Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Save to My Library
Look up keyword
Like this
2Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Politique et physique: Les complexes ont changé de sexe - ELLE Belgique, mai 2012

Politique et physique: Les complexes ont changé de sexe - ELLE Belgique, mai 2012

Ratings: (0)|Views: 315 |Likes:
Published by Nicolas Baygert
Réduire sa masse pondérale pour avoir plus de poids politique, masquer ses cheveux blancs avant d'entrer au gouvernement... Les hommes de pouvoir auraient-ils volé aux femmes leurs éternelles obsessions ?
Réduire sa masse pondérale pour avoir plus de poids politique, masquer ses cheveux blancs avant d'entrer au gouvernement... Les hommes de pouvoir auraient-ils volé aux femmes leurs éternelles obsessions ?

More info:

Published by: Nicolas Baygert on Apr 30, 2012
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF or read online from Scribd
See more
See less

07/23/2014

pdf

 
MAI.12 ELLE
BELGIQUE
 
109
     I    s    o    p     i    x
Réduire sa masse pondérale pouravoir plus de poids politique, masquerses cheveux blancs avant d’entrerau gouvernement... Les hommes depouvoir auraient-ils
 volé aux femmesleurs éternelles obsessions ? 
politique et physique
En Belgique, nous avions une spécificité : les hommes politiquesaux allures de petits employés de banque.
Pas de dandies arro-gants ni de play-boys charismatiques, mais des types tels qu’onles croise dans le train du matin, costume-mallette-moustache,assumant bedaine et calvitie avec la même désinvolture. Jusqu’ily a peu, seules les femmes semblaient devoir ajouter l’élégance àl’intelligence politique. Et quand Elio Di Rupo, grand maître del’image, s’éclipsait pour se mettre une couche de fond de teintavant une intervention télé, on entendait fuser les rires virilschez ses adversaires politiques...Et puis, tout a changé. Michel Daerden, le chouchou des balsdes 3 x 20, s’offre quelques coups de bistouri pour avoir l’airplus jeune. Bart De Wever, le mangeur de frites, s’étale dans les journaux sur le régime drastique qu’il compte s’imposer durant
Elio di Rupo en maillot rouge, quirappelle son éternel nœud pap’. Enexhibant un corps bien entretenu,symboliquement, il montre qu’il n’est pas sur le déclin en politique. Tenir laforme, une tendance de fond ?
LEs compLExEs
ont changé de sexe
 
110
ELLE
BELGIQUE
MAI.12
     I    s    o    p     i    x ,      R    e    p    o    r     t    e    r    s
deux ans. Charles Michel opte sou-dainement pour une pilosité milli-métrée et des lunettes branchées.Paul Magnette soigne une barbe detrois jours « négligée ». Quant à ElioDi Rupo, il poursuit sa lutte inlas-sable contre les cheveux blancs etle ventre mou.Passer des heures dans sa sallede bains semble être devenuune étape incontournable chezl’homme politique moderne. André Flahaut, notre inimitableprésident de la Chambre à la moustache d’agent de quartier,ou Rudy Demotte (qui déjà, s’appelle Rudy...), notre ministre-président wallon qu’on croirait sorti d’un bureau de poste,appartiennent-ils à une classe d’hommes politiques « nextdoor » en voie de disparition ?
« e B, d ,  ’  r   r d ,
analyse Nicolas Baygert (UCL, Sorbonne),spécialiste en communication politique. Chez nous, tradition-nellement, on apprécie les gens en retrait, qui ressemblent àmonsieur et madame tout-le-monde et ne font pas trop devagues. » Le nouveau président du Parlement wallon, l’éco-lo Patrick Dupriez, avec son air de gentil bien élevé, en estun parfait exemple. « En France, en revanche, on a toujoursaimé les grandes gueules, les personnalités charismatiques. »Comme aux États-Unis, il faut être un minimum beau mec,soigné et pétant de santé, pour espérer entrer dans le costumeprésidentiel.Il y a au moins une explication à cette spécificité belge : notresystème politique et son ensemble complexe d’alliances et decoalitions imposent de maîtriser l’art ducompromis. La Belgique voit donc émer-ger nombre de politiciens-diplomates « del’ombre », tels Herman Van Rompuy ouYves Leterme, pas showmen dans l’âmemais très appréciés à l’étranger. « Ici, laplus grande critique qu’on puisse faire à unhomme politique, c’est de lui dire qu’il estarrogant, remarque Nicolas Baygert. Lors dela campagne de 2007, on a reproché à DidierReynders son attitude agressive. Pourtant, cen’était rien à côté des confrontations directesqu’on peut voir en France ou en Angleterre. »Mais tout cela est en train de changer, avecla jeune génération masculine, qui sait quele body cruiser, le bistouri et la colo sont desarmes politiques redoutables.
Faut-il y voir une « féminisation » des dik-tats physiques chez nos hommes politique ? 
 Nicolas Baygert parlerait plutôt de « berlus-conisation », en référence à l’ancien prési-dent du Conseil italien qui, à 70 ans passés,entretient toujours son apparence de jeuneloup des affaires et de la politique − cheveuxfoncés et peau de bébé. « Silvio Berlusconi“fixe” son look et son image pour entretenirune idée de stabilité, comme on le ferait pourn’importe quelle marque commerciale. On vavers des générations d’hommes politiques àqui l’on ne sait plus donner d’âge.»Hommes et femmes politiques subissent l’in-fluence du monde de la publicité : « Commepour un produit commercial, l’image devientl’esquisse du projet politique. Il faut une adé-quation entre les deux. Le “personal bran-ding”, la gestion du corps et la mise en scènede sa propre image font désormais partie detout parcours politique. Et une fois qu’on a trouvé son look, ilne faut plus en changer. » Car, comme pour la lessive ou la pâteà tartiner, une modification de l’emballage risquerait de désta- biliser le consommateur.Heureusement, certains résistants continuent d’assurer la sur-vie de la biodiversité dans ce monde brandé et uniformisé.Citons, par exemple, Olivier Deleuze, le nouveau coprésidentd’Écolo, qui n’a même pas songé à tailler sa moustache de vieuxdruide ni à redessiner ses costards bruns avant d’entrer dans sanouvelle fonction. Une manière de dire : « Je n’accorde pas uneimportance démesurée à mon apparence, je suis naturel, je suiscomme vous. » Une image en accord avec sa ligne politique.« Soit vous avez un public qui attend ce côté “proche, simple”,soit vous devez adapter votre image de marque », affirmeNicolas Baygert.
Dr v  dx  fr d , e D R Br D Wvr,    dr r r à  r dr d.
Le premier reste fidèle à son style, unique au monde(lorsqu’il a été nommé Premier ministre, à Canal+, on s’estdemandé d’où sortait cet extraterrestre) : costume-nœud pap’
le physique
 dEs poLItIQUEs
Septembre 2011, Bart De Wever,polo usé et kway NV-A, mange desfrites et des saucisses. Janvier 2011,en plein régime, il opte pour l’eauet le costume-cravate.
a van taprès

Activity (2)

You've already reviewed this. Edit your review.
1 thousand reads
1 hundred reads

You're Reading a Free Preview

Download
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->