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En Bretagne, le suicide n’est pas une fatalité
CONFERENCE DE CONSENSUS :
Comprendre ensemble pour agir
Deuxième approche thématique :
LE PHENOMENE SUICIDAIRE EN MILIEUPROFESSIONNEL
 
 
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Première partie : Débats de la séance publique
 L’actualité nationale récente a attiré l’attention sur le suicide en milieu professionnel,rappelant que si le travail est un vecteur d’insertion sociale et de socialisation, il peut également être porteur de souffrance et de dépression. La dégradation des conditions detravail, les nouveaux modes de management, les exigences de productivité et de performance peuvent, dans un certain nombre de cas, peser fortement sur les salariés et aggraver le risque suicidaire, qu’il s’agisse du secteur privé ou du secteur public. Au-delà des conséquences dramatiques pour les personnes et leurs familles, ces suicidesaffectent toutes les catégories de personnels (culpabilité, stigmatisation, détérioration duclimat interne) et semblent présenter un risque mimétique dont il paraît a priori indispensable de tenir compte dans les politiques de prévention et de management humaindes organisations.
 
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1
 
INTERVENTION DU DOCTEUR JOSEPH TORRENTE, PSYCHIATREPSYCHANALYSTE :
1.1
 
PREALABLE
En ce qui concerne la prévention du suicide, nous devons commencer par signaler que, pourle psychiatre que nous sommes, le suicide dont il est question est celui en rapport avec unesouffrance ou une pathologie mentale. Nous excluons de notre réflexion, parce qu’en tant quetel, nous n’en connaissons pas plus que tout un chacun, les suicides par idéologie, religieuseentre autres, ou à visée instrumentale. Nous ne traiterons donc que des suicides inscrits dansun désespoir dépressif, comme issue à une souffrance indicible, dans une fuite de la réalité,ou encore dans la soumission à des voix délirantes. Autrement dit, nous parlerons du suicidesecondaire à une pathologie. Aussi, pour nous, traiter du suicide comme invitation à agir, c’est mener une réflexion globalesur la pathologie mentale. Ce thème est bien vaste, mais se trouve borné par l’existence d’unlien aux situations de travail et enrichi par notre expérience et notre sensibilité au domainede la souffrance au travail. Avant de présenter les résultats d’une vingtaine d’années d’expérience en psychopathologiedu travail, il me semble important de vous soumettre une réserve. Je suis réservé quant àl’utilisation d’une mentalité
va-t-en guerre
appliquée au monde de la santé mentale.L’éradication d’un phénomène ne me paraît pas un but envisageable ni même souhaitablesauf dans la sphère des bonnes intentions dont on sait qu’elles pavent aussi le chemin del’enfer. Ce qui me gêne le plus est le modèle d’un but à atteindre, une visée, des moyenstoujours faussement adéquats, bref l’idée lunaire d’un plan d’action qu’il suffit et qu’il fautappliquer dans la réalisation d’un but défini à l’avance dans notre pauvre monde terrestre. Lapsychopathologie du travail nous montre à l’inverse que toute l’intelligence et la créativité del’homme se situent dans ce chemin où il s’agit de réunir les conditions d’un but, chemin qu’ilne faut surtout pas enfermer dans un modèle rigide, mais au contraire laisser riche depossibilités.La mise en évidence de la souffrance liée au travail se heurte à plusieurs difficultés. Toutesnous semblent tourner autour de l’éclaircissement de l’éventuel rôle du travail dansl’irruption d’une pathologie mentale.Ce problème, l’un des plus difficiles à résoudre pour la psychiatrie, pourrait à lui seulconstituer le thème d’un colloque. Mais pour tout dire il n’y a pas de réponse définitive.
Questions posées par le comité de pilotage :
 
 Les évolutions actuelles du monde du travail aggravent-elles le risque suicidaire ? Que sait-on, ou qu’observe-t-on en la matière ? 
 
 S'il est avéré, que sait-on de ce risque en Bretagne ? de son intensité ? Se pourrait-il qu'il y soit plus fort qu'ailleurs ? 
 
Y a-t-il des métiers, des secteurs ou des filières particulièrement touchés ? (Privé, public, sous-traitance, industrie de main d’œuvre… ?)
 
 Au-delà des évolutions du monde du travail, le risque suicidaire est-il  particulièrement élevé auprès des personnes connaissant une rupture professionnelle (perte d’emploi en particulier) ? 
 
Quels sont les modes de prise en charge ou de prévention à développer ou à inventer en matière de prévention du suicide liée à l’activité professionnelle ? Où en est-on enla matière en Bretagne ? 
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