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Sarah Parvaiz - L'Amant, L'Espace de l'Autre Et Le Plaisir Du Texte

Sarah Parvaiz - L'Amant, L'Espace de l'Autre Et Le Plaisir Du Texte

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 L’Amant 
 L’Espace de l’Autre et le Plaisir du TexteSarah Parvaiz
Les thèmes majeurs des œuvres de Marguerite Duras se trouvent entre les deux polarités de sa vie : le soi et l’Autre. Dans ses œuvres, Duras a très bien montré leslimbes culturels de son existence entre l’Asie et l’Europe jusqu'à la mesure où cetteambigüité est devenue le noyau, le cœur de sa littérature.Dans mon article, je vais essayer de prouver que cette tension entre l’espaceeuropéen et l’espace asiatique, entre le soi et l’Autre, dans les œuvres de Duras, netombe pas vraiment sous la catégorie généralement traduite comme Orientalisme par Edward Saïd. Duras plutôt intègre ces espaces dans un monologue constant dont lasignification est de susciter, comme l’aurait dit Roland Barthes, le « plaisir du texte ».D’après la trilogie littéraire
Un Barrage Contre le pacifique
,
 L’Amant 
et
 L’Amant de la Chine du Nor
on sait que Marguerite a eu une liaison avec un hommeChinois à l’âge de 15 ans dont elle ne dévoile jamais le nom, un homme très riche, deCholen. Mais, les personnages incarnant les amants présentés dans ces trois œuvres sontdifférents d’un ouvrage à l’autre. Dans
 L’Amant 
et
 L’Amant de la Chine du Nord 
,l’amant est Chinois, mais dans
Un Barrage Contre le Pacifique
, l’amant est blanc. Toustrois sont plus âgés que la petite fille, ils ont tous des limousines noires et ils portenttous un diamant sur leurs doigts. Les mains des amants de Duras ont maintenu un air érotique, ils ont été peints tous en détail d’une manière magnifique qui possède lecharme de séduire le lecteur :1
 
Elle, elle regarde sa main qui est sur l’accoudoir de la banquette. Il a oublié cettemain. Du temps passe. Et puis, voici que sans le savoir tout à fait, elle la prend.Elle la regarde. Elle la tient comme un objet jamais vu encore d’aussi près : unemain chinoise, d’homme chinois. C’est maigre, ca s’infléchit vers les ongles, un peu comme si c’était cassé, atteint d’adorable infirmité, ca a la grâce de l’ailed’un oiseau mort.[…] elle est émerveillée par la main. Elle la touche « pour voir ». La main dort.Elle ne bouge pas. Et puis lentement elle se penche sur la main. Elle la respire.Elle la regarde. Regarde la main nue.(Duras,
 L'Amant de la Chine du Nord 
42).La succession des symboles de l’initiation érotique est toujours la même chezDuras : d’abord le diamant qui donne naissance au désir de la jeune fille, puis l’odeur de la cigarette, le peignoir noir, « la peau d’une somptueuse douceur », les corps parfumés ; elle franchit les mêmes étapes avec chaque amants.La relation avec l’homme Chinois garde une importance profonde etsignificative à plusieurs niveaux chez Marguerite Duras. Au fond, il s’agit d’un premier amant qu’elle ne va jamais oublier ; il est présent dans ses œuvres, dans ses récits, sesinterviews, ses paroles. Duras n’a jamais avoué ce qu’elle avait vraiment éprouvé pour cet homme Chinois, il reste toujours un mystère pour nous, ses lecteurs. Autre chosetrès importante, le Chinois est la première personne à qui elle avoue son rêve de devenir écrivaine et lui, il croit dans ce rêve partagé, il lui fait confiance. Cette confiancerassure la « jeune fille » et le rapproche plus que les autres membres de sa famille,notamment sa mère (à qui elle l’avait beau avouer, car cette mère aurait voulu qu’elledevienne mathématicienne). Et c’est à partir du Chinois qu’elle apprend à écrire, à2
 
réfléchir sur ce qu’elle va écrire dans l’avenir. Donc son premier amant devient agentinitiateur sur le chemin de l’écriture. Elle vit sa première expérience sexuelle avec cethomme, elle goûte l’érotisme avec lui, à travers lui. L’acte de l’amour devient un prélude de l’écriture. Elle choisit déjà les mots qu’elle va utiliser pour parler de cetteaventure dans ses récits, dans l’espace érotique, la garçonnière, dans les bras de sonamant.Dans son livre sur Marguerite Duras, Laure Adler remarque que la futureécrivaine était passionnément curieuse en ce qui concerne la sexualité humaine ; pour elle, l’acte sexuel ne représente pas uniquement le sexe mais avant tout les flèches d’un pouvoir magique qui pénètrent l’être. Il faut bien comprendre la signification du plaisir  physique chez Duras avant tout ; la femme durassienne adore faire l’amour et saitcomment glorifier dans cet acte de pouvoir particulier. Marguerite Duras en parle dans
 L’Aman
: « J’avais à quinze ans le visage de la jouissance et je ne connaissais pas la jouissance. Ce visage se voyait très fort. » (15). La jeune française va ouvertement versle désir, ne lui résiste pas. Elle explore les extrêmes du ravissement, atteint le sommetdu plaisir, ce qui, pour elle, devient une poursuite, une recherche identitaire. Or, c’estl’homme Chinois qui génère, produit ce désir, c’est lui qui conçoit la premièreexploration érotique à travers le corps de l’autre.En matière de statut social, « la jeune fille » appartient à un espace pauvre, unemaison pauvre, où elle voit sa mère s’acharner contre la dépression, le désespoir, lafaim. La narratrice de
 L’Amant 
admet que la pauvreté a rapproché la famille des gensdu pays, car une telle condition leurs a permis d’avoir un contact direct avec les gens dela région en gardant une certaine « domination » dans leur maison « européenne ». Unetelle situation dans
 L’Amant 
est traitée avec une nuance ironique par la narratrice :3

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