Radium Halos by W.J. May by W.J. May - Read Online

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Radium Halos - W.J. May

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Couverture par : Design

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Chapitre 1

Zoé

Je déteste la mine. Cette crypte, fermée depuis des années, m’a toujours donné la chair de poule. Son entrée condamnée, qu'on dirait sortie d’un film d’horreur, me hante depuis que je suis toute petite.

Ce soir-là, toutes nos voitures sont rassemblées autour de la mine, sur ce terrain d’herbe laissé à l’abandon. Derrière les flammes jaunes et oranges de notre feu de joie, semblent danser les esprits prisonniers de ce gouffre. Un mauvais pressentiment me noue l’estomac. Ni la musique, ni les discussions et les rires n’arrivent à l’atténuer.

Je m’écarte du feu et m’allonge dans la chaise de jardin. Quelques nuages menaçants s’emparent doucement du ciel presque dégagé et illuminé d’étoiles. Pleuvoir ou ne pas pleuvoir, telle est la question.

Heidi passe sa main devant mon visage.

— La Terre à Zoé. La Terre à Zoé. On a besoin de vous à Elliot Lake. Le feu de joie de l’école se languit de vous.

Même les yeux rivés vers le ciel, je peux percevoir le sourire dans sa voix. J’ai un petit rire en me tournant vers ma meilleure amie. Puis, encore ces frissons qui me remontent l’échine.

— Cet endroit me flanque la frousse.

Heidi, allongée sur sa chaise, se penche pour m’asséner un léger coup de coude.

— À ce qu’il paraît, pendant les années soixante et soixante-dix, la moitié des mineurs a chopé une maladie toxique à cause de l’uranium. Sûrement le cancer.

Rylee, mon autre meilleure amie roule les yeux en rabattant sensuellement ses cheveux noirs derrière son dos.

— Il n’y a que vous deux pour casser l’ambiance en parlant de ça. Le cancer.

— De toute façon, ce n’est pas comme si on allait rentrer à l’intérieur, conclus-je en tirant la langue.

Tentant d’imiter Rylee, je fais jouer ma chevelure blonde récemment lissée. Le résultat n’est pourtant pas aussi sexy et naturel. Je jette un coup d’œil à Heidi, incapable de reproduire le geste.

— Je n’arrive toujours pas à croire que tu as coupé tes cheveux si courts.

— J’en ai fait don. Ça en valait la peine.

— Oui, c’est sûr, mais tu les avais longs depuis le CE2.

Rylee se rapproche et touche l’arrière du crâne de Heidi.

— Ça te va super bien cette partie rasée.

— C’est vrai, c’est superbe, j’admets, sachant pertinemment que je ne pourrais jamais assumer un tel look.

— Après avoir vu des photos dans un magazine, je voulais absolument avoir mes cheveux comme ça.

Notre petite fée. Elle a l’air moins innocente avec cette nouvelle coupe, mais j’aime ça. C’est un symbole : nous sommes en terminal, nous changeons, nous grandissions.

— N’empêche, les teindre en blond platine, ajoute Rylee avec un sifflement d’admiration. Ta mère a dû avoir une crise cardiaque quand tu es rentrée à la maison.

— Elle n’était pas contente, ça, c’est sûr, sourit-elle en passant sa main à l’avant de son crâne où ses cheveux sont coiffés en piques.

— Sinoooooon... fait Rylee en se redressant sur sa chaise, la poitrine en avant.

Oh oh ! Voilà Rylee en position d’attaque, à la recherche d’un beau mec. Elle presse une main parfaitement manucurée sur son ventre plat.

— D’après Brent, il y aurait un nouveau gars en ville, dit-elle.

Je me lève pour le rejoindre. Il est assis sur une souche d’arbre et joue de la guitare. Derrière lui, la monstrueuse bouche de la mine semble prête à l’avaler. Arrête de faire ta trouillarde. Je lève les yeux au ciel, tentant de contrôler mon imagination débordante et de me focaliser sur mon ami.

Tête baissée, il gratte son instrument au rythme de la musique s’échappant des baffles. À la lumière du feu, ses cheveux bruns sont blonds comme le sable. Il redresse la tête, comme s’il avait senti ma présence. Un sourire se dessine sur ses lèvres, son regard s’illumine comme les flammes dansant près de nous.

— Où est Seth ? je demande, réalisant soudain que notre cinquième compère n’a toujours pas daigné apparaître.

— Il nous rapporte de la viande fraîche, répond Brent en continuant de jouer son air, différent, mais totalement en accord avec la musique rock que diffusent les baffle.

— Ah... rien de tel que de bons hot-dogs et hamburgers ! se réjouit Heidi en s’installant à ses côtés. Et des marshmallows en dessert !

— Imbécile, il ne ramène pas vraiment de la viande. Chouette coupe, au passage, lui répond Brent en lui ébouriffant ce qui lui reste de cheveux. Je parle du nouveau gars en ville. Il vient d’Angleterre ou d’Irlande, quelque part de l’autre côté de l’océan.

Rylee, toujours avec son air coquin et sensuel, attache ses cheveux noirs en une longue queue de cheval qu’elle laisse retomber parfaitement dans sa nuque.

— Grand, sexy et mignon, j’espère.

— Comme moi, hein ?

— Comment se fait-il que personne n’était au courant de son arrivée ? continue-t-elle en jouant avec ses clés de voiture. C’est une ville minuscule, tout le monde aurait dû en parler pendant les vacances d’été.

Elle tourne doucement autour du feu, scrutant la petite foule d’étudiants.

— Peut-être une décision de dernière minute. De toute façon, tu le découvriras bien assez tôt quand tu seras occupée à le dévorer.

Il rit et fait retentir deux boom chukka bings sur sa guitare ponctués par une tape sur le caisson.

Heidi dissimule un sourire de la main, je masque une toux. Nous connaissons déjà toutes les deux la réponse de Rylee. Elle affiche sa plus belle tête de chien battu.

— Je ne dévore pas les hommes. Je m’ennuie, c’est tout.

— Arrête de tirer cette tronche, ça ne marchera pas, je ris, sachant pertinemment qu’on ne pourrait jamais la changer. Après, c’est toujours nous qui devons ramasser tous ces gars à la petite cuillère.

Je me penche en avant et fais semblant d'attraper des millions de petits bouts de cœurs brisés. Depuis que nous sommes en secondaire, Rylee est sortie avec tous les mecs de notre classe et des deux années supérieures. Ce n’est pas une garce, mais chaque garçon tente le coup dans l’espoir de devenir l’homme de sa vie.

— Et si, pour une fois, tu laissais le gars tranquille ? Qu’il ne devienne pas ta nouvelle conquête à la minute où tu le rencontres ?

Rylee lève les sourcils.

— Conquête ?

— Tu sais, commence Heidi, sarcastique. Ce que tu fais durant tout l’été avec les jeunes touristes ?

— Ah, je comprends. Tu n’aimes pas la compétition, fait-elle en haussant les épaules. Et moi qui vous croyais marrantes.

— Pas quand on perd tout le temps, je soupire. C’est difficile de battre ta magnifique