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La Femme de Trente Ans SbyS

La Femme de Trente Ans SbyS

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10/16/2011

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La femme de trente ans
 
A WOMA OF THIRTY
By: Honoré de Balzac
Translated by: Ellen Marriage
 
DEDIE A LOUIS BOULANGER, PEINTRE
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To Louis Boulanger, Painter 
CHAPITRE IPREMIERES FAUTES
Au commencement du mois d'avril 1813, il y eut undimanche dont la matinée promettait un de ces beaux jours où les Parisiens voient pour la première fois del'année leurs pavés sans boue et leur ciel sans nuages.Avant midi un cabriolet à pompe attelé de deux chevauxfringants déboucha dans la rue de Rivoli par la rueCastiglione, et s'arrêta derrière plusieurs équipagesstationnés à la grille nouvellement ouverte au milieu dela terrasse des Feuillants. Cette leste voiture étaitconduite par un homme en apparence soucieux etmaladif ; des cheveux grisonnants couvraient à peineson crâne jaune et le faisaient vieux avant le temps ; il jeta les rênes au laquais à cheval qui suivait sa voiture,et descendit pour prendre dans ses bras une jeune filledont la beauté mignonne attira l'attention des oisifs enpromenade sur la terrasse. La petite personne se laissacomplaisamment saisir par la taille quand elle fut deboutsur le bord de la voiture, et passa ses bras autour du coude son guide, qui la posa sur le trottoir, sans avoir chiffonné la garniture de sa robe en reps vert. Un amantn'aurait pas eu tant de soin. L'inconnu devait être le pèrede cette enfant qui, sans le remercier, lui pritfamilièrement le bras et l'entraîna brusquement dans le jardin.Le vieux père remarqua les regards émerveillés dequelques jeunes gens, et la tristesse empreinte sur sonvisage s'effaça pour un moment. Quoiqu'il fût arrivédepuis long-temps à l'âge où les hommes doivent secontenter des trompeuses jouissances que donne lavanité, il se mit à sourire.- L'on te croit ma femme, dit-il à l'oreille de la jeunepersonne en se redressant et marchant avec une lenteur qui la désespéra.Il semblait avoir de la coquetterie pour sa fille et jouissaitpeut-être plus qu'elle des oeillades que les curieuxlançaient sur ses petits pieds chaussés de brodequins enprunelle puce, sur une taille délicieuse dessinée par unerobe à guimpe, et sur le cou frais qu'une collerettebrodée ne cachait pas entièrement. Les mouvements dela marche relevaient par instants la robe de la jeune fille,et permettaient de voir, au-dessus des brodequins, larondeur d'une jambe finement moulée par un bas de soieà jours. Aussi, plus d'un promeneur dépassa-t-il le couplepour admirer ou pour revoir la jeune figure autour delaquelle se jouaient quelques rouleaux de cheveuxbruns, et dont la blancheur et l'incarnat étaient rehaussésautant par les reflets du satin rose qui doublait uneélégante capote, que par le désir et l'impatience qui
IEARLY MISTAKES
It was a Sunday morning in the beginning of April 1813, amorning which gave promise of one of those bright dayswhen Parisians, for the first time in the year, behold drypavements underfoot and a cloudless sky overhead. Itwas not yet noon when a luxurious cabriolet, drawn bytwo spirited horses, turned out of the Rue de Castiglioneinto the Rue de Rivoli, and drew up behind a row of carriages standing before the newly opened barrier half-way down the Terrasse de Feuillants. The owner of thecarriage looked anxious and out of health; the thin hair on his sallow temples, turning gray already, gave a lookof premature age to his face. He flung the reins to aservant who followed on horseback, and alighted to takein his arms a young girl whose dainty beauty had alreadyattracted the eyes of loungers on the Terrasse. The littlelady, standing upon the carriage step, graciouslysubmitted to be taken by the waist, putting an arm roundthe neck of her guide, who set her down upon thepavement without so much as ruffling the trimming of her green rep dress. No lover would have been so careful.The stranger could only be the father of the young girl,who took his arm familiarly without a word of thanks, andhurried him into the Garden of the Tuileries.The old father noted the wondering stare which some of the young men gave the couple, and the sad expressionleft his face for a moment. Although he had long sincereached the time of life when a man is fain to be contentwith such illusory delights as vanity bestows, he began tosmile.“They think you are my wife,” he said in the young lady’sear, and he held himself erect and walked with slowsteps, which filled his daughter with despair.He seemed to take up the coquette’s part for her;perhaps of the two, he was the more gratified by thecurious glances directed at those little feet, shod withplum-colored prunella; at the dainty figure outlined by alow-cut bodice, filled in with an embroidered chemisette,which only partially concealed the girlish throat. Her dress was lifted by her movements as she walked, givingglimpses higher than the shoes of delicately mouldedoutlines beneath open-work silk stockings. More thanone of the idlers turned and passed the pair again, toadmire or to catch a second glimpse of the young face,about which the brown tresses played; there was a glowin its white and red, partly reflected from the rose-coloredsatin lining of her fashionable bonnet, partly due to theeagerness and impatience which sparkled in every
 
