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Monsieur Georges Lavau

À propos de trois livres sur l'État
In: Revue française de science politique, 30e année, n°2, 1980. pp. 396-412.

Citer ce document / Cite this document : Lavau Georges. À propos de trois livres sur l'État. In: Revue française de science politique, 30e année, n°2, 1980. pp. 396-412. doi : 10.3406/rfsp.1980.393896 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1980_num_30_2_393896

CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE

PROPOS DE TROIS LIVRES SUR LETAT*

GEORGES LAVAU

puis environ dix ans il écrit beaucoup de livres sur Etat ou propos de Etat Pendant longtemps ce flux est allé sauf quelques rares exceptions dans un seul sens la dénonciation de la perversité et de illégitimité de Etat de tout Etat en son princi pe Certains historiens eux-mêmes associaient cette entreprise2 Depuis quelque temps offensive anti-Etat bien que non éteinte plus le monopole de la parole des défenseurs de Etat montent au parapet autres efforcent de distinguer différents Etats aux mérites et aux méfaits plus ou moins grands des historiens fouillent et établis sent les archéologies et les généalogies de Etat européen moderne des sociologues enfin efforcent établir les articulations entre les diverses formes organisation politique dont Etat et la structure sociale les codes culturels et les problèmes historiques de plusieurs sociétés Les raisons de cet intérêt actuel pour Etat sont nombreuses Parmi les plus évidentes et les plus immédiates il suffira de mentionner les retombées théoriques des mouvements de révolte des années 1966-1969 un certain renouveau théorique du marxisme précisément axé sur les problèmes de Etat la nouvelle critique du totalitarisme entraînant

Etat Badie Bertrand) Birnbaum lection Barret-Kriegel choses Payot Pierre) esclaves de la politique 247 moderne Paris Blandine) 262 collection Sociologie Paris Les origines 1979 Grasset ordre des 1979 Etat Strayer Joseph R.) Etat Paris 156 et les Critique de 1979 Calmann-Lévy col médiévales de Sans chercher être complet ni établir un palmarès je mentionnerai par exem ple Clastre Pierre) La Société contre Etat Paris Ed de Minuit 1974 Lefebvre Henri) De Etat tome Paris UGE 1976 Foucault Michel) Histoire de la sexua lité La volonté de savoir Paris Gallimard 1977 Lapierre Jean-William) Vivre sans Etat Essai sur le pouvoir politique et innovation sociale Paris Seuil 1977 collection Esprit Poulantzas Nicos) Etat le pouvoir le socialisme Paris Presses universitaires de France 1978 collection Politiques adjoindrai CERFI accumulation du pouvoir synthèse des travaux du CERFI sur les équipements collectifs offset DGRST juin 1979) 396

propos de trois livres sur Etat sa suite la thématique renouvelée des droits de homme de la justice et de la loi Cette chronique sera consacrée trois ouvrages dont deux sont tout récents et le troisième plus ancien mais dont la traduction fran aise vient de paraître Etat et les esclaves par Blandine BarretKriegel Sociologie de Etat par Bertrand Badie et Pierre Birnbaum Les origines médiévales de Etat moderne par Joseph Strayer dont édition américaine est de 1970 Trois livres de grande qualité qui apportent les uns et les autres une riche moisson informations et de réflexions qui en dépit de leurs modestes dimensions reposent sur une considérable documentation trois livres enfin qui font profon dément réfléchir Les réunir dans une même chronique ne signifie évidemment pas ils soient comparables ou complémentaires Joseph Strayer est historien américain et très historien il offre une présentation élé gante et simplifiée des recherches historiques sur les origines de Etat essentiel de son mince ouvrage recueil de conférences destinées un public non spécialisé est consacré la période allant du XIe la fin du XVe siècle et ne donne que des indications très cursives sur les XVIe XVIIe et XVIIIe siècles Blandine Barret-Kriegel elle est philoso phe de formation et si ses recherches historiques et juridiques ont été extrêmement poussées3 elle convient elle-même dès les premières pages que son ouvrage est davantage un essai spéculatif sur les problèmes de histoire de Etat que cette histoire elle-même souligné par moi De plus elle affiche aussi entrée sa méfiance envers la sociologie comme ailleurs envers histoire économiste coupable ses yeux avoir mutilé histoire politique et histoire de Etat en élimi nant histoire juridique et institutionnelle 24-25 voir aussi 140141 Bertrand Badie politologue et Pierre Birnbaum sociologue même ils utilisent abondants matériaux historiques font une socio logie de Etat est-à-dire une explication par la société de cette forme organisation politique qui est Etat

Legendre Pierre) Jouir du pouvoir traité de la bureaucratie patriote Paris Ed de Minuit 1976 et amour du censeur essai sur ordre dogmatique Paris Seuil 1974 deux parfaits exemples application du lacanisme Je ne peux empêcher ici de pointer es petites perfidies glissées entre quelques éloges et beaucoup de silences sur essentiel par Catherine Clément contre Blandine Barret-Kriegel dans son compte rendu des deux livres au Matin 29 nov 1979 rêverie de philosophe rêverie erudite sur universel Blandine la philosophe... livre la fois simpliste et fulgurant. 397

