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FLTR_1510_-2006-2007-_Polet_1c

FLTR_1510_-2006-2007-_Polet_1c

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05/09/2014

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original

 
2. Deuxi
è
me
é
bauche partielle : les XV
e
et XVI
e
si
è
cles
C’est au cours de cette p
é
riode que, pour la premi
è
re fois, va se produire la possibilit
é
, semarquer la n
é
cessit
é
et s'indiquer la r
é
alit
é
, dans la conscience vive de toute l'Europe et dansles faits, d'une consistance culturelle commune. Cela se fera
à
la faveur de divers
é
v
é
nementsqui se produisirent en m
ê
me temps que la conscience europ
é
enne fut amen
é
e
à
se mesurer auxdimensions de l'univers et
à
se constituer en conscience universelle, alors que l'
é
thos
1 
europ
é
en
é
tait entr
é
manifestement en crise de coh
é
rence et que l'esprit d'
é
poque et lesstructures de r
é
é
rence politique basculaient
2
.
Le XV
e
si
è
cle, ou l’usure de la pens
é
e m
é
di
é
vale
La scolastique s’occupe des r
è
gles de raisonnement pr
é
sidant
à
tout ce qui permet d’approcherle moment de connaissance : l'exemple typique est la
disputatio
3
. Il s’agit d’une vision
1
L'éthos est la manière d’être comme il faut. C’est donc un modèle théorique inféré de l’ordre des valeurscommunément admises pour organiser la pratique. C’est pourquoi on réfère l’éthos aux mœurs, et à la moraledès que celle-ci s'organise en code.
2
Au XV
e
siècle, ce sera la chute de l'Empire romain d'Orient, déstabilisant la symbolique politique de l'équilibreimpérial européen, et la promesse d'un Empire universel, centré tout à l'Occident, sur lequel le soleil ne secouchera pas. Chaque nation européenne, par la suite, se voudra Empire, au détriment des autres nations duContinent et, par défaut d'y parvenir, se résoudra progressivement à se sontenter d'un Empire colonial, poursuivant toujours la coïncidence dont l'Europe se mit, dans les Temps Modernes, au défi d'accomplir visiblement la mesure de coïncidence parfaite, — en réalité aussi idéale qu'utopique — de la consciencecollective et de la conscience universelle.
3
 
« Envisag
é
e du point de vue de l'histoire —
tunc
— et, en quelque sorte, dans la banalit
é
é
volutive — de sonexercice habituel, la
disputatio
se d
é
finit comme « une forme r
é
guli
è
re d'enseignement, d'apprentissage et derecherche, pr
é
sid
é
e par le ma
 î 
tre, caract
é
ris
é
e par une m
é
thode dialectique qui consiste
à
apporter et
à
examinerdes arguments de raison et d'autorit