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pétillaient dans tous les traits de cette jolie personne.Une douce malice animait ses beaux yeux noirs, fendusen amande, surmontés de sourcils bien arqués, bordésde longs cils, et qui nageaient dans un fluide pur. La vieet la jeunesse étalaient leurs trésors sur ce visage mutinet sur un buste, gracieux encore, malgré la ceinture alorsplacée sous le sein.Insensible aux hommages, la jeune fille regardait avecune espèce d'anxiété le château des Tuileries, sansdoute le but de sa pétulante promenade. Il était midimoins un quart. Quelque matinale que fût cette heure,plusieurs femmes, qui toutes avaient voulu se montrer entoilette, revenaient du château, non sans retourner la têted'un air boudeur, comme si elles se repentaient d'êtrevenues trop tard pour jouir d'un spectacle désiré.Quelques mots échappés à la mauvaise humeur de cesbelles promeneuses désappointées et saisis au vol par la jolie inconnue, l'avaient singulièrement inquiétée. Levieillard épiait d'un oeil plus curieux que moqueur lessignes d'impatience et de crainte qui se jouaient sur lecharmant visage de sa compagne, et l'observait peut-être avec trop de soin pour ne pas avoir quelque arrière-pensée paternelle.Ce dimanche était le treizième de l'année 1813. Lesurlendemain, Napoléon partait pour cette fatalecampagne pendant laquelle il allait perdresuccessivement Bessières et Duroc, gagner lesmémorables batailles de Lutzen et de Bautzen, se voir trahi par l'Autriche, la Saxe, la Bavière, par Bernadotte,et disputer la terrible bataille de Leipsick. La magnifiqueparade commandée par l'empereur devait être ladernière de celles qui excitèrent si long-tempsl'admiration des Parisiens et des étrangers. La vieillegarde allait exécuter pour la dernière fois les savantesmanoeuvres dont la pompe et la précision étonnèrentquelquefois jusqu'à ce géant lui-même, qui s'apprêtaitalors à son duel avec l'Europe. Un sentiment tristeamenait aux Tuileries une brillante et curieusepopulation. Chacun semblait deviner l'avenir, etpressentait peut-être que plus d'une fois l'imaginationaurait à retracer le tableau de cette scène, quand cestemps héroïques de la France contracteraient, commeaujourd'hui, des teintes presque fabuleuses.- Allons donc plus vite, mon père, disait la jeune fille avecun air de lutinerie en entraînant le vieillard. J'entends lestambours.- C'est les troupes qui entrent aux Tuileries, répondit-il.- Ou qui défilent, tout le monde revient ! répliqua-t-elleavec une enfantine amertume qui fit sourire le vieillard.feature. A mischievous sweetness lighted up thebeautiful, almond-shaped dark eyes, bathed in liquidbrightness, shaded by the long lashes and curving archof eyebrow. Life and youth displayed their treasures inthe petulant face and in the gracious outlines of the bustunspoiled even by the fashion of the day, which broughtthe girdle under the breast.The young lady herself appeared to be insensible toadmiration. Her eyes were fixed in a sort of anxiety onthe Palace of the Tuileries, the goal, doubtless, of her petulant promenade. It wanted but fifteen minutes of noon, yet even at that early hour several women in galadress were coming away from the Tuileries, not withoutbackward glances at the gates and pouting looks of discontent, as if they regretted the lateness of the arrivalwhich had cheated them of a longed-for spectacle.Chance carried a few words let fall by one of thesedisappointed fair ones to the ears of the charmingstranger, and put her in a more than commonuneasiness. The elderly man watched the signs of impatience and apprehension which flitted across hiscompanion’s pretty face with interest, rather thanamusement, in his eyes, observing her with a close andcareful attention, which perhaps could only be promptedby some after-thought in the depths of a father’s mind.It was the thirteenth Sunday of the year 1813. In twodays’ time Napoleon was to set out upon the disastrouscampaign in which he was to lose first Bessieres, andthen Duroc; he was to win the memorable battles of Lutzen and Bautzen, to see himself treacherouslydeserted by Austria, Saxony, Bavaria, and Bernadotte,and to dispute the dreadful field of Leipsic. Themagnificent review commanded for that day by theEmperor was to be the last of so many which had longdrawn forth the admiration of Paris and of foreign visitors.For the last time the Old Guard would execute their scientific military manoeuvres with the pomp andprecision which sometimes amazed the Giant himself.Napoleon was nearly ready for his duel with Europe. Itwas a sad sentiment which brought a brilliant and curiousthrong to the Tuileries. Each mind seemed to foresee thefuture, perhaps too in every mind another thought wasdimly present, how that in the future, when the heroicage of France should have taken the half-fabulous color with which it is tinged for us today, men’s imaginationswould more than once seek to retrace the picture of thepageant which they were assembled to behold.“Do let us go more quickly, father; I can hear the drums,”the young girl said, and in a half-teasing, half-coaxingmanner she urged her companion forward.“The troops are marching into the Tuileries,” said he.“Or marching out of it—everybody is coming away,” sheanswered in childish vexation, which drew a smile fromher father.
 
