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Talon Chapelles Croix et chapelles des terres froides

Talon Chapelles Croix et chapelles des terres froides

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Published by ΦΧΦΠ
Histoire de la vie rurale en Bas-Dauphiné
Charles TALON
Alie BELLIER Editeur, 1983
380 pages - ISBN 2-904547-01-0
Histoire de la vie rurale en Bas-Dauphiné
Charles TALON
Alie BELLIER Editeur, 1983
380 pages - ISBN 2-904547-01-0

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CHARLES
TALON
HISTOIRE
DE
LA VIE
RURALE
EN
BAS-DAUPHINÉ
EUe
BELLIER
Editeur
 
LE VILLAGE
33Les
CROIX
---^i'-^^**
Le
baron
Raverat
fut frappé, en 1867, par le
grand nombrede croix
rencontrées en
Bugey.
Il
aurait
pu
faire
la même
remarque
en
traversant
le Bas-Dauphiné
qu'il
connaissait bien.
« Il
n'est personne,
écrivait-il, qui
n'ait
remarqué les
croixque
l'on
trouve
à la
campagne
dans
les
carrefours
formés par
l'intersection
des
chemins, dans
les
endroits
déserts, sur lalisière d'un
taillis
;
croix
de
bois,
de
pierre, quelquefois
de fer,
les unes rustiques,
les
autres plus
ou
moins artistement
travaillées.
Pourquoi
ces
croix
? Le
baron
Raverat
répond : «
...pour
éloigner
Satan
et les
mauvais esprits
qui ont
l'habitude
dese réunir
dans
ces
lieux
écartés ;
mais l'observateur constatequ'elles furent,
le
plus souvent
érigées sur
l'emplacement d'unepierre druidique,
d'un
autel
païen, d'un
terme romain
; ou
bienen
vue de perpétuer un
souvenir
d'intérêt
local,
un
combat,
un
assassinat
;
parfois aussi, pour
délimiter les
paroisses
;
pouraccomplir
un vœu,
soit public, soit particulier
;
pour appeler
sur
les
fruits
de la
terre
les bénédictions du
ciel.
»
Il
faudrait ajouter
à
cette
énumération les
croix
des
sommets,
élevées à la
gloire
du
christianisme
et le
baron
Raverat
aurait
pu
citer
celles
d'Innimont,
du
Grand Colombier,
de
Chamrousse,
du
NivoUet,
du
Mont
Pilât..., qui
s'offrent
au
regarddes Dauphinois.
Si le Bas-Dauphiné est
pauvre
de ces
croix,
c'està
cause
du
petit nombre
de
hauteurs
dénudées
visibles
à
grandedistance.
Il
faudrait ajouter
encore
les
croix
de
missions
; les
croix
des
Rogations
où la
foule
des
croyants
se
rendait
en
procession pour obtenir
la fertilité de la glèbe, la
protection
descoltes ; les
croix
des
Rameaux
où l'on bénissait le
buis,
le
dimanche
précédant Pâques ; les
croix
dressées près des
sourceset
qui
devaient assurer
le
flux
perpétuel de
l'eau vive.
Que de
fontaines
ou de
puits coulent
à
l'ombre
de la
croix
!
Au
début du siècle, et récemment
encore
dans quelquesvillages,
de
vieilles
femmes
se
signaient
en
passant
près de ces
croix dont
le
nombre diminue
en même
temps
que la
ferveurpopulaire
et le
nombre
des
ruraux.
Le
temps
a
raison
des
croix
 
34
HISTOIRE
DE LA VIE
RURALE
EN BAS-DAUPHI
de
chêne
pourtant
taillées
dans
un cœur
imputrescible
; il a
raison
des
croix
de fer ; celles de
pierre
résistent
plus longtemps,
encore
que le gel et les
jeux
des
enfants grignotent
les
angles
et les
inscriptions.
Celles
qui
portent
une
date nous apprennent
que la
Restau
ration
et le
Second
Empire furent
des époques
favorables
àl'érection de ces
monuments.
Rares
celles qui
remontent
à
l'Ancien
Régime :
citons
la
Croix rousse
de
Saint-Priest,
de
1631
; la
croix
de
pierre
de
Pusignan,
près du château,
portant
une
inscription
dégradée et
la
date 1761
; la
croix
de fer fordes
Trois Termans,
à Faverges-
de-la-Tour, descendue
du
clocher
de la
vieille
église et
dont
les
fleurs
de lis
s'effeuillent
avec le
temps.
Au
nombre
de celles
visant
à
christianiser d'anciens sanctuaires
païens,
d'anciens tombeaux,
de
simples ruines
ou à
rappeler
le
souvenir
de
temples
chrétiens
disparus,
il
semblebon
de
compter
celle
de
Saint-Pierre
de Lépieu, en
bordure
de
l'ancienne route
de
Lyon
à
Grenoble,
à la
limite
de Diémoz et de
Bonnefamille.
« Il y
avait
là,
disait
le
Docteur Joseph Saunier,
un
village carolingien
avec une église dédiée à
saint Pierre.
»
Cette croix
de fer
surmonte
un
bloc erratique
en
forme
de
table
près
duquel
on a relevé des
restes
de
construction gallo-romaine.Non
loin
de là, un
autre bloc porte
de
nombreuses cupules fortbien
conservées. Naguère, le troisième
jour
des
Rogations,
on
venait
en
procession
de Diémoz jusqu'à Lépieu. La
coutumeest
abandonnée,
mais
en
1955,
une année de sécheresse, on y
vint
demander
la
pluie.
Des
visiteurs, venus parfois
de
loin,
lui
demandaient
la guérison d'un
enfant atteint
de
convulsions
; ils
abandonnaient
sur la
pierre quelques menues
pièces
d'argent
en
signe
de
gratitude
ce qui
comblait
d'aise
les
enfants
du
voisinageet
les
chemineaux.
Perdue
dans
un
hallier
de
prunelliers,
la
croix
de Lépieu
semble
oubliée des
hommes,
encore
que
quelque
fidèle ait récemment déposé sur le socle
rustique
un
bouquet
de
fleurs
des
champs.
D'après le
Docteur Joseph Saunier,
la
croix
de Césarges,
hameau d'Heyrieux
aux
confins
de
Valencin
et de
Saint-Georges
d'Espéranche, s'élèverait sur
l'emplacement d'une ancienne chapelle.
Le
saint
de
l'endroit, saint Jacques, passait pour
guérir les
enfants
de l'eczéma, appelé
dans
la région « mal des
saints
».

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