é
qui s'opposent autour d'un probl
è
me th
é
orique ou pratique et qui sontfournis par les participants, et o
ù
le ma
 î 
tre doit parvenir
à
une solution doctrinale par un acte de d
é
terminationqui le confirme dans sa fonction magistrale » (
Les Questions disput 
é 
es et les questions quodlib
é 
tiques dans les facult 
é 
s de th
é 
ologie, de droit et de m
é 
decine
/ par Bernardo C. Baz
à
n, John W. Wippel, G
é
rard Fransen etDanielle Jacquart. – Turnhout (Belgique) : Brepols, 1985. – (
Typologie des sources du Moyen
 Â
ge occidental
;fasc. 44-45). – [P. 40]). Cette circonscription descriptive de B. Baz
à
n ne rend pas compte, cependant, de ce que la
disputatio
est —
nunc
— en raison de la place qu'elle occupe dans l'histoire de la pens
é
e (De ce point de vue, onne manquera pas de se r
é
é
rer, si l'on souhaite approfondir la question en quelque 13 pages,
à
l'article,pr
é
cis
é
ment magistral, d'Alain de Libera, dans l'
 Encyclopædia universalis
,
sub verbo
« M
é
di
é
vale (Pens
é
e) ». ).Pour le dire
à
la mani
è
re de Mgr Glorieux (P. Glorieux, “L'Enseignement au moyen
â
ge. Techniques et m
é
thodesen usage
à
la Facult
é
de Th
é
ologie de Paris au XIII
e
si
è
cle”. – In :
 Archives d'histoire doctrinale et litt 
é 
raire du Moyen
 Â
ge
, 43 (1968), pp. 65-186. ), une autorit
é
plus ancienne en la mati
è
re, la
disputatio
(« dispute ») r
é
sultede la
quæstio
(« question ») suscit
é
e par la
lectio
(« le
ç
on »).Tout l'enseignement r
é
nov
é
du Moyen
Â
ge — la scolastique —, depuis la fin du XIIe jusqu'au XVesi
è
cle, setrouve r
é
sum
é
dans cette formule.La
lectio
, c'est l'enseignement de la lecture, depuis le d
é
chiffrement de la lettre jusqu'
à
l'examen des ultimescoh
é
rences du sens, des textes surtout, mais en-de
çà
comme au-del
à
d'eux, de la substance intelligible du r
é
el etdes proc
é
dures d'intelligence de la raison discursive s'exprimant par le langage des mots et des concepts.L'enseignement de la lecture est ainsi tout langagier et, du fait m
ê
me, tout exemplaire de la recherche correcte dusens par le langage verbal,
à
son premier degr
é
(oral) et/ou
à
son second degr
é
(
é
crit) d'expression.Pouss
é
e au terme de ses implications, la
lectio
ne pouvait que susciter 1
°
une entreprise g
é
n
é
rale d'interrogationth
é
orique sur les compatibilit
é
s, les continuit
é
s et l'unit
é
du sens, 2
°
une recherche pratique sur les interf 
é
rencesdes supports du sens, de ses formes, de ses modes, de ses proc
é
dures et de ses aspects avec la substance du sens,
 