Les naissances de Etat dans Europe de Ouest Joseph Strayer semble dépourvu de toute passion pour ou contre Etat Simplement Etat offre un moyen ...) qui est assurément pas le seul mais qui est actuellement la forme dominante assurer la collaboration dans la poursuite des buts communs et qui rendu possibles la plupart des réalisations humaines préface Selon lui aube du XVIIIe siècle Etat était devenu une nécessité vitale... un monde sans Etat était devenu inconcevable dorénavant le concept Etat serait invulnérable aux convulsions politiques 156) Une des le ons principales que ai retenues de ce livre est la courbe accidentée des origines et de la formation de Etat dans Europe de Ouest4 En simplifiant un développement rapide et même précoce surtout en Angleterre de certains éléments de Etat moderne du XIe la fin du XIIIe siècle puis un recul et une crise des Etats naissants jusque vers les dernières décennies du XVe siècle sans dispari tion totale Tout abord ces Etats avaient duré... ensuite ils avaient maintenu leurs structures de base 127) enfin un nouveau départ et un nouveau développement des Etats mais nullement linéraires et continus du XVIe au XVIIIe accompagnés de phéno mènes imitation par autres monarchies européennes) Il résulte aussi de cet ouvrage tout en nuances et en flexions que sur le long terme les tendances générales vers la formation de Etat et les courbes de ces tendances ont été dans ensemble assez semblables en France et en Angleterre Contrairement une idée courante Etat est même formé plus tôt et plus facilement en Angleterre en France non pas Etat diraient Badie et Birnbaum mais le centre reviendrai parce que la nation était plus homogène les grands barons plus dépendants du roi le droit plus unifié Etat en forma tion dans ensemble rencontré des résistances moins opiniâtres et su recouvrir des procédés plus souples quoique en apparence peutêtre moins rationnels cf 69-75 57-66) mes yeux cependant une le on encore plus intéressante du livre de Strayer est que tous les processus par lesquels on analyse habituel lement la formation de Etat institutionnalisation division du travail sécularisation automatisation création une de fugitives allusions en fait surtout de la France et moins aux pays germaniques Pour Strayer traite Italie et Espagne encore de Angleterre il ne consacre que un panorama beaucoup plus complet Europe Russie Asie Empire ottoman) mais plus rapide on peut se reporter un excellent article de V.G Kiernan State and Nation in Western Europe dans Past and Present 31 juil 1965 20-38 398

propos de trois livres sur Etat bureaucratie professionnelle et fonctionnelle ont été des processus très lents constamment contrariés détournés arrêtés repris au XVIIIe siècle cette date les plus avancés de ces Etats étaient encore loin être des Etats complets propos du système administra tif de ces Etats Strayer écrit Entre la fin du Moyen-Age et la Révolution fran aise il était peine adapté de sorte que toute crise intérieure ou extérieure les mettait rude épreuve 148) Enfin je dégage de ce livre une autre le on et espère ne pas dépasser la pensée de Strayer qui me semble corriger certaines thèses des ouvrages de Barret-Kriegel et de Badie Birnbaum Les nouvelles monarchies manifestement Strayer juge ce terme plus approprié que Etats qui se constituent partir du XVIe siècle ne se sont pas formées contre la féodalité en dehors elle et pour en dégager mais dans la féodalité au ur de celle-ci et en en utilisant bien des éléments cf passim pp 67-70 123-126 129-138 Strayer relativise abord le rôle des doctrines de la souveraineté adulation du monarque précéda de loin les théories du droit divin de même que la reconnaissance du pouvoir exécutif exclusif du roi vint plu sieurs générations avant la formulation par Bodin de sa doctrine de la sou veraineté En fait le droit divin et la souveraineté étaient des formulations juridiques ou théologiques visant justifier ou expliquer après coup un changement qui avait déjà eu lieu la tête de Etat Ces doctrines une fois formulées renforcèrent des attitudes déjà existantes envers la monar chie mais attitude précéda la doctrine 129-130 souligné par moi) Selon lui pas de coupure absolue entre raineté suzeraineté et souve

Une fois la théorie de la féodalité étendue au point de permettre au roi de réglementer la justice et de taxer toute la population la notion de suzeraineté se rapprochait étrangement de celle de souveraineté 67) De même encore Strayer relativise-t-il le rôle des nouvelles adminis trations centralisées et de autonomisation fonctionnelle des appa reils Etat Ce ne sont ni des artifices administration ni la puissance militaire qui expliquent le succès de Etat au XVIe siècle Les nouvelles monarchies se caractérisent surtout par une utilisation intelligente des ressources disponi bles et par une coopération plus poussée entre les souverains et leurs sujets 131)

