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Droit fiscal,
Cours de Mme Esclassan,Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne,L2S2 2008-2009
Présentation rapide du cours
:Sur présentation du droit fiscal : matière parfois effrayante notamment pour leslittéraires. Pourtant, droit fiscal est du droit, non des mathématiques. On peut envisager cettematière sous de nombreux angles : philosophique, sociologique, juridique, …
Droit fiscal : règles qui permettent à l’Etat de se procurer des ressources
.
Cours de droit fiscal est prolongement du cours de finances publiques : cours « jumeaux ».Pas de finances publiques sans impôts.
Place du cours de droit fiscal dans études de droit
: enseigné ici en L2 (en L3 àAssas). Différence entre droit fiscal en L2 et en L3 : plus exigeant en L3. Ici : courssemestriel, n’appartenant pas aux « matières fondamentales ».Le cours sera général : pas uniquement de la technique juridique. Avant tout : s’initieau langage du droit fiscal.
Plan du cours
(sera distribué)
:1
ère
PARTIE : LES CADRES GENERAUX DU DROIT FISCAL2
e
PARTIE : LES GRANDS IMPÔTS DU SYSTEME FISCAL FRANCAIS3
e
PARTIE : LES PROCEDURES FISCALES
(partie peu ou pas traitée en général car manque de temps)Attention : être à jour dans son cours et ses ouvrages.
Bibliographie
: un seul ouvrage conseillé (si besoin seulement), le plus proche du cours
 Introduction au droit fiscal et à la théorie de l’impôt 
, M. Bouvier, coll. Systèmes
 
contient aussi éléments de réflexion sur place de l’impôt dans la société (ce qui intéresse le professeur Esclassan).
Indications sur l’examen (explications supplémentaires seront données en TD pour ceuxqui les ont) :
En TD, pas notation sur DM ; notation sur 2 DS.Examen final :-Si TD : 2 sujets
dissertation + cas pratique en juin (ou commentaire de texte enseptembre). Annales seront affichées dans fascicules de TD.-Si pas TD : 2 questions en une heure (oral-écrit), questions de cours (« pas difficiled’avoir une très bonne note »), notes vont de 0 (copie blanche) à 19 (si copie contienttoutes connaissances). Il suffit d’apprendre son cours et d’en montrer une bonnecompréhension.
 
1
ère
PARTIE : LES CADRES GENERAUX DU DROIT FISCAL
Connaissance indispensable de
« notions fondamentales »
du droit fiscal. Ellesforment les
« cadres généraux du droit fiscal »
.3 grands aspects de ces notions (un chapitre chacun) : la notion d’impôt, les principesfondamentaux du droit fiscal, l’administration fiscale.
Chapitre 1 : la notion d’impôt
Semble une notion simple à appréhender ; en réalité, elle est « incertaine », pastoujours évidente.
Pourquoi notion peut présenter difficultés de compréhension :
1° Terminologie parfois incertaine
, pas toujours fiable. Ex : autres notions que l’impôt,comme « taxe ». Taxe peut être un impôt (ex TVA), mais certaines taxes ne sont pas desimpôts.
2° Impôt souvent présenté dans ses caractéristiques premières comme un «
 
 prélèvement obligatoire » ; or, tous les prélèvements obligatoires ne sont pas des impôts
.Double approche dans ce chapitre :Section 1 : la distinction entre prélèvements fiscaux et prélèvements non-fiscauxIl faut bien
distinguer
:-
 prélèvements
qui
 
 présentent
incontestablement une nature fiscale
-
 prélèvements
qui
ressemblent à l’impôt sans être assimilables à lui 
.Cette distinction est d’autant plus importante que :
pas de définition générale del’impôt
.
Pas de critères identifiés pour cerner précisément quelles sont les grandescaractéristiques de l’impôt.
Toutefois, on dispose d’analyses, de tentatives de définition, faites par la doctrine
,
et de la notion constitutionnelle de l’impôt
(donnée dans
art. 34
de Constitution).I.Les caracristiques des prélèvements ayant une nature fiscaleA.Les critères de l’impôt selon la doctrine (ou : la notion d’impôt dans la doctrine)Plusieurs définitions existent, avec querelles doctrinales.Finalement,
sorte de consensus
s’est dégagé sur définition de l’impôt.
Définition
tirée des travaux de
Gaston Jèze
:
« l’impôt se présente comme uneprestation
 
