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600 milliards, premier chapitre

600 milliards, premier chapitre

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Published by: Christophe Gueugneau on Mar 28, 2012
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 1. L’enquête interdite
« Il y aura aussi les gens des services secrets. J’en verrai quelques-uns.
 J’éviterai au moins un écueil : celui qui consiste à croire que lesservices de renseignement sont là pour me renseigner. »
Dominique Lorentz,
Une guerre
, Paris, Les Arènes, 1997, p. 30.
 Premier chapitre, où il est raconté comment une décision
du Conseil constitutionnel sème la panique dans les locaux
d’un grand service de renseignement, la Direction cen-trale du renseignement intérieur, dont les fonctionnairesdétruisent massivement tout document sensible pouvant 
éclairer la justice sur des affaires d’État. Nous découvrons,
à l’occasion, le saint des saints du Renseignement intérieur
 français, la sous-direction « K » de la DCRI, et constatons
que ses principaux chefs ont tous été promus et rapprochésde l’Élysée… Nous y voyons aussi comment la violation de
droits fondamentaux par le gouvernement révolte un haut  fonctionnaire du renseignement intérieur, ce qui le conduit 
à révéler – documents classés « secret défense » à l’appui – le
double scandale de l’évasion fiscale et de son impunité. Car, si  plusieurs officiers de la DCRI ont enquêté sur l’évasion fiscale
orchestrée par UBS en France, l’objectif de leurs investiga-tions était, en réalité, de prévenir tout risque de poursuites
 judiciaires.
Les broyeuses tournent à plein régime… À l’heure
où j’écris les premières lignes de ce livre, le vendredi
2 décembre 2011, une furia de destruction de documents
et de CD-Rom a saisi les fonctionnaires de la DCRI,
depuis une bonne semaine. Quant à leurs ordinateurs, ils
tournent alors en permanence en mode « maintenance »,
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CES 600 MILLIARDS QUI MANQUENT À LA FRANCE
ce qui signifie que tous les fichiers sensibles sont effacés
des disques durs ou des serveurs courants et transférésvers un serveur invisible. D’ailleurs, par supplément deprécaution, ils seront systématiquement remplacés par
de nouveaux matériels, dans la deuxième semaine du
mois de février 2012, ce qui garantit un nettoyage intégraldes mémoires informatiques du service de renseignement.Mon déjeuner hebdomadaire avec un ex-commissaire
divisionnaire de l’intimidante maison, pur produit del’ex-Direction de la surveillance du territoire (DST),
aujourd’hui en poste au plus haut niveau de l’État,se déroule, ce jour-là, dans un endroit surréaliste :
broyeuses déchaînées, ordinateurs surchauffés, agents
secrets hagards, hantés par le cauchemar de la perqui-
sition, etc. ; je vois, comme si j’y étais, le vent de panique
qui souffle dans les bureaux et les couloirs des quatrième
et cinquième étages du 84, rue de Villiers, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), adresse du siège de la DCRI.Issue de la fusion, au 1
er
juillet 2008, de la Direction de
la surveillance du territoire (DST) et de la Direction
centrale des renseignements généraux (DCRG), la DCRI
est proclamée « FBI à la française » par le ministère de
l’Intérieur. Elle est dirigée par Bernard Squarcini, dit
« le Squale », depuis sa création, et emploie quelque
3 000 fonctionnaires, dont plus de 160 commissaires de
police, presque tous habilités « secret défense ».
Mon interlocuteur – appelons-le Aleph – est manifes-
tement mandaté par certains de ses pairs, depuis plusieurs
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L’ENQUÊTE INTERDITE
mois, pour me raconter – souvent par le menu – les dérives
antirépublicaines d’un service de renseignement parmiles plus puissants. En ce début décembre 2011, dans le
bunker de la DCRI, à Levallois-Perret, me raconte-il,un nouveau seuil d’entrave à la justice est franchi. La
destruction de preuves a été ordonnée par le « patron »et elle est exécutée « sans états d’âme » (ainsi sont notésles commissaires du service de renseignement les plus
appréciés par leur haute hiérarchie), car il y a désormais
le feu au lac. Le 10 novembre 2011, une décision du
Conseil constitutionnel
1
a fixé au 1
er
décembre suivant
l’application d’une limitation importante du « secretdéfense », lequel couvrait extraordinairement, depuis
une loi du 29 juillet 2009, les locaux de la présidence de
la République, de grands ministères (Défense, Affaires
étrangères, Intérieur) et… des services secrets. Estimant
que cette loi du gouvernement Fillon avait pour effet
de « soustraire une zone géographique définie aux pou-
voirs d’investigation de l’autorité judiciaire » et qu’il
« subordonnait l’exercice de ces pouvoirs d’investigation
à une décision administrative », ce qui est contraire auprincipe constitutionnel de séparation de pouvoirs, les
« neuf Sages » ont ainsi ouvert les portes, entre autres,
de la DCRI aux juges d’instruction Roger Le Loire et
1. Décision n° 2011-192 QPC du 10 novembre 2011. Le Conseil
constitutionnel avait été saisi le 6 septembre précédent par la Cour
de cassation au nom des familles des victimes de l’attentat de
Karachi.
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