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Au Sujet de John Dee

Au Sujet de John Dee

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11/09/2012

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À l’époque de la remontée des intégrismes et autres versets sataniques il n’est pas inutile de voyagerau XVIème siècle pour découvrir un point central de réponses et de questions en rapport avecl’éthique du bonheur et de la technologie occidentale de 1994. Neuf siècles après la révélationislamique, 200 occidentaux de toute l’Europe se retrouvèrent à porter l’esprit de la Renaissanceavec le flambeau de leurs certitudes. Ils étaient mystiques, ingénieurs, mathématiciens, techniciens,courtois, évangélistes du paradis sur terre. Ils créèrent l’humanisme dont tout le monde parle en nostemps de réflexions morales, mais que trop peu connaissent. La démocratie y puise là unedimension transcendantale et biblique. John Dee est celui qui reçut la révélation la plus imposante – plusieurs centaines de pages dont un monologue de Dieu aussi amer et profond que le
 Livre de Job
,où il se repent même d’avoir créé l’être humain… le reste du texte s’apparentant au célèbre livredes
 Dialogues avec l’Ange
– révélation spirituelle de portée universelle dissimulée qui s’inscrit enfiligrane au cœur des relations actuelles de l’humain à son identité, de la société et de la nature, dela femme et de l’homme, des peuples et de leurs histoires, des religions et des politiques, de laliberté et de l’amour. De l’art. La grande aventure de l’évolution de l’esprit humain.
Les mystères de John Dee
Jusqu’à une date récente, John Dee fut regardé comme un maniaque isolé et marginal de l’histoirebritannique de la dynastie des Tudor, n’ayant bénéficié d’aucune étude approfondie, académique etsérieuse, un homme seulement digne d’intérêt aux yeux d’une petite minorité d’antiquaires etd’occultistes. Même aujourd’hui l’
 Encyclopedia Britannica
ne nous propose qu’un petit paragrapheétriqué et sans information exhaustive – sort peu enviable pour un homme qui fut révéré en sontemps – la grande Renaissance – comme l’homme le plus érudit de toute l’Europe.Inspirateur du personnage de Prospero dans la
Tempête
de Shakespeare, John Dee est à la base de larévolution technicienne anglo-saxonne moderne et des contradictions éthiques du système héritéeset transformées par l’exercice du pouvoir. Faire sa biographie revient à faire œuvre en matièred’histoire des sciences et des technologies (astronomie, astrologie, mathématiques, mécanique), dessociétés (de l’antiquité au XVIème siècle) et des spiritualités (mondiales).John Dee donna à l’Angleterre le concept politique d’« Empire Britannique » et ouvrit les flux denavigation de la Grande-Bretagne avec la Russie et l’Amérique. Il prétendit avoir communiqué avecles anges comme si les rois, les empereurs et les grands ne lui suffisaient pas. Une vie qui se déroulecomme un film d’aventure mystico-politique, une épopée au rythme d’un thriller mythique carShakespeare n’est vraiment pas loin et la Tempête eût vraiment lieu….
Biographie
John Dee est né à Londres le 13 juillet 1527. Il était le fils de Rowland Dee, un courtier au serviceprivé du roi Henry VIII. Les deux familles d’origine galloise s’étaient soudées durant la guerre desdeux roses où la pourpre des Tudor avait vaincu la blancheur de la rose d’York. De 1542 à 1545,John Dee étudie au Collège St John de Cambridge dont il raconte ; “
J’étais si profondément plongé dans l’étude que durant ces années je respectais de manière inviolable mon emploi du temps ;
 
