Un petit garçon est né cette année-là, le 5 septembre, dans unefamille de Cadillac. Son père, Vital Lataste, élève ses enfantsdans les idées du temps, avec une morale stricte. Comme laplupart des hommes de sa génération, il se tient à distance deschoses religieuses, et préfère exercer son esprit critique dansdes conversations politiques ou philosophiques. Sa femme, Jeanne, est croyante. Leur septième enfant, Alcide vient aumonde dans cette famille unie et sans histoire. Il est baptisé lelendemain de sa naissance dans l’église paroissiale, face à laprison.
Un fonctionnaire qui n’avait pas honte de sa foi
Après avoir passé son baccalauréat en 1850, Alcide passe uneannée chez ses parents, puis commence une carrière dansl’administration des impôts. Il commence par y travaillercomme stagiaire, pour apprendre le métier, puis reçoit peu àpeu des responsabilités.La période de formation et les débuts de la vie professionnellevont conduire Alcide Lataste à déménager souvent, à cause deses mutations dans des villes du midi de la France : Bordeaux,pour ses débuts, puis Privas, en Ardèche, Pau, et enfin Nérac.Dans ces petites villes, il arrive précédéd’une réputation flatteuse. Il est considéré comme uncontrôleur des impôts sérieux et apprécié.De son passage dans l’administration des impôts, le pèreLataste gardera le sens du concret et de la précision, lacapacité à gérer des projets délicats au plan financier. Sanstomber dans un légalisme étroit, il restera marqué par le soucidu respect de la loi, par les exigences de l’honnêteté.
L’ami des pauvres
En dehors de sa vie professionnelle, le jeune fonctionnaireconsacre toutes ses énergies à une association dans laquelle ilest entré à Bordeaux, et qu’il ne quittera que pour partir aunoviciat : les Conférences Saint-Vincent-de-Paul.Elles avaient été fondées par un laïc, Frédéric Ozanam, pourregrouper des hommes désireux de vivre leur foi chrétienne au