 pécuniaire
prélevée
régulièrement 
par voie d’
autorité 
,
 sans contrepartie directe
,en vue de
couvrir les charges publiques
»
.1.Les critères-clés de l’impôt contenus dans cette définition2 blocs de critères-clés :a)Modalités de l’imt
 
1° La forme de l’impôt 
(« prestation
pécuniaire
»). Pour auteurs du 19
e
, pécuniarité del’impôt est signe de la modernité, et distinction d’avec les formes anciennes (prélèvementen nature : ex corvée). NB : Gabriel Ardant a écrit
 Histoire de l’impôt 
, où il explique que passage de l’impôt en nature à l’impôt pécuniaire a été une libération pour lecontribuable ; certes, contribuable toujours contraint de payer, mais monnaie est fongible,donc paiement bien plus aisé et libre
progrès pour les libertés individuelles.
2°La régularité du prélèvement 
(« prélevée régulièrement »). Régularité estcaractéristique forte de l’impôt, car : il peut y avoir prélèvements forcés qui n’ont pascaractère régulier. Ex : quand prélèvements forcés sont levés de manière exceptionnelle(pillage, razzia, …) ; impôt a à voir avec domination et pouvoir, il procède souvent d’unrapport épisodique (conquête d’un territoire : conquérants veulent exercer pouvoir etsoumettent population avec tribut puis impôt).
3° Le caractère autoritaire du prélèvement 
(« prélevé (…) par voie d’autorité »).
Impôt peut être levé contre volonté individuelle. Problème : comment concilier démocratie etconsentement forcé ?
 
« Consentement à l’impôt »
: pas consentement individuel, maiscollectif, via représentants. Si pas paiement de l’impôt, puissance fiscale peut forcer contribuable à payer (« recouvrement forcé »). Prélèvement par voie d’autorité fait que
l’impôt ne peut être refusé ou négocié
. b)Finalités de l’impôt
1° La couverture des charges publiques
(« en vue de couvrir les charges publiques »).
Impôt servirait uniquement à financer dépenses nécessaires au fonctionnement des services publics :
assure légitimité de l’impôt
. Conséquence : impôt ne peut être perçu par personnes privées.
2° L’absence de contrepartie
(« sans contrepartie directe ») : quand contribuable paieimpôt, il ne paie pas en échange d’un service précis.
 
Impôt n’est pas le «
 prix 
» desservices publics
, il
ne procède pas d’un «
échange économique
» : pas de rapportmarchand dans paiement de l’impôt
. Pas de lien direct entre services publics et impôt.
Conséquence : contribuable ne peut refuser de payer au motif qu’il n’utilise pas tel outel service public
(si impôt était conçu comme prix d’un service, cela affaiblirait l’Etat).
Grande conviction de doctrine sur ce point : l’impôt n’est pas autre chose qu’unenécessité pour le fonctionnement de la société organisée
; pas d’autre raison d’être del’impôt que la nécessité d’assurer le fonctionnement des services publics.
 
Impôt permetuniquement organisation de la vie collective
.2.Les limites de cette définitionDéfinition, adoptée au 19
e
s, est toute relative car exprime état de société à ce moment-là.Limites tiennent à 2 aspects :a)La valeur relative de certains critèresCertains critères de l’impôt n’ont pas une valeur absolue.
 Ex forme pécuniaire de l’impôt 
: il subsiste, en droit fiscal français actuel, des
possibilités de paiement en nature
de l’impôt.
Dispositif particulier, la
« dation enpaiement »
: procédure juridique par laquelle un contribuable qui doit régler des droits desuccession et ne peut pas payer pécuniairement peut payer en nature, en remettant à l’Etat,
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