seulement quatre heures de sommeil chaque nuit ; deux heures par jour pour prendre nourriture et boisson (et quelques rafraîchissements après) ; et le reste des dix-huit heures (excepté le temps pour aller et réaliser le service divin) passa dans mes études et apprentissage).
” Puis le TrinityCollege. Reçu bachelier ès Arts en 1546 il devient l’un des membres de la Société des Amis duTrinity College, toujours à Cambridge.Cette même année, il construisit une machine volante pour la représentation de l’apparition théâtralede Zeus dans
 La Paix
, pièce d’Aristophane. Infortunément, cette prouesse technique pour l’époqueforgea la base d’une accusation de pratique des arts magiques maléfiques (pensez donc à Zeus entrain de voler sur un char au sein de l’Olympe à la sortie du moyen-âge religieux !) et un évocateurdes mauvais esprits. Banal. La dure vie du XVIème siècle. Comme Bertrand Gilles l’a indiqué dansson célèbre ouvrage
 Les Ingénieurs de la Renaissance
, les mystiques seuls étudiaient lesmathématiques qui aboutissaient à concevoir des machines permettant de faire disparaître lesouvrages pénibles pour l’humanité. Mais l’Eglise avait interdit cette pratique des « arts mécaniques» jugés diaboliques. Seuls les rois et la haute noblesse militaire protégeaient une part de laconnaissance technique héritée de l’antiquité pour fabriquer des armes, des ponts, des véhicules, desscaphandres, des moulins, des proto-machines volantes ou plongeantesEt les 200 de larenaissance européenne…Mais Dee s’en dépêtre. On court dans toute l’Europe et les villes sont de verdure fleuries. Ets’enfuit. La Belgique. Les Flandres. De 1548 à 1551, John Dee poursuit des études à Louvain,université soutenue financièrement par la papauté et l’Empereur Charles V, réputée dans toutel’Europe pour l’étude des Lois Civiles et des Mathématiques. John Dee visite également Anversavant d’arriver à Paris et y faire la performance remarquable pour un jeune homme de 33 lecturessuccessives sur Euclide. “
Une chose qui n’avait jamais été faite publiquement dans aucuneUniversité de la Chrétienté 
”, comme il le notera lui-même avant de préfacer le premier ouvragebritannique d’Euclide qui servira encore à l’enseignement des mathématiques dans les collègesanglais de 1914. Mais surtout le passage de John Dee à Louvain qui n’achèvera pas son doctorat futcelui de sa rencontre et de sa très longue amitié avec Gérard Mercator, le premier géographe duglobe terrestre réel, le fondateur de la géographie moderne. John Dee retourne en Angleterre enpossession du secret de la boussole orientée sur le pôle magnétique dont la place et le rôle sontdécouverts par Gérard Mercator, les contrées d’Amérique et les passages présumées vers la merBaltique et la Russie. C’est l’amitié de John Dee qui ouvre la dimension « d’empire maritime” aumonde anglo-saxon. La Russie. Et la Virginie…En Angleterre il passe les années 1551 à 1553 comme tuteur de Robert Dudley, fils du LordProtecteur Northumberland, et plus tard Comte de Leicester. En 1553, Edouard VI lui confère deuxEglises en fonction, avec leurs pensions, les rectorats d’Upton-on-Seven, Worcestershire et LongLeadenham, Lincolnshire. Toutefois, l’accession de la Reine Mary Tudor (mariée à l’ultra-catholique roi d’Espagne Philippe II qui réprime le protestantisme puritain) provoqua un déplaisantrevers de fortune d’autant que les étudiants en arts magiques et mathématiques (à l’époque c’est lamême discipline, interdite en même temps que l’étude de tout art « mécanique ») sont poursuivispar les bûchers. John Dee est emprisonné en 1555 sous l’inculpation d’être « soupçonné d’avoirlancé des enchantements contre la Reine ». Il est relaxé, mais son majordome, Barthlet Grene, estbrûlé vif.Pour retrouver son crédit, John Dee adresse une supplique à la Reine Mary pour la recherche et lapréservation des anciens écrits (brûlés par les tribunaux) et monuments. 1556. Il est embauchécomme assistant d’un inquisiteur. Il récupère tous les manuscrits d’alchimie (qu’il étudie) saisis auxdomiciles des prévenus de la justice ecclésiastique et accumule un énorme fonds de manuscrits quiservira à l’essor scientifique ultérieur de la Grande-Bretagne.
Si le facteur essentiel d’uneuniversité est une excellente bibliothèque, FR Johnson a souligné que la maison de Dee peut vraiment être considéré comme l’académie scientifique d’Angleterre durant la première moitié durègne d’Elizabeth 1ère d’Angleterre
.” comme le soulignent les modernes biographes de John Dee,Frances Yates et Peter French. Sa bibliothèque inclut les oeuvres complètes de Platon et d’Aristote,
 