purement d
é
ductive, logique et rh
é
torique du savoir, aux antipodes de celle qui fonde le savoirsur l'induction et l’exp
é
rience. La scolastique (
schola
,
é
cole) m
é
di
é
vale tardive, celle du XV
e
si
è
cle, finit par pr
é
é
rer l’examen de ses propres proc
é
dures dialectiques
à
la connaissancedirecte du R
é
el. Cela signifie qu’elle se pr
é
occupa davantage des proc
é
dures rh
é
toriques,
é
pist
é
mologiques, didactiques que des choses, des v
é
rit
é
s qu’il y a
à
dire afin de toucher leR
é
el.Ainsi, tout ce qui est du domaine de l’enseignement au XV
e
si
è
cle tourne
à
vide, car on prendtoujours les gens en d
é
faut sur la mani
è
re d’aller au fait. Or, l’art de bien dire (
ars dicendi
),d’enseigner (
ars docendi
) et de bien savoir (
ars sciendi
) sont conjoints. Ainsi, un professeurayant des probl
è
mes d’
é
locution aura son
ars docendi
plut
ô
t branlant, et l’on en d
é
duira quec’est son
ars sciendi
qui est
à
la base du probl
è
me. Il existe donc entre ces trois arts un cercle
é
pist
é
mique, touchant la connaissance. Au XV
e
si
è
cle, ce cercle tourne soit
à
la virtuose, soit
à
 vide ; en fait, il s’affole et n'aboutit, le plus souvent, qu'
à
mettre l'intelligence au d
é
fi de sortirde ses proc
é
dures d'intelligibilit
é
.
Des faits radicalement nouveaux, un esprit réformé
1415, mort de Jan Hus (1370-1415
)
. Cette mort du grand th
é
ologien tch
è
que, br
û
l
é
sur ordrede l’empereur apr
è
s avoir
é
t
é
condamn
é
par le concile de Constance, marque une rupture quiannonce et programme l'impossibilit
é
d'une concorde dans la R
é
forme de l'
É
glise d'Occident.
la v
é
rit
é
, et 3
°
induire un incessant questionnement, en quelque sorte technologique, sur les priorit
é
s
é
ventuelleset la primaut
é
relative, soit de la qualit
é
des instruments de la connaissance capables de faire surgir efficacementl'
é
vidence des r
é
alit
é
s, soit de la puissance intrins
è
que du r
é
el
à
se r
é
v
é
ler lui-m
ê
me, en lui-m
ê
me, commeexp
é
rience absolue de l'existence en soi.La
quæstio
est la premi
è
re phase, paradoxale et conjecturale, du d
é
fi g
é
n
é
ral lanc
é
par la
lectio
au sens et auxproc
é
dures que l'intelligence peut lui approprier pour l'int
é
grer et se donner, tout
à
la fois, pour sa transparence.Cette
quæstio
, qui transforme la relation didactique en relation dialectique, prend l'allure d'un dialoguegyroscopique, disponible
à
toutes les questions venues de tous les points de vue et parcourant en tous sens lasph
è
re d
é
finie par l'orbite du probl
è
me soulev
é
par la
lectio
.
À
la limite donc, la
quæstio
met en cause lal
é
gitimit
é
de la
lectio
en accusant la n
é
cessaire diss
é
mination et en assumant l'in
é
vitable d
é
perdition du sens quelui impose la polys
é
mie que toute
lectio
met en
é
vidence.D'o
ù
la n
é
cessit
é
de la
disputatio
, qui vient sauver la mise en faisant
é
chapper
à
l'insondable ab
 î 
me du sens laplong
é
e perplexe de la
quæstio
dans le miroir de la
lectio
rari nantes in gurgite vasto
. La
disputatio
, en effet,en faisant appel
à
la logique et
à
toutes les habilet
é
s technologiques que la raison d
é
veloppe pour naviguer dansle langage, au plus pr
è
s du sens, en
é
chappant aux caprices m
é
t
é
orologiques des langues naturelles ; la
disputatio
, en polissant le sens par tous les sens du sens, [r]
é
tablit les unit
é
s de sens dans une r
é
[nouv]ellesimplicit
é
et une transparence d'univocit
é
dont le propos ultime consiste
à
permettre — un r
ê
ve ! — l'ad
é
quationdes formules et des substances et, en Somme (th
é
ologique ou logique), l'ad
é
quation des formules de la V
é
rit
é
etde sa Substance. L'exercice de la
disputatio
et la ma
 î 
trise qu'elle entend pr
é
cis
é
ment procurer consistent ainsi
à
 pouvoir et
à
savoir confronter, au sein de toutes les s
é
quences langagi
è
res dans lesquelles les formules de senssemblent exercer leur pertinence, les incoh
é
rences, contradictions et incompatibilit
é
s diverses o
ù
entra
 î 
nent lespertinences partielles ou seulement apparentes de toutes les
quæstiones
possibles.
C'est pourquoi, le comble de la
disputatio
n'est pas la
disputatio ordinaria
, qui travaille dans le cercle inscritd'une
quæstio
déterminée, mais la
quæstio disputata de quolibet 
ou le
Quodlibet 
, qui se fait,
a quolibet 
et
dequolibet 
, c'est-à-dire, à l'hyperbole, comme les thèses de Pic de la Mirandole,
a quolibet de omni re scibili
(« par qui voudra, sur tout le connaissable »), déployant son projet sur la Somme des possibles adéquations du Vrai etdu vrai dire. » (Jean-Claude Polet, in :
 Disputatio Lamberti de Secario Orbique Orcadigeni. Dispute de Lambert de Sy et de l'Anonyme des Orcades
. – Paris : Jean-Cyrille Godefroy, 2002. – [Pp. 5-8].
 
