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En Bretagne, le suicide n’est pas une fatalité
CONFERENCE DE CONSENSUS :
Comprendre ensemble pour agir
Troisième approche thématique :
LE PHENOMENE SUICIDAIRE CHEZ LESPERSONNES AGEES
 
 Les évènements, les ruptures, les tensions vécues
.
 
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Première partie : Débats de la séance publique
 30% des suicides bretons sont le fait des 65 ans et plus. Ces chiffres pourraient être plusélevés si l’on pouvait prendre en compte les équivalents suicidaires (glissement, refus des’alimenter…). Cependant, plus que les nombres ou les pourcentages, c’est la radicalité desmodes opératoires, la détermination à mourir, qui interroge la puissance publique en cequ’elle traduit le désespoir d’une frange de la population âgée. Cette interrogation est d’autant plus nécessaire que la population des 65 ans et plus devrait progresser de plus 30%à l’horizon 2030 de sorte que l’on peut craindre une augmentation du nombre de telssuicides dans les années à venir. Le processus de vieillissement s’accompagne d’un certain nombre de pertes (perted’autonomie, de sociabilité, de réseau, du conjoint, de revenu, de statut social…). Lasituation est particulièrement critique passé 80 ans. Dans cette tranche d’âge, la part croissante de personnes âgées vivant seules, l’augmentation de la dépendance et unecertaine paupérisation peuvent accentuer les sentiments d’ennui, d’inutilité, d’abandon,multipliant en conséquence les risques de repli sur soi, d’isolement et par hypothèse desuicide.
 
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1
 
INTERVENTION DU MONSIEUR PIERRE-YVES MALO, PSYCHOLOGUECLINICIEN :
1.1
 
PROPOS LIMINAIRES
On ne parle pas beaucoup du suicide des personnes âgées qui, pourtant, existe dansd'importantes proportions. Ainsi, à 75 ans, on se suicide 3 fois plus qu'à 25, et à 85 ans, 4,4 fois plus. Cette surmortalitépar suicide est surtout marquée chez les hommes âgés qui, après 75 ans, sont 5 fois plusnombreux que les femmes à se suicider. Le taux de décès par suicide des hommes est ainsidix fois plus élevé après 84 ans qu’entre 15 et 24 ans.L’autre particularité est le taux particulièrement faible de parasuicide chez les gens âgés. Ainsi, si à 20 ans on dénombre un suicide pour 22 tentatives chez les hommes et un pour 160chez les femmes, après 65 ans, ces taux sont proches de un pour un chez les hommes et de unpour trois chez les femmes. Cela dénote une forte intentionnalité du geste suicidaire chez lespersonnes âgées, marquée aussi par les moyens utilisés, le plus souvent violents : pendaison,défenestration, noyade, armes à feu.Malgré cette terrible réalité épidémiologique, le suicide de la personne âgée reste un sujet peuévoqué et donc peu connu du grand public. On peut penser que cela tient au fait qu’il s’agitd’une classe d’âge où la mort est considérée comme habituelle, alors que chez les jeunes lesuicide apparaît toujours comme un scandale insupportable. Le regard porté est aussi biaisé
Questions posées par le comité de pilotage :
 
Quel lien peut-on faire entre la dépression, l’isolement et le suicide des personnesâgées ? 
 
Quelles sont les grandes caractéristiques de cette dépression ? Comment la prendreen charge ? 
 
Comment pendre en charge la grande dépendance et les souffrances qui lui sont associées ? 
 
Quels sont les dispositifs existants en la matière ? Comment les optimiser ? Que faudrait-il expérimenter en ce domaine ? 
 
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