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Manoir Stonebridge

Manoir Stonebridge

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Manoir Stonebridge

Length:
513 pages
5 hours
Publisher:
Released:
Jun 30, 2017
ISBN:
9781547505784
Format:
Book

Description

Une histoire de meurtre et mystère relatant le quotidien de quelques employés aux prises avec une riche et manipulatrice patronne. L'histoire est envoûtante et vous gardera éveillé tout au long de la nuit.

Publisher:
Released:
Jun 30, 2017
ISBN:
9781547505784
Format:
Book

About the author

Peter C. Bradbury is originally from near Manchester, England. Now residing in Northern California, he moved to the USA after marrying Debbie, who is from San Francisco. A butler by trade, he continued his career in the States until the recession forced him out of a job and home in 2008. This is his first book, and it came about after repeated requests from friends to explain what it was like to work for very wealthy people. Not wanting to namedrop, he turned a portion of his experiences into a murder mystery.


Book Preview

Manoir Stonebridge - Peter C. Bradbury

FIN

Manoir Stonebridge

Par Peter C. Bradbury

Traduit par Charles David G.

––––––––

Tous droits réservés par Peter C. Bradbury

Ce livre est dédié à tous ceux et celles qui ont fait partie de ma vie ou qui l’ont influencé, incluant mon épouse Debbie, ma famille en Angleterre et aux États-Unis, mon mentor Leslie, et tous les gens que j’ai côtoyé en tant que Butler. J’aimerais également remercier Jason Davis, Samantha Darrin et Rebecca Poma.

––––––––

Tous les personnages de ce roman sont purement fictifs. Ce roman est une œuvre fictive. Les noms, personnages, entreprises, organisations, lieux, événements et incident relèvent entièrement de l’imagination de l’auteur ou sont utilisés à des fins fictives. Toute ressemblance avec quiconque, soit vivant ou décédé, à des événements quelconques relèvent d’une pure coïncidence.

Table des Matières

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

CHAPITRE 9

CHAPITRE 10

CHAPITRE 11

CHAPITRE 12

CHAPITRE 13

CHAPITRE 14

CHAPITRE 15

CHAPITRE 16

CHAPITRE 17

CHAPITRE 18

CHAPITRE 19

CHAPITRE 20

CHAPITRE 21

CHAPITRE 22

CHAPITRE 23

CHAPITRE 24

CHAPITRE 25

CHAPITRE 26

CHAPITRE 27

CHAPITRE 28

CHAPITRE 29

CHAPITRE 30

CHAPITRE 31

CHAPITRE 32

CHAPITRE 33

CHAPITRE 34

CHAPITRE 35

CHAPITRE 36

CHAPITRE 37

CHAPITRE 38

CHAPITRE 39

CHAPITRE 40

CHAPITRE 41

CHAPITRE 42

CHAPITRE 43

CHAPITRE 44

CHAPITRE 45

CHAPITRE 46

CHAPITRE 47

CHAPITRE 48

CHAPITRE 49

CHAPITRE 50

CHAPITRE 51

CHAPITRE 52

CHAPITRE 53

CHAPITRE 54

CHAPITRE 55

CHAPITRE 56

CHAPITRE 57

CHAPITRE 58

CHAPITRE 59

CHAPITRE 1

Dame Baldwin était étendue sur son ventre au beau milieu du lit, un 

drap blanc dissimulait sa modestie tout en révélant sa silhouette. Malgré le fait

qu’elle soit âgée de quarante quelques années, elle était tout de même l’objet de

convoitise de plusieurs hommes ; ce qui faisait évidemment son bonheur. Ses traits,

sa taille de guêpe, son gros buste modifié chirurgicalement ainsi que ses longues

jambes ne laissaient nullement entrevoir son âge. À cet instant précis, elle n’était pas

préoccupée du fait que ses cheveux étaient ébouriffés ou que son rouge à lèvres était

quelque peu souillé. Elle venait tout juste de faire l’amour et elle n’était point

rassasiée. Elle se releva à l’aide de son coude droit et se blottit de nouveau sous le

drap en le replaçant pour qu’il mette en relief ses longues jambes ainsi que la

rondeur de ses fesses. Aujourd’hui elle savait qu’elle était irrésistible.