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Etat fait social non universel éditeur de Sociologie de Etat de Badie et Birnbaum le diffuse avec cette bande publicitaire Contre les rêveries sur Etat en géné ral ce qui la fois rend assez bien compte du contenu de ouvrage et ne lui rend quand même pas tout fait justice moins il ne agisse une stratégie editoriale contre autres ouvrages Sociologie de Etat est pas seulement en effet une réplique aux ouvrages exal tant ou condamnant Etat est aussi et avant tout un très solide traité rien de péjoratif dans ce terme sur la genèse et les transformations de Etat) sur la pluralité de ses formes et inégalité de son développement Sociologie parce que Etat relève plutôt une approche sociologique que juridique ou philosophique parce il est lui-même un fait social Mais sociologie qui réutilise aussi très amplement les analyses des historiens en les question nant autrement car les questions que se pose le sociologue diffèrent en effet de celles que formule historien 8) architecture du livre est simple et harmonieuse Une première par tie Etat dans la théorie sociologique où les auteurs mettent abord au jour les premières elaborations théoriques une sociologie de Etat les intuitions de la sociologie classique chez Marx Durkheim et Max Weber puis font ensuite une exposition critique échec de la sociologie dominante contemporaine de la sociologie nord-américaine qui longtemps réduit le procès de construction étati que un procès de rationalisation lié la modernisation puis qui tardivement accordé beaucoup importance Etat mais sans com prendre que Etat apparaît non pas tant pour consacrer la différenciation de la société que pour faire face la dévolution5 un certain nombre instan ces qui ont pas pu adapter 102) la relation de causalité simple établie par les fonctionnalistes entre la division du travail social et apparition de Etat doit être amendée ...) que la variable explicative est pas la différenciation en général mais un mode particulier de différenciation déterminé par un contexte historique précis lié impact simultané de transformations économiques ...) sociopolitiques ... et internationales ... 110) est ici que Badie et Birnbaum introduisent une distinction va dans la suite de ouvrage jouer un rôle important entre Personnellement aurais plutôt écrit 400 involution qui Cen-

propos de trois livres sur Etat tre et Etat Pour eux le procès de différenciation structurelle autonomisation institutionnalisation eu un seul résultat nécessaire et universel non pas la construction étatique mais la construction un centre plus ou moins autonome et différencié Seuls certains modes de centralisation ont réelle ment abouti la formation Etats ... 111) La deuxième partie Etats sociétés et histoire est consacrée étude des variables qui dans un très grand nombre de sociétés ont produit des modes de centralisation très variés mais qui dans certaines sociétés seulement ont produit Etat véritable car le fait étatique est apparu que comme solution une crise et partir de circonstan ces historiques de structures socio-politiques préalables de données culturelles propres 124 Cette partie est divisée en qua tre brefs et denses chapitres Etat division du travail et capita lisme Etat et structure sociale Etat culture et dissociation il agit de la dissociation par le code culturel des sphères religieu ses économiques et politiques) La diffusion de Etat de Europe aux sociétés dépendantes Le lecteur trouvera notamment une dis cussion serrée des travaux dimmanuel Wallerstein The modern world system et de Perry Anderson Etat absolutiste et Les passages de Antiquité au feodalisme) La troisième partie Etat centre et pouvoir dans les sociétés contemporaines est une certaine fa on la résultante des deux pre mières Les auteurs présentent une typologie articulée sur le concept de bureaucratie et sur la distinction centre/Etat Deux grands types de sociétés politiques un est << le gouvernement par Etat dans lequel le pouvoir fonctionnerait la bureaucratie la France représentant le modèle parfait la Prusse un exemplaire inachevé autre type est le gouvernement par la société civile caractérisé par la faiblesse de la bureaucratie la Grande-Bretagne représentant ici le modèle de la sous-étatisation tandis que les Etats-Unis et la démocratie consociationnelle suisse sont des cas plus complexes Etat est pas la forme organisation politique universelle Sociologie de Etat appuie sur une masse imposante de lectures parfaitement maîtrisées et dominées Avec la clarté dont ils ont donné déjà la preuve dans leurs travaux respectifs Bertrand Badie et Pierre Birnbaum mettent en perspective pratiquement tous les travaux tou chant au sujet mettent bien en lumière les plus importants entre eux les critiquent avec justesse et finalement présentent une synthèse origi nale la fois simple et solidement construite ils exposent avec beau coup de netteté 401

