LE
FAITDUJOUR
LUNDI 8 DECEMBRE 2008
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« La ligne politique du parti socialisten’est pas explicite »
ERICBESSON,
ex-PS,secrétaired’EtatàlaProspective
Lagaucheest-ellederetour?
I
EricBesson.
Entoutcas,lePSadenouveau les moyensde se re-mettre au travail. Je suis cepen-dant partagé sur le diagnostic : il y a, à la direction du parti, des per-sonnes de qualité.Je pense à Har-lemDésirou àBenoîtHamon.Enrevanche, le fait que Martine Au-bry n’ait pas voulu trouver un ac-cord avec Ségolène Royal privequand même le PS d’une autrepartie de ses talents, tous ceux quiavaient soutenu Ségolène Royal. D’autre part,la ligne politique n’est absolument pas expli-cite. Entre Bertrand Delanoë, qui défend lathèse social-libérale, et les propos qu’à tenusBenoît Hamon, il n’y a à l’évidence pas de co-hérence. Le bilan est finalement mitigé.
QuevousinspirelacompositiondeladirectionduPS?
Quandje regardelafaçondontMartineAubry a organisé cette direction, qui elle a mis aux postesclés,commentellearépartilesdosages,il me semble qu’elle s’est mise en situation depouvoir être candidate à la prési-dentielle. Ceux qui pensaient qu’elle pouvait être première se-crétaire sans autre ambition peu- vent se poser des questions.
LePSaunchef,lesVertssontenordredebataille,leNPAs’organise.Ladroitedoit-elleêtreinquiète?
J’aitoujourspenséquelepotentielélectoral de la gauche était élevé.En2007,siçan’avaitpasétéNico-las Sarkozy d’un côté et SégolèneRoyal de l’autre, toutes les condi-tions pour l’élection d’un président social-dé-mocrate étaient réunies. Simplement, il reste à gauche à définir une ligne politique claire, despropositions, choisir un candidat à l’électionprésidentielle, et tout cela n’est pas fait. D’au-tantqu’enface,ilyaunprésidentqui,lui,afait bouger les lignes politiques. Je ne parle passeulementdel’ouverture,maisdufond,detousles thèmes dont il s’est emparé. Nicolas Sar-kozy est un responsable politique qu’il n’est pas facile de cataloguer, ce qui va rendre trèscomplexe le jeu de la gauche.
Propos recueillis par Nathalie Segaunes
de la gauche
De vraisdéfis pourle PS
PRES des semaines très agi-tées, le Parti socialiste doit
A
absolument se relancer s’il veut retrouver sa crédibilité perdue.Son retour passe par le travail de sadirection et de ses élus et la fin de la guérilla interne.
Les points forts
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«Etreauxcôtésdessalariés»
« Dans les prochains mois, la cam-pagne se fera autour des braseros »,annonce un socialiste samedi danslescouloirsduconseilnational.Uneimage pour expliquer qu’on devrait retrouver de nombreux dirigeants de gauche sur les piquets de grève desemployés frappés par des licencie-ments.UnterrainsurlequeliralePSs’il ne veut pas se laisser déborder àsa gauche, Olivier Besancenot entête. Dans son discours samedi,Martine Aubry a appelé les socia-listes à retrouver leur « place dans lemouvementsocial».BenoîtHamon,le nouveau porte-parole, a confirmécette tendance en assurant qu’il irait lui-même régulièrement auprès dessalariés d’usines menacées. Mais enplusde ces déplacements pour criti-querlapolitiquedeNicolasSarkozy,le PS doit avant tout démontrer qu’ilest à nouveau une force de proposi-tion. Aubry a multiplié les initiativespour afficher la volonté de travaildu PS et muscler son discours : un« laboratoire des idées » intégré à lanouvelle direction et un débat sur lacrise entre secrétaires de section le31 janvier. Depuis le début de lacrise économique, le PS s’afficheplus à gauche que jamais. Hier, Ha-monaainsiréclaméleretour«d’uneforme d’autorisation administrativede licenciement pour les licencie-ments boursiers ».
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Lesdéputésàl’attaque
Ils n’ontpas gagnéla guerre,mais ilsont gagné une première bataille : àl’Assemblée,lessocialistes,alliésaux communistesetauxVerts,ontréussi,en utilisant toutes les ficelles de laprocédure parlementaire, à retarder l’examen de la réforme de l’audiovi-suel.Au pointquele texte,qui aurait dû être voté mardi, sera encore endébat en fin de semaine ! Grâce à lapugnacité d’une dizaine de parle-mentaires seulement, mobilisés au-delà de minuit chaque soir, la gauche à l’Assemblée a atteint sondoubleobjectif:attirerl’attentiondesmédias sur une réforme qu’elle jugedangereuse. Et contraindre le gou- vernement à procéder par décret s’il veut faire disparaître la publicité desécrans de France Télévisions le5 janvier. Mais cette bataille parle-mentaire aura une autre consé-quence : la proposition de loi sur letravail dominical, que Nicolas Sar-kozy voulait expressément voir voter avant les vacances, devra être re-poussée à début 2009. Et sur cet autre texte, le PS promet une nou- velle guérilla parlementaire : plus demille amendements sontdéjà prêts !
