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PAGE 1 SUR 5 – ENVISAGER UNE CONSTRUCTION PASSIVE – FEVRIER 2007
GUIDE PRATIQUE POUR LA CONSTRUCTION ET LA RENOVATION DURABLE DE PETITS BATIMENTSRECOMMANDATION PRATIQUE ENE12
GUIDE PRATIQUE POUR LA CONSTRUCTION ET LA RENOVATION DURABLES DE PETITS BATIMENTS
- RECOMMANDATION PRATIQUE ENE12 -
 
ENVISAGER UNE CONSTRUCTION PASSIVE
Pousser les mesures d’économie d’énergie jusqu’à ne plus avoir besoin d’un système de chauffage conventionnel.
PRINCIPES
DEMARCHE
La qualité de l’enveloppe des bâtiments est un élément déterminant de leur consommationénergétique. Depuis 20 ans, le niveau d’isolation des constructions neuves ne cesse des’élever. Ces dernières années sont apparus des bâtiments dont les performances del’enveloppe sont telles que le recours à une source de chaleur conventionnelle devientquasiment inutile. Cette isolation très élevée peut être associée à une ventilation hygiéniqueavec récupération de chaleur, qui sert également à apporter le petit appoint de chaleurnécessaire au plus fort de l’hiver. On parle de « maisons passives ».Cette appellation est un standard énergétique d’origine allemande, gérée en Flandre par l’asblPassiefHuisPlatform et en Belgique Francophone et dans le nord de la France par la PlateformeMaison Passive. Ce label peut être attribué à tout type d’affectation : maisons, bureaux, écoles,etc. Seules les asbl citées ci-dessus sont aptes à certifier la construction. Elles se basent pourcela sur des prévisions de consommations établies au moyen de logiciels de calcul reconnus etsur une mesure de l’étanchéité à l’air du bâtiment réalisé.
Logo de la Plateforme Maison Passive a.s.b.l.
OBJECTIFS A ATTEINDRE
Les principes à suivre pour obtenir une certification « maison passive » sont les suivants :
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Réduire les déperditions thermiques par une très bonne isolation des parois et lecontrôle de tous les ponts thermiques.
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Réduire les pertes de chaleur par un contrôle strict des défauts d’étanchéité à l’air dubâtiment (débit d’infiltration sous 50 Pa (appelé n50) inférieur à 0.6/h (voir fiche surl’étanchéité à l’air des parois).
 
 
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Garantir la qualité de l’air par un système mécanique de ventilation forcée avecrécupérateur de chaleur à haut rendement, et éventuellement couplé à un puitcanadien.
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Valoriser les énergies renouvelables (géothermique, solaire…).
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Réduire la demande énergétique par l’utilisation d’équipements électroménagers àmeilleur rendement.
Capteurs solaires et groupe de ventilation double flux avec échangeur de chaleur.Maisons passives Heusden (Gand) 2005.
Le respect de ces points vise à garantir le confort intérieur sans l’apport d’un système dechauffage conventionnel, central par exemple. De façon chiffrée, la demande énergétiqueannuelle pour le chauffage doit être inférieure à 15 kWh/m²/an et la demande finale globaled’énergie pour le chauffage, l’eau chaude et les équipements domestiques doit être inférieure à42 kWh/m²/an.
ELEMENTS DE CHOIX
ASPECTS TECHNIQUES> Quel impact sur la conception des parois ?
Les performances exigées impliquent une isolation très poussée des parois. Il n’est pas rare devoir des épaisseurs supérieures à 20 ou 30 cm de matériau isolant. Des techniques deconstruction à ossature, souvent en bois, seront généralement utilisées pour faciliter la mise enœuvre de telles épaisseurs.
> Quel impact sur la conception des techniques spéciales ?
La qualité thermique de l’enveloppe des maisons passives rend le chauffage central inutile.Cependant, un faible apport de chaleur reste nécessaire dans certains locaux au plus fort del’hiver. Il sera assuré par la ventilation, où l’appoint peut-être donnée par des résistancesélectriques, des échangeurs de chaleur liés au ballon d’eau chaude sanitaire ou des pompes àchaleur sur l’air extrait. Parfois, on dispose un poêle au bois d’appoint dans un espace centraldu bâtiment. Le système de ventilation assure alors la distribution de la chaleur dans lebâtiment.La question de l’appoint de chauffage pour l’eau chaude sanitaire se pose également, d’autantque le réservoir d’eau chaude sanitaire peut devenir un réservoir de chaleur pour toute lamaison et que si on a recours à des panneaux solaires, ceux-ci ne couvrent qu’environ 50 %des besoins. Là aussi, des résistances électriques ou des pompes à chaleurs peuvent êtreenvisagées, tout comme des brûleurs au gaz ou au bois.On le voit, le slogan « maison sans chauffage conventionnel » ne veut pas dire « maison sanstechniques » : celles-ci consistent principalement en une installation de ventilation à double fluxavec récupération de chaleur et appoint éventuel, et en la production d’eau chaude sanitaire,éventuellement partiellement solaire.
 
