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Cours Bernard Franco 2

Cours Bernard Franco 2

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10/19/2012

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Mme de Staël a un intérêt tout particulier dans l’histoire de la littérature. Corinne représentelargement Mme de Staël. Dans la vie de l’auteure, il y a un lien très fort entre littérature et politique.On ne peut séparer l’aspect littéraire de Mme de St
aël de sa relation à Napoléon. Entre 1789 et1815, on étudie assez peu la production littéraire de cette époque comme si la littérature françaiseavait alors connu une décadence. Un seul nom sort vraiment du lot : Chateaubriand (il publie le
Génie du christianisme
 
en 1801), ses tendances religieuses l’opposent à Mme de Staël (protestante,agnostique) mais il finira par se lier d’amitié avec elle.
Mme de Staël a publié presque tout au long de cette période. En 1800, elle fait paraître
De lalittérature
. A
utour de Mme de Staël se sont groupés une série d’écrivains qui publient aussibeaucoup. C’est une littérature de l’émigration (puisque ces hommes ont quitté la France pour des
raisons politiques). De façon plus générale, la littérature dynamique est plutôt une littérature
d’opposition. Dans cette lignée, on peut nommer Ballanche (écrivain royaliste), Sénac de Meilhan (il
publie en 1797 un roman au titre évocateur :
L’émigré
), Sénancour est sans doute le romancier leplus important de la période, écrivain mélancolique (
Obermann
1804). Adelbert von Chamisso,écrivain franco-allemand, proche de Mme de Staël, publiera en 1814 un conte
L’histoire merveilleuse
de Peter Schlemihl 
qui représente bien la crise d’identité des écrivains de l’époque (histoire d’un
homme qui vend son ombre au diable).
C’est une période aussi où s’affirme la concurrence des littératures étrangères face à une littératurefrançaise qui a tendance à s’isoler. Goethe, Byron, Schiller apparaissent sur le devant de la scène
mais ils mettent d
u temps à être reconnus en France, c’est pourquoi on définit
trop souvent cettepériode comme une transition indéfinie entre Lumières et romantisme.
Mme de Staël meurt en 1817. Une partie de son œuvre n’était pas publiée. En 1820 paraissent ses
Œuvres com
 plètes
, publiées par son fils Auguste de Staël. Ces œuvres n’ont été rééditées qu’au
début du XX
e
 
siècle par Simone Balayé. Elle a donc connu une forme d’oubli sauf pour son essai le
plus important
De l’Allemagne
 
(1813). Mais même cette œuvre n’a pas été
toujours traitée avec justice : elle a été raillée, par exemple par le poète allemand Heinrich Heine dans un ouvrage dumême titre publié en 1838.Mme de Staël est donc située à une position de carrefour entre littérature et politique, entre la
France, l’Allemagne, l’Italie.
Abordons maintenant le roman
Corinne
(1807). C’est une œuvre qui mélange les genres de l’essai etdu roman. Le roman, à l’époque de Mme de Staël n’avait pas encore reçu les lettres de noblesse que
lui donnera Balzac quelques décennies plus tard. Les romanciers du XVIII
e
siècle considéraient le
genre avec légèreté. Diderot, par exemple, n’a pas publié son
 Jacques le Fataliste
, il l’a envoyé parliasses à ses amis. C’est pourquoi, aussi, le roman de Diderot est si plein d’ironie. A la mê
me époque,
en Angleterre, la situation est différente. Jane Austen publie des romans où l’histoire d’amour sert de
paravent à une sévère critique sociale. En Allemagne, le genre a pris une grande importance grâce àGoethe :
Les souffrances du jeune Werther 
(1774),
Les années d’apprentissage de Wilhelm Meister 
 (1796).
 
Corinne ou l’Italie
est un roman long, complexe. Il est se propose plusieurs enjeux principaux.Intrigue amoureuse. Corinne est la porte-
parole de Mme de Staël même s’il faut faire atten
tion à nepas les confondre, jamais aucun personnage ne correspond tout à fait à son auteur.
C’est un roman de voyage, roman qui prend la forme d’un dialogue entre l’Ecosse et l’Italie, entre le
protestantisme et le catholicisme.
C’est un roman féministe
: qui montre la difficulté que peut rencontrer un homme devant unefemme brillante. Oswald renonce à Corinne et épouse Lucile, sa demi-
sœur.Version romanesque de la tragédie. Il n’y a pas de mort brutale mais une mort progressive, par
maladie. Refus du s
uicide, de la mort violente. En ceci, elle s’oppose à Goethe qui avait mis en scène
le suicide de Werther (cela avait entraîné en Europe une véritable mode du suicide, étrangephénomène sociologique) Chateaubriand publie en 1802 une sorte de réponse à
Werther 
, un romansur le vague des passions :
René
où le suicide est rejeté par le héros. Mme de Staël va plus loin queChateaubriand. Elle montre le renoncement au suicide mais aussi le triomphe de la société sur
l’amour. Le mariage final d’Oswald et de Lucile reçoit l’assentiment de la société. Il y a donc une
distinction entre Mme de Staël et Jane Austen. Cette-dernière montre les compromissions quipermettent de concilier les nécessités sociales et les relations amoureuses.Mme de Staël a choisi la contradiction pour exprimer la position de la femme. Si la femme est
supérieure à l’homme, la relation devient inacceptable.Le système d’échange entre l’Italie et l’Ecosse permet aussi une réflexion sur les religions. Oswald est
protestant. Corinne est catholique ; (alors que Mme de Staël était protestante ce qui met bien en
évidence la distinction entre le personnage et l’auteur).
Les rapports entre religion et société/sociabilité seront encore plus développées dans
De l’Allemagne
 qui présente la société protestante comme plus ouverte et plus spirituelle.
Ici, au contraire, on voit un éloge de l’Italie, pays catholique. La notion même d’Europe est née àcette époque. Elle s’oppose à la fragmentation des états, à la généralisation à cette époque du
centralisme.Voyages entre Ecosse et Italie. Dans ce dialogue, il y a un grand absent
: c’est la France. Ne pas parler
de la France alors ressemble à une provocation politique ce qui fait dire à Napoléon que le roman estanti-français. Le seul personnage français i
mportant est le Comte d’Erfeuil
: homme de salons, depréjugés, figé dans le passé et qui répète des clichés. Le dialogue entre les pays recoupe une
répartition des personnages. Le point de vue politique est en rapport avec l’esthétique.
2 nuances importantes
: Oswald est Ecossais, non Anglais. L’Angleterre est en guerre avec Napoléon,il aurait été trop provocateur de prendre un Anglais. C’est une certaine prudence politique qui
permet à Mme de Staël de transmettre ses idées. Pour lutter contre la censure, les écrivains ontsouvent déplacé le cadre des actions représentées. Deuxième nuance : Erfeuil exprime parfois lesidées de Mme de Staël, pas concernant le classicisme esthétique, mais par exemple à la fin du roman
où il montre une générosité de cœur.
 
