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LeProblèmedesUniversauxAaspectshistoriquesetperspectivescontemporaines

LeProblèmedesUniversauxAaspectshistoriquesetperspectivescontemporaines

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QUATRIÈME PARTIE
UNIVERSAUX, TROPESET PARTICULIERS
 
LE PROBLÈME DES UNIVERSAUX
 
:APERÇUS HISTORIQUESET PERSPECTIVES CONTEMPORAINES
Claudine T
IERCELIN
INTRODUCTION
Il n’est guère aisé, on le sait, de déterminer ce qui est en jeu dans leproblème des universaux. En toute rigueur, le problème renvoie à une série dequestions qui ont entouré le livre de Porphyre, l’
 Isagogé 
, depuis soncommentaire par Boèce. Dès le sixième siècle, cet ouvrage va constituer ledéveloppement de certains des problèmes laissés en suspens par le platonisme,par la critique notamment faite par Aristote de Platon, ainsi que par laconception aristotélicienne des substances individuelles, des prédicables et descatégories. C’est ainsi qu’à partir du Moyen Âge, un tout petit livre va être àl’origine d’une profusion extraordinaire d’écrits et d’opinions, selon que l’onse déclare en faveur du réalisme, du conceptualisme ou du nominalisme.Mais depuis sa formulation par Porphyre, les philosophes n’ont cessé de« tordre le nez de cire » du problème des universaux
1
. Si l’on devait dresser laliste des sujets sur lesquels on s’est le plus déchiré, autant sur les solutions quesur les termes même des questions soulevées, le problème des universauxserait l’un d’entre eux
2
. Pour certains historiens de la philosophie, il estabsurde de croire qu’il puisse s’agir aujourd’hui des mêmes questions quecelles dont on débattait au Moyen Âge
3
, et d’essayer de trouver des liens entreles sujets abordés par les médiévaux et ceux qui sont au cœur des discussionsparmi les métaphysiciens contemporains. Pour d’autres, il s’agirait davantage
1. J. Largeault,
 Enquête sur le nominalisme,
Paris-Louvain, 1971, p. 47.2. Ch. Landesman,
The problem of universals,
New York, London, 1071, p. 47. Et plusrécemment, Alex Oliver, « The Metaphysics of Properties »,
 Mind,
vol.105, n° 417, janv.1996, 1-80.3. Telle est la position adoptée par A. de Libera dans ses deux récents livres :
 La querelle desuniversaux
, (de Platon au Moyen Âge), Paris, Le Seuil, 1996, et
 L’art des généralités : théories del’abstraction,
Paris, Aubier, 1999.
 
243
CLAUDINE TIERCELIN
de savoir si l’on a affaire à un problème réel, ou bien plutôt à une série demalentendus liés à « notre besoin métaphysique irrésistible de transcender lelangage », comme David Pears l’a soutenu dans son article désormais clas-sique : « Universals »
4
. Somme toute, si le problème est fondamentalement denature linguistique, il n’y a peut-être rien d’autre à faire que d’analyser lesdivers langages adoptés par les nominalistes et réalistes de toute tendance, etde laisser les questions épistémologiques et métaphysiques de côté
5
, voired’observer purement et simplement la psychologie des philosophes. Peut-êtreau fond ne serait-on nominaliste aujourd’hui que par « goût pour les paysagesdésertiques
6
.Ainsi, paradoxalement, les doutes aujourd’hui constatés sur l’authenticitéde l’intérêt philosophique qu’il pourrait y avoir à revenir sur ce problèmeclassique viennent de deux camps que l’on a pris (bien qu’à tort) l’habituded’opposer : celui des historiens de la philosophie (souvent rangés dans le campdes philosophes dits « continentaux ») d’une part, et celui, d’autre part, desphilosophes plus prompts à voir dans les problèmes philosophiques des pro-blèmes liés au langage (à quoi on réduit souvent les philosophes de la tradition« analytique »). À cet égard, le problème des universaux est sûrement l’un desproblèmes philosophiques dont l’examen et la manière dont il est abordé chezun certain nombre de philosophes contemporains majeurs permettent demesurer le caractère peu fondé de telles oppositions. On essaiera dans ce quisuit de suggérer que :1. Si certaines des difficultés inhérentes au problème sont bien de naturesémantique, elles ne sont pas seulement de ce type. Elles renvoient, entreautres à l’ancien problème de l’Un et du Multiple ou à celui de la nature del’identité, dont il est assurément contestable de dire qu’ils ne sont, pourreprendre les termes de Michael Devitt et Kim Sterelny que « des pseudo-problèmes » donnant lieu à des « pseudo-explications »
7
. Pas davantage nepeut-on considérer, comme le soutient David Lewis (visant ici Armstrong) quechercher à reprendre ces difficultés, c’est se fixer un objectif impossible àatteindre, un objectif si exorbitant qu’on ne saurait faire grief à aucune théoriede ne pouvoir le réaliser
8
.2. Contrairement à ce que certains affirment, il est fondamental dereprendre le problème sous sa forme historique, non pas tant pour établir cequ’est la « bonne » lecture d’une
épistémê
décidément close (« la geste médié-vale »), que pour nous aider à éviter certains pseudo-problèmes et, pourquoi
4. « Universals »,
Philosophical Quarterly,
1950-1951, p. 218-227, repris in
 Logic and  Language
, Second Series, ed. A. N. Flew, Oxford, 1955.5. Comme le suggère par ex. R. B. Brandt in « The Languages of Nominalism and Realism »
Philosophy and Phenomenological Research
, XVII , 1967, p. 516-536.6. Selon l’expression de Quine dans « On what there is ». Voir aussi Nelson Goodman, « AWorld of Individuals ».7. M. Devitt et K. Sterelny,
 Language and Reality
, Oxford, Blackwell, 1987, p. 228.8. D. Lewis, « New Work for a Theory of Universals »,
 Australasian Jounral of Philosophy
,61, 4, 1983, 343-77.

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