justifier tout etn'importe quoi, de la baisse des impôts pour les riches àl'abandon des mesures de protection de l'environnementet au démantèlement des programmes d'éducation etd'assistance sociale. À dire vrai, toute activité qui pourraitgêner la domination des grandes entreprises sur lasociété est automatiquement suspecte, car elle perturbele fonctionnement des marchés libres, dont on fait lesseules instances à même de répartir rationnellement,équitablement et démocratiquement les biens etservices. À entendre les partisans les plus éloquents dunéo-libéralisme, on pourrait croire qu'ils rendentd'énormes services aux pauvres, et à tout le monde,quand ils appliquent leurs politiques en faveur d'uneminorité de privilégiés.
 
Celles-ci ont eu à peu près partout les mêmes conséquences économiques, qui n'avaient rien d'inattenduaggravation massive des inégalités sociales et économiques, privations accrues pour les plus pauvres desnations et des peuples du monde, désastre pour l'environnement de la planète, instabilité de l'économiemondiale, mais aussi véritable aubaine sans précédent pour les plus riches. Confrontés à ces réalités, les défenseurs de l'ordre néo-libéral affirment que la majorité dela population finira par bénéficier de ses bienfaits - dumoins tant que rien n'entravera les politiques mêmes quiont exacerbé ces problèmes !En dernière analyse, les néo-libéraux ne peuventdéfendre le monde qu'ils sont en train d'édifier en sefondant sur des faits. Bien au contraire, ils demandent, ou8 plutôt exigent, que l'on ait une foi religieuse dans lecaractère infaillible d'un marché dérégulé, faisant appel àdes théories qui remontent au XIXe siècle et ont peu derapports avec le monde réel. Mais leur ultime argumentest qu'il n'y a pas d'alternative. Tout le reste a échoué -communisme, social-démocratie, et même un modesteÉtat-providence comme celui des États-Unis. Lescitoyens de ces nations ont accepté le néo-libéralismecomme seule voie réalisable. Imparfaite, peut-être, maisil n'existe pas d'autre système économique concevable.Au cours du xx
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siècle, certains ont dit que le fascismeétait “ le capitalisme sans prendre de gants ”, signifiant par là sans droits ni organisations démocratiques. Enfait, nous savons aujourd'hui que le fascisme était infiniment plus complexe. En revanche, cette définitions'applique parfaitement au néo-libéralisme. Il incarneune époque où les forces de l'argent sont plus puissanteset plus agressives que jamais et affrontent une opposition moins structurée. Dans ces conditions politiques,elles tentent de codifier leur pouvoir sur tous les fronts possibles, si bien qu'il est de plus en plus difficile de leur résister, et qu'il devient presque impossible pour lesforces démocratiques extérieures au marché d'exister.C'est précisément leur élimination qui nous permet devoir comment le néo-libéralisme fonctionne en tant quesystème, non seulement économique, mais aussi politique et culturel. En ce domaine, les différences sontfrappantes avec le fascisme, son mépris de la démocratieformelle, ses organisations de masse toujours sur le piedde guerre, son racisme et son nationalisme. Là où le néolibéralisme fonctionne le mieux, c'est où existe unedémocratie électorale formelle, mais où la population sevoit privée de l'accès à l'information et aux forums publics nécessaires à sa participation sérieuse à la prise9de décision. Comme l'explique Milton Friedman, lecélèbre gourou néo-libéral, dans son livre
Capitalisme et  Liberté,
faire des profits est l'essence même de la démocratie ; tout gouvernement qui poursuit une politique
 
contraire aux intérêts du marché est donc antidémocratique, quand bien même il jouirait d'un large soutien populaire. Mieux vaut donc le cantonner dans les tâchesde protection de la propriété privée et d'exécution descontrats, tout en limitant le débat politique à des problèmes mineurs, les vraies questions - production etdistribution des richesses, organisation sociale - devantêtre déterminées par les forces du marché.Armés d'une compréhension aussi perverse de ladémocratie, les néo-libéraux comme Friedman n'eurentrien à objecter, en 1973, au renversement par les militaires chiliens du gouvernement démocratiquement élude Salvador Allende, qui perturbait le contrôle de lasociété par les milieux d'affaires. Après quinze ansd'une dictature brutale et féroce - au nom, bien entendu,de la liberté des marchés -, la démocratie fut formellement restaurée en 1989, avec une constitution qui rendait beaucoup plus difficile, voire impossible, pour lescitoyens chiliens la remise en question de la dominationmilitaro-industrielle sur le pays. Voilà un parfaitexemple de ce qu'est la démocratie néo-libérale : desdébats triviaux sur des questions minimes entre partisqui, fondamentalement, poursuivent la même politiquefavorable aux milieux d'affaires, quels que soient lesdifférences formelles et les mots d'ordre de campagne.La démocratie est permise aussi longtemps que lecontrôle exercé par le grand capital échappe aux délibérations et aux changements voulus par le peuple, c'est-àdire aussi longtemps qu'elle n'est pas la démocratie.10Le système néo-libéral a donc un sous-produit impor tant et nécessaire : des citoyens dépolitisés, marqués par l'apathie et le cynisme. Or, si la démocratie électoraleaffecte si peu la vie sociale, il serait irrationnel de lui prêter beaucoup d'attention. Aux États-Unis, en 1998,lors des élections au Congrès, on atteignit des recordsd'abstention ; un tiers seulement des inscrits se renditaux urnes. Bien que suscitant parfois quelques inquiétudes au sein des partis qui, comme les démocrates, attirent les votes des dépossédés, ce phénomène tend à êtreaccepté, voire encouragé, par les pouvoirs en place,lesquels y voient une très bonne chose, ceux qui nevotent pas étant surtout, on s'en doute, les pauvres et lesouvriers. Les mesures susceptibles de ranimer l'intérêtdes électeurs et d'accroître leur participation aux scrutinssont étouffées avant même d'avoir été discutées publiquement. Toujours aux États-Unis, les deux grands partis, dominés et soutenus par les grandes sociétés,refusent de réformer des lois qui rendent pratiquementimpossible de créer de nouveaux partis politiques(lesquels pourraient représenter des intérêts contraires aumarché) et de les laisser faire la preuve de leur efficacité.Ainsi, bien qu'il existe un mécontentement, largement partagé et souvent observé, à l'égard des démocrates etdes républicains, la politique électorale est un domaineoù les notions de compétition et de libre déterminationn'ont pas grand sens. A certains égards, la médiocrité dudébat et du choix lors des élections évoque plutôt les

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