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Georges

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Summary

Année 1810, à l’Ile de France (actuelle Maurice). Pierre Munier, intègre et prospère planteur métis, se distingue dans la défense de l’île menacée par les Anglais, après avoir été refusé en raison de sa couleur de peau dans la garde nationale par Monsieur de Malmédie, riche colon. Georges et Jacques, enfants de Munier, se défendent contre une provocation d’Henri, fils de Malmédie. Leur père, « ce héros qui lève la tête devant la mitraille et plie les genoux devant un préjugé », décide d’éloigner les deux frères, qui partent pour la France. Jacques se fait bientôt matelot et disparaît ; quant à Georges, il reçoit à Paris la meilleure éducation et devient vite un jeune homme brillant, doué d’un sang-froid hors norme et d’une grande élévation morale.
Quatorze années passent. Georges décide de regagner son île natale, avec un objectif : y vaincre le « préjugé de couleur » (on ne dit pas encore racisme) attaché à sa condition de mulâtre. Sur le navire qui l’embarque, il se lie d’amitié avec un autre homme d’élite, lord Williams Murrey, nouveau gouverneur envoyé par Londres dans la colonie, passée à l’Angleterre en 1810. Retrouvailles poignantes entre le fils et son père à Maurice, suivies de l’arrivée aussi inopinée que brève de Jacques : celui-ci s’est fait pirate... et négrier.
Le retour de Georges est vite placé sous le double signe de l’amour et de la haine. Amour pour Sara, délicieuse jeune femme qu’il sauve en abattant un requin prêt à la dévorer alors qu’elle se baigne dans une crique ; haine pour les Malmédie, qui lui refusent, outrés par l’audace du mulâtre, la main de Sara : celle-ci n’est autre que la nièce orpheline et richissime de Monsieur de Malmédie, promise malgré elle à son fils Henri. La tension culmine lors des fêtes mahométanes du Yamsé : Georges gagne la course de chevaux contre Henri et lui inflige publiquement un coup de cravache, avant de fuir.
Ses idéaux se brisant contre l’épreuve des faits, Georges se radicalise et accepte la proposition de l’esclave Laïza : prendre la tête d’une révolte des nègres visant à abolir l’esclavage et instaurer l’indépendance, à l’image d’une autre île, Saint-Domingue, qui « à cette heure s’appelle Haïti ». Lord Murrey, gouverneur éclairé, tenant de la concorde entre les communautés, en est informé et tente une vaine conciliation auprès de Georges, qu’il voudrait faire l’instrument de sa politique, avant de l’arrêter.
La révolte est cependant lancée, mais bien vite étouffée. Le gouverneur a fait placer des tonneaux de rhum partout en ville : l’ivresse des révoltés a tôt fait d’anéantir le soulèvement, ainsi que l’ambition du mulâtre, qui s’évade entre temps et tente une cavale désespérée. D’ultimes péripéties le feront prisonnier, condamné à mort, marié in extremis à celle qui l’aimait, avant un dernier coup de théâtre qu’orchestre son négrier de frère...

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