Georges La vau Ce est pas seulement un livre utile est aussi parce il prend nettement parti un livre qui expose la discussion et qui enrichit la réflexion Droit gouvernement et despotisme

il est un ouvrage qui expose encore davantage la discussion est bien Etat et les esclaves de Blandine Barret-Kriegel car est une vraie thèse il agit comme indique la division du livre en deux parties qui opposent radicalement Etat de droit Etat despote Thèse exposée avec force avec passion dans une écriture superbe et qui appuie sur des recherches profondes et préci ses Mais auteur est une radicale elle va aux racines et quand elle tranche est aussi aux racines Son projet inscrit dans la vaste réflexion contemporaine sur le totalitarisme Mais Barret-Kriegel ne veut pas être de ceux qui anciens révolutionnaires devenus représentants tapageurs de la nou velle philosophie uvrent cyniquement la défaite de idéal savant 15 Elle est de ceux qui vingt ans voulaient changer la vie et pour qui le goulag est pas seulement un faux-fuyant exotique pour vieillir bourgeoisement en chassant la vie devant soi ibid La douloureuse découverte qui été la base de son entreprise est celle-ci beaucoup de ceux qui ont voulu libérer la société et les hommes de esclavage qui ont voulu rendre la société ce qui lui aurait été pris par Etat ont en postulant unicité de Etat la monotone identité de tous les pouvoirs sous tous les cieux toujours et partout force domination servitude abouti la fétichisation de la société contre Etat est-à-dire au despotisme Travaillant sur les historiens et le pouvoir au XVIIe et XVIIIe siècles auteur décou vert que Etat classique ne fonctionne pas comme Etat despoti que 15 Alors est demandé Barret-Kriegel Etat est-il un Et il avait des Etats une généalogie de leurs formes diver ses il avait enfin une histoire des Etats 13) Quand les révolutionnaires fran ais de 1789 déclaraient qu il pas en France autorité supérieure la loi ils innovaient pas mais résumaient aboutissement un processus pluri-séculaire par lequel le droit imprègne la société et investit Etat 21 Réagis sant contre les présupposés de la sociologie politique moderne 23) Blandine Barret-Kriegel décidé de appuyer sur deux piliers étude du droit et des institutions essentiellement travers les écrits des légistes fran ais et anglais et celle des doctrines classiques de la souveraineté légitime Ayant pris le parti méthodique de ne pas disso402

propos de trois livres sur Etat eier les légistes et les philosophes du droit naturel mais au contraire de les lire en série elle découvert dans cette lecture conjointe les trois articles fondamentaux de cet Etat de droit une doctrine du pouvoir souverain qui est ni imperium ni dominium et qui oppose la Seigneurie une théorie des droits individuels tous les droits ne sont pas aliénables Hobbes) une morale de la loi fon dée sur les Ecritures vétéro-testamentaires Il est malheureusement pas possible de rendre compte ici de la richesse et de la qualité scientifique de la démonstration conduite par auteur dans toute cette première partie consacrée Etat de droit même si on résiste parfois sa passion de trop prouver certaines injustices et certaines apologies elle évite pas on la lit toujours avec une passion que la sienne même provoque et elle immense mérite de déplacer les vieux débats un niveau plus profond et sur le terrain solide de textes elle intensément médités Je veux surtout ici signaler un chapitre qui est certes pas fondamental pour sa démonstration mais qui est au centre même de cette chronique Intitulé Réflexions pour histoire de Etat fran ais il est en fait consacré un parallèle des origines de Etat en France et en Angleterre on trouve aussi chez Strayer et chez Badie et Birnbaum mon sens Blandine Barret-Kriegel fait une analyse des particularités de Etat britannique qui est beaucoup plus près de celle de Strayer elle ne semble pas avoir lu que ne est celle de Badie et Birnbaum qui eux ont lu et le citent Bien que appuyant trop exclusivement sur un vieil ouvrage Emile Boutmy essentiellement pour réfuter Montes quieu une de ses bêtes noires et en insistant surtout sur unification du système juridique anglais elle parfaitement compris que Angle terre était bien et même davantage que la France un Etat centra lisé souverain et légitime qui la différence de la monarchie fran aise su éviter la prolifération toute relative des bureaucraties concurrentes et peu efficaces en recourant sous le dôme une loi unifiée aux services bénévoles et volontaires de groupes et hommes de différents ordres et classes est ce elle appelle le mécanisme du gouvernement associatif qui traduit bien les procès décrits par Strayer Angleterre était un Etat de droit pur la France était un Etat de droit approché parce que unification du droit jamais été complète que les parlements les provinces et les corps ont résisté Etat de droit bute sur la société civile fran aise Et Emportée par son élan auteur est-elle aper ue de la résonance un peu inquié tante de cette formule Les sociétés civiles rétives la belle loi unifiante exprimentelles toujours que le non-droit que volonté imperiimi ou de dominium que prétentions seigneuriales Alors. contre elles les rigueurs de la loi Surtout elles refu sent de se laisser associer 133) 403