Les faiblesses
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Lacacophonie
Mais tout cela ne passera que pour desgesticulationssilaséréniténere- vient pas entre les partisans d’Aubry et ceux de Royal. Le PS est toujourscoupé en deux. Estimant avoir été volontairement mise à l’écart de lanouvelledirection,l’équipedelapré-sidente de Poitou-Charentes n’est pas décidée pour l’instant à ranger les armes. Si chaque clan continue,comme ces dernières semaines, às’exprimerdanssoncoin,lediscoursdes socialistes restera inaudible.
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Uneéchéancedifficile
Les européennes de juin seront lepremier test électoral pour la nou- velle direction. Les socialistes, quiontbeaucoupàperdrecarleurscorede 2004 (29 %) était bon, partent avecdeuxhandicaps.Premièrement,depuis le dernier scrutin de ce type,l’épisode du référendum sur laConstitution européenne a laissédes traces en interne. Les plaies nesont pas cicatrisées entre les parti-sans du oui et ceux du non. Deuxiè-mement, le PS devra affronter laconcurrence. Un sondage Ifop (réa-liséles27et28novembreauprèsde881 personnes inscrites surles listesélectorales) crédite l’UMP et le PSde 22 % chacun. A gauche, les Vertset Besancenot font une percée re-marquée. Le rassemblement desécologistes mené par Daniel Cohn-Bendit est à 11 % et le NPA à 8 %.Sur sa droite, le PS doit aussi comp-ter avec le MoDem (12 %) qui peut lui voler les voix des déçus du gou- vernement.
Rosalie Lucas
« Nous devons nous mettre au travail »
HARLEMDÉSIR,
députéeuropéen,membredeladirectionduPS
LesquerellesentrelesclansAubryetRoyalvont-ellessepoursuivre?
I
HarlemDésir.
On a peut-êtreassisté samedi à un baroud d’hon-neur.Ilfauttournerlapageetnousmettre au travail. Les Français,confrontés à un grave moment decrise, ont besoin du PS. Ils le veu-lent auprès d’eux, à leur servicepour les défendre. Le reste est unpeu dérisoire.
L’équipedeSégolèneRoyalvousreprochedenepasluiavoiroffertdepostes…
Il a été proposé que Gérard Collomb puisseprésider le nouveau forum des territoires quiregroupera l’ensemble des élus socialistes, et qued’autresresponsabless’investissentàladi-rection dans leurs domaines de compétences,comme Aurélie Filippetti ou Delphine Batho.Il faut laisser passer quelques jours, et j’espèrequechacuncomprendralanécessitédecontri-buer à un travail collectif.
Commentallez-vousretrouverdelavoixaprèscessemainesdebagarres?
Enproposantdespolitiquesalternativesàcelledu gouvernement. Nous réclamons un vraiplan d’urgence de relance économique et desoutien au pouvoir d’achat,commeenEspagneetenGrande-Bretagne, doté de plus de moyenspour soutenir l’investissement,dans le logement par exemple. Le volet de soutien au pouvoir d’achatn’existepas.Encontrepar-tie des nouvelles exonérations decharge accordées aux entreprises,donnons-leursixmoispournégo-cieraveclessyndicatsdesaccordssalariaux. Nous demandons unerevalorisation du smic au 1
er
jan- vier 2009 pour rattraper l’infla-tion, une généralisation du chèque transport.Celapeutêtrefinancéensupprimantlepaquet fiscal et en remettant en cause l’augmentationdes niches fiscales. Face à la crise, GordonBrown a augmenté l’impôt des plus riches,comme s’apprête à le faire Barack Obama.
MartineAubryappelleàretournerauprèsdessalariéstouchésparlacrise.Vousalleztousfairelasortiedesusines?
Oui.LePSseraplusquejamaisauprèsdeceux quisouffrentde l’inefficacité dela politique du gouvernement qui demande toujours les ef-forts aux mêmes. Ce changement sera visibledès les prochains jours.
Propos recueillis par R.L.
Eric Besson.
(LP/PH. DE POULPIQUET.)
VILLEMUR-SUR-TARN(HAUTE-GARONNE),LE29OCTOBRE.
En pleine campagne pour le poste de premier secrétaire du PS, Benoît Hamonva à la rencontre de délégués syndicaux d’entreprises menacées de fermeture. Retourner sur le terrain, c’est le vœu de la nouvelle direction.
(AFP/REMY GABALDA.)
Harlem Désir.
(LP/DELPHINE GOLDSZTEJN.)