––––––––

Le bleu ciel de ses yeux scrutèrent les environs ; une petite chambre

modestement meublée dont le plus gros morceau était le grand lit qu’elle s’était

elle-même procuré, un duo de table de nuit de chaque côté fabriqué de pin, une

commode, une chaise et un garde-robe de petite superficie. Les murs étaient

revêtus d’un blanc simple contrastant avec la couleur chocolat atroce des rideaux. Ils

étaient refermés et ne laissaient pénétrer qu’une infime partie des rayons de 

lumière. Après tout, l’heure n’indiquait que 3 heures de l’après-midi. Ses vêtements

étaient éparpillés sur le tapis beige et elle affichait un sourire en se remémorant la

promptitude à laquelle ils avaient été retirés.

Madame Baldwin l’entendît dans la salle de bain adjacente en train de tirer la

chasse de la toilette et tourner le robinet pour se laver les mains ; puis le bruit sourd

de ses pieds nus s’éloignant vers la cuisine. Elle était consciente de son amour pour

elle, plutôt dire de son adulation pour elle, mais ce n’était pas un sentiment

réciproque. Il n’était qu’un amant parmi tant d’autres. Dans la petite cuisine, il

entreprit d’empoigner deux flûtes ainsi qu’une bouteille de champagne tout

droit sortie du réfrigérateur. Le Champagne était sa boisson de prédilection et elle lui

fit également parvenir une caisse, et toute une panoplie de réserve personnelle,

destinée à être sirotée lors de ses nombreuses visites. Elle redécorerait et

remeublerait probablement tout son espace en temps et lieu, mais cela ne le dérangeait

pas en autant qu’elle puisse lui rendre visite.

––––––––

Simon avait jadis été son majordome. Il n’était pas considéré comme un bon

majordome selon son mari Lord Baldwin, et donc il lui montra la porte. Simon

ignorait évidemment que la décision avait été prise par Dame Baldwin. Elle aimait

le fait qu’il travaille pour elle, mais sa présence dans les parages la rendait

claustrophobe sans mentionner qu’elle soupçonnait son mari d’être conscient de ses

aventures. De toute façon, Simon n’était pas son seul amant.

Simon était retourné à Londres. Il reprit son vieil emploi consistant à assister

un américain qui ne se rendait en Angleterre que quelques fois par année et donc ne

requérait que très peu de services. Simon était plutôt habile à gérer la paperasse

ainsi qu’à organiser, mais en ce qui concernait son entregent comme valet ou cuisiner,

il était plutôt médiocre. Un travail à temps plein pour Lord Baldwin, qui s’attendait à

ce que ses habits soient repassés et ses souliers cirés au quotidien, ne lui était pas

favorable. Fort heureusement, il n’eût pas de difficulté à reprendre son vieil emploi.

Puisque Dame Baldwin ne raffolait pas de l’idée de devoir lui rendre visite à sa nouvelle

demeure, elle lui avait déniché un minuscule appartement convenant à leur rencontre

et lorsqu’elle était de passage, elle n’avait qu’à lui passer un coup de fil. Pour lui, leur

histoire n’inspirait pas les contes de fées. Il eut préféré une relation plus permanente,

mais était conscient que ce qu’il vivait valait plus que rien du tout, d’autant plus

qu’elle était très généreuse avec lui. Si seulement son mari pouvait ne plus faire

partie de l’équation..

Simon était de vingt années le cadet de son altesse, mesurant presque six

pieds, attrayant avec ses cheveux bouclés noirs et ses beaux yeux bleus perçants,

mince et musclé, éloquent, bien éduqué et toujours bien soigné. Il était le jeune

gentleman idéal n’ayant de yeux que pour les femmes plus âgées. L’amour éphémère

des jeunes femmes ne l’intéressait pas. Le portrait de sa femme idéale ressemblait à

Lady Baldwin, ou C comme il l’appelait intimement maintenant, une femme

prévoyante et déviante qui savait exactement ce qu’elle voulait et à ce moment

précis, il était ce dont elle désirait.

