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chret.etjuive

chret.etjuive

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05/09/2014

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Notes pour les cours de J.-Cl. Polet dans FLTR 1510
A. Les Traditions juive et chr
é
tienne :
En Palestine, un peuple s
é
mitique va s’
é
tablir, qui cultive une tradition qui affirme — et quiest r
é
guli
è
rement confirm
é
dans ce fait absolu et d
é
finitif — qu’il est le peuple
é
lu du seulvrai Dieu.Ce peuple se
dit et se sait
é
lu pour r
é
aliser la mission donn
é
e
à
l’humanit
é
de r
é
parer lacatastrophe
— la Chute — qui s'est produite au moment m
ê
me o
ù
elle fut appel
é
e
à
assumerla ma
 î 
trise du monde dans la fid
é
lit
é
 
à
son Cr
é
ateur.
Ce peuple croit qu'il fut choisi par Dieu pour r
é
tablir la justice
, c'est-
à
-dire l'exacterelation, le bon lien, la vraie religion (le mot vient du verbe « relier ») entre l'Homme (Adam,en h
é
breu) et un Dieu qui est personnel, selon la r
é
v
é
lation faite
à
Mo
ï
se, le fondateur du juda
ï
sme : « Je suis Celui qui suis ».Le peuple
é
lu a pour fonction, dans toute la longueur du temps de l'
é
preuve,
d'œuvrer peu
à
 peu la r
é
paration de la catastrophe, en attendant que vienne Celui qui doit en cl
ô
turer ladur
é
e, le Messie, et ouvrir une nouvelle
è
re o
ù
r
é
gnera la justice en pl
é
nitude.
 
Cette vision de l'histoire implique, entre beaucoup d'autres choses,
une vision du mondecomme cr
é
ation et une vision lin
é
aire et vectorielle du temps :
-1
°
il y a un « moment » o
ù
Dieu est seul et o
ù
rien n’existe en dehors de lui,-2
°
il y a un « moment » o
ù
Dieu fait que tout existe,-3
°
il y a une rupture dans l'ordre de l'existence, la Chute, o
ù
commence l'histoire d'unep
é
r
é
grination dans la dur
é
e, tendue et mobilis
é
e par la Promesse du Salut,-4
°
il y a un « moment » o
ù
tout sera accompli, o
ù
le monde quittera l'ordre des vicissitudesde la temporalit
é
et des p
é
r
é
grinations dans la dur
é
e, pour exister d'une nouvelle mani
è
re,
à
 tout le moins semblable
à
celle qui a pr
é
c
é
d
é
la Chute.Cette conception du temps, qui n'a v
é
ritablement son
sens que dans le cadre de l'Alliance deDieu et de l'humanit
é
 
é
lue
, tranche d
é
cid
é
ment avec les conceptions cycliques du temps, quiimpliquent le plus souvent l'
é
ternit
é
du monde, c'est-
à
-dire la souverainet
é
pratiquementdivine d'une dur
é
e proprement naturelle et fatale, ce qui implique aussi uneincommensurabilit
é
 
absolue de l'Humanit
é
et de la Divinit
é
et une relation entre elles quine pourrait en aucun cas sortir des mutuelles exclusions de la transcendance et del'immanence
.En effet, pour le juda
ï
sme, et surtout pour le christianisme, qui pousse la dynamique du Salut jusqu'
à
le dire advenu pour chacun, avant m
ê
me la fin de l'Histoire, la ligne du temps est,
à
 tout moment,
investie par le Sens de l'Histoire.
 
 
Beaucoup de cultures encore, aujourd'hui, vivent dans une vision du monde cyclique. Lescultures marqu
é
es par le juda
ï
sme et, surtout, par le christianisme, ont chang
é
le sens du mot« cycle, ou si
è
cle » (en grec
kyklos
, en latin
sæculum
) pour le faire passer de la logiquecirculaire
à
la logique lin
é
aire.Le peuple
é
lu a cette vision de sa destin
é
e. Il a aussi
avec lui Dieu pour partenaire, et laBible (fondement de la tradition juive) est le proc
è
s-verbal
de l’histoire mouvement
é
e dupeuple
é
lu
à
laquelle se superpose l'ordre de l'interpr
é
tation, r
é
trospective et prospective, d’undialogue entre le peuple et Dieu, o
ù
c’est Dieu qui, toujours interrompu, a toujours cependantautant l’initiative que le dernier mot — ce sont les gages de sa fid
é
lit
é
. C’est cela qui donneson
importance
à
la Bible : une continuit
é
de propos, donc une essence et une finalit
é
 commune
à
la parole de Dieu et
à
l'action de son peuple.
Concr
è
tement, la Bible, c’est une biblioth
è
que de livres multiples
é
crits
à
des
é
poquesdiff 
é
rentes, par des auteurs diff 
é
rents, dans des genres litt
é
raires diff 
é
rents, et dans deslangues diff 
é
rentes, h
é
breu, aram
é
en, grec
(m
ê
me si l’h
é
breu est la langue principale).La Bible juive correspond (sans entrer dans les d
é
tails)
à
ce que les chr
é
tiens appellent
l’Ancien Testament
. Le Nouveau Testament est purement chr
é
tien.La Bible juive est compos
é
e de 3 grands ensembles :a)
la Torah (la Loi)
: ce sont les
5 premiers Livres de la Bible
(le pentateuque, motadapt
é
du grec, qui signifie « cinq livres »). Le premier Livre, la Gen
è
se, estessentiellement fait de mythes, de l
é
gendes, de g
é
n
é
alogies et de chroniques. Depropos narratif, ce Livre de r
é
cits
met en situation significative descirconstances d
é
cisives.
Adam,
È
ve, leur descendance, c'est l'Humanit
é
 paradigmatique dont on n'a,
é
videmment, pas de trace ni d’attestation historique.Avec No
é
, on est encore dans le mythe, puis avec Abraham, on passe
à
la l
é
gendesur fond d'histoire. Et ainsi, de proche en proche, vers des r
é
alit
é
s de plus en plusattest
é
es, du ressort de la science historique.b)
Les Proph
è
tes
; qu’est ce qu’un proph
è
te
? C’est un homme
à
qui Dieu s’adressepour qu’il s’adresse aux autres hommes du peuple
é
lu. C’est donc un porte-parole de Dieu.
Il n’est pas d'abord quelqu’un qui « dit l’avenir ». Il introduit laparole de Dieu dans le monde, jusqu'
à
ce qu'elle et pour qu'elle s'accomplisse.C’est une
fonction typique du peuple
é
lu
, en tant qu'il a pour mission de r
é
tablirla « justice », c'est-
à
-dire le plein accord de la volont
é
de Dieu et de celle deshommes volont
é
s » que le Christ conduira jusqu'
à
l'in
é
puisable libert
é
  jubilatoire de l'Amour). Le proph
è
te est ainsi une sp
é
cialit
é
exclusive du peuple
é
lu, typique de sa mission.
Le christianisme l'universalisera
, faisant de tous desbaptis
é
s des « proph
è
tes » par le don du Saint-Esprit.
L'islam
assumera, lui aussi,la fonction proph
é
tique, mais en en la
magnifiant et en l'achevant textuellement
 
