actives de développement
dans lecadre d’une économie de marché
[souligné par l’auteur] […] L’éco-nomie informationnelle globale estéminemment politisée […] Lechangement technologique rapideassocie l’innovation des entrepre-neurs à des stratégies gouverne-mentales mûrement réfléchiesd’encouragement à la recherche etde choix technologiques […] Lanouvelle économie […] sera en par-tie modelée par les processus poli-tiques engagés dans et par l’État.[…] La compétitivité dans la nou-velle économie semble fortementdépendre de la capacité politiquedes institutions nationales et supra-nationales à orienter la stratégie decroissance des pays qu’elles admi-nistrent […] Les gouvernements nepeuvent pas se contenter d’organi-ser les échanges commerciaux, ilsdoivent aussi fournir le soutiennécessaire au développement tech-nologique et à la formation des res-sources humaines
†
»
(ibid.
†
:
135).Cet article cherche à documen-ter, principalement à partir du cascanadien, ce processus en coursde restructuration des rapportsentre l’Université, la rechercheuniversitaire et l’État, exemplaireà notre avis de cette «
†
société dessavoirs
†
» et de sa gouvernance
†
2
. Ilmontrera ensuite que ce processusest à l’œuvre au niveau internatio-nal et qu’il est appréhendé commela condition indispensable d’unaccroissement de la compétitivitédes économies nationales. Consi-déré du point de vue des producteursuniversitaires, ce processus met àmal, selon plusieurs, l’autonomieuniversitaire et la fonction de pro-duction de recherche fondamentalede l’Université en ce qu’il orienteprofondément les thèmes et les prio-rités de la recherche. Ce sera là l’ob- jet d’une troisième partie. On yconstatera également que les pointsde vue sont divisés à l’intérieurmême de l’Université entre diversacteurs qui contrôlent le «
†
champ
†
»de la production de recherche. Ceux-ci s’opposent tant en fonction de tra-ditions de recherche que de débats,souvent anciens, relatifs à l’applica-tion des connaissances, à leur perti-nence sociale ou technique, àl’interdisciplinarité, aux sources delégitimité des savoirs, au statut des«
†
utilisateurs
†
» de connaissances, etc.Enfin, dans une quatrième par-tie, je mettrai cette réflexion enrelation avec l’histoire de la revue
Lien social et Politiques
puisquecette livraison marque la parutionde son 50
e
numéro, et que les res-ponsables de ce numéro m’ontdemandé, à titre d’ancien directeurde
LSP
, d’établir un lien entre laproblématique de la gouvernancede cette «
†
société des savoirs
†
» et leparcours de cette revue, et avec lesdébats théoriques et pratiquesqu’elle porte et a portés. Plusieursdes questions suscitées aujourd’huipar l’insertion de la recherche uni-versitaire dans cette «
†
société dessavoirs
†
» ont été en effet traitées,modestement sans doute, par cetterevue qui, dès ses débuts, s’estvoulue «
†
orientée vers l’analyse desphénomènes sociaux, des pratiquessociales, des régulations institu-tionnelles et des interventions
†
»,interdisciplinaire, appliquée, com-parative, participative, attentiveaux processus sociaux et aux ques-tions de gouvernance. Je crois qu’iln’est pas exagéré de prétendre quecette revue a participé à sa manière— en y apportant parfois, à traverscertains numéros, une contributionremarquée — aux débats sociopoli-tiques de son époque, présents ouen germe dans le milieu acadé-mique des sciences sociales et danscelui de l’action sociale et de laréflexion sur les politiques. En cesens, le choix du thème «
†
Sociétédes savoirs, gouvernance et démo-cratie
†
» me paraît très pertinentpour marquer la parution du 50
e
numéro de
LSP
.
Une transformation majeure desrapports entre l’Université etl’État: l’intervention spectacu-laire de l’État fédéral canadien,1998-2005
Entre l’année budgétaire1998-1999 et aujourd’hui (année budgé-taire 2003-2004), mais avec uneplanification des investissementsfédéraux qui s’étend jusqu’en2005, le gouvernement fédéral auraprocédé à des investissements deplus de 11 milliards de dollarscanadiens (environ 7,4 milliardsd’euros) en matière de recherche etd’initiatives diverses de soutien àla recherche. Bien sûr, uneconjoncture budgétaire exception-nellement favorable autorise de telsinvestissements. Mais, pour un
18
L
IENSOCIALET
P
OLITIQUES
– RIAC, 50La société des savoirs et la gouvernance:la transformation des conditions deproduction de la recherche universitaire
Leave a Comment