––––––––

« Simon, le champagne arrive-t-il bientôt ? » s’exclama-t-elle à partir de la

chambre à coucher. Elle empruntait un ton doux, sensuel et sans accent en ces

moments, une authentique dame anglaise. Par contre, à d’autres occasions, elle avait

tendance à trancher des gens en deux avec sa voix stridente, une personne complètement

différente.

––––––––

« J’arrive, C, » rétorqua-t-il tout en retirant le bouchon de liège d’une main

et tenant les deux flûtes par leur pied de l’autre. Il rebroussa chemin pour retourner vers

la chambre à coucher complètement nu, mis à part la paire de boxer rayé qu’il avait

enfilé pour se rendre à la salle de bain. L’après-midi s’annonçait long.

CHAPITRE 2

––––––––

À plus de trois-cent kilomètres de là, une conversation téléphonique débuta à

l’intérieur d’une maisonnette comprenant une terrasse.

« Bon après-midi, » s’exclama la voix baryton à l’autre bout de la ligne

provenant du beau milieu d’une région rurale de Londres.

« Bonjour Ken. Qu’est-ce que ce brouhaha derrière toi ? » répliqua Philippe avec

un ton moqueur dans son accent nordique.

« Un instant, inculte. Je m’en occupe. »

Puis on entendit le son de l’appareil être déposé et quelque peu après, le

son de la Cinquième Symphonie de Beethoven était considérablement inaudible. Ken

était un fervent amateur de Beethoven. Quelques instants avant le coup de fil, on

pouvait l’imaginer en train de diriger l’orchestre à l’aide de sa baguette en se berçant

dans sa chaise. Il avait jadis conduit un orchestre, seulement une répétition, mais il

l’avait fait et était tout de même doué. Évidemment, jamais Philippe ne lui avouerait

son talent. Ils étaient trop de bons amis pour commencer à se complimenter l’un

l’autre ; ils s’amusaient plutôt à se lancer des insultes et blaguer, ce qui faisait leur

bonheur.

Les 81 ans de Ken éclipsaient les 37 ans de Philippe. Ken avait enseigné l’art

de majordome pendant plusieurs années à Philippe ; une profession qu’il avait

pratiqué avant sa retraite. Ils s’étaient tout de suite liés d’amitié malgré le fait qu’ils

avaient des personnalités complètement différentes. Ken préférait les sorties, les arts, la

cuisine et les sports. Il était également très galant envers les femmes. Par contre ils

partageaient le même sens de l’humour, étaient honnêtes l’un envers l’autre et croyaient à

la sincérité.

« Tu sais, » invoqua Ken en reprenant l’appareil, « jamais je ne

comprendrai qu’une personne aussi intelligente puisse écouter de la soi-disant

musique plutôt que de se laisser envoûter par le génie de Beethoven. »

Philippe ricana. Un débat était souvent lancé au sujet de la musique et

lorsqu’ils se rencontraient, l’un faisait écouter sa musique à l’autre justement pour

débuter les hostilités. Ken était généralement assujetti à l’écoute des Rolling Stones.

« Comment va la vie mon copain ? Est-ce que la sorcière du nord te

rend toujours fou ? » continua Ken en faisant référence à l’un des employeurs de

Philippe, Lady Baldwin.

––––––––

« Pas plus qu’à l’habitude. Mais, j’ai déjà passé par ce chemin. Je dois

être immunisé à la souffrance. »

« Je te répète souvent ce qui ne va pas chez elle. Tu devrais me la

présenter et je m’attarderais à la séduire et la rassasier. »

« Passe ton chemin, Ken. Tu as 80 ans. Si tu te retrouvais dans le

même lit qu’elle, elle aurait à patienter un mois avant d’entrevoir une érection... »

Philippe laissa échapper un peu de sarcasme de sa bouche.