Georges Lav au aussi pour unifier coûte que coûte cette société civile les souverains fran ais ont au XVIIIe siècle repris le vieil adage romaniste princeps legibus solutus qui conféré administration et des tribunaux administratifs distincts des pouvoirs contraires aux principes classiques La deuxième partie de Etat et es esclaves est un massacre Seul échappe Hegel mais Blandine Barret-Kriegel fauche avec quelle vigueur Fichte le jeune Goethe Schlegel Novalis Savigny Jhering Ludwig Feuerbach et bien entendu Karl Marx Prenant au pied de la lettre les glaciales imprécations du Naphta de La Montagne magique dont elle voit ancêtre en Simon Nicolas Linguet contre la liberté et Aufklärung son appel la Terreur elle assimile cette Ter reur tout le romantisme allemand toute école historique allemande du droit tout le nationalisme allemand tout le fidéisme allemand toute la gauche néo-hégélienne Plus exactement le primat de la Nation sur Etat appel romantique sa survie exaltation du droit vivant contre la loi préparant le retour la doctrine dominiale du pou voir) la tentation gnostique du christianisme romantique érotisme mystique de la Naturphilosophie anti-juridisme de Marx tout cela préparé le lit de la Nation-Etat et du Parti-Etat Ce est pas for tuitement que le socialisme romantique produit des esclaves et des seigneurs 229) Les deux grandes versions du totalitarisme moderne la nazie et la com muniste ont levé partir une fenaison commune la philosophie roman tique et hybridation perverse réalisée par le romantique politique dans le terreau de la Nation-Etat des graines du libéralisme le redéploiement une politique seigneuriale anti-étatique anti-juridique anti-indivi dualiste 231) ... La rupture avec esclavagisme été trouvée comme la sortie du désert il plus de deux mille ans par un petit peuple perdu Il toujours un défilé pour que écartent les flots houleux de la servitude la loi 232) En résumant si brutalement cette seconde partie de Etat et les esclaves je ne crois pas en déformer le sens et est bien en vain que je chercherais cacher que ces pages ont paru une moins bonne qualité que celles de la première partie Ce que ce résumé ne dit pas est le souffle qui anime ces pages la pénétration de certaines analyses notamment sur le pietisme sur le naturalisme sur le retournement politique du sentiment religieux par Feuerbach sur anti-juridisme de Marx pénétration qui fait autant plus regretter que ces analyses soient trop rapides trop partielles et trop partiales 404

Est-il bon

Est-il méchant

On pourrait faire de Sociologie de Etat et de Etat et les esclaves une lecture abusive mais qui cependant restituerait la pensée profonde de leurs auteurs Abusive parce que cette lecture surtout dans le cas de Bertrand Badie et Pierre Birnbaum élimine maintes nuances et spécifications Pas injuste pourtant car surtout pour Blandine Barret-Kriegel7 cette lecture découvre la pensée nue des auteurs Que dit au fond Sociologie de Etat Que la construction un centre politique une organisation politique relativement autonome et ordonnatrice est une nécessité et un bien mais que Etat véri table est pas bon une bonté rationnelle et universelle Tout au contraire seules les sociétés Etat minimum sont harmonieuses tou jours en mesure de perpétuer une compatibilité quasi naturelle entre fonction sociale et fonction politique et de sauvegarder les libertés individuelles et collectives 246 Ces sociétés Etat minimum est Apollon et Athena réconciliés est Les harmonies de la Nature Les sociétés étatisées au contraire se débattent depuis longtemps avec le risque de déstabilisation politique où le succès ont rencontré le fascisme et le nazisme ibid. Etat pas été ne peut être et ne doit pas être le mode unique de gouvernement des socié tés 247) Etat est bon dit au fond Etat et les esclaves Certes seul est Etat de droit mais est aussi le seul qui usurpe pas ce nom et il en que bien peu exemplaires Pervers en revanche la Cité faux Etat Empire romain faux Etat la théocratie faux Etat la nation faux Etat le parti faux Etat Sans doute auteur consentirait-il entre Etat de droit et Etat despote il en fait tout un dégradé mais cela est pas dit Blandine Barret-Kriegel pas cherché écrire un livre prudent elle écarté les balancements de pensée et écriture Sans Etat fondé sur le règne de la loi les esclaves Une seule source mince mais jamais tarie de Etat de droit la loi du peuple juif

pour qui contre elle un souci de faire sens quelques tout son pas et émo tion212) Je vibre Etat cet auteur est infidèle au valoirmême de ne procèdeessaihistoriques ou crois que mais tente de nous faire croire qu il observations un choix