(Muhammad est l'ultime proph
è
te, le sceau de la Proph
é
tie, dont le Coran est leCode.
La dynamique de la proph
é
tie, d
è
s lors que la parole proph
é
tique dit tout
à
lafois l'absolu n
é
cessaire de tout temps et la longueur de temps n
é
cessaire,
à
travers leserreurs,
à
l'accomplir dans la r
é
alit
é
, commande, dans l'esprit humain, la dynamique dela prospective, du repentir et du progr
è
s, dont la civilisation jud
é
o-chr
é
tienne a fait leprincipe de son d
é
veloppement et qu'elle a conjugu
é
 
à
tous les modes, temps,personnes, genres et nombres.c)
Les
É
crits
, c’est le « fourre-tout » du reste.
La Torah est la phase initiale, lemoment de la Cr
é
ation, de la Chute, puis la haute tension o
ù
s'instaure la Loiqui structure, ordonne, r
é
git, mais n'emp
ê
che rien. Puis viennent lesProph
è
tes, qui repr
é
sentent les moments d’acc
é
l
é
ration et de ralentissementde la tension dans le temps des atermoiements. Dans les
É
crits, se manifestent,dans une esp
è
ce de fid
é
lit
é
sereine, les lenteurs de la dur
é
e et la conscience queDieu ne bavarde pas. Quand il parle, tout change.
Quand il ne parle pas, rien nechange. Et s’il ne parle pas, c’est parce que rien ne change. Si le peuple
é
lu ne ditplus rien
à
Dieu dans leur dialogue, Dieu ne lui dit plus rien non plus.Ces 3 parties ont
é
t
é
 
é
crites (sans entrer dans les d
é
tails ni les controverses)
entre l’an 1000 etle d
é
but de l’
è
re chr
é
tienne.
Les manuscrits, bien entendu, sont, pour les plus anciennesparties (sur rouleaux de papyrus), nettement plus r
é
cents.
Mo
 ï 
se
— avant lui, on parle des H
é
breux —
est le premier juif, fondateur du juda
 ï 
smeet, habit
é
par l'Esprit de Dieu, son seul L
é
gislateur.
Apr
è
s lui, ce seront, par ordrehi
é
rarchique d'autorit
é
,
les proph
è
tes
(
É
lie, enlev
é
aux Cieux, en est le parangon),
les juges,les rois, les scribes et les rabbins,
tous jouissant d'une autorit
é
cumulative ressortissant
à
laconfirmation continue de l'authenticit
é
des textes et de leur interpr
é
tation par la traditioncontinue et la conscience
é
clair
é
e des docteurs de la Loi.
L'av
è
nement du christianisme mettra fin
à
la production juive de textes bibliques,
c'est-
à
-dire au corpus de textes canoniquement reconnus comme "r
é
v
é
l
é
s", c'est-
à
-dire
marqu
é
s du sceau de l'authenticit
é
spirituelle absolue
. Au cours des six premiers si
è
cles del'
è
re chr
é
tienne se d
é
velopperont les Talmuds, recueils jurisprudentiels r
é
pondant auxn
é
cessit
é
s de l'interpr
é
tation et de la Loi.
Le Nouveau Testament
,
propre aux chr
é
tiens, parle de J
é
sus, le Christ, le Messie des juifs
, juif lui-m
ê
me, que seule une minorit
é
de juifs reconna
 î 
tront comme tel et dont ilsattesteront de toutes les mani
è
res directes, jusqu'
à
l'ultime t
é
moignage de la mort (« martyr »signifie « t
é
moin » en grec), qu'il est ressuscit
é
d'entre les morts, sans aucune interventionhumaine de type surnaturel, par la pure op
é
ration de l'Esprit de Dieu, et qu'il r
é
alise ainsi lar
é
paration de la catastrophe initiale de la Chute, mieux encore, qu'il promeut l'Humanit
é
tout

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