« Je crois sincèrement que tu devrais organiser une rencontre entre

nous deux ou simplement satisfaire à ses besoins. Elle n’est pas répugnante, n’est-ce

pas ? »

« Non merci. Elle a besoin de quelqu’un qui soit vieux, décrépit et

immoral. » Philippe fit une pause et ajouta d’un ton moqueur, « peut-être que je te la présenterai ? »

« D’accord, tu marques un point ; mais je serais ravi de lui être utile. »

« Entendu Ken. Je te garderai en tête lorsqu’elle sera devenue mauvaise... »

« Donc, vieille peau, tu voulais me jaser ou avais-tu besoin de

mes services professionnels et très dispendieux ? »

« À vrai dire, je me demandais si la Coupe du Monde

t’intéresserait pour cette année. »

« La Coupe du Monde ? »

« Je suis au courant que tu ne connaisses rien du tout à tout ce

qui touche aux sports, mais tu as sûrement entendu parler de la Coupe du Monde ? »

« Jamais. »

« Il s’agit d’une compétition de foot, ou soccer comme l’appelle si

bien les américains, entre tous les pays du monde »

« Tu parles sûrement de ce jeu idiot dont le but implique que des

adultes pourchassent un petit ballon blanc sur un terrain ? »

« Exact, mais ce n’est pas un jeu idiot. »

« Ça l’est à mes yeux. Pourquoi voudrais-je y aller ? »

« Parce que cette année la compétition se déroule aux États-Unis. »

Ken adorait les États-Unis. Il y avait passé les vacances en

compagnie de Philippe.

« Pourquoi n’as-tu pas mentionné ce détail dès le début plutôt que

de radoter à propos de la Coupe du Monde ? »

« Tu es partant ? »

« Évidemment que si. Dis-moi seulement quand le départ est

prévu et combien cela va me coûter. Je vais te laisser t’occuper des autres détails. Je ne

croyais plus aux chances d’y retourner après que tu te sois acheté cette stupide bagnole. »

« Philippe s’était récemment procuré une Toyota MR2

arborant une couleur qu’il aimait à décrire comme « la couleur des cieux exempt de

toute trace de nuages ». La voiture était flambant neuve, sa toute première voiture

sport, et il adorait ouvrir la porte de son garage simplement pour la sortir, même si

cela n’impliquait qu’une balade au magasin situé tout près. Bien entendu, les paiements

étaient exorbitants, mais puisqu’il était célibataire et qu’il gagnait beaucoup d’argent,

« Puis que diable as-tu dit ? »

« Ma voiture n’est pas stupide. »

« Elle n’a que deux places. »

« Je n’en ai besoin que d’une. »

« C’est égoïste. Qu’arriverait-il lors d’un rencart ? »

« Nous aurions un siège chacun. »

« Et moi dans tout cela ? »

« Si je sortais pour un rencart, tu resterais assis à la maison. »

« C’est encore une fois égoïste de ta part. »

C’était une conversation normale entre Philippe et Ken, aucun de leur propos

ne les offensait.

« Foutaise. Alors tu assisteras aux matches en Amérique ? »

« Aucune idée. Négatif si c’est dispendieux. »

« Je t’en reparlerai à ce sujet. J’aimerais y aller pour un mois. Ça te

convient ? »

« Certainement, mais comment es-tu parvenu à obtenir un mois entier de

congé ? La vilaine sorcière ne raffole pas du fait que tu partes en vacances. »

« Lorsque je revins, je leur ai affirmé que si je ne parvenais pas à obtenir

des vacances décentes, je leur remettrais ma démission de nouveau. Son altesse ne

cesse de me demander le moment exact de mon déplacement, comme il le

dit si bien, et donc je lui ai dit au mois de juin, tout le mois de juin. Cela ne lui a pas plu, mais il peut bien se le foutre où je pense. »

––––––––

« Tu crois qu’il lui a déjà annoncé ? »

« Aucune chance, j’en aurai déjà entendu parlé s’il lui avait dit. »

« Il est sans couille ? »

