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Version10 .4 5: Date : 2008-09-15 Pages : 43 / Mots : 19356 //L AL + NC) .
ME CONTACTER : 7 rue Anatole France 78110 Le Vésinet // Site :h tt p ://d e main -co mm e -ja mai s.toile -libre.o r g
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PROLOGUE

« H2 » va et vient à travers des rangées de chaises identiques. Les yeux fermés, comme si aveugle, il tâtonne pour se déplacer ; au sol de la laine. Quand le public est assis des « H0 » (groupe d’individus unis, identiques, ayant un sac où ils rangent leurs journaux) rentrent et retirent les chaises. « H1 » (Grand CoMédiateur, dictateur omniprésent) les

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presse de sortir. H2 s’étonne de ne plus trouver de chaises, « PF » ("Petite Fille" est vêtue
d’un large costume l’englobant toute entière dans une poche pleine de pelotes de laine)
rentre à la sortie des autres et se place derrière H2 au devant de la scène… elle ne le
touche pas. Voir lescro qu i s des costumes sur le site. NB : Même décor/agencement qu’à la fin.
H2 ne s’adressant pas au public justement installé : Je ne sais plus si je l’ai oublié…
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J’ai 8 ans, je vois encore devant moi. Puis quelques docteurs ont affirmé que ce-
la ne durerait pas alors, à 10 ans, je pars pour le Franklinzin, petite bourgade où
vivait seul un oncle… un ami… quelqu’un de connu de mes parents… du moins je
crois. J’ai pris le train pour la première fois. Il est magnifique, merveilleux
même… le plus beau de tous les trains qui n’aient jamais étés Souvenirs de
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gamin déjà nourris d’imaginaire… d’inventions blotties,piochées au fond d’un
sac. « H1 » et un « H0 » (4) rentrent chacun de leur côté sur la scène… ils sont en fond
et ne perturbent en rien H2 et PF au premier plan (H2 continue de parler). H1 croise
l’autre, ils vont chacun là d’où s’en vient l’autre… Du haut de mes trois pommes, il
me semble le sentir rugir comme font les chats les jours de neige. On me bous-
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cule pour monter. Les portes en fracas, le brouhaha, les appelles... Elle s'éloigne
avec les bruits déjà convertis au silence. Je reste là, assis sur une sorte de ban-
quette… rembourrée de mousse… aux extrémités froides, glacées même(dé-
couvre ce qui l’entoure par le touché). Des H0 rentrés progressivement l’entourent sans
bruit. Pas un bruit (ou silence). Puis il me semble qu'il y eut un élan en avant, in-
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décis. Je suis seul pour la première fois de ma vie. Les voix s’éloignaient avec les
pas, les bousculades. Le calme raisonne. Les reflets des rails traversaient mon
oreille… Les secousses incessantes du wagon, chaque cris du dehors, chaque si-
lence, chaque frisson, chaque senteur... H1 sort 4 des coulisses et le pousse violem-
ment. Il est moins vêtu qu’à sa précédente apparition au contraire de H1… Ils ne font
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pas de bruit, H2 est dans ses pensées. Les H0 rentrés avec H1 entourent H2 sans le tou-
cher. Et pour moi tant de vitesse, d’indécision à capter, à garder là, tout contre.
S’y retrouver dans ce chaos : des films de westerns, et d’indiens, des départs,
des images. Le sol siffle pour la cent trente-quatrième fois, alourdissant mon
corps sous le poids du temps et de l'ivresse fulgurante d’un paysage... invention
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de mouvements verdoyants le temps défile. (Courte pause où il semble s’endormir
debout) Les H0 sortent (4 aussi). PF, qui ne le touche pas, s’approche le plus possible de
lui (derrière pour l’image). J’ai chaud et…
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PF/voix off : Où allons-nous ?
H2 : Attend ! Où es-tu ? Comment es-tu entrée ?Je…
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PF : Avec toi. Cela fait longtemps que je t'observe. Je peux

m’asseoir maintenant ?
H2 (méfiant) : Non !
PF : Bien, comme tu veux. Dis tu te souviens où nous nous rendons là ? (Attend sa

réponse) Alors ?
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H2 : Mon père m'a dit...
PF : Bien ! Si tu préfère discuter tout seul (Fait mine de partir.) Et puis je ne suis
pas vraiment inconnue. Faites à votre guise…
H2 : C’est que je ne me souviens pas de vous !
PF : Tu penses vraiment que tu pourrais m'oublier ? Même mon visage, tu le
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connais... sans le voir ni l’effleurer ! Quel naïf tu fais Tu ne veux plus de moi ?

