1° La forme de l’impôt
(« prestation
pécuniaire
»). Pour auteurs du 19
e
, pécuniarité del’impôt est signe de la modernité, et distinction d’avec les formes anciennes (prélèvementen nature : ex corvée). NB : Gabriel Ardant a écrit
Histoire de l’impôt
, où il explique que passage de l’impôt en nature à l’impôt pécuniaire a été une libération pour lecontribuable ; certes, contribuable toujours contraint de payer, mais monnaie est fongible,donc paiement bien plus aisé et libre
progrès pour les libertés individuelles.
2°La régularité du prélèvement
(« prélevée régulièrement »). Régularité estcaractéristique forte de l’impôt, car : il peut y avoir prélèvements forcés qui n’ont pascaractère régulier. Ex : quand prélèvements forcés sont levés de manière exceptionnelle(pillage, razzia, …) ; impôt a à voir avec domination et pouvoir, il procède souvent d’unrapport épisodique (conquête d’un territoire : conquérants veulent exercer pouvoir etsoumettent population avec tribut puis impôt).
3° Le caractère autoritaire du prélèvement
(« prélevé (…) par voie d’autorité »).
Impôt peut être levé contre volonté individuelle. Problème : comment concilier démocratie etconsentement forcé ?
« Consentement à l’impôt »
: pas consentement individuel, maiscollectif, via représentants. Si pas paiement de l’impôt, puissance fiscale peut forcer contribuable à payer (« recouvrement forcé »). Prélèvement par voie d’autorité fait que
l’impôt ne peut être refusé ou négocié
. b)Finalités de l’impôt
1° La couverture des charges publiques
(« en vue de couvrir les charges publiques »).
Impôt servirait uniquement à financer dépenses nécessaires au fonctionnement des services publics :
assure légitimité de l’impôt
. Conséquence : impôt ne peut être perçu par personnes privées.
2° L’absence de contrepartie
(« sans contrepartie directe ») : quand contribuable paieimpôt, il ne paie pas en échange d’un service précis.
Impôt n’est pas le «
prix
» desservices publics
, il
ne procède pas d’un «
échange économique
» : pas de rapportmarchand dans paiement de l’impôt
. Pas de lien direct entre services publics et impôt.
Conséquence : contribuable ne peut refuser de payer au motif qu’il n’utilise pas tel outel service public
(si impôt était conçu comme prix d’un service, cela affaiblirait l’Etat).
Grande conviction de doctrine sur ce point : l’impôt n’est pas autre chose qu’unenécessité pour le fonctionnement de la société organisée
; pas d’autre raison d’être del’impôt que la nécessité d’assurer le fonctionnement des services publics.
Impôt permetuniquement organisation de la vie collective
.2.Les limites de cette définitionDéfinition, adoptée au 19
e
s, est toute relative car exprime état de société à ce moment-là.Limites tiennent à 2 aspects :a)La valeur relative de certains critèresCertains critères de l’impôt n’ont pas une valeur absolue.
Ex forme pécuniaire de l’impôt
: il subsiste, en droit fiscal français actuel, des
possibilités de paiement en nature
de l’impôt.
Dispositif particulier, la
« dation enpaiement »
: procédure juridique par laquelle un contribuable qui doit régler des droits desuccession et ne peut pas payer pécuniairement peut payer en nature, en remettant à l’Etat,
Leave a Comment