« Elle lui a fait retirer il y a de cela un mois. Il est revenu à la maison en

marchant comme un cow-boy qui a passé un mois assis sur la selle et donc je lui ai

demandé ce qu’il n’allait pas chez lui. Il venait de revenir de sa vasectomie. »

«Dieu tout-puissant, je croyais qu’ils étaient trop vieux pour avoir

d’autres enfants. »

« Je crois qu’elle veut simplement s’assurer qu’il n’ait pas d’enfants avec

une autre. C’est comme ça qu’elle l’a piégé en premier lieu. Et puis ce n’est pas

comme si elle avait arrêté de prendre la pilule. »

« Comment sais-tu une chose pareille ? »

« Ken, nous sommes majordomes. Nous savons tout à leur sujet... »

« Pardonne-moi Philippe, la retraite m’engourdit les méninges. »

« Je vais me rappeler de ces propos Ken. Je croyais que tu devenais sénile... »

« Tu paieras cher pour celle-là. » Reprenant un ton sérieux, Ken demanda, «Tu crois que la vieille sorcière est en train de jouer à un jeu ? »

« Évidemment qu’elle l’est. Elle ne les invite pas ici, mais je la surprends

à l’occasion en train d’avoir une conversation téléphonique avec quelques-uns

d’entre eux. J’ai l’impression que le maître la soupçonne. Cela ne lui plaî5t guère

lorsqu’ils appellent et qu’elle se retire pour leur parler, mais il ne dit jamais un mot. »

« Incroyable, je peine à croire qu’il reste muet. »

« Cela dépasse aussi mon entendement. Avec sa fortune, il pourrait

facilement se trouver quelqu’un d’autre. »

« Exact, ce n’est pas comme s’il était aussi pauvre et laid que moi. »

« C’est la pure vérité. De toute façon, on a assez discuté du sujet. Donc

tu viens en Amérique ? »

« Essaies de m’en empêcher. Fran sera ravie lorsque je lui annoncerai la nouvelle ce soir. »

« Fran était la meilleure de Ken, comme elle avait été la meilleure amie de

son épouse qui malheureusement avait perdue sa lutte acharnée contre la maladie. Si Fran

n’avait pas été présente suite au décès de son épouse, Ken aurait mis fin à ses jours

tellement il était perdu sans elle, Fran s’était occupée de lui

et lui avait redonné le goût de vivre. Elle possédait également le don

d’accepter les gens tels qu’ils étaient tandis que Ken faisait confiance à tout le monde

et pouvait facilement se faire arnaquer. Philippe adorait Fran. Elle n’avait pas de

difficulté à faire entendre ce qu’elle pensait, peu importe la situation.

––––––––

« Elle sera contente que tu lui fiches la paix pendant un moment. »

« Je ne comprends pas pourquoi elle t’aime tant. Il n’y a que des insultes à

mon égard qui sortent de ta bouche... »

« C’est pour cette raison qu’elle m’aime tant. »

« Elle me rend visite ce soir et donc je lui annoncerai. Travailles-tu ce soir ? »

« Pas ce soir, il rentre à leur autre demeure à Cotswold, ce qui signifie que

j’ai congé. Malgré que cela signifie que je doive passer du temps avec les chiens. »

« Tu dois tout de même garder leur demeure même si personne n’est à la maison ? »

« En effet, c’est médiocre, mais c’est ce qu’ils veulent que je fasse. »

« Fais ce que tu as à faire. Je ne te ferai plus perdre de ton temps, Philippe. Je

suis si heureux que nous allions en Amérique encore une fois. Dis-moi quand tu auras

besoin d’argent pour ma partie et tiens-moi au courant des développements. J’ai

tellement hâte d’y aller. »

« Nous allons nous amuser comme des fous, Ken. Fais un câlin à Fran de ma

part et je te contacte bientôt. »

« Passe une belle soirée, Philippe, et merci. »

« Toi aussi, Ken. On se reparle bientôt. Au revoir. »

« C’est ça qui est ça, » pensa Philippe en raccrochant l’appareil en se

demandant comment il pourrait amasser de l’argent pour se procurer des billets pour

assister aux matches de soccer qu’il voulait tant voir. Il savait au fond de lui qu’il ne

lui serait pas possible d’assister à autant de matches qu’il le désirait, mais il était

célibataire, n’avait pas à payer d’hypothèque ni de taxes municipales et donc le crédit

était envisageable.

