L'inquiétude autour de CETA semble prématurée

Le 10 juillet 2012 Hier, les alarmes du net ont toutes sonné en même temps au sujet d'un nouvel accord commercial – CETA, un accord entre le Canada et l'Union Européenne – à même d'introduire les provisions d'ACTA par une porte dérobée, maintenant que celui-ci a été fermement rejeté par le Parlement Européen. Toute la Toile était furieuse à l'encontre de la Commission Européenne et son irrespect de la démocratie. Je pense que de telles sonneries d'alarme sont prématurées. Le post initiateur est venu de Michael Geist, et il fut vite repris sur BoingBoing et Techdirt. Geist fait le liste de plusieurs passages du nouvel accord commercial, CETA, côte à côte avec des passages d'ACTA, nous montrant que les deux sont identiques à certains endroits. Toutefois, la Toile réagit comme si ceci avait été écrit après qu'il soit clair que le Parlement Européen allait rejeter ACTA, ou même après le rejet de la semaine dernière : que c'était une porte dérobée intentionnelle pour les mêmes provisions. Le fil des événements ne soutient pas cette conclusion. Les documents de CETA qui ont fuité – les versions actives sont toujours en négociation, au fait – furent écrits en février 2012, selon Geist. La raison pour laquelle ils répètent exactement ce qui est inscrit dans ACTA s'explique beaucoup plus facilement du fait que ces documents furent rédigés avant que les manifestations ne démarrent : ces documents ont tout simplement été écrits dans la présomption qu'ACTA était quasiment une affaire réglée ne nécessitant plus qu'un coup de tampon et donc, les négociateurs ont copié du matériel d'ACTA comme toile de fond du nouvel accord. C'était plus qu'une présomption raisonnable de la part de la Commission Européenne en février 2012 ; en fait c'est la façon dont je me serais attendu à ce qu'ils fassent leur boulot, que cela me plaise ou non.

Aujourd'hui, par contre, la réalité est toute autre. L'Europarl est vigilant face à tout ce qui ressemble à ACTA et a donné à la Commission Européenne la gifle de sa vie lors de la réjection d'ACTA. Si la Commission essayait quoique ce soit qui aujourd'hui et à nouveau, comme ce machin CETA, ils seraient en train de a) agir de mauvaise foi, et b) de demander la gifle de leur vie au carré – peutêtre allant jusqu'à et inclusivement le congé du Parlement Européen. (Une démission du Commissaire responsable, Karel de Gucht, fut évoquée pendant le processus ACTA – et le Parlement va considérer une nouvelle tentative avec un manque total de sens de l'humour.) donc ceci n'est pas « ACTA ressuscite ». ce n'est pas « ACTA, la Première Suite en Zombi ». c'est un document tout ce qu'il y a de plus logique puisqu'il aurait été écrit en février 2012, écrit avec les présomptions politiques du moment. Aujourd'hui, la réalité semble fortement différente. Si la Commission Européenne pense qu'ils peuvent faire passer un truc de ce genre par le Parlement Européen, ils sont ignorants et stupides. La Commission peut parfois se montrer ignorante, à cause de leur manque de surface de contact avec les citoyens ordinaires, mais ils sont très très loin d'être stupides. Ceci dit, maintenant que les sonneries d'alarme ont sonné, il y a peu de chances que CETA passe s'il ressemble même de loin à ACTA. Nous en sommes rendus à ce que l'impression sur le même type de papier soit de trop – ACTA est si toxique. Je m'attends à ce que la Toile conserve ses yeux attentifs sur les développements à venir de CETA pour alerter l'Europarl de toute entourloupe, mais nous n'y sommes pas encore. Attention, vigilance, méfiance, et veille – absolument. Mais la panique et l'alarme me semblent prématures en ce moment. Auteur : Source : Rick Falkvinge
http://falkvinge.net/2012/07/10/alarm-over-ceta-appears-premature/