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Mme Benyahia-Taïbi GhaliaUniversité d’Oran
Introduction :
Dans ce travail, nous allons approfondir les notions de concurrence et d’innovation tout eninsistant sur le rôle des MDD et l’existence de l’imitation dans le secteur.Ce travail analyse les thèmes relatifs à l’innovation et à l’imitation : la R&D dans le secteur,la marque et la stratégie de communication, la qualité, les relations et les accords inter-firmes,l’emploi et les ressources humaines ainsi que la propriété industrielle et sa protection. Enfin,nous présenterons les quelques apports théoriques sur l’imitation dans le secteuagroalimentaire.
I. Le produit alimentaire :
Le produit alimentaire est la combinaison entre les caractéristiques intrinsèques et extérieuresde celui-ci (aspect, saveur, originalité, plaisir attendu, etc.), les facteurs de production(origine, âge, mode de production, etc.) qui ont contribué à son élaboration et sa fabrication,ainsi que ses identifiants (prix, marque, signes distinctifs, etc.). Les attributs d’un produitalimentaire sont sa texture, son goût et son odeur (flavour) ainsi que sa couleur. Les qualitésorganoleptiques d’un produit sont sa texture, son goût et son odeur (B. Yvon, 1996).D’autres attributs sont à ajouter tels que l’aspect général et la forme notamment l’emballage etle conditionnement, l’hygiène (conformité à la réglementation), la commodité d’emploi, le prix, la nutrition prise sous l’aspect de santé et la bonne forme. Cet ensemble comporte quatrecomposantes essentielles pouvant interagir. Il s’agit de (P. Aurier et L. Sirieix, 2004) :
Le produit physique (ou le « cœur du produit ») : il représente la partie ingérée par leconsommateur (le jus de fruits par exemple).
Le packaging : c’est son emballage et son conditionnement. Un jus sera conditionné dansune bouteille en verre, avec une étiquette, il peut être mis en briques de 25cl chacune et
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L’innovation et l’imitation dans le secteur agroalimentaire
 
 
entouré de film plastique, etc. Le packaging inclut également la mise en palette permettantle transport.
Le service associé au produit : tel que les informations sur les étiquettes du produit, sur lemode de conservation, la composition nutritionnelle, des conseils d’utilisation et de présentation, l’adresse et le numéro de téléphone du service consommateurs, etc.
La marque : les bénéfices apportés par cet élément sont subjectifs et ne peuvent êtreapportés par aucun autre élément. La marque portée par le produit est très importante pour le consommateur ; elle permet une sorte de sécurité, elle peut faire référence au bon choix,à la bonne qualité, au sentiment d’accéder à ce qu’il y a de meilleur sur le marché, de plusinnovant, de plus en vogue, etc.Le produit alimentaire se caractérise par une consommation en état impeccable et une production agricole saisonnière. Le secteur agroalimentaire a comme matières premières desdenrées alimentaires. Le produit fini n’a pas de service après-vente. Les degrés de liberté del’entreprise sont limités mais la qualité est maîtresse.Pour devenir un produit alimentaire, un produit agricole peut subir les quatre transformationssuivantes (B. Yvon, 1996) :1.Une transformation physique : le lait devient du fromage.2.Une transformation de taille de lot (ou un fractionnement) : un bovin devient unmorceau de viande de 250g.3.Une transformation dans le temps : le blé récolté en juillet devient de la brioche offerteà la vente sur toute l’année. C’est un allongement du temps de mise à disposition.4.Une transformation dans l’espace : les petits pois coltés dans l’Aisne sontdisponibles dans le supermarché Delhaize de Louvain ; c’est un déplacement.Les consommateurs préfèrent les nouveautés. C’est ce qui confirme la tendance aux produitstransformés même une transformation légère. Cette transformation permet l’apport d’unerégularité, d’un service, d’une disponibilité, d’une reconnaissance et d’une identificationfacile.Le service dans le produit alimentaire est crucial. Il est en évolution constante avec desdéterminants de plus en plus strictes : gain de temps, gain de place, praticité dans l’achat, lestockage et l’utilisation, des durées de DLC plus longues, etc.(J-M. Bouquery et C. Renault,1996). Le produit est devenu un service lui-même d’où la notion « produit- services ».Les produits issus des IAA peuvent avoir comme composantes en services les six aspectssuivants (Déméter 2000, 1999) :
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1.L’innocuité des produits : c’est le premier service attendu.2.L’homogénéiet la gularides caractéristiques du produit (physiques et biochimiques).3.La variété de l’offre : la qualité est un service.4.La connaissance du produit et les informations sur le processus productif dont il estissu5.Les prestations de services associés au produit : délais de livraison, réactivité, taux deservices, etc.6.Les garanties portant sur les produits (les prestations d’assurances).L’acte d’achat reste l’arbitre entre les différents produits existants. Les critères minimauxd’acceptabilité d’un produit dans le marché sont fondamentalement : un bon rapportqualité/prix (ou le respect de la qualité minimale) et un conditionnement adapté. Les produitsqui ne satisferont pas ces critères seront rejetés par l’acte d’achat. Il reste alors à sélectionner entre les différents produits restants, répondants différemment aux besoins et attentes desconsommateurs ; des nouveaux produits engendrant de nouvelles habitudes de consommationou répondant à une tendance, des produits classiques ou des produits anciens rajeunis (J-M.Bouquery et C. Renault, 1996).Les services permettent également la fidélisation de la clientèle. La gamme de services dansles produits devient alors très étendue. Même les produits agricoles disposent d’un certainéventail (relativement limité) de possibilités d’innovations de produits. Tel est le cas du signeAB par exemple.La clé du succès de l’innovation semble être la connaissance du marché final. L’agriculturede par son éloignement du marché final ne peut réussir ses innovations qu’à travers des partenariats qui permettent d’accéder aux connaissances requises et offrir des produits-services adaptés à la demande finale. L’innovation est monopolisée par les acteurs d’aval.Cependant, ces derniers font face à d’autres types de problèmes en termes d’innovation. C’estl’un des sujets traités dans le présent travail.
II. La R&D et l’innovation dans le secteur agroalimentaire :
Jusqu’à la seconde guerre mondiale, les IAA n’avaient pas de recherches spécifiques. Toutesleurs avancées étaient dues à celles des autres secteurs. En 1951, le génie alimentaire (« foodengineering ») est apparu aux Etats-Unis pour devenir un domaine de recherche spécifique. Ilvise le traitement et la transformation des matières premières agricoles. Le génie alimentaireest arrivé en France à partir de 1961 avec les ouvrages de Loncin et l’établissement de la
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