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La gestion des répertoires linguistiques: langue initiale, seconde et étrangère en Galice

La gestion des répertoires linguistiques: langue initiale, seconde et étrangère en Galice

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LA GESTION DES RÉPERTOIRES LINGUISTIQUES:LANGUE INITIALE, SECONDE ET ÉTRANGÈRE ENGALICE
Carlos Valcárcel , Laura Pino et Francisco Froján
Université de Vigo, Université de Santiago et CIFP Compostela-Santiago
Depuis son introduction par Gumperz dans les années 1960, le concept de « répertoirelinguistique » a été largement utilisé en sociolinguistique. Il est normalement définicomme l'ensemble des variétés d'une ou plusieurs langues connues (activement ou passivement) par les membres d'une communauté linguistique. Ceux-ci disposentdonc d'un éventail de variétés linguistiques (codes, styles, registres) qu'ils choisissenten fonction des exigences des différentes situations communicatives. Il ne faut pasvoir les répertoires linguistiques comme des groupements chaotiques de ressourceslinguistiques car celles-ci sont hiérarchisées et liées à des fonctions et à dessignifications sociales précises (Boix, 1998: 121; Gumperz, 2000: 181-183; Lorenzo,2000: 358).Dans ce travail, nous ne prendrons pas en compte tous les éléments du répertoirelinguistique de l'ensemble des Galiciens, mais seulement ceux qui sont définis oureconnus comme « langues ». Par conséquent, nous utiliserons ici l'expression« répertoire linguistique galicien » ou « des Galiciens » pour faire référence àl'ensemble des langues connues par la population galicienne. Nous procéderons doncà une simplification que nous avons jugée nécessaire en termes d'analyse et qui nosmène à inclure dans le répertoire linguistique de la Galice ses deux langues co-officielles (le galicien et le castillan), les langues des immigrants (portugais
1
,roumainet arabe) et les langues étrangères les plus étudiées: anglais et français.
1. Langues parlées en Galice
Avec une superficie de 29.574,4 km2et une population d’environ 2,8 millionsd’habitants, la Galice est l’une des 17 communautés autonomes qui constituentl’Espagne actuelle. Elle occupe l’extrême nord-ouest de la Péninsule Ibérique à lafrontière avec le Portugal. Traditionnellement dispersée dans les zones rurales, la population galicienne tend, depuis les années 1960, à se concentrer le long du“couloir atlantique” qui relie les principales agglomérations urbaines: le GolfeArtabre (La Corogne et Ferrol), Saint-Jacques-de-Compostelle et les Rías Baixas(Vigo et Pontevedra). Même si la plupart de la population galicienne est déjà urbaineou péri-urbaine et que 60% des emplois sont générés dans le secteur services,l’économie et la société restent toujours intimement liées aux ressources naturellesfournies par la campagne, les rias et les immenses extensions forestières. Ainsi, 10%
1La constitution du galicien comme une langue différente et donc séparée du portugais a étrès contestée au cours de ces dernières décennies (Alén-Garabato, 2000; Rodrigues,2001). Cependant, cette position étant celle des gouvernements galicien et espagnol, nousl'avons adoptée pour ce travail.
 
de la population active est employé dans le secteur primaire (pêche, agriculture etsecteur forestier) en Galice, tandis que dans l’ensemble de l’Union Européenne letaux d’occupation dans le primaire ne dépasse pas 2%. Le poids de certains secteursclés comme le laitier, le forestier et notamment celui de la pêche (aussi bien côtièreque hauturière) est toujours considérable en Galice, bien que d’autres secteursstratégiques comme le textile ou l’automobile se soient aussi développés à partir desannées 1970.La Galice est un territoire plurilingue. À côté du galicien, « langue propre » du paysselon la Charte d’Autonomie adoptée en 1981, la majorité de la population parle aussile castillan. D’après les données officielles concernant les usages linguistiques de la population galicienne, l’emploi de l’espagnol se répand toujours et assez vite,notamment chez les jeunes et dans les villes, les pratiques linguistiqueshispanophones sont déjà majoritaires. Les dernières données fournies par la RealAcademia Galega (RAG) indiquent qu’en 2004 à peu près 38% de la population parlait habituellement le galicien, soit de façon exclusive (15,8%), soit de façon préférentielle (22,6%). 61% de la population galicienne s’exprimait de préférence enespagnol, même si 35,3% parle aussi galicien dans certains contextes. Cependant, les pratiques bilingues concernent toujours la majorité de la population: en fonction ducontexte, les deux langues co-officielles sont utilisées au quotidien par 58% deslocuteurs, dont 61% a plutôt tendance à choisir l'espagnol pour leurs échangeslinguistiques (González, 2008: 40).
Élaboré à partir des données publiées par la RAG (González, 2008)
Pendant ces dernières années, le Séminaire de Sociolinguistique de la RAG a constatéun recul des pratiques linguistiques en galicien et une progression du castillan dansles échanges linguistiques de la population. Dans les zones rurales, où une écrasantemajoriutilise toujours le galicien comme langue habituelle, les pratiquesmonolingues dans cette langue commencent à reculer au profit du bilinguisme.
Langue habituelle en Galice (2004)
25,8%35,3%22,6%15,8%0,5%
Espagnol uniquementEspagnol de prérenceGalicien de prérenceGalicien uniquementD'autres langues
 
