1
1- INTRODUCTION11 – La science économique
L’éthymologie peut aider à identifier comment la question économique a étéprogressivement abordée. Il semble que la première expression ait été forgée par Xénophon (-430 à -355) dans son livre
Οἰκονομικός
(l’Economique
)
, associant
oikos
: maison, patrimoine et
nomos
, de
nemein
: administrer. On retrouve le terme en latin - œconomicus - avec le sens :bien ordonné, méthodique (Félix Gaffiot, dictionnaire latin-français). Ce n’est que beaucoupplus tard qu’est apparue l’expression «
économie politique
», tirée de
politikos
: de la cité, ausens de communauté soumise à une administration publique. Cette précision est due à Antoinede Montchrestien (1575-1621), dans son
Traité d’économie politique
(1615) où il étudie « lascience de la production et dela distribution des richesses à l’échelle d’un pays ». Pourterminer ce tour d’horizon on peut citer Jean-Baptiste Say (1767-1832) : «
L’économie ne veut rien consommer en vain ; l’avarice ne veut rien consommer du tout. La première est l’effet d’un calcul louable, en ce qu’il offre seul les moyens de s’acquitter de ses devoirs, et d’êtregénéreux sans être injuste. L’avarice est une passion vile, par la raison qu’elle se considèreexclusivement et sacrifie tout à elle
. » (
Traité d’économie politique
, Wikisource).Pour la suite on pourra partir de la définition célèbre de Lionnel Robbins : «
L'économieest la science qui étudie le
comportement humain
en tant que relation entre les fins et desmoyens rares à usages alternatifs
» (
Essai sur la nature et la signification de la scienceéconomique
, Paris : Librairie de Médicis, 1947). La fin dont il s’agit est la satisfaction desbesoins - besoin que l’on peut définir comme une sensation de manque, donc d'insatisfaction,qui conduit à désirer les moyens de la faire cesser, d’où un comportement humain. Lesmoyens sont les ressources offertes par la nature, dont il est dit qu’elles sont rares et à usagesalternatifs, de sorte que si la science économique étudie les comportements humains, elle estessentiellement une science des choix.
La science économique qui est une science sociale peut prétendre au statutscientifique, dès lors que leséconomistes qui produisent leurs théories sur lescomportements humains – en société – acceptent de respecter le
principe deréfutation
défini par Albert Einstein et popularisé par Karl Popper
1
: la validitéde la théorie sera acquise, non pas parce que l’on aura trouvé une situation réelleconforme aux résultats de la théorie, mais tant que l’on n’aura pas trouvé unesituation réelle qui contredit la théorie
. L’
économétrie
est alors le moyen du test deréfutation, en permettant de comparer les valeurs de variables économiques données parl’application d’une théorie, à celles que révèle l’observation du réel.
12 - Besoins, biens et services
Les besoins sont évidemment naturels, voire physiologiques, mais ils sont de plus enplus sociaux, car c'est la vie en société qui les fait naître. Cela est si vrai qu'est née la notionde « production des, besoins ». Toutefois il est possible de se demander si ce sont vraiment lesbesoins que l’on crée, ou simplement les moyens de les satisfaire : le besoin de déplacementou de transport était satisfait grâce au cheval, il peut l’être aujourd’hui grâce à l’avion, parexemple. De même la mode est là pour renouveler sans cesse la satisfaction du besoin
1
La logique de la découverte scientifique
, Payot, Paris (traduction), 1973.