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La nuit est toujours aussi obscure Aussi riches que soient les ouvrages de Strayer de Badie et Birn baum et de Barret-Kriegel aucun des trois ne projette une lumière défi nitive sur certains points aveugles de Etat et de histoire des Etats Certes en suivant avec les historiens les naissances de Etat dans la France et Angleterre médiévales on est tenté de donner raison Strayer les attitudes acceptation du pouvoir royal le loyalisme envers le souverain justicier et warlord sont peut-être nés avant les doctrines et même avant que les institutions prennent vraiment figure ce que méconnaît peut-être trop Barret-Kriegel Mais en admettant les obscurités ne se dissipent pas Ces attitudes nouvelles ce loyalisme transféré de la famille de la communauté et de Eglise Etat mais si fréquemment retiré puis ré-accordé) où venaient-ils Pourquoi et comment sont-ils apparus Désir de servitude volontaire amour du pouvoir Besoin de protection contre la terrible insécurité de ces temps Préférence accordée un pouvoir rude mais plus stable et plus lointain pour se protéger des petites tyrannies plus capricieuses et toutes proches Joseph Strayer et Blandine Barret-Kriegel insistent avec raison sur le rôle du droit évocation et appel Mais encore a-t-il fallu pour ce retournement attitudes que les institutions juridiques et judiciaires royales aient acquis suffisamment de visibilité et de lisibi lité une première théorisation en ait été dite sinon cela aurait pu pénétrer les esprits aux provinces reculées ce qui redonne rai son au moins en partie Blandine Barret-Kriegel Si comme le dit Strayer les deux monarchies les plus proches de Etat moderne étaient encore au seuil du XVIIIe siècle des Etats si incomplets plus incomplets que le plus faible Etat du XIXe 151 alors Tocqueville aurait exagéré au moins en ce qui concerne la France La Révolution fran aise le Consulat et Empire auraient bien créé quelque chose qui existait pas déjà sous Ancien Régime quelque chose qui était pas seulement egalitarisme Ne peut-on aller encore plus loin Certes au XVIIIe la France Angle terre Espagne la Prusse et non Allemagne possédaient déjà des éléments parfois déjà assez développés de Etat moderne mais ces éléments pouvaient peut-être tourner autrement produire autre chose Ce que Badie et Birnbaum appellent Etat véritable est-il pas alors un produit du XIXe siècle De ce siècle des nationalismes des grandes écoles militaires des révolutions qui débordent les frontiè res du combat international entre libéralisme et absolutisme des gran des migrations de populations dans et travers les frontières tous phé406

propos de trois livres sur Etat nomènes bien absents des ouvrages de Bertrand Badie Pierre Birnbaum et de Blandine Barret-Kriegel Autre hypothèse presque inverse Etat moderne est-il si moderne Avant les monarchies médiévales anglaises et fran aises les cités-Etats antiques Empire romain Empire des Han avaient-ils pas déjà trouvé certains éléments modernes de Etat Et ce on appelle habituellement Etat a-t-il pas constamment varié est-il pas encore appelé varier Les variations sémantiques et lexicales pour désigner ici et là jadis et naguère cette organisation politique cen trale impersonnelle institutionnalisée politela res publica Commonwealth Etat Reich devraient nous alerter exagère-t-on pas les coupures entre le prétendu Etat moderne européen et les formes organisation politique qui ont précédé ou celles qui se sont formées en Russie ou en Asie Bien sûr il des Etats et il en de radicalement différents par leurs constitutions par leur degré de juridification par leurs prin cipes moraux Bien sûr aussi il des droits et certains entre eux ont aucune base dans la notion de loi ou de droits individuels Bien sûr les Etats de salut collectif ne peuvent être des Etats de droit Cela accordé deux points Le premier est relativement mineur les différences sont-elles toujours aussi tranchées que le veut Blandine Barret-Kriegel Elle acharne sur le droit romain elle imagine arrêté après Gaïus mais si je ne me trompe il est pas exact il ait jamais reconnu de droits subjectifs au fils de famille la femme esclave même peu peu ils sont devenus sujets de droit Inversement ni le Code civil ni la common law en pleine maturité du XIXe siècle ont été très généreux pour ouvrier des manufactures quant ses droits subjectifs au travail Le second est beaucoup plus important Les institutions les lois les doctrines peuvent être bonnes précises et claires et les pratiques des Etats de droit non une pratique isolée une fois mais des pratiques courantes répétées des bavures qui en finissent plus de baver peuvent être contraires et détestables Au nom de la loi au nom de Etat de droit au nom de la morale de la loi combien de viols et de tout temps Dénoncés certes publiquement flétris réparés parfois bien des années plus tard nullement systématiques il est vrai et presque toujours honteusement perpétrés et là est la différence fonda mentale avec Etat despote8 Mais enfin cela est or de ce/a pas un même il applique limer son despotisme rien de plus éloquent ici que le film accablant du polonais Andrzej Wajda Sans anesthésie 407