Malgré le fait qu’il se trouvait répugnant, Philippe n’était pas si horrible

qu’il le pensait et les gens le trouvait tout de même attrayant. Il était mince, 5 pieds

10 de haut, affichait un sourire chaleureux, possédait des yeux perçants verdâtres

tournants vers le brun, un nez aquilin et une moustache. Ses cheveux étaient déjà

devenus gris à vingt ans et il avait perdu la majorité de ses cheveux, mis à part sur le

dessus et sur les côtés. Il avait récemment cessé de s’en faire avec ses cheveux et

c’est l’une des raisons pour laquelle il affichait une assurance, ce qui expliquait

sûrement pourquoi il avait choisi de retourner à ce travail.

C’était sa deuxième chance à cet emploi. Il se questionnait toujours à

savoir pourquoi il était revenu, surtout qu’il avait quitté cet emploi il y a à peine un

mois. Lorsqu’il quitta, il expliqua que le comportement de Lady Baldwin

était à blâmer, sans mentionner ses sautes d’humeur, sa colère et les changements de

routine exaspérants qu’elle lui faisait subir. Il leur annonça les raisons de son départ

puisqu’il savait que le maître serait furieux envers elle. Philippe fût la seule personne

capable d’effectuer toutes les tâches en plus de faire celle des autres employés. Tout le

personnel l’adorait et il pouvait aussi bien repasser les complets ou cirer les souliers de

Lord Baldwin, à son grand plaisir. Si son altesse lui avait demander personnellement de

travailler quelques heures supplémentaires plutôt que de lui faire parvenir le message par

l’intermédiaire d’une bonne, peut-être qu’il serait resté. Mais son attitude lui déplaisait et

donc il démissionna.

––––––––

Lorsque Philippe retourna vivre à l’appartement de sa mère, ils faisaient

retentir la sonnerie du téléphone pendant toute la journée pour parler à Philippe, qui de

son côté ignorait leurs appels. Il reprit son poste à la Cour Suprême.Ce n’était qu’un

emploi passager, mais malgré le maigre salaire, il était en mesure de payer ses factures et

c’était un emploi assez simple. Il ne passait pas la majorité du temps chez sa mère, mais

de son côté elle continua à recevoir leurs appels et c’est une des causes qui le fit fléchir

pour enfin leur rendre visite. À cette période, Dame Baldwin avait plus ou moins

emménagée à leur nouvelle demeure dans les Cotswolds à Gloucestershire et le

Maître s’y rendait pendant les fins de semaine. Ils s’étaient déniché un majordome

pour cette dernière, mais insistaient à trouver quelqu’un pour s’occuper du

Crompton Hall à Derbyshire. Puisque Maître Baldwin s’y rendait toujours et que les

parties de chasse continuèrent à se dérouler cet endroit, il était impératif d’y mettre en

poste un majordome. Étant donné les nouvelles lignes directrices, Philippe accepta de les

rencontrer à leur nouvelle demeure.

––––––––

Le manoir Stonebridge était facilement le double de la superficie de

Crompton. À l’encontre de celui situé à Crompton, celui-ci était érigé en plein milieu

de la propriété et donc il était relativement facile de l’apercevoir. Il emprunta la

route passant à travers le petit village, qui sans contredit, faisait partie du domaine. La

seule route envisageable le conduisit directement à la barrière grande ouverte de la

demeure principale. De toute évidence il était attendu ou bien la barrière demeurait

ouverte pendant le jour. L’entrée en gravier crépitait sous le poids de sa voiture à

mesure qu’il s’approchait de la demeure, ce qui constituait une promenade d’environ

un kilomètre. Trois autres demeures défilèrent sur le chemin et elles étaient

incontestablement destinées à y loger des subordonnées. Il en connaissait

quelques-uns puisqu’ils avaient jadis partagé le même lieu de travail avec eux, mais il

n’avait pas fait la connaissance avec d’autres et se demandait combien de temps

durerait leur séjour.