 
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Or, la première qualité des installations d’une maison doit être leur simplicité. Lescaractéristiques très particulières des maisons passives risquent-elles d’entraîner une dérivevers des maisons aux ambiances conditionnées et vers une surabondance de techniques ? Apriori non, car deux facteurs limitent ce risque : les limites de consommation électriqueimposées par le standard et l’ampleur de l’investissement dans l’enveloppe, qui limitegénéralement la capacité du maître d’œuvre d’investir dans les techniques spéciales.
ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX
La consommation d’énergie pour le chauffage représentait en 2003 72 % de la consommationd’énergie totale des logements Bruxellois, soit près de 30 % de la consommation totaled’énergie de la Région. En rénovation, l’intégration des composants du standard passif(isolation, étanchéité, absence de ponts thermiques) ne permet généralement pas d’atteindre leniveau passif, soit 15 kWh/m²an. Les valeurs atteintes tournent autour de 15…30 kWh/m² an.Bien que les principes de la construction passive ne s’appliquent donc pas directement à larénovation du parc de logement existant, on voit l’intérêt qu’il y a à promouvoir cette démarche :une réduction importante de la consommation de chauffage des bâtiments de la Région auraitun impact majeur sur sa consommation totale d’énergie.
ASPECTS ECONOMIQUES
La construction d’une maison passive implique un certain surcoût par rapport à uneconstruction classique (surisolation, triple vitrage, essai de pressurisation, etc.). Par contre,d’autres frais sont évités ou fortement réduits, notamment le coût de l’installation de chauffage.Au final, la maison passive reste cependant plus chère à la construction.En ramenant l’économie d’énergie et le coût de construction sur une période de 30 ans, le coûtd’une maison passive est 10 % supérieur à celui d’une maison peu isolée. Ce calcul ne prendcependant pas en comptes des aspects comme le confort, l’impact écologique, la qualité de laconstruction, etc. (source : www.passiefehuisplatform.be).La revue Test-Achat a publié en mars 2006 une étude sur la rentabilité financière des mesuresd’économie d’énergie dans le bâtiment. Selon cet article, un surinvestissement de 24 000 €peut être récupéré en trente ans grâce aux performances thermiques de la maison passive.Une maison passive sera donc « financièrement rentable » sur 30 ans (en supposant unecroissance de 3% par an du coût de l’énergie) si le surcoût induit par ces mesure ne dépassepas 24 000€.Notons qu’il existe depuis peu une prime régionale spécifiquement dédiée aux maisonspassives. En outre, les bâtiments construits selon ces principes sont bien évidemment enpremière ligne pour bénéficier de toutes les aides publiques pour l’isolation des bâtiments et lesinstallations techniques économisant l’énergie. Pour plus d’info, nous répertorions quelquesliens utiles dans la bibliographie.
ASPECTS SOCIAUX ET CULTURELS> Quel impact sur le confort d’hiver ?
Une des conséquences de la surisolation et de la récupération de chaleur sur l’air extrait estl’uniformisation des températures dans la maison. Il n’est a priori pas possible de ménager parexemple une température plus basse dans les chambres, ou dans certains locaux moinsutilisés, à moins de jouer avec des ouvertures de fenêtres, ce qui est contraire au principe decontrôle de l’étanchéité du bâtiment. Cette uniformité ambiance peut être regrettée par certains.Par ailleurs, on voit fréquemment de petits radiateurs, lié au ballon d’eau chaude sanitaire,installés dans la salle de bains pour apporter un éventuel appoint localisé.
> Quel impact sur le confort d’été ?
De par leur très forte isolation et leur faible masse thermique (due à l’ossature bois), lesmaisons passives sont sensibles à la surchauffe dès la mi-saison. Il sera, encore plusqu’ailleurs, nécessaire de disposer de protections solaires efficaces et d’une possibilité deventilation nocturne importante. La présence de planchers massifs est également fortementconseillée.
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