Georges Lavau mot chez Blandine Barret-Kriegel elle ne plaide pas que ce était pas son sujet était au contraire au ur... mais elle oublié dans sa chevauchée Je conviens il est facile de mettre en avant les pratiques perver ses Eh bien parlons des pratiques normales Il reste toujours dans Etat de droit de imperium du dominium du fonctionnement la force de la seigneurie ils ne se cachent même pas ils sont inscrits dans les détours et les plis de la loi et de la jurisprudence un simple mot anodin parfois9 Etat de droit ne gouverne pas sans exception légale sa propre loi sans juges sans police sans prisons sans bourreaux sans commandos Et cela pour deux raisons pratiques toutes simples mais une incalculable portée La première est que le plus parfait Etat de droit est toujours aussi parce que politique Etat de calcul où loi et force entrent en combinaison La seconde est il est pas Etat qui ne vive au milieu de dangers et qui ne doive parer Cela suffit pour que introduisent côté de la loi deux autres universels dont il ne peut exister aucune mesure rationnelle le réalisme et la prudence est la raison pratique de Etat où le paradoxe il peut toujours avoir une raison Etat de Etat de droit Blandine Barret-Kriegel dit elle-même il faut toujours sur veiller les pouvoirs 17 est donc que la loi par elle seule est pas la garantie Et qui surveillera les pouvoirs Les juges en dernier ressort Mais ne sont-ils pas eux-mêmes des pouvoirs Quis custodies custodiei très vieille question au fait venue de Rome sur laquelle buté Fichte il imaginait dans sa Grundlage der Naturrechts institution de éphorat chargée empêcher dans Etat toute vio lation de droit il devait lui-même convenir ne pouvoir résoudre le problème du contrôle populaire des éphores car il faut des éphores est que les hommes sont mauvais et donc inaptes surveiller les pouvoirs Je ne suis pas sûr enfin que la sociologie ou le questionne ment sociologique des faits historiques dissipe mieux les obscurités mais peut-être utilise-t-elle un vocabulaire et des concepts qui disent avec plus assurance que la nuit est dissipée et avec elle les rêve ries La France serait le modèle de Etat nous disent Badie et Birn baum parce que Etat qui est historiquement construit en France ... mené son terme le processus institutionnalisation 203) alors que la Grande-Bretagne su laisser la première place autoTous les juristes connaissent les clauses de urgence de des nécessités de police générale des circonstances exceptionnelles 408 ordre public

propos de trois livres sur Etat régulation par la société civile 222 Mais ne fait-on pas trop dire ou pas assez ce concept analytique institutionnalisation Pourquoi ce procès aurait-il un terme et un seul Pourquoi ce terme est-à-dire aboutissement et perfection) inscrit dans la nature même de institutionnalisation serait-il nécessairement quel que chose qui prendrait les traits un statut général de la fonction publique une ENA de la planification cf 205) une totale fusion du pouvoir exécutif et de la haute administration 207 institutionnalisation est pas nécessairement sauf dans la pensée des sociologues uni-orientée vers un terme Une fois enclenchée elle peut prendre des orientations diverses qui remplissent des fonctions comparables Il me semble un peu illusoire de dire il moins institutionnalisation dans des sociétés où le centre politique agit partiellement ailleurs travers des fonctionnaires dépendants de la Couronne non payés enracinés localement que dans celles où le centre politique agit mais sans les contrôler mieux travers des fonctionnaires statut unifié payés par le Trésor délocalisés On prê terait moins univocité au procès institutionnalisation si on se souve nait que quantité de segments de la société civile connaissent eux aussi ce même procès et souvent très complexe mais il prend ici et là des formes très diverses sans que ses fonctions soient très dif férentes une forme une autre utilisation du concept analytique de centre politique contrôlant plus ou moins efficacement la périphérie et son opposi tion au concept Etat certes été une grande utilité analyse sociologique la condition cependant de ne pas oublier il est agi un outil pour analyse permettant dans une étape provisoire examiner et de classer comment dans différentes formations sociales et divers moments les organisations politiques et administratives se sont plus ou moins alliées ou plus ou moins opposées aux organisations et aux institutions de la société civile Quand on vient utiliser les ter mes centre et Etat comme des réalités historiques concrètes et les coller sur des formations sociales réelles on risque aboutir un jeu verbal on appellera centre politique le type Etat que on constate dans ces sociétés où Etat pas exactement les formes on pris habitude de considérer comme distinctives de Etat et comme étant le terme du processus institutionnalisation 10 10 Et cela peut aboutir lorsque la formulation est trop rapide et trop tranchée étranges résultats Badie et Birnbaum nous disent du système politique italien il possède un Etat sans centre On pourrait dire le contraire 11 dans Italie contemporaine un centre constitué la fois par le triangle industriel plus Italie 409