Discussion esthétique, sur l’art. Corinne est une femme poète. L’Italie est perçue comme le pays dubeau, de l’art. Il y a une confusion entre nature et art, notamment par les ruines. Corinne jouit de labeauté de l’Italie et la produit aussi elle
-même. Elle est à la fois créatrice et critique. Comme Mme deStaël
: ce roman est une création mais c’est aussi un discours critique sur l’art, sur l’artiste, sur la
femme artiste.
Replaçons Mme de Staël dans son contexte.
L’ensemble de son œuvre est liée à Napoléon, à l’exception de ses
Considérations sur la Révolution française
, publiées dans sa jeunesse. Deux phrases de Napoléon sont très connues : «
J’ai eu les
grands auteurs contre moi et les meilleurs de mon côté ». «
Il faut reconnaître après tout que c’e
st
une femme d’un grand talent
: elle restera. » Napoléon a suscité contre lui de grandes vocationspoétiques.Mme de Staël (1766-
1817) est morte à l’âge de 51 ans et a laissé de nombreuses œuvres inachevées.
Elle a fait de nombreuses expériences littéraires, et même dramatiques. Elle jouait, elle-même,
comme actrice, et mettait en scène des pièces. On a retrouvé d’elle ainsi 17 pièces de théâtre très
courtes
: c’est là qu’elle mettait à l’épreuve ses conceptions sur le théâtre, c’est intéressant pour le
roman qui devient, par endroits, discours critique sur le théâtre.Elle est fille de Necker, dernier ministre des finances de Louis XVI. Celui-ci a acheté en Suisse, son
pays d’origine, le château de Coppet. Mais la famille Necker vit à Paris. En 1786, enc
ore toute jeune,Mme de Staël ouvre un salon littéraire rue du Bac qui devient vite très important. Il jouera un rôle
dans la décision de Napoléon d’exiler Mme de Staël. Necker, exilé le 11 Juillet 1789 (une des causes
de la prise de la Bastille) est rappelé mais il démissionne en 1790 ce qui lui permet de survivre auxtroubles révolutionnaires, à Coppet. Mlle Necker se marie avec un homme beaucoup plus vieux,ambassadeur de Suède : le baron de Staël-Holstein. Celui-ci lui donne son nom. Mme de Staël auraune vie sentimentale agitée. Un véritable amour va lier Mme de Staël et un autre écrivain : Benjamin
Constant qu’elle rencontre en 1794. C’est une relation à la fois
intellectuelle et sentimentale quidurera 14 ans. En 1803, Mme de Staë
l rencontre Charles de Villiers par l’intermédiaire de Constant(qui à cette époque voulait s’en éloigner.) Ils entretinrent une vive relation en 1804. A partir de 1807,Mme de Staël s’éloigne progressivement de Constant. En 1811, elle rencontre un jeune s
oldat suisse,de 20 ans son cadet, Jean Rocca dont elle a un enfant.
L’action de
Corinne
se déroule en 1795. Elle est centrée sur l’Italie qui est alors indépendante de la
France. En 1802, Mme de Staël avait publié
Delphine
, autre destin de femme broyée par la société.
L’action de Delphine se passait entre 1790 et 1794. Il y a donc une continuité dans l’œuvre.
Corinne
a suscité une polémique. Mme de Staël est interdite de cité à Paris dès 1802. Revenue peu après, elle
s’exile en 1803 en partant d’abord pour l’Allemagne. C’est un tournant de sa vie. Elle y rencontre
Goethe, Humboldt. Sur le conseil de Goethe, elle prend Schlegel comme précepteur pour ses enfants.
C’est l’époque de la fin du cercle d’Iena, Le premier romantisme allemand se défait. Novalis m
eurt en1801. Fin 1804, Mme de Staël part avec Schlegel en Italie, puis il la suit à Coppet. Ce voyage a permisla composition de
Corinne
.Mme de Staël écrit dans des genres variés : essais politique (réflexions sur la révolution françaiseécrites en 1796 mais jamais publiées), essais philosophiques (réflexions sur le suicide). Elle écrit des

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