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En Bretagne, le suicide n’est pas une fatalité
CONFERENCE DE CONSENSUS :
Comprendre ensemble pour agir
Première approche thématique :
LE PHENOMENE SUICIDAIRE CHEZ LESJEUNES ET LES ADOLESCENTS
 
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Première partie : Débats de la séance publique
 Le suicide des jeunes est évidemment particulièrement choquant, plusieurs raisons ouspécificités peuvent en partie l’expliquer. Ceci étant, dans un souci d’opérationnalité lecomité de pilotage a souhaité avoir un éclairage particulier sur l’éventualité d’un lien entreles « exigences de réussite » pesant sur les jeunes et le phénomène suicidaire. Le comité de pilotage constate en effet que la famille, « l’environnement social »interpellent constamment les jeunes sur la nécessité de réussir, en particulier sur le planscolaire. Il semble que le monde scolaire et l’enseignement supérieur relayent pour partiecette exigence, et semblent même l’amplifier dans un certain nombre de cas.Cette question de la pression « scolaire » trouve à l’évidence une résonance particulièredans une région comptant l’un des plus forts taux de réussite au baccalauréat.
 
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INTERVENTION DU DOCTEUR FREDERIC MEDOUZE, PSYCHIATRE
1.1
 
L’EXIGENCE DE REUSSITE PESANT SUR LES JEUNES PEUT-ELLE ETRE CONSIDEREE COMMEUN FACTEUR DE RISQUE DE SUICIDE ?
 
Le suicide de l’adolescent, deuxième cause de décès, ne survient que rarement comme unorage dans un ciel serein. Une tentative de suicide est à prendre au sérieux, quelle que puisseêtre l’apparente bénignité des motifs invoqués au lendemain de la tentative ou malgrél’absence de préméditation. Souvent, des symptômes divers peuvent traduire antérieurementun état de mal-être, voire de souffrance, un état de risque en somme.Certaines manifestations, si elles se multiplient et s'associent, doivent interpeller les parentset les professionnels soignants et non soignants, en particulier lorsqu'elles s'inscrivent enrupture avec la trajectoire antérieure du jeune.Les signes suivants, appelés signes d'alarme traduisent en règle générale une souffranceintense chez un adolescent, et peuvent parfois évoquer une situation de "crise suicidaire":- contexte de deuil, de perte affective;- propos écrits faisant des allusions directes ou indirectes au suicide;- comportement de retrait, avec repli et recherche de l'isolement social et amical;- désinvestissement scolaire, fléchissement des résultats, absentéisme;- conduites d'auto-sabotage, de fugues;- attitudes d'opposition systématique, de provocations;- conduites agressives avec menaces et brutalité, actes délictueux gratuits;- escalades dans les conduites à risque, conduites ordaliques;- consommation répétée de toxiques (alcool, drogues)Un passage à l’acte suicidaire est la résultante d’un ensemble de facteurs générant unesituation à risque. Ces facteurs dits « de risque » ont été identifiés dans les étudesépidémiologiques, en particulier dans les travaux menés à l’INSERM par Marie Choquet.Les premiers sont en liés à l’environnement familial :- précarité de l'insertion sociale;- antécédents d’alcoolisme;- antécédents de suicide ou de maladie mentale;- dissociation familiale, relations interpersonnelles perturbées ou carentielles;- violences intrafamiliales, maltraitance, abus sexuels.
 
Questions posées par le comité de pilotage :
 
 La pression scolaire peut-elle être considérée comme un facteur derisque en matière de suicide ? 
 
 Peut-on faire l’hypothèse d’un lien entre les tentatives de suicide et la pression scolaire? 
 
 Peut-on caractériser les effets de cette pression scolaire ? 
 
 Enfin, cette pression et son impact peuvent-ils être considérés comme plus forts en Bretagne ? 
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