Jan Hus, ancien recteur de l’universit
é
de Prague, grand pr
é
dicateur tr
è
s suivi,
é
tait en contactavec le peuple comme avec la plus haute intelligence ; il mesurait ainsi l'ab
 î 
me qui s
é
pare les
é
vidences d'un discours autonome dans son abstraction et celles qui, tout en fondant lal
é
gitilmit
é
de ce discours, en accuse et en r
é
cuse les termes. Il fut condamn
é
 
à
mort pourh
é
r
é
sie : il d
é
non
ç
ait notamment la corruption du haut clerg
é
, la scl
é
rose religieuse, et l’ab
 î 
meentre le pouvoir eccl
é
siastique exerc
é
au nom de la foi du peuple, et cette foi populaire elle-m
ê
me. En d
é
non
ç
ant l’autorit
é
, et surtout le pouvoir qui y est attach
é
, Jan Hus est all
é
jusqu'
à
 
é
branler la conviction et la fid
é
lit
é
d’un grand nombre de chr
é
tiens
à
la hi
é
rarchieeccl
é
siastique. Il est en cela une des premi
è
res voix qui, en Europe occidentale, appelleront laR
é
forme. Il exprima, le premier avec cette force, la conscience d’un besoin urgent de restaurerl'harmonie entre la raison d'
ê
tre de l'institution eccl
é
siastique et ses modes de fonctionnement,et donc de restructurer de l’
É
glise.
1435, le
De Pictura
de L
é
 on Baptiste Alberti (1404-1472
)
, un de ceux qui vont incarnerl’id
é
al de l’Humaniste, de l'homme universel, dans la soci
é
t
é
savante et religieuse du XV
e
si
è
cle. On lui doit, en outre, des romans, des nouvelles, un trait
é
d’arch
é
ologie marine, untrait
é
d’architecture, un trait
é
de philosophie morale et politique, et des monuments. Dans le
 De Pictura
, Alberti pr
é
conise, selon les modes de la physique optique, la repr
é
sentationpicturale de type perspectif. Cette approche implique qu’un tableau doit
ê
tre con
ç
u commeune fen
ê
tre ouverte sur le sujet qu’il repr
é
sente, ce qui va conditionner le regard, ce qui vaobliger la conscience esth
é
tique
à
 
é
pouser les lignes de fuite lorsqu’elle consid
è
re la l
é
gitimit
é
 de la repr
é
sentation. Avec Alberti, le point focal du regard se trouve d
é
sormais en plein frontde celui qui regarde, qui devient alors ma
 î 
tre de la repr
é
sentation, qui cr
é
e l’univers der
é
é
rence du sens du repr
é
sent
é
. Le spectateur n’est plus jug
é
, jaug
é
, par l’objet : c’est lui quil’estime.
1440, Gutenberg
(1397/1400-1468)
et l’invention de la typographie
. Le principe del'imprimerie existait d
é
 j
à
(xylographie) : il s'agit, cette fois, d'un nouveau proc
é
d
é
decaract
è
res mobiles (r
é
utilisables) en alliage de plomb et d’antimoine (susceptibles d'
ê
trefondus et refondus), seul alliage permettant une impression nette, sans bavures. L’imprimeriepasse ainsi
à
la production industrielle du livre, production auparavant manuelle, artisanale ouartistique. Les livres se multiplieront et leur diffusion produira la n
é
cessit
é
, l’envie, le d
é
sir etle moyen d’apprendre
à
lire. La lecture s’
é
tendra de plus en plus, et cela m
ê
me chez lespaysans. La diffusion des connaissances, du langage va singuli
è
rement
é
voluer. Les languesvont
é
voluer tr
è
s vite
à
partir du moment o
ù
les livres vont
ê
tre mis en commun et enconfrontation avec le langage populaire.
1453 : chute de l’Empire romain d’Orient
. L’Empire romain survivant, et sa r
é
é
rencesymbolique avec lui, s’effondre d
é
finitivement : la civilisation grecque devient invisible dansses hauteurs ; la chr
é
tient
é
originelle se trouve ab
 î 
m
é
e, et l’on voit se profiler sur l'Occidentl'ombre du p
é
ril musulman. La chute de Constantinople, c’est la promesse d’une invasion quirisque fort d'
ê
tre tenue. Le p
é
ril ne sera endigu
é
que par la bataille de L
é
pante (en 1571, sousPhilippe II), pr
è
s d’un si
è
cle plus tard. La chute de Constantinople est donc la n
é
cessit
é
 programm
é
e pour l’Europe occidentale d’
ê
tre le dernier bastion. D’o
ù
le besoin d’unenouvelle force d’unit
é
. Cette id
é
e va rena
 î 
tre sous la forme d’une nouvelle croisade, d’une

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