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- La parade ne commence qu'à midi et demi, dit le pèrequi marchait presque en arrière de son impétueuse fille.A voir le mouvement qu'elle imprimait à son bras droit,vous eussiez dit qu'elle s'en aidait pour courir. Sa petitemain, bien gantée, froissait impatiemment un mouchoir,et ressemblait à la rame d'une barque qui fend lesondes. Le vieillard souriait par moments ; mais parfoisaussi des expressions soucieuses attristaientpassagèrement sa figure desséchée. Son amour pour cette belle créature lui faisait autant admirer le présentque craindre l'avenir. Il semblait se dire :- Elle est heureuse aujourd'hui, le sera-t-elle toujours ?Car les vieillards sont assez enclins à doter de leurschagrins l'avenir des jeunes gens.Quand le père et la fille arrivèrent sous le péristyle dupavillon au sommet duquel flottait le drapeau tricolore, etpar où les promeneurs vont et viennent du jardin desTuileries dans le Carrousel, les factionnaires leur crièrentd'une voix grave :- On ne passe plus !L'enfant se haussa sur la pointe des pieds, et putentrevoir une foule de femmes parées qui encombrait lesdeux côtés de la vieille arcade en marbre par oùl'empereur devait sortir.- Tu le vois bien, mon père, nous sommes partis troptard.Sa petite moue chagrine trahissait l'importance qu'elleavait mise à se trouver à cette revue.- Eh ! bien, Julie, allons-nous-en, tu n'aimes pas à êtrefoulée.- Restons, mon père. D'ici je puis encore apercevoir l'empereur. S'il périssait pendant la campagne, je nel'aurais jamais vu.Le père tressaillit en entendant ces paroles, car sa filleavait des larmes dans la voix ; il la regarda, et crutremarquer sous ses paupières abaissées quelquespleurs causés moins par le dépit que par un de cespremiers chagrins dont le secret est facile à deviner pour un vieux père. Tout à coup Julie rougit, et jeta uneexclamation dont le sens ne fut compris ni par lessentinelles, ni par le vieillard. A ce cri, un officier quis'élançait de la cour vers l'escalier se retourna vivement,s'avança jusqu'à l'arcade du jardin, reconnut la jeunepersonne un moment cachée par les gros bonnets à poildes grenadiers, et fit fléchir aussitôt, pour elle et pour son père, la consigne qu'il avait donnée lui-même ; puis,sans se mettre en peine des murmures de la fouleélégante qui assiégeait l'arcade, il attira doucement à luil'enfant enchantée.“The review only begins at half-past twelve,” he said; hehad fallen half behind his impetuous daughter.It might have been supposed that she meant to hastentheir progress by a movement of her right arm, for itswung like an oar blade through the water. In her impatience she had crushed her handkerchief into a ballin her tiny, well-gloved fingers. Now and then the oldman smiled, but the smiles were succeeded by ananxious look which crossed his withered face andsaddened it. In his love for the fair young girl by his side,he was as fain to exalt the present moment as to dreadthe future.“She is happy today; will her happiness last?” he seemedto ask himself, for the old are somewhat prone to foreseetheir own sorrows in the future of the young.Father and daughter reached the peristyle under thetower where the tricolor flag was still waving; but as theypassed under the arch by which people came and wentbetween the Gardens of the Tuileries and the Place duCarrousel, the sentries on guard called out sternly:“No admittance this way.”By standing on tiptoe the young girl contrived to catch aglimpse of a crowd of well-dressed women, throngingeither side of the old marble arcade along which theEmperor was to pass.“We were too late in starting, father; you can see thatquite well.”A little piteous pout revealed the immense importancewhich she attached to the sight of this particular review.“Very well, Julie—let us go away. You dislike a crush.”“Do let us stay, father. Even here I may catch a glimpseof the Emperor; he might die during this campaign, andthen I should never have seen him.”Her father shuddered at the selfish speech. There weretears in the girl’s voice; he looked at her, and thoughtthat he saw tears beneath her lowered eyelids; tearscaused not so much by the disappointment as by one of the troubles of early youth, a secret easily guessed by anold father. Suddenly Julie’s face flushed, and she utteredan exclamation. Neither her father nor the sentinelsunderstood the meaning of the cry; but an officer withinthe barrier, who sprang across the court towards thestaircase, heard it, and turned abruptly at the sound. Hewent to the arcade by the Gardens of the Tuileries, andrecognized the young lady who had been hidden for amoment by the tall bearskin caps of the grenadiers. Heset aside in favor of the pair the order which he himself had given. Then, taking no heed of the murmurings of the fashionable crowd seated under the arcade, he

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