D'autre part, dans les zones péri-urbaines et dans les petites villes le recul de l'usagedu galicien en faveur du castillan est beaucoup plus accentué. En milieu urbain, mêmesi le pourcentage de locuteurs monolingues en galicien a tendance à se stabiliser, lamajorité de la population abandonne progressivement le bilinguisme au profit d'unusage exclusif du castillan dans ses échanges communicatifs. À présent, les villesgaliciennes connaissent une croissance du pourcentage de locuteurs monolingues(González, 2008: 40-90). Cette expansion du monolinguisme paraît conduire peu à peu à une polarisation des locuteurs urbains entre une minorité galaïcophone quiexige l'égalité des droits et une majorihispanophone dont certains locuteursressentent les politiques de protection du galicien comme une imposition linguistique.Le recul progressif de l’usage du galicien comme langue habituelle et majoritaire dela population est le résultat d’une ancienne et lente expansion de l’usage de l’espagnolà partir des villes et qui s’est surtout accélérée pendant la deuxième moitié du XX
ème
siècle. Ce processus est étroitement lié à certaines transformations socio-économiques(urbanisation et périurbanisation de la population rurale, tertiarisation de l’emploi, progression des niveaux d’instruction etc.) qui ont profondément changé le pays pendant ces dernières décennies (Mariño, 1998: 336-376). De même que dans d'autresterritoires euroens, l'utilisation de la langue autochtone a été associéetraditionnellement à la ruralité, à l'analphabétisme et à la pauvreté. En fait, malgré les politiques sociales et culturelles appliquées pendant les dernières décennies, lesétudes ratifient le maintien de la corrélation sociolinguistique entre l’usage dugalicien et un faible niveau éducatif. Selon la RAG, l’emploi de cette langue continued’être prédominant chez les groupes moins instruits (82.7% des gens avec moins de 5années de scolarisation, 61.7% des gens ayant seulement des études primaires, face àun 27. 2% d’universitaires) (González, 2008: 61-67).Par rapport à l'usage d'autres langues, les données fournies par l’Observatoire de lalangue galicienne montrent son faible poids en Galice: seulement 0,20% de la population galicienne parlerait habituellement une langue non co-officielle en 2007 .L'étude de la RAG élève ce pourcentage à 0,48% (González, 2008: 40; Observatorioda lingua galega, 2007: 61). Cela est dû au fait que l'immigration est un phénomènetrès limité en Galice, qui a été traditionnellement une terre d'émigration. Selonl’Instituto Nacional de Estadística (2008), en 2007 les étrangers constitueraient un peu moins de 3% de la population galicienne, un pourcentage bien inférieur que celuiaffiché par toute l’Espagne: 10%. D'autre part, la plupart (70% environ) desimmigrants en Galice provient de pays hispanophones (Arique Latine) etlusophones (Portugal et Brésil notamment), ce qui fait qu’ils parlent et comprennentassez bien au moins une des langues co-officielles de Galice. Selon la RAG,seulement 6% des locuteurs d'origine non galicienne parle le galicien de façonexclusive. Chez les allophones la situation est similaire: parmi les Galiciens qui n'onteu aucune des langues co-officielles comme langue initiale, à peu près 60% a lecastillan comme langue habituelle, 28% environ emploie le galicien de façonexclusive ou préférentielle et 13% environ utilise toujours sa langue initiale auquotidien (González, 2007: 39-41; González, 2008: 50).

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