Ses yeux contemplèrent la façade de la demeure à mesure qu’il se

rapprocha d’elle. Un énorme manoir géorgien haut de trois étages, sans oublier le

sous-sol qui ajouta un étage à l’arrière de la demeure. Il était beaucoup plus

impressionnant que celui de Crompton. Pour respecter la coutume, il rechercha

l’entrée destinée aux employés du service et se stationna avant de débarquer de sa

voiture. Il n’était pas en uniforme, qui consistait en un habit matinal traditionnel;

malgré cela il portait tout de même un habit de couleur gris foncé, un

chandail blanc et une cravate conservatrice rayée. Il ne se déplaça pas pour

impressionner la galère. Reprendre son poste ne lui importait peu, il était plutôt

curieux à savoir ce que Dame Baldwin aurait à dire.

« Salut Phil, je croyais que tu t’étais enfuit de nous... »

Philippe se retourna en enfilant son manteau.

Il savait de qui venait cet accueil amical, c’était Cathy la bonne, mais il voulait tout de

même s’en assurer avant de lancer une bêtise dénotée d’une touche de sarcasme.

« En effet je me suis enfuit, mais les appels ne cessaient pas et me

disaient que ma libération était seulement conditionnelle et que je devais revenir

pour purger ma peine. »

Ils rirent jaune tous les deux avant de se prendre en accolade.

« Contente de te revoir Phil, tu nous as manqué. »

« Merci, Cathy, mais je me questionne à savoir ce que je fiche de

nouveau ici. Heureux de te revoir aussi. »

« Kay arrivera sous peu. Elle s’est également ennuyée de toi. »

« Il n’y a plus personne pour vous taquinez les deux ; c’est pour cette

raison que vous vous êtes ennuyée de moi. »

« Même Madame B. se morfond de ton absence. » Cathy ajouta sur une note sincère.

« Là je sais que tu plaisantes » il rit.

« Philippe ! »

« Comment vas-tu Kay ? »

« Fais-moi un câlin. Bienvenue à la maison. »

« Cathy et Kay étaient les deux fidèles servantes de Madame

Baldwin, laquelle on appelait Madame B. lorsqu’elle n’était pas dans les parages. Cathy

travaillait comme sa bonne et Kay s’occupait de la garde des

enfants, était sa confidente et son organisatrice. Ces deux femmes formaient l’équipe

ressource pour toutes et tous : elles rapportaient à Madame B. tout ce qui ne la

regardait pas, mais pouvaient également potiner au sujet de Madame B. si elles le

souhaitaient. C’était un jeu en vérité, mais un jeu auquel Philippe pouvait participer.

––––––––

Les deux demoiselles étaient de stature égale, 5`4, toute deux à la

chevelure blonde, mais leur ressemblance ne s’en tenaient qu’à ces deux

caractéristiques. Cathy était très svelte, sa chevelure plus allongée, ses yeux bruns,

une mère et une épouse et très prompte à s’émouvoir. Ses traits ne la rendaient pas

répugnante, mais mis à part ajuster les boucles de ses cheveux, elle ne s’attardait pas

à se maquiller puisque sa Maîtresse lui ordonnait de ne pas trop se dénaturer.

La chevelure de Kay était beaucoup plus courte et lisse, elle était

constamment en conflit avec sa taille et sa silhouette, célibataire, mieux éduquée,

terrorisait les gens avec ses manières et elle n’était pas inclinée à laisser perler ses

larmes. Tout comme Cathy, sa beauté était simple, mais de son côté, elle se surpassait

avec son maquillage. Sa peau était belle et selon la façon dont elle vous

abordait, elle rougissait assez promptement.

––––––––

Selon Philippe, le départ de toutes les deux avait largement

dépassé la date d’expiration, mais elles étaient très bien récompensées sans mentionner le

fait que peu d’autres options ne s’offraient à elle.