H2 : Pourquoi faire ? Pourquoi t'oublier, pourqu oi…
PF : Il y en a qui rêvent de m’oublier… Pour voir quelle question !
H2 : Tu n'as qu'à partir, je te laisserai, va !
PF : On ne se débarrasse pas de moi comme ça ! Et si je de restais plantéelà …

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H2 : C’est pour cela que nous partons Nous partons ? Je ne sais plus si nous
rentrons… ou si nous nous en allons.
PF : Je ne sais pas... Quelle heure penses-tu qu'il soit ? (Elle ferme les yeux pour
l’écouter. Détails habillant l’Oncle en quelques sortes.)
H2attentif : C’est comme quand… quand papa va bientôt retourner travailler
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pour les machines qui lui font peur.
PF : Tout à fait ! (Court silence.) Il met son gros blouson marron, serre ses chaus-
sures… Il ajuste sa casquette en l’embrassant… Elle est toute… des images qui lui
restent de… ça… Elle a la peur qui…
H2 : Elle lui dépose un sandwich dans sa poche… il voit ces traces de boue…
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PF : Et les fleures sur le papier peint. Pour une fois en avance pour
H2 : En avance ? Les cours ! Maman j’y vais… mon sac… je suis en retard…
PF (place de la mère) : Calme toi ! Voilà, du calme, regardes-moi… ici… là… bien.
H2 : Tu vas faire le voyage avec moi ? Il est long, tu sais mais… mais… L’oncle sera

content de te voir !
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PF : En tout cas je ne partirai pas sans toi… Et arrête : je ne suis pas ta mère !
H2 : Ils savent que tu es là ? Qui sont-ils pour que je sois là avec toi ?Qu’à-tu
fais ?
PF : Tu n’as pas à le savoir… Tu m'as invitée à monter ici, à t'accompagner en
quelques sortes. Et, même si tu leur disais, ils ne t'écouteraient pas. Ils ont peur…
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Oh regarde, le cloché, la tour… Nous arrivons à Veugle ! (Regarde par la fenêtre.)
H2 : À cette époque-là, je lui disais "tu" (« tu » es dit avec PF
). Elle était ma petite
sœur avant de faire partie de moi.P ause. À Veugle le train ouvrit ses portes...
PF : 2 minutes d’arrêt en bordure du quai attention à la fermeture des portes !
H2 : J'ai entendu ce même frottement de tôle rouillée qu'au départ, qu’à
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l’arrivée. Elle m'avait laissé des cendres… (Elle lui donne une pelote de laine tirée de
sa poche puis s’écarte.) Rentrer chez soi. Au pied d’un chêne en feu aux racines
baignées d’encre ou de mots volant en fumée… si loin déjà.
PF : Prends ça et, quand tu voudras te souvenir de moi, serres-la très fort contre
ton cœur. (H2 sort une pelote de laine de sa poche.)
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H2 : C’est doux…
PF : Je te laisse, on m'entend. H2 Joueur il serre la pelote contre lui puis la tend vers PF
en essayant de la trouver pour la toucher…
PF : J’ai plus le tempsLui arrive… [« Lui » fait référence à « H1 » omniprésent et est
accompagné d’une mimique quand il est nommé (H1 a ce toc inconscient)]
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H2 touche PF avec la pelote. Diminution progressive de la lumière : Je suis rentré ! Il ya
de la lumière ici, ma chambre est grande (parle moins fort) tout le monde dort…
PF En s’éloignant: Tu es le dernier ici(à l’écart elle se rapproche doucement de H2
alors que la lumière revient). Tu avais imaginé cela comment ? Regarde autour de
toi il n’est pas là… mais n’es pas magnifique ? Ça ne te rappelle rien…
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H2 : Je ne sais pas… de quoi parles-tu ?
PF : Tu trouve ça beau ?
H2 :Je…
PF : Tout seul… enfin ! Pause, H2 ne parle pas. Où allons-nous ?
H2 :Nou s…

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PF : Ne soit pas si timide avec moi… Tu trouve ça orangé, pourpre, corail ?
H2 : Non !
PF :C’est beau ?

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