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Nietzsche Voyageur Et Son Ombre

Nietzsche Voyageur Et Son Ombre

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 Friedrich Nietzsche
Le Voyageur et son Ombre
(Humain, trop Humain, deuxième partie)Traduit par Henri AlbertEdition numérique : Pierre HidalgoLa Gaya Scienza, © janvier 2012
 
2
 
Le voyageur et son ombre
 L
’ 
ombre :
Il y a si longtemps que je ne t
ai pas entenduparler, je voudrais donc t
en donner l
occasion.
 Le voyageur :
On parle : où cela ? et qui ? Il me semblepresque que je m
entends parler moi-même, seulementavec une voix plus faible encore que n
est la mienne.L
ombre (après une pause) : Ne te réjouis-tu pasd
avoir une occasion de parler ?
 Le voyageur :
Par Dieu et toutes les choses auxquelles je ne crois pas, mon ombre parle : je l
entends, mais je n
 y crois pas.
 L
’ 
ombre :
Mettons que cela soit et n
 y réfléchissons pasdavantage ! en une heure tout sera fini.
 Le voyageur :
C
est justement ce que je pensais, lors-que dans une forêt, aux environs de Pise, je vis d
aborddeux, puis cinq chameaux.
 L
’ 
ombre :
Tant mieux, si nous sommes patients enversnous-mêmes, tous deux, de la même façon, une fois quenotre raison se tait : de la sorte nous n
aurons pas de motsaigres dans la conversation, et nous ne mettrons pas aussi-tôt les poussettes à l
autre, si par hasard ses paroles noussont incompréhensibles. Si l
on ne sait pas répondre du tacau tac, il suffit déjà que l
on dise quelque chose : c
est la
 
3
 
 juste condition que je mets à m
entretenir avec quelqu
un.Dans une conversation un peu longue, le plus sage mêmedevient une fois fol et trois fois niais.
 Le voyageur :
Ton peu d
exigence n
est pas flatteurpour celui à qui tu l
avoues.
 L
’ 
ombre :
Dois-je donc flatter ?
 Le voyageur :
Je pensais que l
ombre de l
homme étaitsa vanité : mais celle-ci ne demanderait pas : « Dois-jedonc flatter ? »
 L
’ 
ombre :
La vanité de l
homme, autant que je la con-nais, ne demande pas non plus, comme j
ai fait deux foisdéjà,
si 
elle peut parler : elle parle toujours.
 Le voyageur :
Je remarque d
abord combien je suisdiscourtois à ton égard, ma chère ombre : je ne t
ai pasencore dit d
un mot combien je me
réjouis
de t
entendre etnon seulement de te voir. Tu sauras que j
aime l
ombrecomme j
aime la lumière. Pour qu
il y ait beauté du visage,clarté de la parole, bonté et fermeté du caractère, l
ombreest nécessaire autant que la lumière. Ce ne sont pas desadversaires : elles se tiennent plutôt amicalement par lamain, et quand la lumière disparaît, l
ombre s
échappe à sasuite.
 L
’ 
ombre :
Et je hais ce que tu hais, la nuit ; j
aime leshommes parce qu
ils sont disciples de la lumière, et je meréjouis de la clarté qui est dans leurs yeux, quand ils con-naissent et découvrent, les infatigables connaisseurs etdécouvreurs. Cette ombre, que tous les objets montrent,

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