Georges La va Plus on voit fonctionner le couple conceptuel société civile Etat plus grandit la perplexité abord parce il est pas sûr que ce couple conserve beaucoup de sens on le détache des configurations théoriques ensemble chez Hegel chez Marx chez Gramsci intérieur desquelles les éléments de ce couple faisaient sens par exemple dans la configuration gramscienne lutte des classes hégémonie intellectuels bloc historique Ensuite parce que depuis si longtemps les sociétés civiles et les Etats se sont tellement mêlés interpénétrés contaminés ont été tellement traversés par des idéologies communes il partout de étatique dans les sociétés civiles et du civil dans les Etats 12 Même il est historiquement exact ce que les bons historiens ne confirment pas vraiment au XIXe siècle la place un Etat est une classe sociale qui dirige la Grande-Bretagne un establishment ... qui rassemble tant aristocratie ... que la bour geoisie 221) même il est vrai aujourdhui dans ce pays est la société qui parvient auto-régùler 225) reléguant ainsi Etat une quantité minimale 13 le point obscur est celui-ci comment expliquer que cet establishment bien composite ait pu diriger le pays et cette société civile auto-régùler précisément dans le sens au nation-building et du state-building Car et il en bien des exem ples une société peut auto-régùler en allant pas du tout dans ce sens Il faut rétablir de la fa on suivante ordre qui fait sens dans les séquences il eu direction nationale et politique cette direc tion était socialement le fait un establishment régulation plus ou moins auto est le premier terme de la séquence qui me paraît de loin le plus important et le plus mystérieux Pour jeter autres lumières sur cette force qui poussé la régula tion vers la construction nationale et vers la construction organisacentrale et par les partis de arc constitutionnel ce centre domine sa fa on les périphéries En revanche malgré une armée de fonctionnaires et agents parastataux on peut douter que Italie ait un véritable Etat Curieusement les auteurs admettent indirectement en signalant propos des administrations américaines qui entretiennent des relations de clientèles avec des groupes socio-économiques ou politi ques extérieurs que ces groupes sont analogues ceux que on retrouve en Italie système pourtant situé sur une autre trajectoire 231 souligné par moi) 11 ailleurs comme le dit Blandine Barret-Kriegel de même il Etats et Etats il sociétés civiles et sociétés civiles 12 On trouve la même idée dans la brochure du CERFI accumulation du pouvoir 60-61 mais elle est présentée comme étant le résultat une évolution récente 13 Badie et Birnbaum me semblent embellir et simplifier les choses Dès 1912 le système britannique de prévoyance sociale maladie décès chômage était incomparable ment plus centralisé et étatisé que celui qui se met en place en France en 1928 et même que celui octobre 1945 avec ses caisses auto-administrées et son financement hors bud get Il un service national de santé en Grande-Bretagne pas en France 410

propos de trois livres sur Etat tions politiques centrales et autonomes faut-il adresser la psycholo gie Et voir dans ce mouvement qui travaille les esprits une des mani festations du principe de réalité Ou faire appel une physiobiologie de homme qui dissocierait moins que ne le fait la sociologie les désirs autorité de règle de loi la fois dans les relations inter personnelles sociales politiques Ou encore faire appel comme le fait J.-W Lapierre 14 la combinaison des diverses régions de anthropo logie scientifique incluant éthologie pour trouver le lien entre la capacité innovation sociale et le degré et les formes organisa tion politique

Est-il la raison Badie et Birnbaum en interrogeant sur les raisons de échec de la construction de Etat dans les sociétés du Tiers monde en insis tant justement sur le rapport entre Etat et un code culturel précis ont guère de mal rejeter une acception beaucoup trop simplifica trice de la rationalité qui voudrait que celle-ci doit incarner néces sairement dans une forme politique précise ne souffrant aucune diffé rence fondamentale un espace culturel un autre 113 Certes mais cela ne nous fait guère avancer Est-il une autre rationalité moins simplificatrice plus conforme un code culturel donné qui recommanderait telle forme organisation politique ou de cons truction un centre pour Inde pour le Paraguay pour Iran pour Indonésie pour la Zambie Si cela était cela se saurait intérieur du code culturel de Islam le khalifat a-t-il jamais été pensé majoritairement comme la rationalité de ce code Et intérieur des codes culturels de Afrique nilotique de quelle rationalité se réclament les diverses formes organisation politi que vrai dire est idée même de penser rationalité propos des formes organisation sociale et politique qui fait partie de notre code culturel dans autres cultures la rationalité appliquée ces objets est un impensable on pense ces objets en terme ordre ou imperfection de mort ou de vie interdit ou de permis.. Alors peut-être vaut-il mieux éviter de penser en termes de rationa lité même non impéraliste même plurielle il peut exister une anthropologie politique qui éclate pas dans un relativisme culturel indéfini peut-elle établir sur autre chose que sur inquiétude primaire 14 Vivre sans Etat Essai sur le pouvoir politique et innovation sociale 1977 411

Georges Lav au qui fonde le social et sans doute les premières formes du politique Alors la seule inquiétude commune sans doute toute humanité travers tous les codes culturels est-ce pas simplement en commen ant au plus bas celle de la sécurité de la vie de la personne puis procédant de ce germe le besoin de protection des droits de ne plus être les zeks de tous les goulag puis un stade ultérieur le désir de changer ses conditions de vie et ses rapports sociaux et. au bout ce on peut appeler dans les deux sens du mot désirer et nommer Etat de droit La sociologie ne peut certes répondre ses questions aux ques tions qui relèvent de son genre Simplement elle sache elle pas réponse tout même sur les faits dits sociaux