––––––––

Philippe arriva d’avance et donc elles lui firent visiter les lieux

rapidement avant de se rendre à la cuisine où son vieux copain, le chef René,

élaborait un menu pour le dîner.

« René, je suis malheureusement de retour, mais j’aurais crû que

tu t’aurais ouvert un restaurant à Paris par ce temps. » dit Philippe en souriant et

offrant sa main à être serrée.

René était un géant mesurant plus de six pieds, très mince, une

tête de vadrouille noire lui servait comme chevelure et il était imberbe. Il possédait

l’étrange habileté de toujours paraître décoiffé quelles que soient les circonstances, et

malgré tout cela, son épouse, française également, rendait jalouse les déesses de par sa

beauté.

––––––––

René lui empoigna la main en lui retournant son sourire. « Un

salaud a misé plus élevé que moi à la dernière minute, » rétorqua-t-il avec son accent

français, « Je le jures, je tuerai quiconque est derrière cette escroquerie. Mais

passons aux choses sérieuses, je suis toujours ici. » Il fît une pause, « et évidemment

je suis ravi de te retrouver. »

––––––––

« Tes genres se portent bien ? »

« Oui, très bien. Tu auras peut-être la chance de les visiter avant de retourner à la maison ? »

« Je l’espère bien, mais qu’advint-il exactement du restaurant ? »

« Ah, nous sommes retournés à Paris en croyant que tous les

contrats étaient crédibles. Je faisais mes emplettes pour l’équipement et nous nous y

sommes emménagés. Puis l’agent nous annonça que nous devions quitter puisqu’un

autre acheteur était dans le décor et avait offert une plus grosse somme au dernier instant.

J’ignore de qui il s’agit en fait, mais le restaurant a été revendu depuis, je

crois. » René secoua la tête, « et donc me voilà ici encore une fois. »

« Vraiment désolé René. Je sais à quel point diriger ton propre restaurant

te tenais à cœur, mais je suis ravi de te revoir. »

––––––––

Ils avaient travaillé ensemble à Crompton auparavant et René répétait

sans cesse à quel point il désirait ouvrir son propre restaurant. Il en avait déniché un

en bordure de Paris et lorsque Philippe quitta l’emploi, René travaillait durant sa période

de préavis en étant joyeux du fait de retourner à la maison.

René se trouvait à être un grand chef. Il était d’ailleurs le meilleur que

Philippe avait côtoyé, et il en avait d’ailleurs côtoyé plus d’un. Il se questionna

maintes fois à savoir comment René arrivait à demeurer calme face au penchant de

Madame B d’arriver en retard pour les repas puisqu’il devait souvent refaire la

cuisson. Il l’injuriait derrière son dos et se plaignait du gâchis causé par son retard,

« quelle salope» marmonnait-il entre ses dents. Mais lorsqu’on entrevoyait la tête de

Madame B dans la cuisine, qui s’excusait de son retard, il se retournait toujours en

affirmant que « tout allait bien madame ; il n’y a pas de souci. » Philippe le taquinait

souvent à ce sujet puisque ce dernier ne se donnait moins de souci que le chef dans

la même situation. Il ne réchauffait que le plat, lui servait chaud et si cela ne lui

convenait pas, bien tant pis. Il lui demandait toujours à l’avance l’heure à laquelle elle

préférait que son souper lui soit servi et il s’assurait de respecter l’heure préétablie.

Si tout d’un coup elle décidait de patienter une autre heure sans alerter qui que ce

soit, bien tant pis, elle pouvait se délecter de son repas calciné.

Dans les demeures privées, en temps normal, les heures du repas sont fixes et

on doit avoir une très bonne raison de les rater. Dans ces situations, une collation est

servie pour compenser pour le repas sauté. Hors dans cette demeure, ce n’était pas le cas.

Très souvent le déjeuner était servi à l’heure du dîner et l’heure du souper pouvait varier

entre 18h et 21h. Les soupers avec service étaient servis d’autant plus tard . ce qui semait

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