les drames d’Eschyle, Euripide, Sophocle, les sentences de Sénèque, Terence et Plaute, les écrits deThucidyde, Hérodote, Homère, Ovide, Tite-Live, Plutarque.Mais la Reine Mary Tudor vient de mourir.Il avait de nombreux ouvrages sur la religion et la théologie : la
Bible
, le
Coran
, St Thomasd’Aquin, Luther, Calvin. Tous les ouvrages majeurs pour les antiquaires britanniques contemporainsétaient présents, incluant toutes les œuvres de sciences, de mathématiques. La géographie.Evidemment, pour un homme de la Renaissance, le mysticisme et le magique étaient importantsdans le schéma de rangement, avec Plotin, Roger Bacon, Raymond Lulle, Albert le Grand, MarsileFicin, Pic de la Mirandole, Paracelse, Trithème et Agrippa. Et d’autres. Toute la Renaissance en unseul érudit. En faire la biographie, c’est donner la connaissance scientifique et technique del’antiquité au XVIème siècle. Un cours d’art de la mémoire (base de l’éducation traditionnelle) enprime.
Le magicien de la reine Elizabeth 1ère d’Angleterre
L’astrologue de la date retenue pour le couronnement solennel de la Reine Elisabeth 1èred’Angleterre s’appelle John Dee. Il la servira avec un dévouement peu commun durant toutes lesannées de son règne. Dee fut connu à la Cour avec son air de barde merlinesque et retrouva leComte de Leicester, son premier élève, ainsi que le cercle de Sir Philip Sydney, l’amitié profonde deSir William Cecil, et de nombreux autres proches de la Couronne dont le responsable des servicessecrets, Sir Gresham, incluant – spécialement – la Reine elle-même. Le matricule d’agent secret deDee auprès de la Reine fut le chiffre 7. C’est une très bonne période. Des années « studieuses,productives et remplies de succès ». Il voyait la Reine plusieurs fois par semaine en conversationsprivées. Elle venait souvent chez lui à l’improviste. Il semble avoir rempli tout à la fois le rôle d’unconseiller politique, spirituel, militaire, culturel et technique. Secrets d’état britanniques. John Deevoit l’Angleterre sauvée si elle se décide à acquérir la maîtrise des eaux. La création de la flotteanglaise avec le bois russe. Ivan le Terrible est bientôt connu par les courtiers sous le nom de « Tzaranglais ». Il est si impressionné par la renommée de John Dee qu’il l’invite à Moscou, lui offrantnourriture et grande maison en plus de 2000 livres par an. John Dee refuse en bon patriote. En 1580John Dee présente à la Reine Elizabeth une carte de l’hémisphère nord lui permettant d’asseoir salégitimité des droits anglais sur l’Amérique du Nord. Et de promouvoir trois ans plus tard lesvoyages de son ami Sir Walter Raleigh avec le baptême de la « Virginie » et l’expédition del’Orénoque, inspirant aussi celles de Francis Drake. L’Empire britannique naît tandis que la Francese débat dans ses Guerres de Religion distanciées à l’envi par les œuvres de Français Rabelais…Pour lire les ouvrages cryptés et évaluer le rôle de son pays sur le plan physique et métaphysique,John Dee est surtout intéressé par les cryptographies de l’alchimie, de la qabal et les possibilités decommunication directe avec les forces divines de vie émanant des textes décodés. Il possèdel’ensemble des œuvres de Roger Bacon, ce moine franciscain du XIIIème siècle qui décrit les étapesde la révolution scientifique qui ne s’accomplira qu’au XVIIème, et fera le pont avec Francis Baconqu’il rencontre à deux reprises, lui révélant le rôle essentiel de la méthode expérimentale pourl’essor des sciences et des techniques utiles à l’humanité ainsi que sa responsabilité vis-à-vis deRoger Bacon, portant le même nom que lui. Francis n’était pas aussi profond, mais il fera connaîtredu monde scientifique une vision de la méthode expérimentale qui bien que manquant de sel n’endemeure pas moins réelle.Comme tous les grands renaissants, John Dee découvre dansl’Arbre de Vie un schéma de synthèse œcuménique de toutes les religions et mythologies, schéma fonctionnel où couleurs, minéraux,plantes, arbres, lettres, nombres, parties du corps, portions du ciel et noms divins se correspondent.L’alchimie lui fait faire un voyage en Hongrie pour acheter un antimoine puté, mais lesexpériences qu’il réalise de nombreuses années ne sont pas concluantes. Ce sont surtout lesmanuscrits magiques qui vont ouvrir les portes d’étranges expériences, celles de la philosophieocculte.

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